Après une journée au Métaphone, le Tyrant prend ses quartiers pour la première fois à l’Aéronef de Lille pour ce second jour. La salle lilloise se part de ses plus beaux habits métal pour accueillir le festival comme il se doit, avec par exemple tous les stands de merch ou de labels qui prennent place dans le hall. Au programme de cette deuxième journée : Paradise Lost, Messa, Sinsaenum, Firtan et Ataraxie.
Report par Victor BRUNERIE
Photos par Marye DAVENNE
English version below
Pour ouvrir cette journée c’est les rouennais de Ataraxie qui débarquent sur la grande scène de l’Aéronef. On ne connaissais pas le groupe pour être honnête mais il ne nous faudra que quelques notes pour plonger dans leur funeral doom death avec envie. Le groupe se lance dans un premier morceau d’une vingtaine de minutes où parles en français et en anglais se mêlent avec brio. Les guitares de Julien Payan (Sordide), Hugo Gaspar (Mälemort) et Frédéric Patte-Brasseur (Conviction) nous emportent dans un océan de dévastation qui nous fout des frissons en quelques instants. Côté rythmique c’est Pierre Sénécal (Chaos Dei) à la batterie et Jonathan Théry (Funeralium) à la basse qui nous livrent un jeu puissant qui renforce ce sentiment d’être enveloppé par la musique. Jonathan excelle également au chant et vient ensuite nous présenter le second et dernier titre du set à savoir « The Collapse ». Nous voilà repartis pour une belle démonstration de funeral doom par un groupe qui vient marquer les esprits avec une prestation sans fioritures mais pleine de sincérité. Encore une fois la composition regorge de moments magistraux et même de petites pauses où un des guitaristes garde son riff pendant que le reste du groupe peut s’hydrater ou se préparer à la partie suivante. On ne saurait dire à quel point les émotions étaient fortes mais nous sommes ressortis du set de Ataraxie avec l’envie de plonger dans leur discographie au plus vite et en espérant les revoir du côté de Lille aussi vite que possible.
On enchaîne rapidement avec Firtan venus tout droit d’Allemagne. Depuis la sortie de leur album Ethos, nous avions hâte de pouvoir voir le groupe sur scène. C’est chose faite aujourd’hui et autant vous dire que le son de l’Aéronef rend parfaitement hommage au black métal du groupe. La présence du violon joué avec brio par Klara Bachmair apporte des sonorités magistrales qui prennent encore plus de force en live. Les morceaux, chantés en allemand, sont magnifiques et nous montrent à quel point le groupe sait composer des titres inoubliables. Les émotions sont fortes renforcées par la voix puissante de Phillip Thienger. On se laisse porter dans cet univers entre naturalisme et philosophie tout au long du set en se prenant en pleine faces les riffs et blasts des plus réussis. Remerciant le public pour l’accueil, le groupe nous propose le magistral « Amor Fati » issu de leur album Marter, avant de terminer en beauté avec « Wenn sich mir einst alle Ringe schließen » qui laisse en fin de titre Klara Bachmair et C.S de nous proposer un magnifique duo de violon, qui nous donne toujours plus de frissons. Leur post black métal mélodique à souhait aura frappé fort en ce début de soirée et autant vous dire que vu l’accueil on risque de les voir revenir assez vite dans le coin!
Après une pause pour profiter des stands et se remettre de nos émotions nous voilà prêts à voir pour la première fois en live Sinsaenum! Le groupe débarque sur la scène avec son tout nouveau line up ainsi que nul autre que Aires Pereira de Moonspell à la basse en remplacement de Heimoth, absent pour cause de dates avec Seth. Dès « In Devastation » on se prend le death métal du groupe en pleine face et clairement c’est un pur bonheur. Le local de l’étape, Stéphane Buriez excelle à la guitare et n’hésite pas à donner de la voix sur les chœurs. Frédéric Leclercq quant à lui nous balance également ses meilleurs riffs et nous montre une fois de plus à quel point il est un des tout meilleur guitaristes de l’hexagone! « Ashes » ou encore « Sacred Martyr » laissent Sean Zatorsky (Dååth) nous en mettre plein la vue avec son chant hurlé surpuissant. Côté batterie on découvre le jeu de Andre Joyzi, ayant remplacé le regretté Joey Jordison, mais qui s’avère être son ancien drum tech! Autant dire que le musicien n’hésite pas une seconde à mettre tout son coeur dans les morceaux interprétés à l’origine par son ami, mais également dans les titres du dernier disque en date, In Devastation, sur le quel il a travaillé. Un pur déluge de riffs et de blast vient ravir nos oreilles tout au long du set, et lorsque « My Swan Song » et « Final Resolve » résonnent dans l’Aéronef on se bit qu’on ne pouvait rêver plus belle première fois en live que cette prestation. On avoue que le death métal est peut être un peu moins notre style de prédilection mais force est de constater que Sinsaenum savent convaincre avec des titres tous plus efficaces et captivants les uns que les autres.
Changement total d’ambiance avec Messa, venus directement nous rejoindre depuis le Desert Fest d’Anvers où ils ont joué à peine quelques heures plus tôt. Installée en vitesse suite à son arrivée tardive, la formation italienne va nous montrer à quel point elle en a sous le pied pour ce deuxième passage au Tyrant! Leur album The Spin a clairement beaucoup tourné cette année et on avait grande hâte de découvrir les nouveaux titres en live. Mais avant de nous plonger dans ce nouveau disque le groupe commence avec « Babalon », morceau issu de l’album Belfry (2016) et plonge l’Aéronef dans un état de béatitude complète. Il faut dire que la formation a de nombreux atouts dans sa manche, le premier d’entre eux étant la voix sublime de Sara. Les musiciens ne sont pas en reste puisque Alberto nous propose des riffs doom du plus bel effet. « At Races » prend la suite et prouve une fois de plus du talent de composition et d’interprétation de la formation. « The Dress » confirme tout son potentiel live avec une section rythmique dantesque portée par Rocco à la batterie et Marco à la basse. La prestation de Massa est à tomber, et « Leah » vient nous en remettre une couche avec un doom des plus envoutants. « Reveal » laisse exploser une fois de plus la voix de Sara, définitivement au sommet de son art ce soir. Pour terminer en beauté ce set le groupe nous envoi un un « Thicker Blood » d’anthologie qui se terminera sur des applaudissements plus que fournis. Vous dire que le set de Messa fut le meilleur de cette journée à nos yeux est un euphémiste! Le groupe italien nous en a mis plein la vue et nous prouve une fois de plus qu’il est une des formations européennes du genre des plus enthousiasmantes qui soit.
Cette édition 2025 se termine en beauté avec le set des anglais de Paradise Lost! Les légendes du doom métal sont de passage à Lille pour nous envoyer leur meilleurs titres et nous présenter quelques extraits de l’excellent Ascension sorti un peu plus tôt cette année. Le set démarre d’ailleurs sur « Serpent On The Cross » et nous voilà plongés dans l’univers sombre de cette formation qui ravi nos oreilles depuis de longues années. Nick Holmes est évidemment impérial au chant et vient nous emporter dans un tourbillon d’émotions toutes plus fortes les unes que les autres. Les riffs de Greg Mackintosh et Aaron Aedy sur « Once Solemn » ou encore « Faith Divides Us – Death Unites Us » nous rappellent à quel point la formation a toujours su proposer des titres envoutants et captivants. Leur prestation est impressionnante de maîtrise et vient parfaitement compléter celle de tout aussi impressionnante de Steve Edmonson à la basse et de Jeff Singer qui fait son retour derrière les fûts. Le public est aux anges et « Nothing Sacred » vient renforcer un peu plus cette immersion dans le monde sombre de la formation anglaise. Même si la fatigue commence à se faire ressentir fort on profite encore un peu de cette prestation dingue avec « Tyrants Serenade » et « Requiem ». Nous voilà malheureusement bien trop épuisés pour rester jusqu’à la fin mais on sait de source sûr que la fin du set à réserver encore de bien belles choses au public lillois qui aurait tout de même aimé un set un peu plus long. Paradise Lost, fidèles à leur réputation ont excellé en ce dimanche soir et prouvé une fois de plus qu’ils sont un des groupes les plus mythiques de la scène doom!
Cette journée de Tyrant Fest à l’Aéronef a montré que ce nouveau lieu est un excellent choix pour le festival même si quelques améliorations sont possibles, notamment sur des lieux pour s’assoir plus nombreux. Côté programmation on a profité pleinement de ce line up de folie rempli de coups de cœurs, de belles surprises et aussi de groupes qu’on rêvait de pouvoir voir en live de nouveau ou pour la première fois. On salue toute l’équipe du festival pour cette belle édition 2025 et on espère que l’édition 2026 réservera autant de belles surprises.
Un grand merci à Hyacinthe pour les accréditations, au Tyrant Fest et Nao Noise pour l’organisation de cet évènement et à toute l’équipe du festival et de la salle pour l’accueil.
After a day at the Métaphone, the Tyrant takes up residence for the first time at the Aéronef in Lille for this second day. The Lille venue is decked out in its finest metal attire to welcome the festival as it should be, with all the merch and label stands taking their place in the hall. On the program for this second day: Paradise Lost, Messa, Sinsaenum, Firtan, and Ataraxie.
Review by Victor BRUNERIE
Pictures by Marye DAVENNE
To open the day, Rouen’s Ataraxie takes to the main stage at L’Aéronef. To be honest, we weren’t familiar with the band, but it only takes a few notes for us to dive eagerly into their funeral doom death metal. The band launches into a first song lasting about twenty minutes, brilliantly mixing French and English lyrics. The guitars of Julien Payan (Sordide), Hugo Gaspar (Mälemort), and Frédéric Patte-Brasseur (Conviction) carried us away into an ocean of devastation that sent shivers down our spines in a matter of moments. On the rhythm side, Pierre Sénécal (Chaos Dei) on drums and Jonathan Théry (Funeralium) on bass deliver a powerful performance that reinforces the feeling of being enveloped by the music. Jonathan also excels at vocals and then introduces us to the second and final track of the set, “The Collapse.” Here we go again for a beautiful demonstration of funeral doom by a band that leaves a lasting impression with a performance that is unadorned but full of sincerity. Once again, the composition is full of masterful moments and even small breaks where one of the guitarists keeps his riff going while the rest of the band can hydrate or prepare for the next part. It’s hard to describe just how powerful the emotions were, but we left Ataraxie‘s set wanting to dive into their discography as soon as possible and hoping to see them again in Lille as soon as we could.
We quickly moved on to Firtan, who came straight from Germany. Since the release of their album Ethos, we had been looking forward to seeing the band on stage. Today, that wish came true, and we can tell you that the sound at L’Aéronef perfectly suits the band’s black metal style. The violin, played brilliantly by Klara Bachmair, adds masterful sounds that are even more powerful live. The songs, sung in German, are magnificent and show us how skilled the band is at composing unforgettable tracks. The emotions are heightened by the powerful voice of Phillip Thienger. We are carried away into this universe between naturalism and philosophy throughout the set, as we are hit with the most successful riffs and blasts. Thanking the audience for their welcome, the band treats us to the masterful “Amor Fati” from their album Marter, before finishing in style with “Wenn sich mir einst alle Ringe schließen,” which leaves Klara Bachmair and C.S to offer us a magnificent violin duet, giving us even more goosebumps. Their melodic post-black metal made a big impact at the start of the evening, and given the reception they received, it’s safe to say that we’ll likely see them back in the area again soon!
After a break to enjoy the stands and recover from our emotions, we were ready to see Sinsaenum live for the first time! The band took to the stage with their brand new line-up, including none other than Aires Pereira from Moonspell on bass, replacing Heimoth, who was absent due to dates with Seth. From “In Devastation” onwards, we were hit with the band’s death metal, and it was pure bliss. Local boy Stéphane Buriez excels on guitar and doesn’t hesitate to lend his voice to the backing vocals. Frédéric Leclercq also throws down his best riffs and shows us once again why he is one of the very best guitarists in France! “Ashes” and “Sacred Martyr” let Sean Zatorsky (Dååth) blow us away with his powerful screaming vocals. On drums, we discover the playing of Andre Joyzi, who replaced the late Joey Jordison, but who turns out to be his former drum tech! Suffice to say that the musician doesn’t hesitate for a second to put his heart and soul into the songs originally performed by his friend, as well as the tracks from the latest album, In Devastation, on which he worked. A pure deluge of riffs and blasts delights our ears throughout the set, and when “My Swan Song” and “Final Resolve” resonate in the Aéronef, we realize that we couldn’t have dreamed of a more beautiful first live experience than this performance. We admit that death metal may not be our favorite style, but it’s clear that Sinsaenum knows how to win us over with songs that are each more effective and captivating than the last.
There was a complete change of atmosphere with Messa, who came straight to us from Desert Fest in Antwerp, where they had played just a few hours earlier. Setting up quickly after their late arrival, the Italian band showed us how much they had to offer for their second appearance at Tyrant! Their album The Spin has clearly been played a lot this year, and we were eager to hear the new tracks live. But before diving into the new album, the band started with “Babalon,” a track from the album Belfry (2016), plunging the Aéronef into a state of complete bliss. It must be said that the band has many assets up its sleeve, the first of which is Sara‘s sublime voice. The musicians are not to be outdone, with Alberto offering us some stunning doom riffs. “At Races” follows and proves once again the band’s talent for composition and performance. “The Dress” confirms its full live potential with a Dante-esque rhythm section carried by Rocco on drums and Marco on bass. Massa’s performance is to die for, and ‘Leah’ comes in for another round with some of the most captivating doom. “Reveal” once again lets Sara‘s voice explode, definitely at the peak of her art tonight. To end the set on a high note, the band treats us to an anthological “Thicker Blood,” which ends to thunderous applause. To say that Messa‘s set was the best of the day in our eyes is an understatement! The Italian band blew us away and proved once again that they are one of the most exciting European bands of their kind.
This 2025 edition ends on a high note with a set from the English band Paradise Lost! The legends of doom metal are in Lille to play their best songs and present a few tracks from the excellent Ascension, released earlier this year. The set kicks off with “Serpent On The Cross,” plunging us into the dark universe of this band that has been delighting our ears for many years. Nick Holmes is obviously imperial on vocals and sweeps us away in a whirlwind of emotions, each one stronger than the last. The riffs of Greg Mackintosh and Aaron Aedy on “Once Solemn” and “Faith Divides Us – Death Unites Us” remind us how the band has always been able to deliver captivating and compelling songs. Their performance is impressively masterful and perfectly complements the equally impressive performances of Steve Edmonson on bass and Jeff Singer, who is back on drums. The audience is ecstatic, and “Nothing Sacred” further reinforces this immersion into the dark world of the English band. Even though fatigue is starting to set in, we still enjoy this crazy performance a little longer with “Tyrants Serenade” and “Requiem.” Unfortunately, we are far too exhausted to stay until the end, but we know for a fact that the end of the set still has some great things in store for the Lille audience, who would have liked a slightly longer set. Paradise Lost, true to their reputation, excelled on this Sunday evening and proved once again that they are one of the most legendary bands on the doom scene!
This day of Tyrant Fest at L’Aéronef showed that this new venue is an excellent choice for the festival, even if a few improvements are possible, particularly in terms of more seating. In terms of programming, we took full advantage of this crazy line-up filled with favorites, wonderful surprises, and bands we dreamed of seeing live again or for the first time. We salute the entire festival team for this wonderful 2025 edition and hope that the 2026 edition will hold just as many wonderful surprises.
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