Il arrive parfois que certaines légendes vivantes viennent nous faire l’honneur de leur passage sur Lille. C’était le cas le 2 juillet avec la venue du Jamaïcain Burning Spear, figure mythique du reggae depuis plus de 50 ans et prêt à diffuser son flow à l’Aéronef. C’est le DJ local Mat Wallace qui a ouvert cette soirée on ne peut plus chill.
Article par Mégane
English version below
Nous arrivons juste avant 20h, heure officielle de début des concerts, et nous ne pouvons que constater que le public reggae confirme sa réputation : pas stressé d’arriver. En effet, DJ Mat Wallace ouvre le bal face à une salle qui se remplit très tranquillement. Et alors que nous nous étions installés en mezza, on se rend compte que le mix se passe sur la scène du Club, et donc sous nos pieds! Nous redescendons pour assister aussi bien visuellement que musicalement à ce début de soirée. Le public semble apprécier l’ambiance apportée mais sans non plus s’y arrêter pour s’ambiancer. A coup de classique reggae / ska ou de reprises dans le style (mention spéciale à Regg’Oasis!), on se met dans le mood qu’il faut. Le set, fort sympathique pour accompagner l’apéritif, se clôt juste avant l’entrée en scène de Burning Spear.
Ce sont tout d’abord ses musiciens qui viennent face à nous. Puis le grand Burning Spear fait son apparition sous un tonnerre d’applaudissements, après qu’un de ses comparse ait bien chauffé la salle. Du haut de ses 80 ans (qu’il ne fait pas du tout!) il assure au micro, avec sa voix unique. On est directement happé par ce reggae cuisiné aux petits oignons. La salle, presque comble, est totalement attentive et absorbée. Les musiciens sont d’une immense qualité et permettent une prestation de haute volée. Percussions, cuivres, bois, basse, guitare, clavier… Tout est là dans un subtil équilibre qui ravit nos oreilles. Par moments la basse vient faire vibrer nos tympans avec une certaine lourdeur tout à propos. Puis le saxo ténor vient reprendre l’ascendant, assurant une mélodie dansante, avant que la trompette ne viennent apposer son son cuivré pour faire bouger les corps dans la fosse. Le trombone, plus explosif, a également son heure de gloire. Burning Spear se met aux bongo. Et quel plaisir! Il ne fait qu’un avec son instrument, semblant fusionner au gré des nuances qu’il apporte à cette percussion au son chaud. Ses mains semblent n’avoir connu que cet instrument qu’il fait vivre de la plus belle des manières. Elles épousent parfaitement la peau de la percussion. On assiste à un certain nombre de concerts, mais personne n’avait encore réussi à me bluffer à ce point avec des bongos! Burning Spear est un maître qui maîtrise totalement son art. Il va même, à plusieurs reprises, nous épater avec ses pas de danses rythmés. Il se déhanche et va même jumper sous les acclamations puissantes du public. Par moments, la trompette nous emmène dans des sonorités jazzy old school nous évoquant les années 30 et les débuts de ce style. On alterne des moments instrumentaux rythmés par les danses et le bongo et des temps chantés qui nous embarquent à chaque fois. Dans la fosse on danse, on chante, on boit et on fête. La joie se lit sur les visages détendus, signe d’une soirée reggae réussie! Une boule à facette viendra d’ailleurs clore ce joli moment partagé. C’est alors avec étonnement tant nous étions absorbés, que nous nous sommes rendus compte que les artistes étaient restés 1h40 sur scène! Une prestation que peu de personnes de 80 ans sont capables de tenir…
Malgré une première partie peu existante, notamment dans la réception du public, la soirée était d’une grande beauté. C’est le genre de moments qu’on ne vit pas tous les jours, et qu’on aime vous partager. Longue vie au reggae Jamaïcain, au rastafari et à Burning Spear!
Merci à Danièle pour l’accréditation, à L’Aéronef pour l’organisation de cette soirée et à l’équipe pour l’accueil.
From time to time, living legends grace Lille with their presence. Such was the case on July 2nd with the arrival of Jamaican Burning Spear, a legendary figure in reggae for over 50 years and ready to spread his flow at the Aeronef. Local DJ Mat Wallace kicked off the evening, which couldn’t be more full of good vibes.
Article par Mégane
We arrived just before 8pm, the official start time for the concerts, and it was clear that the reggae crowd were living up to their reputation for not being stressed about arriving. DJ Mat Wallace got the ball rolling in front of a slowly filling venue. And just as we were settling into the mezza, we realised that the mix was taking place on the Club’s stage, right under our feet! We headed back downstairs to witness the start of the evening, both visually and acoustically. The crowd seemed to appreciate the ambience, but didn’t stop to get into it either. With classic reggae/ska or covers in the style (special mention to Regg’Oasis!), we get into the right mood. The set, a very pleasant accompaniment to an aperitif, ends just before Burning Spear take to the stage.
First of all, it’s his musicians who face us. Then the great Burning Spear appeared to thunderous applause, after one of his colleagues had warmed up the room. At the top of his 80s (which he doesn’t look at all like!) he’s got a great microphone and a unique voice. You’re immediately taken in by this reggae cooked up to perfection. The near-capacity venue is totally attentive and absorbed. The musicians are of immense quality, delivering a top-class performance. Percussion, brass, woodwinds, bass, guitar, keyboards… Everything is there in a subtle balance that delights our ears. At times, the bass rattles our eardrums with a certain heaviness that’s just right. Then the tenor sax takes over, providing a danceable melody, before the trumpet adds its brassy sound to get the crowd moving. The more explosive trombone also has its moment. Burning Spear takes to the bongo. And what fun! He is at one with his instrument, seeming to merge with the nuances he brings to this warm-sounding percussion instrument. His hands seem to have known nothing but this instrument, which he brings to life in the most beautiful way. They fit the skin of the percussion perfectly. We’ve been to a number of concerts, but I’ve never been so blown away by bongos before! Burning Spear is a master of his art. On several occasions he even wowed us with his rhythmic dance steps. He sways his hips and even jumps to the powerful cheers of the audience. At times, the trumpet takes us into old school jazzy sounds reminiscent of the 30s and the beginnings of this style. There are alternating instrumental moments, punctuated by dancing and bongo, and sung moments that take you on a ride every time. The crowd in the pit was dancing, singing, drinking and celebrating. You can see the joy on the relaxed faces, the sign of a successful reggae evening! A disco ball brought the evening to a close. We were so absorbed that we were astonished to realise that the artists had been on stage for an hour and 40 minutes! A performance that few 80-year-olds are capable of sustaining.
Despite the lacklusture opening, particularly in terms of audience reception, the evening was a thing of beauty. It’s the kind of moment you don’t get to experience every day, and we’d love to share it with you. Long live Jamaican reggae, Rastafari and Burning Spear!