#Live : Miossec + Françoiz Breut @ L’Aéronef, Lille – 27/02/2025

Miossec fait son grand retour sur les scènes françaises et a fait escale à Lille le jeudi 26 février. Pour l’accompagner, c’est la Cherbourgeoise Françoiz Breut qui ouvre la soirée. Un jolie soirée toute en poésie et chanson française passée à l’Aéronef et qu’on vous conte ici. 

Article par Mégane

English version below


Nous découvrons l’Aéronef dans une configuration peu utilisée. En effet, le concert a lieu sur la grande scène, mais la salle est un peu rétrécie, sans bar en salle. Le public arrive progressivement quand Françoiz Breut monte sur scène. Nous découvrons cette artiste française, tout d’abord dans une ambiance lumineuse assez sombre. La mise en scène est simple et épurée. La chanteuse est accompagnée de deux musiciens : un percussionniste/guitariste et un claviériste. Ils viennent apporter des ambiances musicales aux textes. Les rythmes ondulent tandis que Françoiz Breut exprime autant ses textes par une expression vocale que corporelle. L’ensemble, tout en finesse, est très équilibré, et le trio dégage un sentiment de belle harmonie. Par moments, Françoiz Breut, qui est également accessoiriste, se met un peu en retrait et c’est au clavier de conter des histoires sous formes de mélodies. “Ma colère” se finit dans une ambiance orageuse qui colle parfaitement à la composition, pourtant très calme. “Métamorphose”, évoquant des corps qui s’entremêlent, dans des mots précisément choisis et poétiques, a quelque chose de très sensuel. On en vient à se demander si ce n’a pas été une influence pour “eau de vie” de Eddy de Pretto et Juliette Armanet tant on est dans le même registre. Des titres plus rythmés et dansants viennent en deuxième partie de set. La scène se pare d’ailleurs de lumières plus colorées. On retrouve parfois dans la voix de Françoiz Breut un timbre rappelant celui de Babet (Dionysos). En somme, une belle découverte pour nous, et une belle entrée en matière pour cette douce soirée poétique. 

Il est temps de retrouver Miossec. Son retour après des problèmes de santé est très attendu. Le public est compact face à la scène. L’ambiance créée sur scène est intimiste. Des petites lumières sont installées. On se sent au plus proche de l’artiste, dans quelque chose de simple. Simplifier est d’ailleurs son dernier album, paru en 2023. Il sera largement représenté dans la setlist, au milieu d’autres morceaux emblématiques. Le set démarre avec “On vient à peine de commencer”, avec le tic tac du temps qui passe en arrière fond. Et le temps va être suspendu durant environ 1h30. La voix profonde de Miossec raconte poétiquement ces histoires, ces moments de vie. Les compositions expriment nos émotions avec des mots que nous n’aurions jamais réussi à mettre. On se trouve absorbés par la présence scénique de l’artiste. Il s’est entouré de deux musiciens qui nous plongent dans de douces mélodies envoûtantes. Les transitions se font dans un silence presque religieux. Miossec interagit parfois spontanément avec les premiers rangs, dans une simplicité et une authenticité qui font du bien. On est à l’exact opposé de la rock star ou du culte de la personnalité. On se sent proche de l’artiste, et ses textes nous font quelque part rentrer dans une forme d’intimité émotionnelle avec lui. “Madame” est une ôde à l’amour. La douceur du set nous enveloppe durant tout ce concert, comme un cocon musical réconfortant. “Mes disparus” est là pour chanter sur la maladie, comme une thérapie par la musique, par les textes. Miossec c’est aussi savoir magnifier le quotidien, réussissant à nous émouvoir proche des larmes parfois par la beauté et le maniement des mots. Après “La mélancolie”, qui définit bien l’émotion de nombreux titres, le groupe quitte la scène, avant d’être rappelé. Ils nous interpréteront quatre nouveaux titres pour notre plus grand bonheur. Après “La nuit est bleue”, traitant de la rupture (comme plusieurs textes de Miossec), “Je m’en vais” est bouleversante. On reste dans une espèce de douce mélancolie, comme lové avec nous même, avec “Brest”. Et lorsque les dernières notes de “Tout est bleu” résonnent et que l’on comprend que c’est la fin, on se dit qu’on aimerait rester encore ici, dans cette bulle pleine d’émotions, hors du temps. 

Le concert nous a enchanté. Ce retour sur scène attendu est plus que réussi. Miossec nous prouve sa présence solide sur la scène française depuis plusieurs décennies. Et en écrivant ces lignes, on se replonge un peu dans les douces émotions qui ont pu nous traverser durant ce moment suspendu. 


Miossec is making a comeback on the French music scene, and made a stopover in Lille on Thursday 26 February. To accompany him, Cherbourg’s Françoiz Breut opened the evening. It was a lovely evening of poetry and French chanson at the Aéronef, and we tell you all about it here.

Review by Mégane

We discovered the Aeronef in a rarely used configuration. The concert was taking place on the main stage, but the room was a little cramped, with no bar. The audience arrived gradually as Françoiz Breut took to the stage. We discover this French artist, first of all in a rather dark, luminous atmosphere. The staging is simple and uncluttered. The singer is accompanied by two musicians: a percussionist/guitarist and a keyboardist. They add musical ambience to the lyrics. The rhythms undulate as Françoiz Breut expresses her lyrics both vocally and physically. It’s a fine, well-balanced whole, and the trio exudes a sense of beautiful harmony. At times, Françoiz Breut, who is also a props player, takes a back seat and it’s up to the keyboard to tell the stories in the form of melodies. ‘Ma colère’ ends in a stormy atmosphere that fits perfectly with the calm composition, while “Métamorphose”, evoking intertwining bodies in precisely chosen, poetic words, has something very sensual about it. It makes you wonder if this might have been an influence on Eddy de Pretto and Juliette Armanet‘s ‘eau de vie’, as it’s so much in the same vein. More rhythmic, danceable tracks came in the second half of the set. The stage was decked out in more colourful lights. Françoiz Breut‘s voice is sometimes reminiscent of Babet (Dionysos). All in all, a wonderful discovery for us, and a fine start to this gentle, poetic evening.

It’s time to get back to Miossec. His return after health problems was eagerly awaited. The audience is packed in front of the stage. The atmosphere created on stage was intimate. Small lights were installed. You feel as close as possible to the artist, in something simple. Simplifier is his latest album, released in 2023. It will feature heavily in the setlist, alongside other emblematic tracks. The set kicks off with ‘On vient à peine de commencer’, with the tick-tock of time ticking away in the background. Time is suspended for about 1h30. Miossec‘s deep voice poetically recounts these stories, these moments in life. The compositions express our emotions in words we could never put into words. We find ourselves absorbed by the artist’s stage presence. He is surrounded by two musicians who immerse us in soft, haunting melodies. The transitions are made in an almost religious silence. Miossec sometimes interacts spontaneously with the front row, with a simplicity and authenticity that feels good. He’s the exact opposite of a rock star or a personality cult. We feel close to the artist, and his lyrics somehow bring us into a form of emotional intimacy with him. ‘Madame’ is an ode to love. The softness of the set envelops us throughout the concert, like a comforting musical cocoon. ‘Mes disparus’ is a song about illness, a therapy through music and lyrics. Miossec also knows how to magnify everyday life, managing to move us close to tears at times through the beauty and handling of his words. After ‘La mélancolie’, which aptly defines the emotion of many of the tracks, the group left the stage, only to be called back. They will perform four new songs to our delight. After ‘La nuit est bleue’, about breaking up (like many of Miossec‘s lyrics), ‘Je m’en vais’ is deeply moving. We remain in a sort of gentle melancholy, as if curled up with ourselves, with ‘Brest’. And when the last notes of ‘Tout est bleu’ ring out and we realise that this is the end, we think we’d like to stay here, in this emotional bubble, out of time.

We were delighted with the concert. This long-awaited return to the stage was more than a success. Miossec has been a solid presence on the French music scene for decades. And as we write these lines, we’re reminded of the sweet emotions that ran through us during that suspended moment.

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