#Song : La sélection musicale de Matthias Jungbluth (Fange, Throatruiner Records)

Le samedi, nous avons décidé de laisser la voix aux artistes dont nous apprécions le travail. Pour cela, nous leur proposons de composer leur playlist musicale des titres qui les font vibrer. Cette semaine, c’est Matthias, vocaliste et parolier de Fange, ainsi que fondateur du label Throatruiner Records qui nous fait l’honneur de nous partager ses morceaux coups de cœur du moment.

A propos de Throatruiner Records : Throatruiner Records est un label français créée en 2009 basé dans l’Ouest de la France, qui a signé des artistes hors pairs comme Fange, Lisieux, Mourir, Sordide, Imperial Triumphant, Death Engine, et bien d’autres.

A propos de Fange : Fange est un groupe d’industrial sludge français crée en 2013 venant vous prendre aux tripes avec des prestations lives impressionnantes. Avec déjà 7 albums à leur actif, ils nous parlent d’anticapitalisme, de misère, de manière bien fracassante, quasiment sanguinolente comme si l’instru ne vous avez pas déjà envoyé 3 parpaings dans la tronche. 

Crédit photo de couverture : Marye Davenne


Alain Bashung – « La Ficelle » (2002, album L’Imprudence via Barclay)

Représentatif de la dernière partie de sa carrière où il s’enfonçait dans des trucs beaucoup plus dark et expérimentaux, voire anti-commerciaux – j’oserais pas tenter un « le Scott Walker français » mais bon. Suivant l’adage « les bons artistes copient, les grands artistes volent », j’ai pillé une ligne de ce titre pour le prochain Fange. Il va faire quoi, me péter la gueule?

Concrete Winds – « Infernal Repeater » (2024, album Concrete Winds via Sepulchral Voice Records)

En faisant cette playlist je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas eu grand-chose de récent en musiques agressives m’ayant vraiment hostilisé la gueule. Sûrement une question d’accoutumance ; peut-être en effet, pour citer le penseur contemporain Atef Kahlaoui, que « je ne retrouverais jamais la sensation de ma première branlette ». Le nouveau Concrete Winds m’aura donné tort, bien la sensation d’avoir toutes les veines du crâne prêtes à sauter en même temps.

Eartheater – « High Tide » (2019, album Trinity via Chemical X)

Tout ce qu’elle a fait ne me touche pas forcément mais dose de tubes bien 5e Élement sur ce disque et cette tenace impression d’être à la fois en 1999 et en 2099.

Lycia – « Wandering Soul » (1995, album The Burning Circle and Then Dust via Lycium Music)

Cervelle fracassée de millenial oblige j’ai tendance à piquer du nez dès qu’un concert ou album dépasse les 25 minutes (les miens y compris) mais ce DOUBLE-ALBUM de DEUX HEURES de Lycia est l’un des disques qui m’aura le plus captivé ces dernières années, tour de force d’autant plus puissant que tous les titres sonnent plus ou moins pareil, superbe couette lestée de spleen maladif.

Oranssi Pazuzu – « Muuntautuja » (2024, album Muuntautuja via Nuclear Blast)

Sacré flex de gros baiseur que de sortir un disque aussi pété, non seulement au regard de leur discographie mais également sur un aussi gros label. Ce titre sonne comme toutes les pistes du Fat Of The Land de Prodigy lancées en même temps, donc c’est forcément mortel.

Sure – « Morrows » (2020, album 20 Years via Weyrd Son Records)

Pas mal réécouté le premier disque des parisiens de SURE parce que pour avoir eu la chance (entre autres) d’y jeter une oreille, leur prochain disque est vraiment excellent. Grosse darkwave de stade, chant 5 étoiles, vraiment rien à envier aux pointures internationales.

Tristwch Y Fenywod – « Blodyn Gwyrdd » (2024, abum Tristwch Y Fenywod via Night School)

Copier-coller du nom parce que ça ressemble à un SMS envoyé à 4h du matin – découvert avec une demo live Bandcamp comprenant tous ces titres, et en dépit du passage en studio ça sonne toujours délicieusement naïf et irréel comme une cassette 4AD exhumée 30 ans après. Bonus galaxie de projets affiliés tout aussi recommandables (Brugmansia in Excelsis, Hawthonn, The Ephemeron Loop…)

Ulcerate – « To See Death Just Once » (2024, album Cutting The Throat of God via Debemur Morti Productions)

cf mon commentaire sur Concrete Winds, le bourrinage gratos me fait vite bailler, et là-dessus Ulcerate a toujours su éviter cet écueil. L’un des rares groupes à se hisser au niveau de leurs influences, mettant leur niveau d’aliens au service de compos toujours plus fines et viscérales. Pour avoir eu la chance de les voir tous les soirs pendant 2 semaines, content de voir qu’il y aie un public de plus en plus conséquent pour des groupes aussi exigeants, mais ils méritent encore 10 fois plus.

Yeun Elez – « La Descente » (2024, album La Croix des Cinq Chemins via Antibody

Pas trop fouiné suite au split de Techno Thriller qui avait sorti un super album il y a quelques années, mais l’un des deux membres a poursuivi sous le nom de Yeun Elez, dans la même lignée en encore plus plus neofolk / post-industriel.

Playlist à retrouver sur Spotify :

 

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