Lorsque l’on parle Post Rock, le nombre de groupes talentueux est immense. Mais lorsque l’on précise « japonais », il y a un nom de légende qui nous vient instantanément, et il s’agit de Mono. 3 ans depuis leur dernier album, le quatuor nous présente ce 14 juin leur 12ème album, Oath, sorti via Pelagic Records, bien évidemment.
par Marye DAVENNE
English version below
71 minutes pour écouter le temps qui passe, voilà l’expérience que Mono nous proposent aujourd’hui Et quand je parle d’expérience, ce n’est pas pour rien. Les japonais sont réputés pour leurs concerts emblématiques à travers le monde, qui viennent vous transpercer de plein fouet et vous faire perdre pied avec la réalité. Alors il nous faudra bien une petite introduction de deux minutes avant de prêter serment avec la vie sur « Oath ». Combien de temps nous reste-t-il sur cette terre ? Alors qu’on croirait entendre le tic de l’horloge, c’est des cuivres qui font monter en douceur notre conscience de ce qui nous entoure, et notre place dans ce monde infini. Presque stellaire, on semble glisser sur le temps et Mono viennent placer en nous une idée d’empreinte dans ce monde. Il est temps de remettre le nous au cœur de notre existence et on pourrait quasiment imaginer être au pied d’une fusée, les yeux écarquillés devant un lancement spatial. « Then, Us », c’est le moment de redéfinir notre vie. Une vie qui peut disparaitre en un fragment de secondes, c’est dédicacé à leur ami et producteur, Steve Albini, disparu pendant la composition de cet album, que « Run On’ se dessine sous les traits de Jiang Kun dans ce sublime clip. Le titre sonne comme un beau mix de ce qu’on peut trouver dans les deux derniers albums du groupe. Alors que la guitare de Taka semble torturé sous ces distorsions, les violons sont sublimes et voici les premiers frissons qui font leur apparition. Mais on n’est pas là pour pleurer (quoi que ?), et Dahm nous emportent dans un rythme beaucoup plus dansant.
Les envolés sont sublimes et « Hear The Wind Sing » est clairement un marquage avec le monde qui nous entoure. On est totalement hypnotisé par « Hourglass » dont le riff pourrait être pris dans un album d’Alcest. On sent une certaine tension et incertitude dans les vibrations des cordes, dans un monde qui semble éclater. Le temps qui passent est bel et bien une angoisse dans ce titre glaçant. « Moonlight Drawing » est une pure démonstration de talent côté batterie. Chaque frappe est une piqure de puissance et d’émotions. Ne cherchez pas, vous ne trouverez pas mieux. Une certaine luminosité plane sur « Holy Winter » qui pourrait devenir la bande son d’un séquence où la paix intérieur doit être mise en lumière. Comme un dessert après un repas riche, les deux derniers titres de l’album sont ce qu’on peut appeler l’apogée de la sentimentalité. « Time Goes By » est une explosion de saveur qui vient faire résonner tout l’album en nous.
Mono nous livrent un album sublime, et ne fait que confirmer leur talent et leur place en tant que groupe de légende du post-rock mondial. Les morceaux, qui courent après le temps, avant d’y déposer un sentiment de paix sont plein d’émotions. Le temps qui passe, une vieillesse qui s’installe, mais Mono sont loin d’être en fin de carrière ! On navigue dans le monde, et les orchestrations aux cuivres et aux violons s’allient aux claviers rappelant les sonorités de Brian Eno. Cet album est majestueux et vous donnera envie d’aller dire à vos proches que vous les aimez, tant qu’il est encore temps.

Tracklist :
- Us, Then
- Oath
- Then, Us
- Run On
- Reflection
- Hear The Wind Sing
- Hourglass
- Moonlight Drawing
- Holy Winter
- We All Shine On
- Time Goes By
When it comes to Post Rock, the number of talented bands is immense. But when we say « Japanese », there’s one legendary name that instantly comes to mind, and that’s Mono. 3 years since their last album, the quartet presents us this June 14th with their 12th album, Oath, released via Pelagic Records, of course.
71 minutes to listen to the passage of time, that’s the experience Mono are offering us today. And when I say experience, it’s not for nothing. The Japanese are renowned the world over for their emblematic concerts, which come crashing down on you and make you lose your grip on reality. So we’re going to need a two-minute introduction before we swear an oath to life on « Oath ». How much time do we have left on this earth? Just when you think you’re hearing the ticking of a clock, brass instruments gently raise our awareness of what surrounds us, and our place in this infinite world. Almost stellar, we seem to be gliding through time, and Mono place within us an idea of our imprint on this world. It’s time to put the « us » back at the heart of our existence, and we can almost imagine standing at the foot of a rocket, wide-eyed at a space launch. « Then, Us » is the time to redefine our lives. A life that can disappear in a fragment of a second, it’s dedicated to their friend and producer, Steve Albini, who passed away during the composition of this album, that « Run On » takes shape under the guise of Jiang Kun in this sublime clip.The track sounds like a fine mix of what can be found on the band’s last two albums. While Taka’s guitar sounds tortured under these distortions, the violins are sublime and the first chills appear. But we’re not here to cry (though?), and Dahm take us into a much more danceable rhythm.
The flights of fancy are sublime, and « Hear The Wind Sing » is clearly a marker with the world around us. We’re totally hypnotized by « Hourglass », whose riff could be taken from an Alcest album. There’s a certain tension and uncertainty in the vibrations of the strings, in a world that seems to be bursting at the seams. The passage of time is indeed a source of anguish in this chilling track. « Moonlight Drawing » is a pure demonstration of drumming talent. Every strike is a jolt of power and emotion. Don’t look any further, you won’t find anything better. A certain luminosity hovers over « Holy Winter », which could become the soundtrack to a sequence where inner peace needs to be brought to light. Like dessert after a rich meal, the album’s final two tracks are what you might call the pinnacle of sentimentality. « Time Goes By » is an explosion of flavor that makes the whole album resonate within us.
Mono deliver a sublime album, confirming their talent and their place as one of the world’s legendary post-rock bands. The tracks, which chase time before depositing a sense of peace, are full of emotion. Time passes, old age sets in, but Mono are far from the end of their career! We sail through the world, and the brass and violin orchestrations combine with keyboards reminiscent of Brian Eno. This is a majestic album that will make you want to tell your loved ones you love them, while there’s still time.
[…] Mono depuis 1999, groupe phare de la scène Post Rock, dont leur tout dernier album studio en date, Oath (paru en 2024) vibre avec toujours autant d’intensité, comme leurs précédents albums, dans nos […]
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