On pourrait penser qu’un lundi soir n’est pas le moment idéal pour programmer un concert. Et pourtant, le Splendid a vibré ce 16 juin au rythme du mythique groupe de hardcore : Hatebreed. Les Américains sont cette fois-ci accompagnés des Belges de Do or Die, qui ont eu la lourde tâche de faire monter la température avant un set qui s’annonçait colossal.
Article par Victorien Fièvre
Photos par Oreÿ
English version below
Alors que les metalleux sirotent tranquillement leur bière, le sextet belge débarque sur scène déchaîné, bien décidé à faire trembler les murs de la salle lilloise. Dès les premiers accords de “Blackened Soul”, le Splendid se remplit rapidement et les têtes commencent déjà à se balancer frénétiquement dans la foule. Il n’a pas fallu bien longtemps pour que Do or Die (à ne pas confondre avec le trio de rap américain) dévoile toute l’étendue de son talent. Bien qu’ayant connu plusieurs changements de line-up au fil des années, rappelons que le groupe s’est tout de même formé il y a plus de 25 ans !
Au programme ce soir : une rafale de titres bien hardcore, majoritairement tirés de leur album emblématique The Meaning of Honor, sorti en 2002. On le sent : le combo belge est là pour prouver aux fans de Hatebreed qu’il mérite sa place parmi les meilleurs. Ce n’est un secret pour personne : Do or Die possède des morceaux diablement efficaces comme “13 Enemies” (Tradition, 2005) ou encore “Breakthrough”. Ajoutez à cela une excellente maîtrise scénique et une énergie contagieuse, et vous obtenez un groupe capable de mettre le feu au public. Le duo de chanteurs fonctionne également très bien, sollicitant les spectateurs à plusieurs reprises.
Petit aparté pour un geste qui peut sembler anodin mais qui est particulièrement touchant : Christophe Michez, fondateur et chanteur du groupe, veille discrètement à ce qu’un très jeune fan au premier rang remette bien son casque antibruit, afin de protéger ses tympans. Une petite attention qui renforce encore la sympathie que dégage le groupe. Pour conclure, l’excellent “Bella Famiglia” achève cette claque sonore de seulement trente minutes ! Une question se pose alors : Do or Die va-t-il voler la vedette à Hatebreed ?
Nous allons vite le savoir, car il est maintenant l’heure d’accueillir Hatebreed. Après l’intro culte “Balls to the Wall” d’Accept (on comprendra plus tard le clin d’œil), le quatuor prend place sur la scène du Splendid sous une salve d’applaudissements. Pas question de faire dans la demi-mesure : Jamey Jasta et ses acolytes entament sans détour “I Will Be Heard” (Perseverance, 2002), accompagné de puissants jets de CO₂ au bord des planches.
Dans la lignée de la prestation intense de Do or Die, les metalleux se livrent à des pogos effrénés, tandis que Hatebreed enchaîne ses morceaux, tous plus iconiques les uns que les autres. Qu’ils soient tirés de leur premier album Satisfaction Is the Death of Desire (1997) comme “Empty Promises” et “Last Breath”, d’un opus plus récent tel que The Concrete Confessional (2016), ou encore de Supremacy (2006) avec “To the Threshold”, la setlist résolument old-school fait le bonheur des fans présents ce soir.
Tout au long du show, Jamey arbore un large sourire, répétant à plusieurs reprises combien il est heureux d’être là et d’être de retour dans notre belle ville. Et c’est visiblement réciproque, à en croire les fans qui chantent les morceaux du groupe à tue-tête ! Le clou du spectacle ? L’arrivée de la fameuse Ball of Death, un immense ballon gonflable lancé depuis les tribunes, pendant “Looking Down the Barrel of Today”. Ce morceau est d’ailleurs dédié à la persévérance de Lou Koller, chanteur de Sick of It All, qui a combattu un cancer de l’œsophage en 2024 et a annoncé en mai dernier être totalement guéri. Tandis que le ballon géant continue de rebondir sur les têtes, c’est avec le légendaire “Destroy Everything” que se referme cette parenthèse explosive. Non, Hatebreed ne s’est pas fait voler la vedette, mais Do or Die a clairement brillé en première partie !
Cette soirée du 16 juin a réuni tout ce qu’un fan de hardcore pouvait espérer : deux groupes en grande forme, une ambiance électrique, et une salle plus bouillante que jamais. Malgré la température déjà élevée, Do or Die et Hatebreed ont donné le meilleur d’eux-mêmes face à un public survolté. Impressionné par la ferveur de la foule, Jamey Jasta qualifiera même ce concert de “meilleur lundi soir de tous les temps” ! Reviendront-ils bientôt ? Affirmatif : rendez-vous en 2026, car un nouvel album est en préparation. Dans ce cas, pas de problème… on vous attend de pied ferme !
Un grand merci à Victor pour les accréditations, à A Gauche de La Lune pour l’organisation de cette soirée, et au Splendid pour l’accueil.
You’d think that a Monday evening wouldn’t be the ideal time to schedule a concert. And yet, the Splendid vibrated this June 16th to the rhythm of the mythical hardcore band: Hatebreed. This time, the Americans were accompanied by Belgium’s Do or Die, who had the onerous task of raising the temperature before what was sure to be a colossal set.
Review by Victorien Fièvre
Pictures by Oreÿ
Just as the metalheads were sipping their beers, the Belgian sextet burst onto the stage, determined to shake the walls of the Lille venue. From the first chords of “Blackened Soul”, the Splendid quickly fills up, and heads are already bobbing frantically in the crowd. It didn’t take long for Do or Die (not to be confused with the American rap trio) to reveal the full extent of their talent. Although they’ve undergone several line-up changes over the years, the group was formed over 25 years ago!
Tonight’s program features a flurry of hardcore tracks, mostly taken from their iconic 2002 album The Meaning of Honor. It’s clear: the Belgian combo is here to prove to Hatebreed fans that it deserves its place among the best. It’s no secret that Do or Die boasts such devilishly effective tracks as “13 Enemies” (Tradition, 2005) and “Breakthrough”. Add to this excellent stagecraft and contagious energy, and you have a band capable of setting audiences on fire. The vocal duet also works very well, engaging the audience on several occasions.
A quick aside for a gesture that may seem insignificant but is particularly touching: Christophe Michez, the band’s founder and lead singer, discreetly makes sure that a very young fan in the front row puts on his earmuffs to protect his eardrums. It’s a thoughtful gesture that further enhances the band’s infectious appeal. Finally, the excellent “Bella Famiglia” brings this thirty-minute sound slap to a close! The question then arises: Will Do or Die steal Hatebreed’s thunder?
We’ll soon find out, because it’s time to welcome Hatebreed. After Accept’s cult intro “Balls to the Wall” (we’ll understand the wink later), the quartet take to the Splendid stage to a round of applause. There’s no question of half-measures: Jamey Jasta and his cohorts open with “I Will Be Heard” (Perseverance, 2002), accompanied by powerful jets of CO₂ at the edge of the stage.
Following in the footsteps of Do or Die‘s intense performance, the metalheads break into frenzied pogos, as Hatebreed play one iconic song after another. Whether they’re taken from their debut album Satisfaction Is the Death of Desire (1997) like “Empty Promises” and “Last Breath”, from a more recent opus such as The Concrete Confessional (2016), or from Supremacy (2006) with “To the Threshold”, the resolutely old-school setlist delights the fans present this evening.
Throughout the show, Jamey wears a broad smile, repeatedly saying how happy he is to be here and back in our fair city. And the feeling is clearly mutual, as the fans sing along to the band’s songs at the top of their lungs! The highlight of the show? The arrival of the famous Ball of Death, a huge inflatable ball launched from the stands, during “Looking Down the Barrel of Today”. This song is dedicated to the perseverance of Lou Koller, lead singer of Sick of It All, who battled esophageal cancer in 2024 and announced last May that he was completely cured. As the giant ball continues to bounce off heads, it’s with the legendary “Destroy Everything” that this explosive parenthesis closes. No, Hatebreed didn’t steal the show, but Do or Die clearly shone as the opening act!
The evening of June 16th brought together everything a hardcore fan could hope for: two bands in top form, an electric atmosphere, and a venue that was hotter than ever. Despite the already high temperatures, Do or Die and Hatebreed gave their all in front of an overexcited audience. Impressed by the crowd’s fervor, Jamey Jasta even described the concert as “the best Monday night ever”! Will they be back soon? Affirmative: see you in 2026, as a new album is in preparation. In that case, don’t worry… we’ll be waiting for you!


































