Après deux décennies de carrière, The Devil Wears Prada revient avec Flowers, sorti chez Solid State le 14 novembre. Il s’agit de leur neuvième album studio, et l’un des plus émouvants qu’ils aient jamais publiés. « C’est nous à notre apogée », explique le groupe de metalcore. « Dans l’écriture des chansons, dans le lyrisme brut et authentique, dans l’introspection et dans la tentative désespérée de se connecter avec tous ceux qui ressentent la même chose que nous. » Et cela se voit clairement. Flowers reflète les hauts et les bas de la vie, entre une lourdeur écrasante et des mélodies déchirantes, un paysage sonore où coexistent le chagrin, la lutte, la guérison et la croissance. C’est un album qui n’hésite pas à aborder la douleur, mais qui s’épanouit à travers elle.
par Zo’
English version below
L’album s’ouvre sur « That Same Place », une introduction cinématographique portée par un dialogue de film ancien : « I used to believe that if I got everything I wanted I’d finally be happy », avant qu’un orchestre ne s’élève sous un piano solitaire. L’espoir s’effondre instantanément avec « but all of that was just a dream and now is over », donnant le ton d’un album qui ne cesse de nous couper l’herbe sous le pied. Le thème se poursuit sans interruption dans « Where the Flowers Never Grow », un hymne vivant mais profondément triste que les fans connaissent déjà par cœur depuis sa sortie en tant que premier single. Construit autour de l’idée que même lorsque la vie semble belle sur le papier, l’obscurité persiste quelque part à l’intérieur, le morceau mélange une sorte de mélodie « joyeuse » avec un poids émotionnel brut. Le final éclate dans une rage pure avant de s’arrêter brusquement, une sorte de rappel brutal de la vitesse à laquelle l’esprit peut s’emballer.
À partir de là, Flowers embrasse un mélange de mélodies accrocheuses et d’introspection. « Everybody Knows » adoucit les contours sans perdre en profondeur, s’appuyant sur un refrain qui reste instantanément en tête. « So Low » creuse plus profondément dans l’introspection : « I wish that somebody could tell me why the highs feel so low.» C’est une confession de tendances toxiques, du besoin d’attention qui vous ronge même lorsque vous en êtes conscient. « For You », une chanson d’amour déjà familière aux auditeurs, tire sa force de son refrain accrocheur et de son pont émotionnel qui crie pour être libéré avant de se fondre dans un break mémorable.
Au milieu de l’album, le groupe change de vitesse. « All Out » est une explosion d’énergie emo-core du début des années 2010, avec des riffs à toute vitesse et des cris qui déchirent le mix, rappelant presque le côté chaotique de Pierce The Veil. Le breakdown est plus puissant que jamais, Mike Hranica admettant que la chanson parle de « voir un ami choisir l’égoïsme plutôt que la relation ». « Ritual », dévoilé pour la première fois en 2024, est déjà devenu un favori des fans, le genre de morceau que tout le monde chante en chœur lors des concerts, comme si son refrain avait été conçu pour une catharsis collective. Nous avons eu la chance de le découvrir en février dernier au Trix.
La charge émotionnelle s’intensifie avec « When You’re Gone », porté par une mélodie de guitare inquiétante et menaçante. Les voix claires expriment la distance et le chagrin avant que les cris ne retentissent, et bien que la montée en puissance laisse présager quelque chose de colossal, le breakdown reste volontairement sobre, une libération subtile et douloureuse plutôt qu’une explosion. Le court interlude « The Sky Behind The Rain » approfondit cette introspection sombre avec un message vocal simple et triste.
C’est dans la dernière partie de Flowers que le groupe dévoile une autre facette de l’atmosphère. « The Silence » laisse flotter des voix claires sur une pulsation électronique et des synthés lents, murmurant « I don’t wanna be found » dans les recoins tranquilles de notre esprit. « Eyes » suit avec des fredonnements aériens, des touches de clavier et un bourdonnement de guitare grave avant d’exploser complètement avec « Give me eyes », qui lance une spirale beaucoup plus rapide, aux prises avec des questions de foi et de clarté. « Cure Me » juxtapose un rythme entraînant à l’aveu brutal « ’cause there’s no cure for me », un morceau qui donne presque envie de danser malgré son désespoir. « Wave » embrasse à parts égales la tristesse et l’espoir : « I’m gonna ride the wave, let it guide the way, I used to think that drowning was the only way to breathe but now I just pretend that I have everything I need, », lâchant prise pour enfin aller de l’avant. Et le morceau de clôture, « My Paradise », s’installe sur un rythme électro doux et un groove hip-hop avant d’exploser une dernière fois, une acceptation paisible mais vivante que le paradis n’est peut-être pas un lieu, mais l’acte de se rendre à ce qui est.
Avec Flowers, The Devil Wears Prada livre son album le plus honnête et le plus sincère à ce jour. Les cris sont moins présents qu’à leurs débuts, mais leur impact émotionnel reste intact, porté par des mélodies à la fois fragiles et bouleversantes. Comme toujours, les voix de Mike Hranica et Jeremy DePoyster s’entremêlent harmonieusement, équilibrant la brutalité et la vulnérabilité avec une maturité acquise au cours de vingt années. Flowers donne l’impression que le groupe s’arrête un instant, prend une respiration, se tourne vers l’intérieur et laisse tout s’épanouir, même les parties qui font mal.

Tracklist :
01 : The Same Place
02 : Where The Flowers Never Grow
03 : Everybody Knows
04 : So Low
05 : For You
06 : All Out
07 : Ritual
08 : When You’re Gone
09 : The Sky Behind The Rain
10 : The Silence
11 : Eyes
12 : Cure Me
13 : Wave
14 : My Paradise
Two decades into their career, The Devil Wears Prada returns with Flowers via Solid State on November 14th. It is their ninth studio album, and one of the most emotionally revealing works they’ve ever released. “This is us at our peak,” the metalcore band explains. “In songwriting, in raw and authentic lyricism and introspection, and a desperate attempt to connect with anyone else who feels the same way that we do.” And it definitely shows. Flowers mirrors life’s highs and lows between crushing heaviness and heart-wrenching melodies, a sonic landscape where grief, struggle, healing and growth all coexist. This is an album that doesn’t shy away from pain but rather blossoms through it.
par Zo’
The record opens on “That Same Place”, a cinematic introduction carried by old-movie dialogue, “I used to believe that if I got everything I wanted I’d finally be happy”, before an orchestra rises beneath a lonely piano. The hope collapses instantly with “but all of that was just a dream and now is over,” setting the tone for an album that constantly pulls the rug beneath our feet. The theme continues seamlessly into “Where the Flowers Never Grow”, a lively yet profoundly sad anthem that fans already know by heart since its release as the leading single. Built around the idea that even when life looks good on paper, darkness lingers somewhere inside, the track blends a sort of “happy” melody with raw emotional weight. The final breakdown erupts in pure rage before cutting abruptly, a kind of brutal reminder of how fast the mind can spiral.
From there, Flowers embraces a mixture of catchiness and introspection. “Everybody Knows” softens the edges without losing depth, leaning on a chorus that sticks instantly. “So Low” digs deeper into self-reflection: “I wish that somebody could tell me why the highs feel so low.” It’s a confession of toxic tendencies, of the need for attention that eats at you even when you recognize it. “For You”, a love song already familiar to listeners, thrives on its earworm chorus and emotional bridge that screams for release before dropping into a memorable breakdown.
Mid-record, the band shifts gears. “All Out” is a blast of early-2010s emo-core energy, riffs thrashing at full speed, screams tearing through the mix, almost reminiscent of Pierce The Veil’s chaotic edge. The breakdown hits harder than any so far, with Mike Hranica admitting the song speaks about “seeing a friend choose selfishness over the relationship.” “Ritual”, first revealed back in 2024, has already become a fan favourite, the kind of track everyone shouts together at shows, as if its chorus were designed for collective catharsis, we had the chance to experience it earlier this year at the Trix in February.
The emotional weight intensifies with “When You’re Gone”, led by an eerie, menacing guitar melody. The clean vocals ache with distance and grief before the screams crash in, and although the buildup teases something colossal, the breakdown remains intentionally restrained, a subtle, painful release rather than an explosion. The short interlude “The Sky Behind The Rain” deepens this sombre introspection with a simple, sad voice message.
The final stretch of Flowers is where the band exposes another part of the atmosphere. “The Silence” lets clean vocals float over an electronic pulse and slow-burning synths, whispering “I don’t wanna be found” into the quiet corners of our minds. “Eyes” follows with airy hums, keys, and a low guitar drone before fully erupting on with “Give me eyes” launching a way faster spiral, grappling with questions of faith and clarity. “Cure Me” juxtaposes a lively rhythm with the blunt admission “’cause there’s no cure for me,” a track that almost makes you want to dance in spite of its despair. “Wave” embraces sadness and hope in equal measure, “I’m gonna ride the wave, let it guide the way, I used to think that drowning was the only way to breathe but now I just pretend that I have everything I need,” letting go of control to finally move forward. And, the closing track “My Paradise” settles into a soft electro beat and hip-hop-leaning groove before exploding one last time, a peaceful yet lively acceptance that maybe paradise isn’t a place, but the act of surrendering to what is.
With Flowers, The Devil Wears Prada deliver their most honest and heartfelt record yet. The screams are less central than in their early years, but their emotional impact remains intact, carried by melodies that feel both fragile and overwhelming. As always, Mike Hranica and Jeremy DePoyster’s voices intertwine seamlessly, balancing rawness and vulnerability with a maturity earned over twenty years. Flowers feels like the band standing still for a moment, taking a breath, looking inward, and letting everything bloom, even the parts that hurt.
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