Après être passés à l’Aéronef précisément deux ans auparavant, High on Fire était de retour dans notre nord avec une belle date bien sale et poisseuse comme on les aime. Pour ajouter une bonne dose de gras graveleux, on ne pouvait pas inviter mieux que Crouch de chez nos voisins Belge histoire d’amplifier la lourdeur de cette soirée dédiée au Sludge. Et pour accueillir tout ce beau monde, cette magnifique date du jeudi 20 Juin était forcément destinée à être prévue au Black Lab, ajoutant à nouveau une date de plus à leur agenda de furieux !
Article et photos par Oreÿ
English version below
Venu de Gand et ayant émergé en 2021, c’est dans un Sludge Metal teinté de Post-Metal que Crouch a vu le jour. Il se compose de trois compères musicalement lourdement armés avec Levy Seynaeve (guitare & vocaux) Jasper Hollevoet (basse), Wim Coppers (batterie) pour nous offrir un son d’une lourdeur apocalyptique qui vous fait saigner les oreilles et vous pulvérise les orbites d’une force absolument démentielle. La massivité de leur musique se pare d’une lenteur brute sale et épaisse, vous enivrant dans une vase grasse crasseuse et boueuse pour finir par vous étouffer de par leur distorsion frisant avec les octaves de la mort. Le chant hurlé et rocailleux de Levy Seynaeve vient se caler à la perfection à la batterie, accompagné d’une basse grave et puissante, vous transportant directement vers les enfers les plus noirs et ténébreux que vous n’ayez jamais connus. The Black Lab n’était pas encore plein pour cette première partie mais les fans du genre se sont regroupés aux premiers rangs histoire de s’en prendre un maximum en pleine face. Et c’était réussi, l’effet escompté était là lorsque Crouch leur ont envoyé leur armé de riffs absolument démentiels pendant environ une quarantaine de minutes non stop en enchaînant leur son teinté de cette pesanteur noire si particulière ainsi que de cette rugosité presque jouissive tant la brutalité exacerbée nous explose en plein visage. Un exorcisme que seul Crouch sont capable de mettre en valeur, bouffés par leurs démons, un cri qui fait du bien quand ça sort. Venant aussi s’ajouter à toute cette rusticité s’abattant sur vous comme une brique, que dis-je, un parpaing sur nos têtes tombé du 13éme étage d’un immeuble en flammes, une certaine mélancolie malaisante flirtant avec nos abymes internes les plus enfouies, les plus profondes. Et Crouch, c’est justement ça, ce savant mélange d’agressivité, de brutalité, mais aussi de beauté malaisante, dépeignant une société malade, rongée jusqu’à la moelle, comme une peinture dévorée par le temps laissant apparaître un visage défraîchi et souffrant. A la fin de leur show, on avait comme l’impression de s’être fait passer dessus par un troupeau de mammouths tout aussi agressifs les uns que les autres tellement on a été happé par la machine Crouch.
On était tous super impatients de pouvoir revoir Mike Pike et sa bande, avec un passage à l’Aéronef il y a deux ans dont tous ceux qui étaient présents se souviennent encore. Car on n’oublie pas High on Fire. Originaire de Oakland, Californie et s’étant formés en 1998 sur les cendres de Sleep, ils ont épousé les différents territoires pour nous déverser gracieusement leur son gras et dévastateur dans les oreilles. Avec Jeff Matz (basse) et Coady Willis (batterie), le trio infernal a encore tapé fort lors de cette soirée de folie à The Black Lab pour nous envoyer tout droit pour un aller sans retour vers l’infinie galaxie abyssale. Avec The Black Lab plein à craquer de fanatiques de groupe, tous étaient venus pour se prendre une dose max d’overdrive bien sales et distordus dans les oreilles, et High on Fire le savaient bien. Voilà pourquoi nos trois acolytes ne se sont pas privés pour nous offrir ce qu’on était tous venu chercher, avec une multitude de riffs gras, de solos ciselant, de gueulantes piquantes et sauvages de Mike Pike et son groupe de mercenaires des enfers. Juste une claque royale pour pouvoir dormir sur nos deux oreilles après s’être fait passer littéralement le cerveau à la moissonneuse batteuse. La sueur se faisait sentir dû à l’énergie déployée par Mike, Jeff et Coady pour nous donner le maximum d’eux grâce à un son tellement lourd et rugueux, qu’il était totalement impossible que celui-ci nous laisse de marbre. Après une intro avec « Karanlık Yol », ils ont enchaîné leurs morceaux avec des titres tel que « Burning Down » « Fertile Green » « Cometh the Storm » « Rumors of War » pour clôturer leur show grandiose de par sa force et son intensité avec « Darker Fleece ». Le public était aux anges, s’abandonnant même à des pogos bestiaux et autres joyeuses brutalités exubérantes du genre. C’est gras et comme on dit « ça se mange sans fin » tellement on voulait tous être gavés jusqu’à n’en plus pouvoir de chaque tonalité la plus pure, sauvage et brute avec laquelle High on Fire pouvait nous régaler. C’était un véritable bonheur d’avoir la chance de pouvoir les revoir à nouveau après ces deux dernières années passées à décimer les continents tel un rouleau compresseur en furie écrasant tout sur son passage.
Un grand merci à Mike pour l’accréditation, et à l’ensemble du Black Lab pour leur accueil parfait durant cette belle soirée.
After playing at L’Aeronef precisely two years previously, High on Fire were back in the north of France with a date as dirty and sticky as we like them. To add a good dose of gravelly grease, we couldn’t resist inviting Crouch from our Belgian neighbors to amplify the heaviness of this evening dedicated to Sludge. And to welcome all these beautiful people, this magnificent date of June 20th was inevitably destined to take place at the Black Lab, adding yet another date to their furious agenda!
Review and pictures by Oreÿ
Hailing from Ghent and having emerged in 2021, Crouch‘s Sludge Metal sound is tinged with Post-Metal. The three musicians, Levy Seynaeve (guitar & vocals), Jasper Hollevoet (bass) and Wim Coppers (drums), are heavily armed to deliver a sound of apocalyptic heaviness that will make your ears bleed and pulverize your eye sockets with an absolutely demented force. The massiveness of their music is clothed in a thick, dirty, raw slowness, intoxicating you in a greasy, sludgy sludge, eventually suffocating you with distortion verging on the octaves of death. Levy Seynaeve‘s howling, rocky vocals are perfectly matched to the drums, accompanied by a deep, powerful bass, transporting you straight into the darkest, blackest underworld you’ve ever known. The Black Lab wasn’t quite full for the opening act, but fans of the genre were lining up in the front rows to get as much as they could in their faces. And they succeeded in doing just that, as Crouch unleashed a barrage of absolutely insane riffs for around forty minutes non-stop, their sound tinged with that distinctive black heaviness and roughness that’s almost pleasurable when the exacerbated brutality explodes in our faces. An exorcism that only Crouch are capable of bringing to the fore, eaten up by their demons, a cry that feels good when it comes out. Added to all this rusticity coming down on you like a brick, a cinderblock on your head from the 13th floor of a burning building, a certain uneasy melancholy flirting with our deepest, innermost abysses. And that’s exactly what Crouch are all about, this skilful blend of aggression and brutality, but also of uneasy beauty, depicting a sick society, eaten away to the marrow, like a painting devoured by time revealing a faded, suffering face. By the end of their show, we felt as if we’d been run over by a herd of mammoths, each as aggressive as the next, so engrossed were we in the Crouch machine.
We were all really looking forward to seeing Mike Pike and his band again, with a performance at L’Aéronef two years ago that everyone who was there still remembers. For we never forget High on Fire. Hailing from Oakland, California, and having formed in 1998 from the ashes of Sleep, they’ve spanned various territories to gracefully pour their fat, devastating sound into our ears. Along with Jeff Matz (bass) and Coady Willis (drums), the infernal trio hit it out of the park again on this wild night at The Black Lab, sending us on a one-way trip to the infinite abyssal galaxy. With The Black Lab packed to the rafters with band fanatics, everyone had come to get a maximum dose of dirty, distorted overdrive in their ears, and High on Fire knew it. That’s why our three acolytes didn’t hold back and gave us what we’d all come for, with a multitude of fat riffs, chiselling solos and wild, stinging screams from Mike Pike and his band of mercenaries from the underworld. Just a royal slap in the face so that we can sleep soundly after having our brains literally run through the combine harvester. You could feel the sweat coming off Mike, Jeff and Coady‘s energy as they gave it their all with a sound so heavy and rough, it was totally impossible for it to leave you indifferent. After an intro with « Karanlık Yol », they followed up with tracks such as « Burning Down » « Fertile Green » « Cometh the Storm » « Rumors of War », to close their show with « Darker Fleece », grandiose in its strength and intensity. The audience was ecstatic, even indulging in bestial pogos and other exuberant brutality. It’s greasy and, as they say, « you can eat it endlessly », so much so that we all wanted to be gorged to our teeth on every one of the purest, wildest and rawest tones that High on Fire could regale us with. It was a real joy to be able to see them again after the last two years spent decimating continents like a furious steamroller crushing everything in its path.

