#Album : Fragile – Big Big Smile (07/11/2025)

Le 7 novembre, le quatuor angevin Fragile dévoile Big Big Smile, son tout premier album, autoproduit et distribué par Le Cèpe Records. Formé en 2020, le groupe avait déjà marqué les esprits avec son EP précédent que nous avions chaleureusement salué. Autant dire que ce premier long format était attendu avec impatience, et plaira aux fans de Fontaines D.C., Militarie Gun ou encore Touché Amoré. 

par Marye Davenne

English version below


Avec ce premier album Big Big Smile, caché derrière un titre presque ironique, dévoile une œuvre traversée par le doute, la mélancolie et une rage contenue. Un appel à la résilience, oui, mais teinté d’un vertige existentiel, comme si chaque sourire était arraché à la noirceur. Le groupe, révélé par son EP …About Going Home, en 2023, que nous avions déjà chroniqué avec enthousiasme, confirme ici tout le bien qu’on pensait d’eux. « The Lowdown » ouvre l’album dans une brume shoegaze, suspendue, presque immobile. On flotte, on respire à peine, comme si le temps s’était arrêté. Puis, sans prévenir, « Santander » nous ramène à la surface, avec ses rythmes emo et son chant légèrement crié, qui donne envie de sauter, de danser, de hurler. Le refrain, lumineux, semble taillé pour les concerts et on imagine déjà les fans le reprendre à pleins poumons. Fragile ne se contentent pas d’un seul registre. « Celebrate », en duo avec Adé, flirte avec la pop, tout en gardant une tension post-punk dans le chant de Baptiste. Les guitares, elles, ne lâchent rien, et viennent rappeler que même dans la lumière, il y a des ombres. Cette dualité, on la retrouve dans « A Reason Why », morceau bouleversant, où les paroles dépeignent une tristesse abyssale. Pourtant, les riffs semblent chercher la lumière, comme une main tendue vers le ciel. « Wallflower » est un cri. Une voix rugueuse, une rage sourde avec bons nombres de question, dont l’un d’elle où nous avons la réponse : « What makes us shiver? ». Et bien vous pardi ! C’est bien pour ça que vous êtes en chronique chez Sounding Shivers ! Blague à part, ce morceau, comme « Tiny Ghosts And Disco Lights » dont le clip est tourné dans les rues de Lille (on vous laisse regarder le clip en bas de l’article), puise dans les racines du post-punk britannique, avec une puissance brute et une urgence vitale. On sent le besoin de dire et d’exprimer des émotions qui ne peuvent plus être contenu.

Mais Fragile savent aussi se faire doux. « For Later » et « Wide Awake » (encore avec Adé) sont des respirations. Le premier est une rêverie brumeuse, où les sons résonnent comme des souvenirs flous. Le second, plus expérimental, joue avec les textures vocales et les silences. On croit entendre un cœur battre en arrière-plan, et les voix se fondent dans une communion fragile pour un moment d’une douceur pure. Et puis il y a « Afterglow », ce morceau qui semble avoir été écrit pour la scène. Crié, fédérateur, porté par des chœurs puissants, il incarne toute la folie des concerts de Fragile. Pour ceux ayant déjà eu l’opportunité de les voir en live, vous comprendrez vite que ce titre-là promet des moments de communion inoubliables. Ecrit comme un hymne qui permettra de faire ce lien si particulier entre le groupe et son public. Enfin, « Little Things » vient rappeler que derrière les expérimentations, il y a aussi une tendresse rock, presque adolescente. Une guitare qui évoque clairement Blink-182 dans une énergie brute.

Big Big Smile est un album qui vous fait prendre une grande respiration et vous étonne, de morceau en morceau. Les français y affirme une identité forte, entre shoegaze, post-punk, rock emo, et même des brides de pop, parsemé de cris. Ce premier album est une réussite, qu’on a hâte d’entendre en live, notamment le 20 novembre prochain à Courtrai. On s’y croise ? 

 

Tracklist :

01 – The Lowdown
02 – Santander
03 – Celebrate
04 – Little Things
05 – For Later
06 – A Reason Why
07 – Tiny Ghosts And Disco Lights
08 – Afterglow
09 – Wallflower
10 – Wide Awake


On November 7th, the Angers-based quartet Fragile will release Big Big Smile, their debut album, self-produced and distributed by Le Cèpe Records. Formed in 2020, the band had already made a lasting impression with their previous EP, which we warmly welcomed. Suffice to say that this first full-length album was eagerly awaited and will appeal to fans of Fontaines D.C., Militarie Gun, and Touché Amoré.

by Marye Davenne

With this debut album, Big Big Smile, hidden behind an almost ironic title, reveals a work permeated by doubt, melancholy, and contained rage. It is a call for resilience, yes, but tinged with existential vertigo, as if every smile were wrested from darkness. The band, which came to prominence with its EP …About Going Home in 2023, which we had already reviewed enthusiastically, confirms here everything we thought about them. “The Lowdown” opens the album in a shoegaze haze, suspended, almost motionless. We float, barely breathing, as if time has stopped. Then, without warning, “Santander” brings us back to the surface with its emo rhythms and slightly shouted vocals, making us want to jump, dance, and scream. The bright chorus seems tailor-made for concerts, and we can already imagine fans singing along at the top of their lungs. Fragile doesn’t settle for just one style. “Celebrate,” a duet with Adé, flirts with pop while maintaining a post-punk tension in Baptiste‘s vocals. The guitars, meanwhile, don’t let up, reminding us that even in the light, there are shadows. This duality is found in “A Reason Why,” a deeply moving track whose lyrics depict abysmal sadness. Yet the riffs seem to seek the light, like a hand reaching toward the sky. “Wallflower” is a cry. A rough voice, a muffled rage with many questions, one of which we have the answer to: “What makes us shiver?” Well, duh! That’s why you’re featured on Sounding Shivers! Joking aside, this track, like “Tiny Ghosts And Disco Lights” whose music video was filmed in the streets of Lille (you can watch the video at the bottom of the review), draws on the roots of British post-punk, with raw power and vital urgency. You can feel the need to say and express emotions that can no longer be contained.

But Fragile also knows how to be gentle. “For Later” and “Wide Awake” (again with Adé) are moments of respite. The first is a hazy reverie, where sounds resonate like blurred memories. The second, more experimental, plays with vocal textures and silences. You can almost hear a heart beating in the background, and the voices blend together in a fragile communion for a moment of pure sweetness. And then there’s “Afterglow,” a song that seems to have been written for the stage. Shouted, unifying, carried by powerful choruses, it embodies all the madness of Fragile‘s concerts. For those who have already had the opportunity to see them live, you will quickly understand that this track promises unforgettable moments of communion. Written like an anthem that will forge that special bond between the band and their audience. Finally, “Little Things” reminds us that behind the experimentation, there is also a rock tenderness, almost adolescent. A guitar that clearly evokes Blink-182 in its raw energy.

Big Big Smile is an album that makes you take a deep breath and surprises you, track after track. The French band asserts a strong identity, between shoegaze, post-punk, emo rock, and even hints of pop, sprinkled with screams. This debut album is a success, and we can’t wait to hear it live, especially on November 20th in Kortrijk. See you there?

 

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