Avant de rejoindre le metal extrême qui attend la région en ce week-end d’octobre, nous profitons d’une programmation très chill à la Griffe le vendredi 17 octobre. La soirée est placée sous le signe de la folk et du rock indé avec les projets lillois Hooverville et Dylan Municipal ainsi que le rock indé de AVALANCHE.
Report par Mégane Canis
Photos par Marye DAVENNE
English version below
On démarre la soirée en mode guitare voix avec Hooverville, projet du musicien lillois Fikret. Entre douce folk et chanson française, ses compositions envoûtent la cave de la Griffe. Tout est dans la douceur et l’émotion. La voix se pose comme une caresse sur des accords délicats. Le musicien change de guitare, passant de l’acoustique à l’électrique en fonction des titres. Son album Revoir les étoiles est sorti le 10 octobre et il nous en présente ici plusieurs extraits, à l’instar de “Frères”. Il joue avec les mots, avec la poésie, avec un timbre de voix à la fois rauque et doux, un peu entre Renaud et Miossec. La scène, encombrée, amène des soucis de câbles qui engendrent une interaction authentique avec le public. En guise de clin d’œil à UFV Records qui organise la soirée, Hooverville interprète “Une prière punk”, adressée autant aux vieux punks de Lille qu’aux plus jeunes. A l’étage, les conversations sont bruyantes et viennent parfois casser la dynamique posée installée dans la cave. Toutefois, on arrive à se saisir des émotions véhiculées, comme la mélancolie, la nostalgie… En fin de set, le musicien en invite deux autres, un à la percussion et une au chant, tandis que lui reste à la guitare. Je dois avouer être un peu déstabilisée par la proposition, qui amène reprises et chant en anglais. Et même si la reprise de “Have You Ever Seen The Rain” de Creedance Clearwater Revival est très belle, on arrive dans quelque chose de tout à fait différent, qui fait peu de lien avec les compositions originales de Hooverville. On vous parlera d’ailleurs très vite de son album plus en détails !
On continue la soirée avec le projet Dylan Municipal. Celui-ci se présente normalement sous forme de groupe, mais a ce soir une configuration très différente. En effet, par absence des musiciens, la musique se fait par… Game boy! Et oui, bienvenue dans ce concert “boite à rythmes et Game Boy”. Et franchement on adore le concept ! Grâce à quelques câbles et une console de jeu posée sur un baril, le spectacle prend forme. Le show est complètement décalé. Les textes sont absurdes et pourtant très cohérents. L’artiste joue avec les mots, les expressions… Il nous conte des histoires qui semblent sans queue ni tête et contiennent pourtant un sens. Ainsi, on démarre avec un chef de cartel qui a peur d’être chauve et demande à son second d’aller chercher Pedro, l’âne vert dans la pampa. Tout cela pour terminer par un jeu de mot avec Petrol Hahn Vert, le shampoing qui empêche la chute des cheveux ! On part également sur des rythmiques reggae et un thème gothique pour “Jeune Dark”, et des jeux de mots avec Jeanne D’Arc ou Mireille D’Arc… On évoque aussi Mylène Farmer, les homards… La musique du jeu Tamagotchi nous ramène des années en arrière. Puis on reprend un peu de “modernité” en passant au MP3 avec par exemple “Killing in the name » de Rage Against the Machine… Mais toujours en 8 bits ! Dylan Municipal continue d’y poser ses paroles d’un univers totalement décalé mais qui nous a totalement embarqué ! Un ovni à découvrir assurément !
La soirée est déjà bien avancée mais AVALANCHE installe son matériel à une vitesse record ! Le groupe est clairement d’une autre envergure. Ils sont 5 sur scène, et nous présentent leur dernier album Avec tout l’amour, paru ce jour même. Paul et Christelle (chant, guitares) sont devant la scène, trop petite pour accueillir l’ensemble du groupe. Leurs voix se mêlent dans un torrent d’émotions. On regrette la difficulté à saisir toutes les paroles, mais il faut dire que la cave est assez petite et qu’en plus le groupe a trois guitares, difficile donc de faire meilleur mix que ce à quoi on assiste. A l’arrière, on retrouve Théo à la batterie, présent dans de nombreux projets. Il vit le rythme qu’il suit avec le mouvement de son corps à chaque frappe. A la basse et à la guitare, sont également présents Esteban et Howard, deux musiciens du projet Heure Bleue. L’ensemble est particulièrement mélodique. C’est comme si le son remplissait la cave, résonnant contre chaque paroi et chaque brique. On vibre avec les compositions. Le groupe joue avec les nuances, avec des decrescendo vertigineux avant de revenir subitement dans un fortissimo d’envergure. Chaque titre dégage un flot d’émotions complexes, à la fois belles, puissantes, profondes et ravageuses. AVALANCHE nous propose également des titres plus anciens comme “Hors du Temps” qui fait partie des titres avec lesquels j’ai plongé dans la musique du groupe. On découvre “Une marche nocturne”, issu du dernier opus et mise en avant par un clip, en version live. On retient également “Crimée”, titre remarquable du groupe de la setlist de la soirée. Théo finit à main nue sur ses cymbales, et on quitte le groupe le cœur plein d’émotions.
Nous étions venus voir AVALANCHE et on repart avec la découverte de deux formations lilloises, l’une très touchante avec Hooverville et l’autre originale avec Dylan Municipal. En somme, une excellente soirée à la Griffe !
Before joining the extreme metal scene that awaits the region this October weekend, we’re enjoying a very chill line-up at La Griffe on Friday October 17th. The evening is all about folk and indie rock with Lille-based projects Hooverville and Dylan Municipal, as well as indie rock from AVALANCHE.
Review by Mégane Canis
Pictures by Marye DAVENNE
We start the evening in guitar and vocal mode with Hooverville, a project by Lille musician Fikret. Between soft folk and French chanson, his compositions enchant La Griffe’s cellar. It’s all about softness and emotion. The voice rests like a caress on delicate chords. The musician changes guitars, switching from acoustic to electric depending on the song. His album Revoir les étoiles was released on 10 October and he plays several tracks from it here, such as ‘Frères’. He plays with words and poetry, with a voice that is both husky and soft, somewhere between Renaud and Miossec. The crowded stage causes cable problems, which leads to authentic interaction with the audience. As a nod to UFV Records, which is organising the evening, Hooverville performs ‘Une prière punk’ (A punk prayer), addressed as much to the old punks of Lille as to the younger ones. Upstairs, the conversations are noisy and sometimes break the calm atmosphere in the basement. However, we manage to grasp the emotions conveyed, such as melancholy and nostalgia… At the end of the set, the musician invites two others to join him, one on percussion and one on vocals, while he remains on guitar. I must admit that I am a little unsettled by the proposal, which brings covers and singing in English. And even if the cover of Creedance Clearwater Revival‘s ‘Have You Ever Seen The Rain’ is very beautiful, we arrive at something completely different, which has little connection with Hooverville‘s original compositions. We will tell you more about his album in detail very soon!
We continue the evening with the Dylan Municipal project. This is normally a band, but tonight it has a very different line-up. In fact, in the absence of musicians, the music is made by… Game Boy! Yes, welcome to this ‘drum machine and Game Boy’ concert. And frankly, we love the concept! Thanks to a few cables and a game console placed on a barrel, the show takes shape. The show is completely offbeat. The lyrics are absurd and yet very coherent. The artist plays with words and expressions… He tells us stories that seem nonsensical and yet contain meaning. We start with a cartel boss who is afraid of going bald and asks his second-in-command to go and fetch Pedro, the green donkey in the pampas. All this to end with a pun on Petrol Hahn Vert, the shampoo that prevents hair loss! We also move on to reggae rhythms and a gothic theme for ‘Jeune Dark’, and puns with Jeanne D’Arc or Mireille D’Arc… We also mention Mylène Farmer, lobsters… The music from the Tamagotchi game takes us back years. Then we return to a little ‘modernity’ by switching to MP3 with, for example, ‘Killing in the Name’ by Rage Against the Machine… But still in 8-bit! Dylan Municipal continues to deliver his lyrics from a totally offbeat universe, but one that has completely won us over! Definitely something out of the ordinary to discover!
The evening is already well underway, but AVALANCHE sets up their equipment at record speed! The band is clearly on another level. There are five of them on stage, presenting their latest album, Avec tout l’amour, released that very day. Paul and Christelle (vocals, guitars) are at the front of the stage, which is too small to accommodate the whole band. Their voices blend together in a torrent of emotion. It’s a shame that it’s difficult to make out all the lyrics, but it must be said that the cellar is quite small and the band has three guitars, so it’s difficult to achieve a better mix than what we’re hearing. At the back, we find Théo on drums, who is involved in numerous projects. He lives the rhythm he follows with the movement of his body with each beat. On bass and guitar are Esteban and Howard, two musicians from the Heure Bleue project. The ensemble is particularly melodic. It’s as if the sound fills the cellar, resonating against every wall and every brick. We vibrate with the compositions. The band plays with nuances, with dizzying decrescendos before suddenly returning to a powerful fortissimo. Each track releases a flood of complex emotions, at once beautiful, powerful, profound and devastating. AVALANCHE also offers us older tracks such as ‘Hors du Temps’, one of the tracks that first drew me to the band’s music. We discover ‘Une marche nocturne’, from their latest album and featured in a music video, in a live version. Another highlight is ‘Crimée’, a remarkable track from the band’s set list for the evening. Théo finishes by playing his cymbals with his bare hands, and we leave the band with our hearts full of emotion.















