#Live : L’Arsenal Rock Festival – Jour 2 @ Zone De Loisirs, Beautor – 30/05/2025

C’est sous un soleil de plomb que le camping émerge. Peu ont choisi cette option et la nuit a été plutôt calme. Le site ouvrant à 15h, c’est après un apéritif à rallonge que nous regagnons l’Arsenal Rock Festival pour son deuxième jour. Après une première journée tournée vers le ska, nous changeons un peu de registre, entre punk rock et metal. Au programme de la journée : Orchestre Punk de l’Aisne, Pogota, Brassen’s Not Dead, les Vulgaires Machins, Arno Futur et en conclusion, rien de moins que Lofofora. Pour cette journée, c’est Rupture Convantionnelle qui assure les inter-scènes sur le Village.

Article par Mégane

English version below


O.P.A (Orchestre Punk de l’Aisne)

La température élevée nous pousse à chercher de l’ombre, et une part importante des festivaliers regarde l’Orchestre Punk de l’Aisne depuis le porche, à l’abri du soleil. Très rapidement, nous sommes agréablement surpris par la qualité de ce que propose la formation, en ouverture d’un festival. Tout est en place, ça joue très bien et les musiciens tiennent la scène. On alterne entre titres aux accents punk et d’autres tirant vers le ska, faisant ainsi un très beau clin d’oeil à la journée précédente. Vocalement, on entend vite un côté Alain Bashung, avec parfois des notes de Arno. O.P.A reprend d’ailleurs “La Nuit Je Mens” de Bashung. Cette version est plus rythmée que l’originale, ambiance punk oblige. Nous sommes soufflés par la voix. La formation propose également “Emmenez-moi” de Charles Aznavour , ou encore “Amsterdam” de Brel. A chaque fois, on note un vrai effort pour retravailler la chanson, et ne pas en faire une simple reprise un peu plus rapide. “Fais-moi mal Johnny” ou “La Corrida” résonne à nouveau sur le site (ndlr : Opium du Peuple les a jouées toutes les deux la veille). On a même droit à du Brassens, alors que Brassen’s not Dead joue quelques heures plus tard. Bref, le set et le show sont complets. Une très belle surprise pour une ouverture de festival! On espère voir le groupe sortir de ses contrées de l’Aisne pour exporter sa musique sur Lille.

Pogota

Il est très tôt mais les coups de soleil commencent déjà à faire leur apparition lorsque Pogota entre sur scène, pour réchauffer encore plus l’atmosphère. Leur entrée semble inspirée de “Buvez du Cul” de Lofofora. Le groupe est d’ailleurs un peu plus orienté metal, à l’instar de la tête d’affiche du jour. Toutefois le punk est bien présent dans le set. Les textes tournent principalement autour de l’alcool, de la fête, des pogos. On note ainsi des titres plutôt légers comme “Allez tous vous faire ukulélé”. On se dit que, quitte à pousser le délire jusqu’au bout, le groupe aurait pu y inclure une partie au ukulélé pour de vrai. Niveau metal, le groupe nous joue un titre sur la trashtiflette. Le set comporte également une reprise festive de “Le copains d’abord”. Le dernier titre se fait un peu plus engagé, contre les politiques en général. Pogota c’est léger. On doit avouer ne pas être totalement emballé par la proposition, mais cela reste une très bonne ouverture de festival et colle bien au reste de la programmation niveau style.

Rupture Convantionnelle

On profite de la pause pour aller découvrir Rupture Convantionnelle sur la petite scène du Village. Contrairement à la veille, une batterie est présente, et le set n’est pas seulement acoustique. Le trio propose un punk ouvrier engagé. Entre égalité salariale, défense des droits des travailleurs… C’est simple, Rupture Convantionnelle c’est la CGT du punk (voire SUD…). Nous passerons à plusieurs reprises écouter leur composition qui rythment les inter-scènes, au sens littéral!

Brassen’s Not Dead

Nous en avions beaucoup entendu parler, mais c’est la première fois que nous les voyons sur scène. Brassen’s Not Dead entre en scène, face à un public plutôt connaisseur. Vous aurez compris le concept : des reprises de Georges Brassens, à la sauce punk. Le groupe toulousain assure le show, réalisant même un très beau air guitar. Ils mettent l’ambiance sur le site. On peut facilement entonner les refrains avec eux. L’ambiance est festive, bon enfant. Brassen’s Not Dead ajoute même une touche d’occitan à leurs reprises. On est nombreux à avoir écouté ces titres avec nos parents ou grands-parents, voire à les avoir appris en cours de musique des années auparavant. Sans révolutionner la scène, Brassen’s Not Dead offre une proposition festive, qui ravit chacun et procure un sentiment de joie dans le public. Pari réussi!

Vulgaires Machins

Alerte concert d’exception à Beautor à 20h05 tapante! Le festival programme principalement des artistes français ou belges. Mais le groupe suivant a fait bien plus de route pour venir se produire. En effet, tout droit venus du Québec, Vulgaires Machins s’apprêtent à faire résonner leur punk-rock à l’Arsenal Rock. On doit vous avouer qu’on est comme des enfants à Noël en les attendant devant la scène. Leur punk rock aux accents mélodiques résonne fort et nous embarque tous. Le groupe transmet une joie indicible. On les voit sourire, s’éclater sur scène, et on sent vraiment cet esprit de partage avec le public. Les compositions font mouche à chaque fois. On retrouve avec plaisir les petites expressions québécoises et cet accent chantant. Il y a un côté punk rock adolescent à leurs titres, parfois anciens. En effet, le groupe pioche dans sa discographie qui s’étale tout de même sur presque 20 ans. La fête est totale dans la fosse, et on y participe activement. Les voix de Guillaume et de Marie-Eve alternent. Cette dernière va même chanter assise sur l’estrade de la batterie pour un moment tout en émotion. Les paroles touchantes et parlantes viennent nous percuter et nous envelopper à la fois. Les parties instrumentales nous plongent dans nos pensées. Signe que le groupe était très attendu par le public : c’est le seul du festival qui bénéficie d’un rappel, demandé par les spectateurs et accordé par l’organisation! La seule question demeurant est celle de savoir quel titre interpréter. C’est “Petit Patapon” qui gagne les faveurs du public, pour un dernier moment avec nos québécois favoris. Vulgaires Machins nous a offert un des meilleurs concerts de ce festival, une venue exceptionnelle et réussie!

Arno Futur

La journée file à une vitesse folle et nous arrivons déjà à l’avant dernier artiste. C’est Arno Futur qui débarque sur la scène. Et quel plaisir de retrouver l’âme des Sales Majestés, égarée depuis longtemps. Il incarne ce qu’on aimait du groupe. Sa voix unique est secondée par les chœurs de la batteuse. Arno Futur nous interprète principalement des titres de sa carrière solo à l’instar de “Tout va bien”, issu du dernier album éponyme. Les textes engagés et enragés alimentent nos combats et appellent à la révolte. “Monopoly” traite par exemple de la carte prison où l’on aimerait mettre les politiciens et PDG. Très antisystème, Arno Futur dénonce les dérives capitalistes et liberticides de ce monde. Quelques classiques des Sales Majestés sont également interprétés comme “Sois Pauvre et Tais-Toi”, que l’artiste espérait ne plus chanter, mais qui reste terriblement d’actualité. “Camarades” uni la fosse qui se lance dans un pogo endiablé et fraternel. Jusqu’au bout on reste accroché à l’énergie révolutionnaire de la formation. La nuit se couche, mais on transpire dans la pogo, autant que lorsque le soleil était à son zénith. Bref, merci l’Arsenal Rock Festival d’avoir fait venir cette âme punk et révoltée à Beautor! Et longue vie à Arno Futur!

Lofofora

Cette deuxième journée se termine donc sur le set de Lofofora que nous sommes ravis de retrouver après leur set d’anthologie au Black Lab en novembre dernier. Festival oblige le set est plus court mais pas moins énergique. D’entrée le groupe nous en met plein la vue avec un son parfait et des lumières magnifiques! Rapidement Reuno nous explique pourquoi Phil Curty n’est pas derrière sa basse comme depuis 35 ans, un petit soucis médical, et nous présente son remplaçant pour la soirée: Jay Pinelli (Verdun, Mudweizer)! Ce dernier, en grande forme, donne tout et nous enchante avec des parties de basse excellentes de bout en bout. Evidemment ce qui compte dans un concert de Lofofora ce sont les paroles qui viennent nous rappeler pour quoi le groupe trône haut dans nos écoutes depuis tant d’années. Entre les chansons teintés de tacles aux politiques et celles aspirant à un monde plus égalitaire et sans discriminations on retrouve tout ce qu’on aime dans ce set vindicatif à souhait. Reuno n’hésite d’ailleurs pas à tacler Johnny Deep en blaguant sur le costume de Jack Sparrow d’un festivalier. Mais c’est avant le malheureusement encore trop actuel « Macho Blues » que le chanteur nous lâchera un discours des plus prenants à destination des femmes pour qu’elle prenne le pouvoir et aux hommes pour qu’ils arrêtent d’être tous des porcs. Dans un monde qui nous rappelle chaque jour que les choses ne changent pas assez vite de ce côté là on prend ce discours comme une vraie bouffée d’oxygène et un véritable appel à faire bouger les choses! Les morceaux s’enchainent à une vitesse folle tous repris par un public en fusion qui ne ratte pas une occasion de tout donner pour rendre la soirée totalement mémorable! Comme en novembre « l’Oeuf » sera réduite à son refrain sous forme d’hymne pendant que « La Tête Contre Les Murs » nous rappellera son potentiel tubesque! Le groupe quitte la scène en remerciant toute l’orga et son équipe sous un tonnerre d’applaudissements. Un show dantesque qui nous laisse sur les rotules. On a déjà hâte de retrouver Lofofora pour d’autres performances inoubliables comme celle-ci à plusieurs reprises cet été. Prochaine étape dans la région : Barb’N’Rock Festival le 28 juin à Crèvecoeur-Le-Grand (60).

Cette deuxième journée aura été éprouvante vu le soleil et la chaleur, mais elle aura surtout tenue toutes ses promesses côté musique! Encore une fois le cadre du festival et l’ambiance excellente nous donnent envie de profiter le plus possible des concerts. Un vraie havre de bonheur dans un monde, qui comme l’ont rappelé de nombreuses formations, ne va pas forcément dans le bon sens. Direction le camping pour reprendre des forces en vue de la dernière journée!


It was under a blazing sun that the campsite emerged. Few had chosen this option and the night had been rather quiet. The site opened at 3pm, and it was after an extended aperitif that we headed back to Arsenal Rock Festival for its second day. After a first day focused on ska, we’re switching gears a bit, with a mix of punk rock and metal. On the programme for the day: Orchestre Punk de l’Aisne, Pogota, Brassen’s Not Dead, les Vulgaires Machins, Arno Futur and, to round things off, nothing less than Lofofora. Rupture Convantionnelle will be providing the inter-stage entertainment in the Village.

Review by Mégane

O.P.A (Orchestre Punk de l’Aisne)

The high temperatures prompted us to seek shade, and a large number of festival-goers watched the Orchestre Punk de l’Aisne from the porch, sheltered from the sun. We were soon pleasantly surprised by the quality of the band’s opening act. Everything was in place, they played very well and the musicians held the stage. The set alternated between punk- and ska-tinged tracks, a nice nod to the previous day. Vocally, you soon hear a touch of Alain Bashung, with occasional hints of Arno. O.P.A also covers Bashung’s “La Nuit Je Mens”. This version is more rhythmic than the original, in keeping with the punk vibe. We are blown away by the vocals. The band also cover Charles Aznavour’s ‘Emmenez-moi’ and Brel’s ‘Amsterdam’. Each time, there’s a real effort to rework the song, and not just make it a slightly faster cover. ‘Fais-moi mal Johnny’ and ‘La Corrida’ echo around the site (editor’s note: Opium du Peuple played them both the day before). We even got to hear some Brassens, when Brassen’s not Dead played a few hours later. In short, the set and the show were complete. A great surprise for a festival opener! We hope to see the band leave their Aisne homeland and export their music to Lille.

Pogota

It’s early in the morning but the sun is already starting to beat down when Pogota take to the stage, warming the atmosphere even more.

Their entrance seems inspired by Lofofora‘s “Buvez du Cul”. The band’s sound is a little more metal-oriented, like today’s headliner. However, punk is very much present in the set. The lyrics mainly revolve around alcohol, partying and pogos. There were some rather light-hearted tracks like ‘Allez tous vous faire ukulélé’. You’d think the band could have included a ukulele part for real, even if they were pushing the envelope. On the metal front, the band play a song about trashtiflette. The set also includes a festive cover of ‘Le copains d’abord’. The last track is a little more committed, against politicians in general. Pogota is light. We have to admit that we weren’t totally won over by the idea, but it’s still a great way to open the festival and fits in well with the rest of the programme in terms of style.

Rupture Convantionnelle

We took advantage of the break to check out Rupture Convantionnelle on the Village’s small stage. Unlike the day before, the trio had a drum kit and their set wasn’t just acoustic. The trio play a committed labour punk. From equal pay to defending workers’ rights, Rupture Convantionnelle are the CGT of punk (a French union.). We’ll be dropping in several times to listen to their compositions, which set the literal pace of the inter-scene!

Brassen’s Not Dead

We’d heard a lot about them, but this is the first time we’ve seen them live on stage. Brassen’s Not Dead take to the stage, in front of an audience of connoisseurs. The concept is clear: covers of Georges Brassens with a punk twist. The band from Toulouse put on a great show, even performing a beautiful air guitar. They really set the mood on the site. It’s easy to sing along to the choruses. The atmosphere is festive and good-natured. Brassen’s Not Dead even add a touch of Occitan to their covers. Many of us will have heard these songs with our parents or grandparents, or even learnt them in music lessons years ago. Without revolutionising the stage, Brassen’s Not Dead offer a festive proposition that delights everyone and brings a sense of joy to the audience. A successful bet!

Vulgaires Machins

An exceptional concert in Beautor at 8.05pm sharp! The festival mainly features French and Belgian artists. But the next band has come a long way to perform. Straight from Quebec, Vulgaires Machins are set to bring their punk-rock to Arsenal Rock. We have to admit, we’re like children at Christmas waiting for them to take to the stage. Their punk rock with melodic accents resonates loudly and draws us all in. The band’s joy is indescribable. You can see them smiling, having a great time on stage, and you can really feel the spirit of sharing with the audience. The songs hit the nail on the head every time. It’s a pleasure to rediscover the little Quebecois expressions and the lilting accent. There’s a teenage punk rock feel to the songs, some of them old. In fact, the band’s discography spans almost 20 years. The party in the pit is total, and we’re all actively involved. Guillaume and Marie-Eve‘s voices alternate. Marie-Eve even sings while seated on the drum platform for an emotional moment. The lyrics are touching and meaningful, hitting us and enveloping us at the same time. The instrumental parts plunged us into thought. It’s a sign that the band was eagerly awaited by the audience: it’s the only one at the festival to get an encore, requested by the audience and granted by the organisers! The only remaining question was which song to play. It was “Petit Patapon” that won over the crowd, for one last moment with our favourite Quebecers. Vulgaires Machins gave us one of the best concerts of the festival, an exceptional and successful visit!

Arno Futur

The day flies by at breakneck speed, and we’ve already reached the penultimate artist. Arno Futur takes to the stage. And what a pleasure it is to rediscover the long-lost soul of Sales Majestés. He embodies everything we loved about the band. His unique voice is backed up by the drummer’s backing vocals. Arno Futur mainly performs songs from his solo career, such as “Tout va bien”, from his latest eponymous album. The raging, committed lyrics fuel our battles and call for revolt. ‘Monopoly’, for example, deals with the prison card we’d like to put politicians and CEOs in. Arno Futur is very anti-system, denouncing the capitalist and freedom-destroying excesses of this world. Some Sales Majestés classics are also performed, such as ‘Sois Pauvre et Tais-Toi’, which the artist had hoped to stop singing, but which remains terribly topical. ‘Camarades’ unites the pit, which launches into a frenzied, fraternal pogo. Right up until the end, the audience was hooked by the band’s revolutionary energy. Night sets in, but the pogo is as sweaty as when the sun was at its zenith. In short, thank you Arsenal Rock Festival for bringing this rebellious punk soul to Beautor! And long live Arno Futur!

Lofofora

This second day ends with a set from Lofofora, who we were delighted to see again after their anthology set at Black Lab last November. The set was shorter, but no less energetic. Right from the start, the band blow us away with their perfect sound and magnificent lighting! Reuno quickly explains why Phil Curty isn’t behind his bass as he has been for the past 35 years – a minor medical problem – and introduces us to his replacement for the evening: Jay Pinelli (Verdun, Mudweizer)! The latter, in top form, gives his all and delights us with his excellent bass parts from start to finish. Of course, the most important part of a Lofofora concert is the lyrics, which remind us why the band has been so popular with us for so many years. Between songs tinged with jabs at politicians and those aspiring to a more egalitarian world free of discrimination, we find everything we love in this vindictive set. In fact, Reuno doesn’t hesitate to take a swipe at Johnny Deep, joking about a festival-goer’s Jack Sparrow costume. But it’s before the unfortunately all too topical “Macho Blues” that the singer delivers a most compelling speech calling on women to take power and on men to stop being pigs. In a world that reminds us every day that things aren’t changing fast enough, we take this speech as a breath of fresh air and a real call to get things moving! The songs went on at breakneck speed, all taken up by a melting-pot audience who didn’t miss a chance to give their all and make the evening totally memorable! As in November, ‘l’Oeuf’ is reduced to its anthemic chorus, while ‘La Tête Contre Les Murs’ reminds us of its hit potential! The band leave the stage to a thunderous round of applause, thanking all the organisers and their team. A Dantesque show that left us on our kneecaps. We can’t wait to see Lofofora again for more unforgettable performances like this one on several occasions this summer. Next stop in the region: Barb’N’Rock Festival on 28 June at Crèvecoeur-Le-Grand (60).

This second day was a tough one, given the sun and the heat, but above all it kept all its promises in terms of music! Once again, the festival’s setting and excellent atmosphere made us want to enjoy the concerts as much as possible. A real haven of happiness in a world which, as many bands have reminded us, is not necessarily heading in the right direction. Then it’s off to the campsite to build up our strength for the final day!

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