#Live : Les Chariots Furieux Jour 1 @ Complexe Pierre de Coubertin, Caudry – 04/07/2025

Après plusieurs années à entendre parler de ce festival sans nous y rendre en raison de télescopages d’évènements, nous mettons enfin les pieds à Caudry pour les Chariots Furieux. 2025 marque la quatrième édition de ce festival qui s’ancre toujours plus dans le paysage. Au programme de ce premier jour : du punk, du rock et une belle dose d’énergie avec Dirty Dogz, Giac Taylor, Arson et enfin Cachemire en tête d’affiche. 

Article par Mégane

Photos par Marye DAVENNE

English version below


Tentes installées, copain.es de festival retrouvé.es, première bière locale en main : on peut démarrer cette édition! Nous sommes vendredi en fin d’après-midi mais le site est loin d’être vide. Le festival accueille en effet un public majoritairement local, qui est de ce fait présent aux premières heures de l’événement. Dirty Dogz foule donc la scène Leavers, seule ouverte de cette journée. D’emblée, le groupe nous assène un hard rock énergique et accessible à toutes les oreilles présentes. On entend d’emblée du Sticky Boys dans les riffs endiablés. Simon Fernel (chant, guitare) chauffe le public avec la même énergie, diction et tonalité que Niko Jones (Tagada Jones), autant vous dire que c’est remarquable! Cette ressemblance disparaît totalement lorsqu’il chante. Le groupe va piocher dans le répertoire d’AC/DC avec un franc succès. Le public réagit avec enthousiasme. Il faut aussi dire que Dirty Dogz ne lâche rien, et harangue les spectateurs avec un charisme et une présence scénique tout à propos. Les rythmes et riffs endiablés nous mettent totalement en condition pour les Chariots Furieux, qui portent à merveille leur nom à cet instant. On entend parfois des influences type Motörhead nous chatouiller les oreilles. Bref, Dirty Dogz c’est du hard rock bien fait, énergique, avec une indéniable capacité à tenir la scène. On pouvait difficilement espérer meilleure ouverture de festival! 

Nous profitons de la transition pour découvrir le site de ce festival, à la fois spacieux et convivial. Différents exposants rendent l’endroit vivant, et les stands de nourriture variés ravissent toutes les papilles, du viandard au vegan. On retrouve ensuite le belge de Giac Taylor, alias Panarisi Giacomo aka également Romano Nervoso, dans son projet solo. Nous l’avions découvert puis revu au festival Arc-en-Musique, et nous le retrouvons de l’autre côté de la frontière, prêt à déferler sur la France. L’artiste s’installe derrière ses fûts comme à son habitude, au plus proche de la scène. Assurant également le chant, il fait montre d’une incroyable stabilité, malgré un matraquage constant des toms. Giac Taylor est un projet auquel participent des musiciens extrêmement talentueux, qui permettent une expérience totale. On note notamment que le double rôle clavier – guitare (plus les chœurs!), assuré avec brio. Ainsi, au-delà de l’énergie brute qui nous est transmise dans les compositions, le groupe crée aussi de l’émotion. Des passages plus mélodiques et doux viennent rythmer ce set. Panarisi Giacomo module également sa voix pour nous offrir toute une palette de sensations. Les titres s’enchaînent, véhiculant leur lot de ressentis. Certains semblent transmettre une certaine notion d’urgence. La basse est également bien présente et prend parfois des airs de stoner. Les passages instrumentaux nous emmènent parfois dans des influences post-rock. Le chant prend parfois des airs revendicatifs. Le set monte progressivement en énergie, en vitesse et en puissance. Tandis que Panarisi Giacomo revendique les origines italiennes du groupe, annonçant ainsi “The Italian Abduction”, son comparse en profite pour changer de guitare, une corde ayant lâché lors du morceau précédent. Le groupe est habitué de la scène et gère les imprévus d’une main de maître. Giac Taylor offre un joyeux melting pot, résultat de la rencontre de l’Italie avec la Belgique. Les musiciens semblent avoir ingéré tous les éléments de leurs diverses influences, les avoir intégrées, digérées, mélangées et en avoir fait quelque chose d’unique, totalement vécu et habité. On se fait la remarque que le groupe méritait un public bien plus large. La présence du groupe sur l’affiche a largement contribué à notre envie de venir sur le festival. 

Autre formation qui nous a grandement motivé à venir : Arson. Là encore ce sont des Belges, également découverts au festival Arc-en-Musique. On le sait, leur set va être une dinguerie, et on a d’ailleurs prévenu tous.tes les copaines. Le groupe entre sur la Marseillaise, clin d’oeil à leur premier concert en France ever. Leur décoration de scène old school à base de vieilles lumières crée une ambiance unique. Et ça y est, la machine Arson se met en route. A partir du moment où cela démarre, on est pris dans une tornade et le groupe maintient la pression durant tout le set! Ce moment est à vivre absolument et il est difficile de trouver les mots qui sonneraient aussi énergiques que leur show. On démarre rapidement avec un shot de Clan Campbell de bienvenue. En effet, un des membres du groupe a le rôle de barman uniquement. Avec leurs costumes 3 pièces, Arson nous emmène à l’époque de la prohibition des années 30. Côté bar clandestin évidemment… On ne compte pas le nombre de plateaux de shooters qui sont distribués tout au long du set. Le concert est tout simplement démentiel. Arson signifie d’ailleurs Incendie Criminel, et colle tout à fait à ce qui se passe (et notamment dans nos gorges abreuvées d’alcool forts). Leur rock’n roll infernal fait s’emballer tout le public présent. On y trouve également des éléments de punk. Le tout fait s’embraser la fosse dans un joyeux bordel organisé. Le chanteur comme le guitariste passeront par la fosse, lançant aussi bien des circle pit que des pogos endiablés. C’est simple, Arson sont des fous furieux, et ils devaient passer par les Chariots Furieux. Le show se termine lorsque le barman enflamme les cymbales. Les concerts d’Arson sont incroyables. L’énergie qu’ils mettent dans leur musique et sur scène est hallucinante. Leur concept de bar old school colle totalement à leurs compositions. Bref, en terme de show, on a déjà le gagnant du week-end! 

On a largement le temps de nous remettre de nos émotions, puisque Cachemire a une scénographie imposante à installer. On ne sait pas si cela a un lien puisque la scène semble prête dans les temps, mais le concert démarre avec une grosse demi-heure de retard. Le groupe français, qui occupe une place de plus en plus importante sur la scène rock, débarque tout de blanc et de robes vêtu. Je les avais découvert en live lors de l’Arsenal Festival en 2024, et j’avais hâte de retrouver leur fougue sur scène. D’emblée le groupe nous envoie son rock électrisant. Un immense néon triangulaire orne la scène et agrémente le show. On sent une sorte d’énergie brute canalisée dans leurs compositions travaillées. On se situe quelque part à la croisée de Dionysos et de Shaka Ponk parfois à la sauce 3 Fromages. Le groupe joue avec l’image de rock star. Les wall of death se créent, les slameurs s’en donnent à coeur joie… Il faut dire qu’ils ont été bien chauffés par Arson! Cachemire a justement sorti son single “SUIS MOI BABY!” ce jour et nous l’interprète avec une énergie délirante et bon enfant. Leur traditionnelle reprise de “La nuit je mens” de Alain Bashung est un joli moment de partage avec le public. Puis le groupe nous offre un titre fait pour aller vers le seul chemin direct : celui qui va droit au coeur. Cette citation est évidemment de Fred Bastar (chant), avant d’entonner “PIED AU PLANCHER”. Le groupe n’en oublie pas un son engagé avec “Moi être roi”. Cette date est pour le groupe une sorte de test de la tournée qui démarre en octobre. Et c’est une parfaite réussite! L’ambiance est folle et l’énergie ne faiblit pas, autant sur scène que dans la fosse. On sent un groupe aux valeurs humaine, qui remercie absolument chaque acteur de ce moment. Ils feront également monter sur scène un petit garçon peu en forme en raison de sa maladie, pour lui offrir un moment de liesse émouvant. Cachemire sera à La Cigale (Paris) le 31 janvier prochain et on ne peut que vous conseiller de foncer! 

Ce premier jour des Chariots Furieux a tenu ses promesses et plus encore. Le lendemain s’annonce encore solide avec une deuxième scène pour bien plus de rock, de métal et de punk! 


After several years of hearing about this festival without actually going to see it due to a clash of events, we finally set foot in Caudry for the Chariots Furieux. 2025 marks the fourth edition of this festival, which is becoming ever more firmly established on the scene. On the programme for the first day: punk, rock and a good dose of energy with Dirty Dogz, Giac Taylor, Arson and finally Cachemire as headliners.

Review by Mégane

Pictures by Marye DAVENNE

Tents set up, festival mates reunited, first local beer in hand: it’s time to get this edition underway! It’s late afternoon on Friday, but the site is far from empty. Most of the festival-goers are locals, so they’ve been there from the start. Dirty Dogz took to the Leavers stage, the only one open that day. From the outset, the band’s energetic hard rock was accessible to all ears. You can hear the Sticky Boys in the frenzied riffs. Simon Fernel (vocals, guitar) heats up the crowd with the same energy, diction and tone as Niko Jones (Tagada Jones), and it’s remarkable! The resemblance disappears completely when he sings. The band dip into the AC/DC repertoire with great success. The audience responded enthusiastically. Dirty Dogz never lets up, haranguing the audience with charisma and a stage presence to match. The frenzied rhythms and riffs get us totally in the mood for Chariots Furieux, who are living up to their name at this point. At times you can hear Motörhead-type influences tickling your ears. In short, Dirty Dogz are a well-crafted, energetic hard rock outfit with an undeniable ability to hold their own on stage. You couldn’t ask for a better festival opener!

We took advantage of the transition to discover the festival site, which was both spacious and friendly. Various exhibitors bring the place to life, and the varied food stalls delight every taste bud, from meat-eaters to vegans. Next up was the Belgian Giac Taylor, aka Panarisi Giacomo aka Romano Nervoso, in his solo project. We first saw him at the Arc-en-Musique festival, and now he’s back on the other side of the border, ready to take France by storm. The artist settles in behind his drums as usual, as close to the stage as possible. He also does the vocals, and shows incredible stability, despite the constant bludgeoning of the toms. Giac Taylor is a project featuring some extremely talented musicians, providing a total experience. In particular, the dual role of keyboard and guitar (plus backing vocals!) is brilliantly executed. As well as the raw energy conveyed by the compositions, the band also creates emotion. More melodic, softer passages punctuate the set. Panarisi Giacomo also modulates his voice to give us a whole range of sensations. One track follows another, conveying a whole range of feelings. Some of them seem to convey a sense of urgency. The bass is also very much in evidence, sometimes taking on a stoner air. The instrumental passages sometimes take us into post-rock territory. The vocals sometimes take on an air of protest. The set gradually builds in energy, speed and power. As Panarisi Giacomo proclaimed the band’s Italian origins, announcing ‘The Italian Abduction’, his counterpart took the opportunity to change guitars, a string having broken during the previous track. The band are no strangers to the stage, and handle the unexpected with a master’s hand. Giac Taylor offer a joyous melting pot, the result of Italy meeting Belgium. The musicians seem to have ingested all the elements of their various influences, integrated them, digested them, mixed them and turned them into something unique, totally lived in and inhabited. It’s clear that the band deserved a much wider audience. The band’s presence on the bill largely contributed to our desire to come to the festival.

Another group that really motivated us to come: Arson. Again, these Belgians were also discovered at the Arc-en-Musique festival. We knew their set was going to be a blast, and we warned all our girlfriends. The band enter to the tune of « La Marseillaise », a reference to their first ever concert in France. Their old-school stage set-up based on old lights creates a unique atmosphere. And that’s it, the Arson machine is up and running. From the moment it starts, you’re caught up in a whirlwind and the band keep up the pressure throughout the set! It’s a must-see moment, and it’s hard to find words that sound as energetic as their show. We kick things off with a welcome shot of Clan Campbell. In fact, one of the band members has the role of bartender only. With their 3-piece suits, Arson take us back to the Prohibition era of the 1930s. On the speakeasy side of things, of course… We can’t count the number of trays of shooters handed out throughout the set. The concert is simply insane. In fact, Arson stands for Incendie Criminel in french, so it fits perfectly with what’s going on (especially in our hard-drinking throats). Their infernal rock’n’roll gets the whole audience going. There are also elements of punk. The whole thing set the pit alight in a joyous, organised mess. Both singer and guitarist passed through the pit, launching circle pits and wild pogos. Quite simply, Arson are mad as hell, and they had to go through the Chariots Furieux. The show came to an end when the barman set the cymbals alight. Arson concerts are incredible. The energy they put into their music and on stage is mind-blowing. Their old school bar concept is totally in keeping with their compositions. In short, in terms of shows, we’ve already got the winner of the weekend!

We had plenty of time to recover from our emotions, as Cachemire had an imposing set to install. We don’t know if this has anything to do with it, as the stage seems to be ready in plenty of time, but the concert kicks off half an hour late. The French band, who are becoming increasingly important on the rock scene, arrive dressed all in white and dresses. I discovered them live at the Arsenal Festival in 2024, and I couldn’t wait to see their fiery live show again. Right from the start, the band hit us with their electrifying rock. A huge triangular neon sign adorned the stage and enhanced the show. You can feel a kind of raw energy channelled into their carefully crafted compositions. It’s somewhere between Dionysos and Shaka Ponk, sometimes with a 3 Fromages twist. The band plays with the rock star image. Walls of death are created, the slammers have a field day… It has to be said that they have been warmed up by Arson! Cachemire have just released their single ‘SUIS MOI BABY!’ today, and they perform it with a delirious, good-natured energy. Their traditional cover of Alain Bashung‘s ‘La nuit je mens’ is a lovely moment of sharing with the audience. Then the band offer us a track designed to take us towards the only direct path: the one that goes straight to the heart. This quote obviously comes from Fred Bastar (vocals), before the band sing ‘PIED AU PLANCHER’. But the band are not forgetting their committed sound with ‘Moi être roi’. For the band, this date was a sort of test run for the tour, which kicks off in October. And it was a complete success! The atmosphere was insane and the energy never flagged, either on stage or in the pit. You get the feeling that this is a band with human values, who are absolutely grateful to everyone involved. They’ll also be bringing on stage a little boy who’s not in great shape because of his illness, to give him a moving moment of jubilation. Cachemire will be at La Cigale (Paris) on January 31st, and we urge you to go for it!

The first day of the Chariots Furieux delivered what it promised and more. The following day promises to be even more solid, with a second stage for even more rock, metal and punk!

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