Il y a des soirs où la programmation lilloise nous apporte de petits trésors. C’était le cas le 14 novembre dernier à La Malterie, où Cerbère Coryphée nous avait concocté une affiche aux petits oignons ! Point Mort, groupe de post hardcore parisien, faisait escale dans le Nord. Au départ accompagnés uniquement par les locaux de Cérès, Parlor s’est ajouté à l’affiche pour notre plus grand plaisir !
Report par Mégane Canis
Photos par Marye DAVENNE
English version below
Nous avions découvert Cérès à la Brat Cave en juillet dernier. La formation nous emmène dans son univers par une introduction sombre, autant musicalement que lumineusement. Les lights viennent ensuite éclairer la scène. Le quatuor envoie des riffs mélodiques et sombres. On entend en premier lieu une influence black majeure, qui laisse toutefois la place à d’autres styles. La présence de deux guitares vient donner une certaine complexité et une richesse aux sonorités. La base rythmique est bien solide, et la basse très présente dans le mix. Cela apporte un côté doom aux compositions de la formation, qui se révèle de plus en plus au fur et à mesure du set. Les passages instrumentaux ambiants nous embarquent totalement. Certains sont même envoûtants voire émouvants. Le chant se fait parfois plus clair, mais toujours profond et particulièrement juste. Cérès est un vecteur d’émotions et de puissance. On est happés par les passages plus lents et lourds, tandis qu’on se sent aspirés par ceux qui sont plus énergiques. Ainsi, le dernier titre de la soirée démarre de manière dynamique. Puis, se décomposant en plusieurs mouvements à l’instar d’une œuvre longue de musique classique, il nous dévoile bien d’autres facettes. Les compositions de Cérès sont complexes et particulièrement travaillées. Elles semblent nous raconter une histoire, avec ses rebondissements, ses temps forts, ses pauses, ses passages plus doux… Bref, ce concert très prenant confirme que l’on est totalement conquis par la formation, qui assure remarquablement en live.
Décidément, il devient impossible de passer à côté de Parlor. Nous vous avions parlé de leur passage seulement quelques semaines plus tôt au High Voltage, et nous voilà de retour face à eux. Arthur Leparc (chant) est déchainé dès le début du set. Sa voix surpuissante et son attitude ultra dynamique choppent directement le public présent. On est tabassés par “Blind” d’entrée de jeu. Le groupe reprend pas mal de codes du punk hardcore, notamment sur le début du set. On note toutefois une rythmique bien plus complexe, assurée par Guillaume Quincy (batterie) et Boris Patchinsky (basse). Puis, très rapidement, avec “In Charge”, on entre dans une ère totalement post metal / post hardcore. Yann Desti, à la guitare, apporte des vrais contrastes, avec des riffs aussi percutants et violents que mélodiques et émouvants. La formation a sorti son dernier album, Tears for Everything le 24 octobre dernier. Celui-ci est évidemment mis en avant dans la setlist. On est parfois bouleversés par les cris aussi forts que déchirants. Les sonorités se font parfois plus obscures, comme dans “Conqueror” ou “Tunnel”. La voix passe alors par moments au second plan, grâce à des effets hyper maîtrisés. Les parties plus lentes sont toutes aussi puissantes que les passages rythmés. La scène ne peut bientôt plus contenir toute l’effervescence de Arthur >qui finit dans le public. On termine le set avec “Bistropolis”, composition aussi énervée que vectrice d’émotion, dans un post hardcore d’une très grande qualité. Encore une fois, Parlor sait comment nous avoir, et on se laisse faire avec plaisir !
Il était enfin temps de revoir Point Mort ! Quelques années déjà sont passés depuis leur dernier passage dans la métropole Lilloise, mais surtout un nouvel album au compteur, Le Point de non retour, sorti en avril dernier. Avec un décorum extrêmement fleuri, les parisiens déposent une ambiance sérieuse dès les premières secondes. Tous alignés et le regard droit sur le public, on sent d’office que l’on va se faire manger tout cru. Une introduction à la limite du trip hop, nous voilà déboussolé mais lorsque Sam Pillay se mets à screamer, on comprends instantanément que nous ne sommes pas là pour rigoler. Simon Belot à la batterie vient faire vibrer la salle, et se verra même parfois accompagné d’une batterie électronique pour un double effet hyper efficace. Le set est d’une puissance folle, notamment avec les deux guitares mais le public est encore timide. Sam l’annoncera « Vous avez interdiction de bouger moins que moi, qui ait une cheville petée ce soir ». Et effectivement, le public se mets enfin à faire bouger cette fosse et les têtes se mettent à se balancer en rythme. On est totalement fan de l’univers post hardcore des parisiens qui semble vouloir pousser les limites des genres en introduisant des sons parfois électronique, parfois plus sludgy. On sent le groupe plein d’entrain malgré l’heure tardive, et c’est une petite musique d’ascenseur qui vient annoncer le rappel, donnant une dernière occasion au public de faire la fête, ce qu’ils feront en lançant un mini mosh pit, sur un dernier titre où l’amour et le besoin de se retrouver nous est conté. Et c’est sur la bande son « It’s Not Unusual » que l’on dit au-revoir et surtout à bientôt à Point Mort.
Un grand merci à Zelda pour les accréditations, à Cerbère Coryphée pour l’organisation et à l’ensemble des équipes de la malterie pour l’accueil et la bonne humeur, comme d’habitude.
Some evenings, Lille’s music scene brings us little treasures. That was the case on November 14th at La Malterie, where Cerbère Coryphée had put together a fantastic lineup! Point Mort, a Parisian post-hardcore band, was stopping off in the north. Initially accompanied only by local band Cérès, Parlor was added to the lineup, much to our delight!
Report by Mégane Canis
Photos by Marye DAVENNE
We discovered Cérès at La Brat Cave last July. The band draws us into their world with a dark introduction, both musically and visually. The lights then come up to illuminate the stage. The quartet delivers melodic and dark riffs. At first, we hear a major black metal influence, which nevertheless leaves room for other styles. The presence of two guitars adds a certain complexity and richness to the sound. The rhythmic base is solid, and the bass is very present in the mix. This brings a doom aspect to the band’s compositions, which becomes more and more apparent as the set progresses. The ambient instrumental passages completely captivate us. Some are even mesmerizing and moving. The vocals are sometimes clearer, but always deep and particularly accurate. Cérès is a vehicle for emotion and power. We are caught up in the slower, heavier passages, while we feel drawn in by the more energetic ones. Thus, the last song of the evening starts off dynamically. Then, breaking down into several movements like a long classical piece, it reveals many other facets. Cérès’ compositions are complex and particularly well crafted. They seem to tell a story, with twists and turns, highlights, pauses, and softer passages… In short, this captivating concert confirms that we are completely won over by the band, who perform remarkably well live.
It’s definitely becoming impossible to ignore Parlor. We told you about their appearance just a few weeks earlier at High Voltage, and here we are back in front of them again. Arthur Leparc (vocals) is unleashed from the start of the set. His powerful voice and ultra-dynamic attitude immediately grab the audience. We’re hit hard by “Blind” right from the start. The band borrows quite a few elements from hardcore punk, especially at the beginning of the set. However, we note a much more complex rhythm section, provided by Guillaume Quincy (drums) and Boris Patchinsky (bass). Then, very quickly, with “In Charge,” we enter a totally post-metal/post-hardcore era. Yann Desti, on guitar, brings real contrasts, with riffs that are as powerful and violent as they are melodic and moving. The band released their latest album, Tears for Everything, on October 24th. This is obviously highlighted in the setlist. We are sometimes overwhelmed by the loud and heart-wrenching screams. The sounds sometimes become darker, as in “Conqueror” or “Tunnel.” The vocals sometimes fade into the background, thanks to masterful effects. The slower parts are just as powerful as the rhythmic passages. Soon, the stage can no longer contain Arthur’s energy, and he ends up in the audience. The set ends with “Bistropolis,” a composition that is as energetic as it is emotional, in a very high-quality post-hardcore style. Once again, Parlor knows how to win us over, and we happily let them!
It was finally time to see Point Mort again! Several years have passed since their last visit to Lille, but more importantly, they have a new album out, Le Point de non retour, released last April. With extremely elaborate staging, the Parisian band sets a serious tone from the very first seconds. All lined up and staring straight at the audience, you immediately sense that you are about to be eaten alive. An introduction bordering on trip hop left us feeling disoriented, but when Sam Pillay started screaming, we instantly understood that we weren’t there to mess around. Simon Belot on drums got the room rocking, sometimes accompanied by an electronic drum kit for a super-effective double effect. The set is incredibly powerful, especially with the two guitars, but the audience is still shy. Sam announces, “You are not allowed to move less than me, who has a broken ankle tonight.” And sure enough, the audience finally starts to move and heads begin to sway to the rhythm. We are huge fans of the Parisian band’s post-hardcore sound, which seems to push the boundaries of the genre by introducing sounds that are sometimes electronic, sometimes more sludgy. The band is full of energy despite the late hour, and a little elevator music announces the encore, giving the audience one last chance to party, which they do by starting a mini mosh pit during the final song, which tells us about love and the need to find ourselves. And it is to the soundtrack of “It’s Not Unusual” that we say goodbye and, above all, see you soon to Point Mort.
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