#Live : Knocked Loose + Basement + Harm’s Way + Pest Control @ L’Aéronef, Lille – 22/03/2025

Les rois du hardcore moderne sont à Lille ! Qui l’aurait cru ? Depuis l’annonce du concert, nous avions du mal à croire que l’Aéronef ait reussi à faire venir dans notre ville Knocked Loose ! Après une nomination au Grammy Award, et un album ayant surplombé le genre en 2024, il était temps pour les Lillois de faire la guerre dans la fosse de l’Aéronef. Avec eux, c’est un line-up de qualité que nous avons eu : Basement, Harm’s Way et Pest Control. De quoi bien remplir la salle pour un show sportif ! 

Article par Marye DAVENNE

Photos par JB

English version below


Alors que les plus téméraires sont arrivés depuis déjà midi pour faire la queue, le public lillois profite des terrasses au soleil, ou des séances de Séries Mania qui s’est ouvert la veille. 19h pétante, les anglais de Pest Control prennent d’assaut la grande scène de l’Aéronef, devant un public encore assez dispersé, mais de quoi laisser toute la place pour un beau parterre de mosh. Et ce fût le cas de le dire. Dès les premières secondes de set, la fosse fait place à une belle piste de danse et le groupe peut lancer les hostilités. Le son de Pest Control est un vrai mélange d’influence. Si le chant de Leah Massey-Hay est une vraie démonstration de hardcore, s’associant parfaitement sur la section rythmique, côté guitare, Joseph et Joe nous proposent de beaux riffs, assez mélodique, rappelant les sonorités plus thrash. La sauce a l’air de prendre parfaitement dans cet aéronef déjà bien en forme. Le public est loin d’être en pleine découverte, en confirme la chanson « PMC » qui sera chanté par bons nombres de spectateurs. Le groupe est d’une énergie folle et on passe un très bon moment à leurs côtés.

Pest Control @ L’Aéronef, Lille – 22/03/2025

La salle se remplit petit à petit et nous voilà en place pour enfin voir les fameux Harm’s Way où les riffs de guitares sont beaucoup plus gras ! L’ambiance dans la salle est dans la parfaite continuité de Pest Control, et le public part dans un pogo général. Les moshs sont désormais un peu moins violents, mais nos oreilles en prennent plein la vue. Il ne faudra attendre que trois chansons pour que James Pligge retire son T-shirt, affichant fièrement un musculature impressionnante. On se sent beaucoup plus écrasé par le son des américains, où la basse semble gronder en permanence comme un moteur en fond de scène. Le public est aux anges, et lorsque « Infestation » sera joué en clôture de set, c’est un public en folie qui s’empresse de refaire la fameuse danse de James pour un meme grandeur nature.

Harm's Way @ L’Aéronef, Lille – 22/03/2025

Il est l’heure pour nos coeurs d’emo de fondre devant Basement. La violence fait place aux émotions, et nous voici parti pour 30 minutes de son touchant en plein coeur. Les moshpits se sont calmés, mais les crowdsurfeurs sont toujours bien présents. Le groupe commence son set avec le fameux « Whole », issus de leur album Colourmeinkindness sorti en 2012, qui est aujourd’hui encore, une référence dans le genre. Cet album sera particulièrement mis en avant, comme une valeur sûre pouvant aller chercher de nouveaux fans dans l’auditoire. Leur set est parfait, qu’on se le dise ! Alors que certains auraient préféré les avoir en ouverture de soirée, pour garder une violence tout au long de la soirée, on trouve de notre côté que les avoir en troisième place est totalement cohérent, pour nous faire bien pleurer, et sortir nos émotions les plus profondes, avant de s’engager sur un set de Knocked Loose où l’on est désormais plus fort face à nos démons. Ils le diront eux-même, leur présence sur cette affiche peut étonner, mais le public Lillois les a accueilli à bras ouvert, et les trentenaires que nous sommes avons clairement chanter nos émotions, notamment sur le dernier morceau « Covet ». On aime voir Basement, qui nous proposent un sans faute, comme à leurs habitudes.

Basement @ L’Aéronef, Lille – 22/03/2025

Alors qu’on a passé la journée à regarder les stories de nos amis parisiens au concert au Bataclan la veille, les Lillois sont chaud bouillant pour accueillir les américains de Knocked Loose. La lumière s’éteint, le public crie et libère déjà la place au centre de la fosse pour le début de la boucherie. La croix jaune de leur dernier album,You Won’t Go Before You’re Supposed To, nous fait face, comme un début de messe. Le groupe monte sur scène et voici 1 minute où les musiciens nous regardent, sans jouer, comme un adversaire qui scrute son chant de bataille avant la guerre. Le public est loin d’être glacé devant le regard de Bryan Garris, au contraire, et voilà que le glas se mets à sonner avec « Thrist ». Cette cloche qui annonce le début du carnage dans la fosse. Le son de l’aéronef est parfait, comme à son habitude et on se régale des lumières impressionnantes. Face à leur tournée de l’année dernière, on sent que le groupe a voulu en mettre plein les yeux des Européens en travaillant leur scénographie cette fois-ci ! Qu’on soit dans un gymnase de Louisville ou dans une des plus grosses salles de la métropole, le public est totalement déchainé, quasiment autant que le groupe qui court partout sur la scène, et n’hésite pas à faire du two steps en jouant. Le set défile à une vitesse folle, et Knocked Loose viennent piocher des titres dans tous leurs albums, jusque leur premier albumLaugh Tracks sorti en 2014, pour un public chantant « Deadringer », comme si il était sorti la veille. On est impressionné par ce public qui connait la discographie du groupe sur le bout des doigts, surtout dans une salle aussi grande. Lorsque le pit n’est pas en folie, Bryan réclame un maximum de slammeurs et « Don’t Reach For Me » sera un vrai océan donnant du fil à retordre à la sécurité dans les crashs. Impressionnant, captivant, comment décrire l’admiration presque unanime qui se répands devant le spectacle qui se dresse devant nous. Pour faire de la batterie un véritable chef d’armée qui donne le rythme, Kevin Kaine sera parfois accompagné par un deuxième tom fracassé avec des rondins de bois sur le côté de la scène. La prestation vocale de Bryan est à couper le souffle, notamment sur « Blinding Faith », avant d’enchainer sur « Counting Worms » pour un woof woof collectif, et « Suffocate » où le public a pris la place de Poppy niveau chant, pour ensuite profiter des derniers instants de ce concert avec « Sit & Mourn » et une dernière bataille pour les plus téméraires qui ont encore de la force.

Knocked Loose @ L’Aéronef, Lille – 22/03/2025

Après des centaines de concerts à l’Aéronef, nous n’avons que très rarement vécu une telle violence dans cette salle ! On s’en doutait, un line-up avec de tels groupes de hardcore allait forcément faire sortir toute la scène de la région, et même plus ! Quel plaisir de voir ce type de groupe monter sur des scènes de plus en plus grandes. Certains préféreront le hardcore dans une cave sombre où le side to side se fait en seulement 4 pas. A titre personnel, c’est sur une scène de cette envergure que j’aime le hardcore, avec un son qui leur rends hommage, devant un public en folie. L’Aéronef nous a totalement gâté avec ce concert, et on se prépare déjà à revenir faire une telle bagarre en juin avec Paleface Swiss. Vous y serez ? 

Merci Danièle pour les accréditations, les équipes de l’Aéronef pour l’accueil et l’organisation de cette soirée.


The kings of modern hardcore are in Lille! Who’d have thought it? Ever since the concert was announced, we couldn’t believe that the Aeronef had managed to bring Knocked Loose to our city! After a Grammy Award nomination, and an album that topped the genre in 2024, it was time for the band from Lille to wage war in the Aeronef pit. With them, we had a quality line-up: Basement, Harm’s Way and Pest Control. Enough to fill the hall for a sporting show!

Review by Marye DAVENNE

Pictures by JB

While the more adventurous had already arrived at midday to queue up, the Lille public were enjoying the sunny terraces, or the sessions at Séries Mania, which had opened the day before. At 7 p.m. sharp, the English band Pest Control took to the main stage of the Aeronef, in front of an audience that was still fairly dispersed, but which left plenty of room for a nice mosh pit. And so it was. From the very first seconds of their set, the pit gave way to a beautiful dance floor, and the band were able to launch hostilities. Pest Control’s sound is a true blend of influences. Leah Massey-Hay‘s vocals are a true demonstration of hardcore, combining perfectly with the rhythm section, while Joseph and Joe’s guitar riffs are melodic and reminiscent of thrash sounds. The sauce seems to be catching on perfectly in this already fit aircraft. The audience is far from being in the throes of discovery, as confirmed by the song “PMC”, which will be sung by a good number of spectators. The band’s energy is insane, and we’re having a great time with them.

The room gradually fills up, and we’re finally in place to see the famous Harm’s Way, where the guitar riffs are much fatter! The atmosphere in the room is a perfect continuation of Pest Control, and the crowd goes into a general pogo. The moshes are now a little less violent, but our ears get a real kick out of them. It’s only three songs before James Pligge takes off his T-shirt, proudly displaying his impressive musculature. We feel much more crushed by the American sound, where the bass seems to rumble constantly like an engine at the back of the stage. The audience is ecstatic, and when “Infestation” is played at the end of the set, it’s a wild crowd who rush to do James’ famous dance again for a life-size meme.

It’s time for our emo hearts to melt before Basement. Violence gives way to emotion, and we’re in for 30 minutes of heart-stopping sound. The moshpits have died down, but the crowdsurfer is still there. The band start their set with the famous “Whole”, from their 2012 album Colourmeinkindness, which is still today, a reference in the genre. This album will be particularly highlighted, as a safe bet that can fetch new fans from the audience. Let’s face it, their set is perfect! While some would have preferred them to open the evening, to keep the violence going throughout, we find that having them in third place is totally coherent, to make us cry and get our deepest emotions out, before embarking on a set of Knocked Loose where we’re now stronger in the face of our demons. As they themselves will tell you, their presence on this bill may come as a surprise, but the Lille crowd welcomed them with open arms, and we thirtysomethings clearly sang our emotions out, especially on the final track “Covet”. We love to see Basement, who offer us their usual flawless performance.

While we’ve spent the day watching the stories of our Parisian friends at the Bataclan concert the day before, the people of Lille are boiling hot to welcome the Americans from Knocked Loose. The lights go down, the audience screams and already clears the space in the center of the pit for the start of the butchery. The yellow cross from their latest album, You Won’t Go Before You’re Supposed To, faces us like the start of a mass. The band take the stage, and for 1 minute, the musicians look at us, without playing, like an adversary scrutinizing his battle song before the war. The audience is far from frozen before Bryan Garris‘ gaze, on the contrary, and then the bell rings with “Thrist”. This bell announces the start of the carnage in the pit. The aircraft’s sound is perfect, as usual, and the lights are impressive. Compared to last year’s tour, we can feel that the band wanted to give Europeans an eyeful by working on their scenography this time! Whether you’re in a Louisville gymnasium or one of the city’s biggest venues, the audience is totally unleashed, almost as much as the band, who run all over the stage, and don’t hesitate to do two steps while playing. The set goes by at breakneck speed, and they pull tracks from all their albums, right up to their 2014 debut Laugh Tracks, with the audience singing along to “Deadringer” as if it had been released the day before. We’re impressed by this audience, who know the band’s discography like the back of their hand, especially in such a large venue. When the pit isn’t going wild, Bryan calls for as many slammers as possible, and “Don’t Reach For Me” is a real ocean, giving security a hard time in the crashes. Impressive, captivating, how can we describe the almost unanimous admiration for the spectacle before us? To make the drums a true army commander, Kevin Kaine will sometimes be accompanied by a second tom smashed with logs on the side of the stage. Bryan’s vocal performance is breathtaking, particularly on “Blinding Faith”, before moving on to “Counting Worms” for a collective arf arf, and “Suffocate” where the audience has taken Poppy’s place vocally, before enjoying the last moments of this concert with “Sit & Mourn” and a final battle for the most reckless who still have some strength left.

After hundreds of concerts at l’Aéronef, we’ve rarely experienced such violence in this venue! We suspected that a line-up featuring such hardcore bands was bound to bring out the entire regional scene, and then some! What a pleasure it is to see this type of band playing on bigger and bigger stages. Some will prefer hardcore in a dark cellar, where side-to-side is only 4 steps away. Personally, it’s on a stage of this scale that I love hardcore, with a sound that pays homage to them, in front of a wild audience. L’Aéronef totally spoiled us with this concert, and we’re already getting ready to come back and put up such a fight in June with Paleface Swiss. Will you be there?

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