Deuxième semaine de janvier, et déjà deuxième sortie made in France dans l’écurie Pelagic Records. Cette fois ci, c’est dans les tréfonds du black métal bien crust qu’on a rendez-vous avec Movrir, beau projet musical avec des membres de Bruit <, Plebeian Grandstand. Sorti ce 17 janvier, Insolence est un EP brut et sauvage.
Article par Marye DAVENNE
English version below
Se faire écraser et asphyxier sous un monde de l’outrance, suffoquer et se retrouver totalement piégé sous les barbelés, c’est exactement l’expérience musicale qu’il nous est proposé avec « Hubris » et ses 10 minutes accablantes. Un black métal bien gras, où le chant se veut crié du plus profond de l’âme, comme un dernier souffle. Ca, on le doit à Olivier Lolmède au chant, que l’on connait notamment dans Plebeian Grandstand. Insolence se construit en plusieurs facette d’un même thème, et « Punitive » nous plonge dans un sentiment de terreur. Est-ce le bruit d’un animal au cœur de la nuit ? Une vieille maison qui grince, ou juste un cauchemar qui s’apprête à se rompre par la sonnerie du réveil ? Alors que l’EP commençait sur la représentation de l’orgueil, on fait appel pour ce troisième titre à « Nemesis », déesse grecque du châtiment contre cet orgueil. Comment se battre face à ce monde à bout de souffle. C’est une génération entière qui crie sa rage, dans un rythme presque répétitif, presque industriel, nous rappelant le capitalisme incessant.
Avec « Illusions », on croirait voir nos espoirs disparaitre lentement, dans de longs plans musicaux inquiétants, le type de construction musicale qu’on retrouve souvent dans la scène post. Il faut dire qu’à la production, on retrouve Clément Libes (Bruit <, Urge) et son compère Théophile Antolinos, lui aussi membre de Bruit < et M83, derrière la basse. Les 12 minutes d’Illusions sont donc bien grasse, et effaçant de l’horizon le semblant d’espoir qui nous entourait. Si on tends l’oreille, on pourrait entendre les derniers souffles agonisants d’une bête. On aurait limite envie de mettre cette musique sur les images du dernier film de Coralie Fargeat, The Substance.
Movrir nous ont proposé un EP où rien n’est superflu musicalement pour représenter l’abondance, où même l’outrance. Ecrasé, étouffé, c’est des cris non pas de douleur mais de désespoir qui nous viennent pour quatre titres puissants.
Movrir seront de passage à Lille le 6 février prochain, en compagnie de ÆTHERIA CONSCIENTIA, pour une belle soirée où le black métal moderne montre son nouveau visage. On ne manquera ça pour rien au monde, et on espère vous y retrouver nombreux.

Tracklist
1. Hubris
2. Punitive
3. Nemesis
4. Illusions
The second week of January, and already the second made-in-France release from the Pelagic Records stable. This time, it’s into the depths of crusty black metal that we meet Movrir, a fine musical project featuring members of Bruit <, Plebeian Grandstand. Released on January 17th, Insolence is a raw, savage EP.
Review by Marye DAVENNE
To be crushed and asphyxiated under a world of excess, to suffocate and find oneself totally trapped under barbed wire – this is exactly the musical experience we are offered with “Hubris” and its overwhelming 10 minutes. A bold black metal, where the vocals are shouted from the depths of the soul, like a last breath. This is thanks to Olivier Lolmède on vocals, who we know from Plebeian Grandstand. Insolence is built around several facets of the same theme, and “Punitive” plunges us into a feeling of terror. Is it the sound of an animal in the dead of night? An old house creaking, or just a nightmare about to be shattered by the alarm clock? While the EP began with the representation of pride, on this third track we call on “Nemesis”, the Greek goddess of retribution against pride. How to fight back against this breathless world. An entire generation cries out its rage, in an almost repetitive, almost industrial rhythm, reminding us of relentless capitalism.
With “Illusions”, it’s as if we’re watching our hopes slowly disappear, in long, disquieting musical shots, the type of musical construction often found in the post scene. On production, we find Clément Libes (Bruit <, Urge) and his mate Théophile Antolinos, also a member of Bruit < and M83, behind the bass. The 12 minutes of Illusions are thus quite greasy, and erase from the horizon the semblance of hope that surrounded us. If you put your ear to the ground, you could hear the last dying breaths of a beast. You might even want to set this music to the images from Coralie Fargeat‘s latest film, The Substance.
Movrir have come up with an EP where nothing is musically superfluous to represent abundance, or even excess. Crushed, suffocated, it’s not cries of pain but of despair that come to us for four powerful tracks.
Movrir will be in Lille on February 6th, in the company of ÆTHERIA CONSCIENTIA, for a beautiful evening where modern black metal shows its new face. We wouldn’t miss it for the world, and hope to see many of you there.
[…] enchaîne assez vite avec Movrir, dont l’EP Insolence nous a mis une véritable claque il y a tout juste quelques jours. On ne va pas vous mentir, […]
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