Les marseillais de Blooming Discord étaient de passage dans la capitale pour présenter leur album Memories From The Future tout juste sorti. C’est donc ravis de pouvoir en savoir plus sur cette formation que nous avons posé quelques questions à Anthony Ferrante, bassiste du groupe depuis l’accueillant bar Dr Feelgood Rocket de Paris. On a voulu en savoir plus sur le groupe, l’évolution de leur son depuis leurs débuts, la création de cet album ainsi que leur vision de la scène marseillaise et les groupes qui les font vibrer au quotidien!
Interview et photo de couverture par Victor BRUNERIE
English version below
Victor : Est-ce que tu peux présenter Blooming Discord? J’ai vu que vous aviez déjà sortis deux EP avant cet album.
Anthony : Exact ! C’est un projet qui a vu le jour en 2015 à la base. Cet album c’est un peu l’aboutissement de tout ce qu’on a appris depuis la création du groupe. Tu vois, à la base je suis pas bassiste du tout, j’étais D.J. J’étais très pot avec Sam et j’avais envie de faire de la musique en live donc je les ai rejoint. C’est donc vraiment l’aboutissement de tout ce qu’on voulait faire!
Victor : Je voulais revenir sur votre deuxième EP, Shambles & Stones, sorti en 2022. Quels retour vous avez sur cet EP là en tant que groupe?
Anthony : L’EP nous a clairement apporté beaucoup d’expérience, tout comme le précédent. C’était très expérimental, ça nous a permis de savoir ce qu’on voulait faire et pas faire, Cet EP nous a aussi ouvert la scène, nos premières scènes c’est clairement grâce à cet EP. A Marseille et dans la région on pu se faire connaître et commencer à faire quelques concerts.
Victor : Vous étiez à Lille pour les Triomphes Du Métal Français avec Arthur Alternatif. Comment avez vous vécu cette fin de semaine dans le Nord?
Anthony : C’était incroyable! On s’est encore pris une grosse claque en voyant la qualité des groupes français actuellement. Ce genre de projet et les gens comme Arthur, qui se bouge de fou pour cette scène, ça nous permet à tous de voir les groupes de fou qu’on a en France. Et ca permet aux gens de les découvrir. On a gagné un prix avec Blooming tout comme l’an dernier on est super heureux! Puis les jurys ont un barème assez codifié donc on est ravis d’être dans les gagnants. Surtout qu’on a un peu changé de direction artistique, donc de voir que les gens nous suivent là dessus c’est super satisfaisant.
Victor : Pour parler de Memories From The Future, votre premier album, quand avez vous commencé à travailler dessus? Et comment s’est passé l’enregistrement.
Anthony : On a commencé il y a deux ou trois ans sur toutes les préprods. Du coup quand on est arrivé en studio avec Flo (Landmvrks) pour enregistrer on avait beaucoup beaucoup travaillé. On savait les contre voix qu’on voulait, les rythmes qu’on voulait. Après tu as toujours deux trois trucs qui changent avec la magie du studio mais on est arrivés avec des titres déjà bien prêts à enregistrer. 95% du travail était fait avant, on voulait que ça se passe le mieux possible.
Victor: Et justement, comment s’est passé le travail avec Flo sur cet enregistrement?
Anthony : Ben niquel ! Il est hyper talentueux, c’était hyper fluide. Il savait juste en lui expliquant où on voulait en venir et du coup le travail a été super facile. Il a tout de suite compris ce qu’on voulait comme son, et nous a bien aidé à tout faire sonner comme on le voulait. On a adoré pouvoir travailler avec lui! Une superbe expérience.
Victor : Je trouve ça super que Flo permette à des jeunes groupes de passer par son studio pour travailler sur les sorties.
Anthony : Ah ben clairement c’est génial! y’a beaucoup de groupes de Marseille qui passent par lui et ça donne aussi à la cette scène là justement une vraie possibilité de peser en proposant de la grosse qualité.
Victor : Tu disais que vous aviez changé le son du groupe entre les EP et l’album. Comment s’est opéré ce changement?
Anthony : C’est le confinement qui nous a fait nous poser beaucoup de questions. On voulait vraiment faire de la musique de live et les deux EP étaient plus une musique où on réfléchissait beaucoup pour trouver un son qui nous allait. Là on voulait surtout que ça sonne pour le live. On veux faire de la musique et des shows qui tabassent. Tout est composé dans ce sens là, et y’a même des anciens morceaux qu’on a retravaillé pour le live pour qu’ils sonnent un peu plus comme on le souhaite. On voulait vraiment faire un spectacle et pas juste venir sur scène jouer nos musiques.
Victor : Les morceaux sont hyper énergiques mais on sent que les thèmes abordés sont bien plus lourds. Quels thèmes principaux avez vous souhaité aborder dans cet album?
Anthony : Nous justement y’a vraiment un contraste entre le musique et les paroles. Justement si tu prends le single « Latch », côté musique c’est la fête par contre côté paroles c’est moins joyeux. On veut toujours jouer sur les deux tableaux, comme sur la pochette de l’album. C’est des questions un peu générale car on veux laisser aux gens la possibilité de se faire leur propre idée sur le sens des paroles. Mais oui les thèmes sont clairement plus sombre que ce que la musique laisse entendre.
Victor : Tu parlais de « Latch », le clip est rempli de gens de la scène comme justement Arthur Alternatif, des membres de ACOD ou Scarlean par exemple. Peux tu me parler du clip et du tournage? Quelle était l’envie derrière cette vidéo.
Anthony : On a voulu mettre en avant la scène et les gens qui nous entourent. On a tourné ça au Molotov, qui est une salle mythique à Marseille où les groupes les plus connus de la scène sont passé et où tout le monde aimerait jouer. C’était important pour nous de tourner ça là bas en réunissant les gens qui font vivre la scène. Y’a des membres de groupes mais y’a aussi des gens du média Metal II Mars ou des gens plus dans l’ombre comme des photographes qui sont toujours présents pour soutenir la scène. Et évidemment y’a tout nos amis qui nous ont toujours suivi. Je trouve que ce clip représente très bien qui on est et ce qu’on veut dégager.
Victor : Votre release party a eu lieu à Marseille il y a quelques temps, comment s’est passé cette soirée?
Anthony : C’était incroyable, ça fait deux trois ans qu’on travail sur ce projet dans l’ombre et là on pu tout présenter à tout le monde et dire « Blooming c’est ça! « . C’était sold out en prévente, on a même pas eu le temps de mettre la billetterie en place, du coup des potes à nous ont même pas pu venir vu que c’était archi complet. Et c’est hyper émouvant, quand on commence « Latch » et que 300 personnes connaissent les paroles et chantent plus fort que ce que tu joue c’est génial comme sensation!
Victor : Quels sont vos projets suite à la sortie de cet album?
Anthony : Continuer la promotion de l’album avec des clips. Et surtout de faire du live et de défendre cet album sur scène. On est déjà en train de composer de nouveaux morceaux, par ce qu’on veux vraiment continuer dans cette mouvance. Et après on espère pouvoir exporter le projet toujours plus loin et ramener le plus de gens possible dans notre délire.
Victor : On parlait plus haut de la scène marseillaise, comment vous ressentez cette émulation qu’on peut voir dans la ville et autour côté musique métal?
Anthony : C’est fou y’a pleins de super projets musicaux en ce moment. Et il y a pas mal d’influences à Marseille comme le rap par exemple. Mais y’a toujours eu du métal dans le coin avec des groupes comme Dagoba et Eths mais c’est vrai que aujourd’hui y’a de plus en plus de projets solides qui percent et ça fait hyper plaisir. Et surtout en plus d’une scène hyper qualitative on voit que y’a clairement le public qui suit avec même une nouvelle génération qu’on voyait pas forcément avant et qui vient aux concerts et qui soutient de fou! L’image du métal a changé aussi, genre quand tu prends des groupes comme Eiga ils arrivent sur scène ils sont stylés avec des looks un peu fusion entre métal et hip hop. Tout est en train de se lier et c’est génial! Cette fusion est encore plus forte à Marseille!
Victor : Pour terminer quels sont les artistes français qui t’ont fait vibrer ces derniers mois?
Anthony : Alors justement là y’a pas longtemps j’ai découvert un groupe un peu hybride hyper cool c’est Train Fantôme! J’ai adoré ce qu’ils font! Après j’aime beaucoup Revnoir et sinon côté Belgique j’adore aussi Ice Sealed Eyes. J’aime beaucoup ce qu’ils font, je les ai vu à Lille et vraiment j’ai pris une claque!
Victor : Un grand merci pour ton temps et tes réponses et on espère vous retrouver très vite dans le Nord!
Anthony : Merci à toi !

Tracklist :
01. Latch
02. You Won’t Be Alone
03. Idolies
04. Trapped Again
05. The Saddest Of Playgrounds
06. Phantoms In Disguise
07. Satellized
08. Unlive
09. Absolved
10. Memories From The Future
Un grand merci à Roger et Where The Promo Is pour cette belle opportunité et pour son soutien sans faille et au Dr Feelgood Rocket pour l’accueil au top!
Marseille’s Blooming Discord were in the capital to present their just-released album Memories From The Future. We were delighted to find out more about the band, so we put a few questions to Anthony Ferrante, the group’s bassist, live from the wonderful Dr Feelgood Rocket bar in Paris. We wanted to find out more about the band, the evolution of their sound since they first started out, the creation of this album and their vision of the Marseilles scene and the bands that thrill them every day!
Interview and picture by Victor BRUNERIE
Victor: Can you introduce Blooming Discord? I saw that you’d already released two EPs before this album.
Anthony: That’s right! It’s a project that started back in 2015. This album is a bit like the culmination of everything we’ve learnt since the band was formed. You see, I wasn’t originally a bass player at all, I was a DJ. I was very chummy with Sam and I wanted to make some live music so I joined them. So this is really the culmination of everything we wanted to do!
Victor: I wanted to come back to your second EP, Shambles & Stones, released in 2022. What feedback do you have on that EP as a band?
Anthony: The EP clearly gave us a lot of experience, just like the previous one. It was very experimental, it allowed us to know what we wanted to do and what we didn’t want to do. The EP also opened up the stage for us, our first live performances were clearly thanks to this EP. We were able to make a name for ourselves in Marseilles and the surrounding area and start playing a few gigs.
Victor: You were in Lille for the Triomphes Du Métal Français with Arthur Alternatif. What was it like to spend the weekend in the north of France?
Anthony: It was incredible! It was a real slap in the face to see the quality of French bands these days. This kind of project and people like Arthur, who do so much for this scene, gives us all a chance to see the amazing bands we’ve got in France. And it allows people to discover them. We won a prize with Blooming, just like last year, so we’re really happy! And the juries have a pretty rigid system, so we’re delighted to be among the winners. Especially as we’ve changed our artistic direction a bit, so to see that people are following us on that is super satisfying.
Victor: Talking about Memories From The Future, your first album, when did you start working on it? And how did the recording go?
Anthony: We started working on all the pre-prods two or three years ago. So when we went into the studio with Flo (Landmvrks) to record, we’d done a lot of work. We knew the counter-vocals we wanted, the rhythms we wanted. After that you’ve always got a couple of things that change with the magic of the studio, but we arrived with tracks that were already very ready to record. 95% of the work had been done beforehand, so we wanted things to go as smoothly as possible.
Victor: And what was it like working with Flo on this recording?
Anthony: Just great! He’s incredibly talented, and it all went really smoothly. He just knew what we were getting at when we explained it to him, so it was really easy to work with him. He immediately understood what we wanted the sound to be and helped us get it just the way we wanted it. We loved working with him! It was a superb experience.
Victor: I think it’s great that Flo allows young bands to use his studio to work on their releases.
Anthony: Well, clearly it’s great! A lot of bands from Marseilles go through him and that gives the Marseilles scene a real chance to make its mark by offering high-quality music.
Victor: You said you’d changed the band’s sound between the EPs and the album. How did that happen?
Anthony: It was the confinement that made us ask ourselves a lot of questions. We really wanted to make live music and the two EPs were more about music where we thought a lot about finding a sound that suited us. What we really wanted to do this time round was make it sound live. We want to make music and shows that pack a punch. Everything’s been composed with that in mind, and we’ve even reworked some of the old tracks for live use so they sound a bit more like we want them to. We really wanted to put on a show and not just come up on stage and play our music.
Victor: The songs are very energetic, but you can feel that the themes are much heavier. What were the main themes you wanted to tackle on this album?
Anthony: Well, there’s a real contrast between the music and the lyrics. If you look at the single « Latch », the music is a party, but the lyrics are less happy. We always want to have it both ways, like on the album cover. These questions are a bit general because we want to give people the chance to make up their own minds about the meaning of the lyrics. But yes, the themes are clearly darker than the music suggests.
Victor: You were talking about « Latch », and the clip is full of people from the scene, like Arthur Alternatif, members of ACOD and Scarlean for example. Can you tell me about the clip and the shoot? What was the idea behind the video?
Anthony: We wanted to highlight the scene and the people around us. We shot the video at Le Molotov, which is a legendary venue in Marseilles where some of the best-known bands on the scene have played and where everyone would love to play. It was important for us to shoot the show there and bring together the people who keep the scene alive. There are members of the bands, but there are also people from the Metal II Mars media and people behind the scenes like photographers who are always there to support the scene. And of course there are all our friends who have always followed us. I think this clip is a good representation of who we are and what we want to convey.
Victor: Your release party took place in Marseilles a while back. How did it go?
Anthony: It was incredible. We’ve been working on this project behind the scenes for two or three years now, and here we were able to present everything to everyone and say « Blooming, that’s it! ». It was sold out in advance, we didn’t even have time to set up the ticket office, so some of our mates couldn’t even come as it was sold out.And it’s really moving, when you start playing ‘Latch’ and 300 people know the words and are singing louder than you are, it’s a great feeling!
Victor: What are your plans following the release of this album?
Anthony: To continue promoting the album with music videos. And above all to play live and defend the album on stage. We’re already in the process of composing new songs, because we really want to continue in this vein. And after that we hope to be able to export the project even further afield and get as many people as possible on board.
Victor: We were talking earlier about the Marseilles scene. How do you feel about the emulation we’re seeing in and around the city in terms of metal music?
Anthony: It’s amazing, there are so many great musical projects going on at the moment. And there are a lot of influences in Marseilles, like rap for example. But there’s always been metal in the area with bands like Dagoba and Eths, but it’s true that these days there are more and more solid projects breaking through and that’s a real pleasure. What’s more, in addition to the high quality of the scene, we can see that the public is clearly behind it, with even a new generation that we didn’t necessarily see before coming along to concerts and supporting them like crazy! The image of metal has changed too, like when you look at bands like Eiga, they come on stage looking stylish with looks that are a bit of a fusion between metal and hip hop. Everything’s coming together and it’s great! This fusion is even stronger in Marseilles!
Victor: Finally, what French artists have really struck a chord with you in recent months?
Anthony: Well, not long ago I discovered a really cool hybrid band called Train Fantôme! I loved what they were doing! After that I really like Revnoir and I also love Ice Sealed Eyes from Belgium. I really like what they’re doing, I saw them in Lille and I really got a kick out of it!
Victor: Thank you so much for your time and your answers. We hope to see you soon in the North of France!
Anthony: Thank you very much!