La fin abrupte de Vidéoclub nous a laissé avec deux artistes en quête de devenir. Ce mardi 23 septembre, grâce à A Gauche De La Lune, on retrouvait l’une des deux moitiés : Mattyeux, qui donnait un de ses premiers concerts solo à La Bulle Café. Entre synthés et guitares, la soirée a plongé le public dans des sonorités aux allures nostalgiques, teintées des années 90.
Report et photos par Zo‘
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La soirée commence vers 21h. Dans une époque où la plupart des concerts sont précédés d’une première partie, l’absence d’ouverture surprend presque, mais le public, impatient, n’en est que plus concentré sur l’attente de Mattyeux. Depuis la fin de Vidéoclub, le duo qu’il formait avec Adèle Castillon et qui s’est arrêté en 2021, il a pris le temps de construire son univers solo. Un premier album, Mirages, est sorti en octobre dernier, suivi d’un retour scénique en mai à La Maroquinerie, avant quelques dates ponctuelles dont celle-ci est la première.
Accompagné de deux musiciens qu’il présentera plus tard – Jules à la guitare et aux claviers, ainsi que Sacha (du projet Furtive) aux synthés et au chant – Mattyeux ouvre le set avec “Sometimes”, son morceau enregistré avec Princess Chelsea. La voix de Princess Chelsea plane depuis une backing track, Mattyeux n’y intervenant que sur un couplet, mais dès le titre suivant, “16 ans”, il reprend la pleine mesure de son concert. Guitare en main, il confie que l’adolescence est “un moment qui ne devrait jamais finir, mais c’est comme ça”, donnant au morceau une tonalité intime et touchante. Plus loin dans le set, il revient sur ses débuts solos avec “Break Up Diaries”, son premier single, tout en se réjouissant à voix haute de voir le public déjà chanter les paroles.
Après une première partie du concert plutôt apaisée, Mattyeux annonce que “ça va devenir un peu plus rock”. Une promesse qui se concrétise, malgré une nervosité perceptible : hésitations dans la voix, petits oublis de paroles, transitions parfois maladroites. Des fragilités qui, paradoxalement, rendent le moment plus sincère. La soirée ne pouvait pas se dérouler sans un détour par l’héritage de Vidéoclub. “Mai”, “Roi” et bien sûr “Amour Plastique” réveillent aussitôt la ferveur de la salle, soutenus par la présence vocale de Sacha, qui permet d’éviter de retomber sur une voix enregistrée comme au tout début du set. Son dernier single “VHS”, joué pour la toute première fois en live, fait également partie de la setlist : un moment où le stress se fait encore sentir, mais avec une assurance déjà plus solide.
En fin de concert, le public réclame davantage, citant plusieurs titres. Gêné, Mattyeux explique qu’il ne les a pas préparés, mais accepte de conclure sur une nouvelle interprétation de “Roi”, qui met tout le monde d’accord.
Avec ses synthés vaporeux, ses guitares et ses mélodies à la fois envoûtantes et mélancoliques, le concert dégageait une ambiance résolument rétro, quelque part entre les années 80 et 90. Pourtant, malgré l’énergie et l’envie de bien faire, la nervosité de Mattyeux reste très présente. Si certains moments parviennent à toucher grâce à leur sincérité, d’autres montrent encore un manque d’assurance et de fluidité. La Bulle Café aura ainsi été un moment fragile mais révélateur : le témoignage d’un artiste en transition, qui cherche encore son équilibre et devra affirmer sa présence pour convaincre pleinement sur la durée.
Un grand merci à Victor pour les accréditations, à A Gauche De La Lune pour l’organisation de cette belle soirée et à La Bulle Café pour l’accueil au top!
The abrupt end of Vidéoclub left us with two artists in search of their identity. On Tuesday September 23rd , thanks to A Gauche De La Lune, we were reunited with one of the two halves: Mattyeux, who gave one of his first solo concerts at La Bulle Café. Between synths and guitars, the evening immersed the audience in nostalgic sounds tinged with the 90s.
Review and pictures by Zo‘
The evening begins around 9 p.m. In an era when most concerts are preceded by an opening act, the absence of one is almost surprising, but the eager audience is all the more focused on waiting for Mattyeux. Since the end of Vidéoclub, the duo he formed with Adèle Castillon, which broke up in 2021, he has taken the time to build his solo career. His first album, Mirages, was released last October, followed by a return to the stage in May at La Maroquinerie, before a few select dates, of which this is the first.
Accompanied by two musicians whom he will introduce later – Jules on guitar and keyboards, and Sacha (from the Furtive project) on synths and vocals – Mattyeux opens the set with ‘Sometimes’, his track recorded with Princess Chelsea. Princess Chelsea’s voice floats over a backing track, with Mattyeux only contributing to one verse, but from the next track, ‘16 ans’, he takes full control of the concert. Guitar in hand, he confides that adolescence is ‘a time that should never end, but that’s how it is’, giving the song an intimate and touching tone. Later in the set, he returns to his solo debut with ‘Break Up Diaries’, his first single, while rejoicing aloud at seeing the audience already singing along to the lyrics.
After a rather subdued first half of the concert, Mattyeux announced that ‘it’s going to get a little more rock “n” roll’. A promise that was fulfilled, despite some noticeable nervousness: hesitations in her voice, minor forgetfulness of lyrics, and occasionally awkward transitions. These moments of fragility paradoxically made the performance more sincere. The evening couldn’t go on without a detour into Vidéoclub’s legacy. ‘Mai’, “Roi” and, of course, ‘Amour Plastique’ immediately reignited the audience’s enthusiasm, supported by Sacha’s vocals, which avoided falling back on a recorded voice as at the very beginning of the set. His latest single, ‘VHS’, played live for the very first time, was also part of the setlist: a moment when the stress was still palpable, but with a more solid confidence.
At the end of the concert, the audience demands more, citing several songs. Embarrassed, Mattyeux explains that he hasn’t prepared them, but agrees to conclude with a new interpretation of ‘Roi’, which everyone agrees on.
With its hazy synths, guitars and haunting, melancholic melodies, the concert exuded a decidedly retro vibe, somewhere between the 80s and 90s. Yet despite the energy and desire to do well, Mattyeux’s nervousness remains very present. While some moments manage to touch the audience with their sincerity, others still show a lack of confidence and fluidity. La Bulle Café was thus a fragile but revealing moment: the testimony of an artist in transition, still searching for his balance and needing to assert his presence in order to fully convince over time.












