Après un premier album salué par la critique sorti en 2020, les strasbourgeois d’Undervoid nous proposent cette année de découvrir leur second album. Intitulé La Mécanique Du Vide, il sera disponible dès le 24 novembre prochain via Klonosphere et Inouïe Distribution. Que nous réserve le quatuor pour cette nouvelle sortie?
Par Victor BRUNERIE
English version below
Dès le morceau d’ouverture la voix de Arnaud Sumrada nous frappe par sa clarté et sa puissance. On est sur un chant habité qui s’approche souvent du parlé/chanté pour une compréhension parfaite des paroles. Dans cette envie de nous faire passer des messages forts en chanson, le groupe peut effectivement se rapprocher d’un Rage Against The Machine, mais la comparaison s’arrête ici tant la musique est différente de ce que propose le groupe américain. La guitare de Marc Berg est elle aussi impactante à souhait tout au long de l’album. Il est clairement impossible de ne pas headbanger au son de ses riffs imparables. On se doit de saluer le travail de Rémi Gettliffe du Daft Studios en Belgique sur le mix et le mastering qui donne à cet album un son diablement entraînant qui rend parfaitement justice au travail des musiciens. On alterne avec des passages plus lents parfois comme dans « L’Or De Nos Cages », mais évidemment l’énergie est une constante dans chaque titre de ce deuxième album. Alexandre Paris à la batterie et Mathias Fischbach à la basse forment un duo rythmique qui sait toujours trouver la juste mesure entre dévastation contrôlée et lignes plus dansantes et enlevées.
Tout au long de l’écoute on ressent cette envie de la formation strasbourgeoise de critiquer le monde qui nous entoure avec vigueur, mais toujours en recherchant cette note d’espoir dans l’obscurité. La surprise vient du titre « Des Terres Impossibles » tout en retenu qui laisse les musiciens se poser et nous proposer un titre tout en émotion brute. Impossible de ne pas penser à Reuno de Lofofora dans les parties de chant les plus hargneuses d’Arnaud, même si celui-ci garde une signature vocale qui lui est propre. Les paroles chantées sont d’une force de frappe folle et on sait que chaque nouvelle écoute nous en fera découvrir toutes les subtilités. Le son du groupe évolue tout au long de l’album en passant d’un style à l’autre avec une grande réussite. Parfois heavy rock, les riffs savent se faire quasi psychés quand il le faut, et le stoner vient même parfois pointer le bout de son nez sur certaines sonorités. Un vrai mélange bien rock comme on aime qui montre le talent des musiciens. La fin de l’album continue de montrer cette dualité entre noirceur et lumière avec des titres toujours aussi impactant. On se laisse porter par le rythme lent de « Erre » tandis que « Tout Doit Disparaître » nous emporte dans un dernier trou noir musical où tout ce que l’on a pu entendre pendant cet album se retrouve pour nous emporter une toute dernière fois dans son tourbillon.
La Mécanique Du Vide est une très belle surprise de fin d’année de la part d’un groupe qu’on découvre tout juste de notre côté. Undervoid marquent ici au fer rouge le milieu du rock français avec un album parfaitement composé et interprété qui montre que la créativité et le talent sont bel et bien présents dans ce quatuor strasbourgeois. On espère voir le groupe en live très vite du côté de Lille pour pouvoir prendre en pleine face la puissance cathartique de ces compositions. On vous encourage vivement à vous jeter sur cet album dès sa sortie!

Tracklist :
01. A Manquer d’Oxygène
02. Revenir de si Loin
03. L’Or de nos Cages
04. Des Terres Impossibles
05. Quand Bien Même
06. Les Rêves que l’on Écroule
07. Le Vide à l’Envers
08. Erre
09. Sous le Vide
10. Tout Doit Disparaître
Following their critically acclaimed debut album, released in 2020, Strasbourg-based Undervoid are this year releasing their second album. Entitled La Mécanique Du Vide, it will be available from 24 November via Klonosphere and Inouïe Distribution. What do the quartet have in store for us on this new release?
From the opening track, Arnaud Sumrada‘s voice strikes us with its clarity and power. The vocals are inhabited, often verging on the spoken/sung limit, so that the lyrics are perfectly understood. In this desire to convey strong messages in song, the band can indeed be likened to Rage Against The Machine, but the comparison stops there, as the music is so different from that of the American band. Marc Berg‘s guitar is just as impactful throughout the album. It’s clearly impossible not to headbang to the sound of his unstoppable riffs. Rémi Gettliffe from Daft Studios in Belgium is to be commended for his work on the mix and mastering, giving this album a devilishly catchy sound that does full justice to the musicians’ work. We alternate with slower passages at times, as in ‘L’Or De Nos Cages’, but energy is obviously a constant in every track on this second album. Alexandre Paris on drums and Mathias Fischbach on bass form a rhythmic duo that always finds the right balance between controlled devastation and more upbeat, danceable lines.
Throughout the album, you can feel the Strasbourg band’s desire to criticise the world around us with vigour, but always looking for a note of hope in the darkness. The surprise comes on the restrained track ‘Des Terres Impossibles’, which lets the musicians settle down and offer us a track full of raw emotion. It’s impossible not to think of Reuno from Lofofora in Arnaud‘s angrier vocals, even though he retains a vocal signature all his own. The lyrics are insanely powerful, and we know that each time we listen to them we’ll discover all their subtleties. The band’s sound evolves throughout the album, moving from one style to another with great success. At times heavy rock, the riffs are almost psychedelic when they need to be, and there’s even a hint of stoner in some of the sounds. It’s a real rock mix, just the way we like it, and it shows just how talented the musicians are. The end of the album continues to show the duality between darkness and light, with tracks as impactful as ever. We’re carried away by the slow rhythm of « Erre », while « Tout Doit Disparaître » takes us into a final musical black hole where everything we’ve heard on this album comes together to sweep us away one last time in its whirlwind.