Une brume sombre flottait aux alentours de The Black Lab en ce 11 octobre, se dissipant peu à peu pour laisser entrevoir les silhouettes d’une horde de guerriers tous vêtus de noir, prêt à en découdre avec les entités maléfiques du Black Metal. Octobre froid mais qui respire aussi la chaleur du sang et du soufre. Nous invitons à plonger dans les méandres de ces énergies négatives, Le Black Lab nous à offert un mets de choix pour un festin royal avec Seth, Borknagar et Rotting Christ. Préparez vos pentagrammes et vos croix inversées, on est parti pour un aller en enfer, et cette fois sans retour.
Article et photos par Oreÿ
English version below
Fondé à Bordeaux en 1996, Seth font dans le grandiose, et c’est ça qu’on aime chez eux. Armé d’une cape et d’une dague, prêt à vous trancher tel des rondelles de saucissons à l’ail, pas besoin de crucifix pour éloigner vampires et autres créatures démoniaques car celles-ci s’invitent tout naturellement à votre table. Saint Vincent (au chant depuis 2016) et sa bande nous envoient un Black Métal bien de chez nous avec un chant qui sent bon le terroir et les vieilles contrées moyenâgeuses où l’on s’éclairait encore à la bougie… noire. Lentement mais sûrement, le public s’enivre de cette rage délicieuse venue se propager en nous grâce aux riffs de guitare et de basse absolument destructeurs le tout suivi par une rythmique de batterie violemment agressive tel une armée de chevaliers à l’âme funèbre venue écorcher notre peau en lambeaux tel de pauvres échalotes torturées dans un vieux chaudron de sorcière écervelée. Seth sent l’obscure et nous avions tous envie que ça dure. Leur théâtralité frôle le magique, le magnifique voir le majestueux en donnant tout son sens au Black Metal Français, en nous offrant un Black métal Epic coupé avec un profond sens des mélodies, dans une hargne vocale monumentale, le tout accompagné savoureusement de ces notes envoûtantes d’un clavier macabre flirtant avec cette malaisante mélancolie qui est si particulière à Seth . Un public ravi, conquit dans une salle pleine à craquer comme ce concert était SOLD OUT, qui aura été ultra réceptif à l’Armageddon musicalement démoniaque que nous auront envoyé ces cavaliers des enfers qui sentent bon la baguette rassie, le camembert moisi comme un morceau de barbaque faisandée, sur fond de vin rouge et de bleu blanc rouge, au drapeau déchiré par des jets de pavés. Seth auront joué une petite heure de pur plaisir lors de cette première partie, nous ayant fait l’honneur de nous jouer entre autres “L’Hymne au Vampire (act III)” et tant d’autres perles de destruction massive dont plusieurs issues de leur album le plus récent, La France Des Maudits.
La soirée continue et on change de contrées pour arriver en Norvège, avec Borknagar qui nous joue un Métal progressif ultra riche, teinté de Black métal, de Folk metal, Viking metal et de Neofolk. Formé par Øystein Garnes Brun à Bergen en 1995, l’ambiance se veut tout à coup changeante. Fini les champs de batailles Epic et autres gueules cassées qui laissent des traces. Ca sent toujours la bagarre mais ici on fait plus dans l’aérien et l’atmosphérique pour finir par nous envoûter par de magnifiques mélodies qui restent aisément imprégnées dans nos mémoires musicales. Lazare (clavier et vocaux, présent depuis 1999) et sa horde nous emportent dans un monde où courage et sagesse sont de pair, bien loin la haine crue bien souvent habituelle au True Black metal. Certes c’est un concert à forte tendance Black, mais on ne pourra pas le nier, cet entre-deux planant et reposant nous aura fait le plus grand bien. Pourtant, à côté de ces moments d’intense beauté, Borknagar ont aussi leurs passages Black metal percutants, plongeant leurs fidèles racines aux origines de ce courant. Ce qui est percutant chez Borknagar , ce sont leurs mélodies de guitare envoûtantes nous emportant loin, accompagnées d’une basse chaude et imposante, sur une batterie efficace et précise, le tout orchestré par un clavier incantatoire. Ça et la voix de Lazare couplée par moment à celle d’ICS Vortex, et forcément, la magie opère. Un public beaucoup plus observateur que dans les pogos de mordus du tritonique et de son intervalle du diable, ici c’est L’apothéose musical car à chaque fin de morceaux, on pouvait voir l’enthousiasme à son paroxysme tellement les fans d’univers Folk metal / Viking metal étaient séduient, voir littéralement conquis. Borknagar nous ont fait le plaisir de nous offrir un live magnifique d’une heure, avec dix morceaux somptueux.
On passe maintenant à un monument du Black metal mélodique pour la clôture de ce concert au nom du Black, avec Rotting Christ. The Black Lab affiche SOLD OUT et on se demande bien pourquoi, et surtout pour qui ? Même si on a adoré la méchanceté pure de Seth et ses vilaineries diaboliques, ainsi que la beauté magistrale de Borknagar, on avait forcément besoin de ce côté messe noire teinté de cette attitude guerrière qui est si particulière à Rotting Christ pour finir ce concert en beauté. Rotting Christ a vu le jour en Grèce en 1987, dans la belle ville d’Athènes et nous a livré depuis ses débuts, 14 albums aussi grandioses, terrifiants que magnifiques, variant entre Black metal melodic / Black metal, flirtant aussi avec le Gothic metal, le Death metal, ou même le Metal symphonique. Cette force et cette lourdeur si particulière à Rotting Christ, dans cette agressivité pesée, mesurée, et contrôlée, nous assomme d’une frustration primaire délicieusement intense et rigoureuse, tel le travail acharné que Rotting Christ a fourni durant toutes ces années pour arriver à nous offrir cette qualité musicale exceptionnelle et impressionnante depuis ses débuts. Et pour cause, on fêtait leur 35 Years of Evil Existence. Avec Rotting Christ, on a l’impression d’être en plein cœur de L’Exorciste à chaque morceau, ou chacune de leur note viennent remuer nos entrailles pour dévorer nos âmes de pauvres mortels. On peur sentir l’enfer nous tirailler mentalement en nous attrapant par les pieds et nous empêchant de nous envoler vers des horizons plus sereins. Rotting Christ nous dévoile finalement leur vision du monde, crue, brute, violente, agressive, et absolument démentielle, touchant presque le Dantesque, avec des riffs de guitare, basse, une batterie écrasante et une voix méphistophélique, écrasant nos petites existences putrides en disloquant nos esprits telle une apocalypse fractale en pleine action destructrice. Impossible d’arrêter nos quatre mercenaires des enfers, avec à sa tête l’éternel Σάκης Τόλης (Sakis Tolis), qui nous ont fait l’honneur, et le privilège de nous servir un live d’une heure et quart divinement infernal en nous jouant des perles du genre tel que « Aealo », Like Father, Like Son » « Non Serviam », « Societas Satanas » (un excellent cover de THOU ART LORD), » ou encore « Noctis Era ».
Un grand merci à Mic pour l’accréditation, à The Black Lab et Cerbère Coryphée pour l’organisation de cette belle soirée et à toute l’équipe de la salle pour l’accueil au top!
A dark mist floated around The Black Lab on October 11th, gradually dissipating to reveal the silhouettes of a horde of warriors all dressed in black, ready to do battle with the evil entities of Black Metal. A cold October that also exudes the heat of blood and sulphur. We invite you to plunge into the meanders of these negative energies, with Black Lab offering us a choice dish for a royal feast with Seth, Borknagar and Rotting Christ. Get your pentagrams and inverted crosses ready, we’re off to hell, and this time there’s no turning back.
Review and Pictures by Oreÿ
Founded in Bordeaux in 1996, Seth go for the grandiose, and that’s what we love about them. Armed with a cape and a dagger, ready to slice you up like slices of garlic sausage, there’s no need for a crucifix to ward off vampires and other demonic creatures, because they’re a natural guest at your table. Saint Vincent (on vocals since 2016) and his band bring us their very own brand of black metal, with vocals that are reminiscent of the land and the medieval days when candles were still lit… black. Slowly but surely, the audience gets intoxicated by the delicious rage that spreads through us thanks to the absolutely destructive guitar and bass riffs, followed by a violently aggressive drum beat, like an army of knights with funereal souls coming to flay our skin to shreds like poor shallots tortured in a brainless witch’s old cauldron. Seth smells of darkness and we all wanted it to last. Their theatricality verges on the magical, the magnificent and even the majestic, giving French Black Metal its full meaning, offering us Epic Black Metal cut with a deep sense of melody, in a monumental vocal rage, all accompanied by the bewitching notes of a macabre keyboard flirting with that uneasy melancholy that is so particular to Seth. A thrilled audience, packed to the rafters as this concert was SOLD OUT, who will have been ultra-receptive to the musically demonic Armageddon sent out by these horsemen of the underworld who smell of stale baguette, mouldy camembert and pork-butchery, set against a backdrop of red wine and red white and blue, with a flag torn by paving stones. Seth will have played an hour of pure pleasure during this first part, having done us the honour of playing ‘L’Hymne au Vampire (act III)’ and so many other gems of mass destruction, including several from their most recent album, La France Des Maudits.
The evening continues with a change of scenery as we arrive in Norway, with Borknagar playing ultra-rich progressive metal tinged with Black metal, Folk metal, Viking metal and Neofolk. Formed by Øystein Garnes Brun in Bergen in 1995, the mood is suddenly different. Gone are the days of Epic battlefields and other broken faces that leave their mark. There’s still a whiff of brawl, but here we’re more into the ethereal and atmospheric, ending up under the spell of magnificent melodies that are sure to linger in our musical memories. Lazare (keyboards and vocals, here since 1999) and his horde take us into a world where courage and wisdom go hand in hand, a far cry from the raw hatred so often associated with true black metal. Admittedly, this was a concert with a strong Black streak, but there’s no denying that this soaring, relaxing in-between time did us a world of good. However, alongside these moments of intense beauty, Borknagar also have their hard-hitting Black metal passages, plunging their faithful roots into the origins of this movement. What’s striking about Borknagar are their haunting guitar melodies, accompanied by a warm, imposing bass and efficient, precise drums, all orchestrated by an incantatory keyboard. That and Lazare‘s voice, coupled at times with that of ICS Vortex, and inevitably, the magic happens. The audience was much more observant than in the pogos of tritonic fans and their devil’s interval, and here it was a musical apotheosis, as at the end of each song you could see the enthusiasm at its peak, so seduced, if not literally conquered, were the fans of the Folk metal / Viking metal universe. Borknagar gave us the pleasure of a magnificent one-hour live show, with ten sumptuous tracks.
We now move on to a monument of melodic Black metal to close this concert in the name of Black, with Rotting Christ. The Black Lab is SOLD OUT, and we’re wondering why, and more importantly, for whom? As much as we loved the sheer evil of Seth and his diabolical villainy, as well as the masterful beauty of Borknagar, we were bound to need this black mass tinged with the warrior attitude that is so characteristic of Rotting Christ to end this concert on a high. Rotting Christ was born in Greece in 1987, in the beautiful city of Athens, and since its beginnings it has delivered 14 albums as grandiose, terrifying and magnificent, varying between melodic black metal and black metal, flirting with gothic metal, death metal and even symphonic metal. This strength and heaviness, so particular to Rotting Christ, in this measured, controlled aggression, stuns us with a deliciously intense and rigorous primary frustration, like the hard work Rotting Christ have put in over all these years to manage to offer us this exceptional and impressive musical quality since their beginnings. And with good reason, we were celebrating their 35 Years of Evil Existence. With Rotting Christ, you feel like you’re in the middle of The Exorcist with every track, every note stirring your insides to devour your poor mortal souls. You can feel hell tugging at you mentally, grabbing you by the scruff of the neck and preventing you from flying off to more serene horizons. Rotting Christ finally reveal their vision of the world: raw, brutal, violent, aggressive and absolutely insane, almost Dantesque in its guitar riffs, bass, crushing drums and Mephistophelian vocals, crushing our putrid little existences and dislocating our spirits like a fractal apocalypse in full destructive action. Impossible to stop our four mercenaries of the underworld, led by the eternal Σάκης Τόλης (Sakis Tolis), who have done us the honour, and the privilege of serving us up a divinely hellish hour-and-a-quarter live set, playing such gems of the genre as ‘Aealo’, ‘Like Father, Like Son’ ‘Non Serviam’, ‘Societas Satanas’ (an excellent cover by THOU ART LORD), ‘ and “Noctis Era”.



