Dayseeker a toujours su transformer le chagrin en quelque chose d’une beauté envoûtante. Avec son nouvel album Creature In The Black Night, sorti chez Spinefarm Records le 24 octobre, le groupe californien fait un pas de plus dans l’ombre, mais au lieu de sombrer dans le désespoir, il y trouve une source de force. Ce n’est pas un album conceptuel au sens habituel du terme, mais le fil conducteur qui relie chaque chanson semble délibéré : la mort, les ténèbres et la renaissance émotionnelle. De son esthétique inspirée de la Faucheuse à la luminosité cinématographique de ses mélodies, l’album se déroule comme une fable sombre, où la peur devient carburant et le chagrin, transformation.
par Zo’
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Le morceau d’ouverture, « Pale Moonlight », donne immédiatement le ton : cinématographique, magnétique et magnifiquement torturé. La voix de Rory Rodriguez brille à la fois par sa fragilité et sa maîtrise, oscillant entre confession et explosion. Lorsque ses cris éclatent vers la fin, ils résonnent comme une libération, du genre qui brûle et purifie à la fois. « Il s’agit de l’addiction à des choses dont on sait qu’elles sont toxiques », explique-t-il, et on peut sentir cette tension nous entraîner vers le fond. Le morceau titre, « Creature In The Black Night », approfondit cette descente. Ses textures inspirées de la synthwave se fondent parfaitement avec les fondations plus lourdes du groupe, créant cet espace hybride que Dayseeker maîtrise si bien. Sur « Crawl Back To My Coffin », une mélodie faussement douce cache la douleur de la solitude. « Can I just be alone again, a few more decades, please? », cette phrase résume l’épuisement de s’ouvrir à nouveau, pour être blessé une fois de plus.
« Shapeshift » est le tournant de l’album. Il vous attire avec douceur avant d’exploser dans l’un des breakdowns les plus puissants du disque : la batterie martèle, les guitares s’effondrent en vagues, les cris de Rory transpercent le mix. C’est l’un de ces moments où l’on peut presque voir la foule passer du balancement au pogo, unie dans la catharsis. « Soulburn » suit avec un rythme plus lent et plus sombre, ses nuances électroniques laissant place à la maîtrise mélodique de Rory. Une pause, mais qui reste douloureuse.
À partir de là, l’album alterne entre force et abandon. « Bloodlust » réintroduit l’agressivité, construite autour de riffs tranchants et d’un refrain hymne prêt à être repris en chœur. « Cemetery Blues » et « Nocturnal Remedy » partagent la même dualité : des débuts élégants, presque dansants, qui se transforment en finales plus lourdes et plus sombres. Le contraste fonctionne à merveille, même si parfois on aimerait que ces parties lourdes durent plus longtemps, comme si le groupe lui-même retenait une tempête (qui n’est finalement jamais venue). « The Living Dead » devient le cœur émotionnel de l’album. Une ballade fragile enveloppée d’engourdissement, où la métaphore d’une existence zombifiée devient douloureusement humaine. « Il s’agit vraiment d’engourdissement émotionnel », admet Rory, et la chanson capture parfaitement ce calme inquiétant : un battement de cœur qui tente de redémarrer. À partir de là, « Meet The Reaper » surprend par sa douceur, une chanson d’amour qui se poursuit même après la mort. « Forgotten Ghost » clôt l’histoire sur une pulsation mélancolique qui s’estompe. L’album se dissout lentement, comme s’il disparaissait dans la nuit noire d’où il est venu.
Creature In The Black Night semble être l’aboutissement de Dayseeker : une évolution de leurs racines post-hardcore vers ce « rock triste » cinématographique, mélancolique et assuré. Chaque morceau porte un poids émotionnel, mais aussi un sentiment de contrôle, de conscience. La colère et le désenchantement sont toujours présents, mais ils sont contrebalancés par l’introspection, l’acceptation et même la confiance. C’est un album qui semble vivant dans sa noirceur : magnétique, émotionnel et profondément humain.

Tracklist :
01 : Pale Moonlight
02 : Creature In The Black Night
03 : Crawl Back To My Coffin
04 : Shapeshift
05 : Soulburn
06 : Bloodlust
07 : Cemetery Blues
08 : Nocturnal Remedy
09 : The Living Dead
10 : Meet The Reaper
11 : Forgotten Ghost
Dayseeker has always known how to turn grief into something hauntingly beautiful. With their new record Creature In The Black Night, out via Spinefarm Records on October 24th, the Californian band takes another step into the shadows, but instead of sinking into despair, they find empowerment there. It’s not a concept album in the usual sense, yet the thread connecting every song feels deliberate: death, darkness, and emotional rebirth. From its Grim Reaper aesthetic to the cinematic glow of its melodies, the album unfolds like a dark fable — one where fear becomes fuel and heartbreak, transformation.
by Zo’
Opening track “Pale Moonlight” sets the tone immediately: cinematic, magnetic, and beautifully tortured. Rory Rodriguez’s voice shines with both fragility and control, dancing between confession and explosion. When his screams erupt toward the end, they sound like release, the kind that burns and cleanses at once. “It’s about addiction to things you know are toxic,” he explained, and you can feel that tension pull you under. The title track, “Creature In The Black Night”, deepens the descent. Its synthwave-inspired textures merge seamlessly with the band’s heavier foundations, creating that hybrid space Dayseeker masters so well. On “Crawl Back To My Coffin”, a deceptively gentle melody hides the sting of loneliness. “Can I just be alone again, a few more decades, please?”, the line sums up the exhaustion of opening yourself up again, only to be hurt once more.
“Shapeshift” is the album’s turning point. It lures you with softness before detonating into one of the most powerful breakdowns of the record: drums pounding, guitars collapsing in waves, Rory’s screams cutting through the mix. It’s one of those moments where you can almost see the crowd shifting from swaying to moshing, united in catharsis. “Soulburn” follows with a slower, gloomier pace, its electronic undertones giving room for Rory’s melodic control to breathe. A pause, but one that still aches.
From there, the album alternates between strength and surrender. “Bloodlust” reintroduces aggression, built around sharp riffs and an anthemic chorus ready for sing-alongs. “Cemetery Blues” and “Nocturnal Remedy” share the same duality: elegant, almost danceable beginnings that twist into heavier, darker finales. The contrast works beautifully, though at times we wish those heavy parts lingered longer, as if the band itself was holding back a storm (that never ended up coming). “The Living Dead” becomes the record’s emotional core. A fragile ballad cloaked in numbness, where the metaphor of zombified existence becomes painfully human. “It’s really about emotional numbness,” Rory admits, and the song captures that eerie stillness perfectly: a heartbeat trying to restart. From there, “Meet The Reaper” surprises with its softness, a love song that continues even after death. “Forgotten Ghost” closes the story on a fading, melancholic pulse. The record dissolves slowly, as if disappearing into the dark night it came from.
Creature In The Black Night feels like a culmination for Dayseeker: an evolution of their post-hardcore roots into this “sad rock” that is cinematic, melancholic, and self-assured. Each track carries an emotional weight, but also a sense of control, of awareness. The anger and jadedness remain, but they’re met with introspection, acceptance, and even confidence. It’s an album that feels alive within its darkness: magnetic, emotional, and deeply human.