Célébrant à la fois le double album Tenace et leurs 30 ans de carrière, les poids lourds du metal français, Mass Hysteria, ont pris possession de l’Aéronef le 15 novembre pour y déverser toute leur rage. Face à une salle comble, ce sont les toulousains de Psykup, adeptes du metal expérimental, qui ont eu l’honneur d’ouvrir les hostilités et de chauffer un public lillois remonté à bloc.
Article par Victorien Fièvre
Photos par Zo’
English version below
Deux mois plus tôt, la date affichait déjà complet, signe de l’engouement que génère la formation, même trois décennies après sa création. Pour autant, le public s’avère très éclectique : on y retrouve des fans de la première heure, des adolescents, des jeunes adultes, des familles et même des enfants ! Avant de laisser place à la furia, Psykup entend bien démontrer tout son savoir-faire. Créé seulement deux ans après Mass Hysteria, le combo propose un metal expérimental… ou doit-on plutôt dire « Autruche-core » ? Soyons honnêtes, il est impossible d’y coller une étiquette… et c’est volontaire ! D’entrée de jeu, le quintet nous claque son ensorcelant “I Will Let You Down”. Sans conteste, le style tranche totalement avec le son de la tête d’affiche. Cependant, on remarque instantanément le professionnalisme et la technique irréprochable de la formation. À l’instar du premier morceau, la suite de la setlist se concentre principalement sur l’album The Joke of Tomorrow, sorti le 11 avril 2025. Les têtes commencent à se balancer tout doucement, mais on sent que les spectateurs ont besoin d’être bousculés pour être réveillés. Julien Cassarino (chant, guitare) ne compte pas en rester là et, d’un seul coup, initie un joli wall of death lors du classique “Love is Dead” (L’Ombre et la Proie, 2005). À partir de ce moment crucial, la fosse ne se refroidira pas, enchaînant frénétiquement les pogos sur “Your Vision” ou encore “Burn After Hearing”. Pris dans un élan de folie, le bassiste Julian Gretz s’est dépêché dans le pit pour quelques notes lors du morceau de clôture, “Teacher” (Le Temps de la réflexion, 2002). Une très bonne première partie, malgré un style musical unique en son genre qui en aura surpris plus d’un.
Trois ans et demi après leur dernier passage dans la capitale des Flandres, Mass Hysteria s’apprête à déchaîner une nouvelle fois sa furia devant des spectateurs parés à pogoter. Avant cela, on découvre deux imposantes lettres M et H disposées de part et d’autre de la scène, comme pour rappeler la place importante que le groupe occupe sur la scène metal française. Puis, soudainement, les lumières s’éteignent. Il est 21 h 15 : le quintette investit les lieux et lance d’emblée “Mass Veritas”, titre phare de Tenace, Pt.1 (2023), au riff lourd et aux paroles engagées. Dès les premiers mots, l’assemblée reprend ces dernières à l’unisson avec une force sans aucune mesure. En un clin d’œil, la fosse devient complètement folle ! Le leader breton Mouss Kelai et ses comparses, en grande forme, en rajoutent directement une couche avec les tubes “Positif à bloc” (L’Armée des ombres, 2012), “Vae soli !” (Matière noire, 2015) ou encore le révolté “Chiens de la casse”. Les metalleux sont en extase et il en sera de même tout au long du concert ! D’immenses pogos et circle pits vont alors s’enchaîner à un rythme endiablé durant les deux heures de show, tandis que d’autres s’adonneront au crowdsurfing. Le public lillois est certainement l’un des plus fous de France et il le prouve une nouvelle fois ce samedi 15 novembre 2025 ! À ce propos, le chanteur répétera à maintes reprises au cours de la soirée à quel point la formation est heureuse d’être présente sur les terres lilloises. Mouss insiste également sur le fait que Lille a toujours été là depuis le début du groupe, il y a 30 ans. À en voir l’accueil réservé aujourd’hui, il n’est pas étonnant que le quintet soit aussi enthousiaste de revenir dans le coin !
Même si l’ambiance est à la fiesta, un moment poignant se produit lors de “L’Enfer des dieux”. Ce morceau, servant d’hommage aux victimes du Bataclan dont Nath, avec qui ils étaient proches, prend une toute autre dimension lorsqu’on repense aux atrocités survenues il y a presque dix ans jour pour jour.
Pour autant, la fête n’est pas terminée et le groupe nous réserve encore de nombreuses chansons ainsi que quelques surprises… Puisque nous sommes là avant tout pour célébrer la vie, voilà que nous chantons pour souhaiter un joyeux anniversaire au batteur Raphaël Mercier, qui aura droit à un joli gâteau apporté sur scène. En complément, le vocaliste propose aux enfants présents dans la salle de monter sur scène et de danser sur l’emblématique “Furia” en compagnie d’Arnaud Dhenain, le chanteur de Black Bomb A. Pour clôturer ce moment de folie, rien de mieux que de provoquer ensuite deux énormes walls of death sur “Plus que du metal”… Les furieuses et furieux du Nord étaient clairement déchaînés !
Pendant presque deux heures, Mass Hysteria a rendu la pareille au fidèle public lillois en lui offrant un concert largement à la hauteur des attentes pour ses trente ans de carrière. En interaction constante avec les spectateurs et techniquement irréprochable, le quintet réaffirme sa place au sein du panthéon du metal français. Sublimée par une première partie de qualité orchestrée par Psykup, la soirée est un sans-faute ! Comme l’a si bien dit Mouss : s’il y a bien un endroit où il fallait être à Lille ce soir-là, c’était à l’Aéronef !
Un grand merci à Danièle pour les accréditations, à L’Aéronef et Veryshow pour l’organisation et à toute l’équipe pour l’accueil.
Celebrating both their double album Tenace and their 30-year career, French metal heavyweights Mass Hysteria took over L’Aéronef on November 15th to unleash their fury. In front of a packed house, Toulouse-based experimental metal band Psykup had the honour of opening the show and warming up the pumped-up Lille crowd.
Review by Victorien Fièvre
Pictures by Zo’
Two months earlier, the date was already sold out, a sign of the enthusiasm generated by the band, even three decades after its creation. However, the audience proved to be very eclectic: there were fans from the early days, teenagers, young adults, families and even children! Before giving way to the fury, Psykup was keen to demonstrate its expertise. Formed just two years after Mass Hysteria, the combo offers experimental metal… or should we say ‘Ostrich-core’? Let’s be honest, it’s impossible to label them… and that’s intentional! Right from the start, the quintet hits us with their spellbinding ‘I Will Let You Down’. Without question, their style is a complete departure from the headliner’s sound. However, the band’s professionalism and impeccable technique are instantly apparent. Like the first song, the rest of the setlist focuses mainly on the album The Joke of Tomorrow, released on April 11th 2025. Heads begin to sway gently, but you can sense that the audience needs a bit of a jolt to wake them up. Julien Cassarino (vocals, guitar) has no intention of leaving it at that and, suddenly, initiates a nice wall of death during the classic ‘Love is Dead’ (L’Ombre et la Proie, 2005). From that crucial moment on, the pit doesn’t cool down, frantically pogoing to ‘Your Vision’ and ‘Burn After Hearing’. Caught up in the madness, bassist Julian Gretz rushes into the pit for a few notes during the closing song, ‘Teacher’ (Le Temps de la réflexion, 2002). A very good opening act, despite a unique musical style that surprised more than a few people.
Three and a half years after their last visit to the capital of Flanders, Mass Hysteria is about to unleash its fury once again in front of an audience ready to pogo. Before that, we discover two imposing letters, M and H, placed on either side of the stage, as if to remind us of the important place the band occupies on the French metal scene. Then, suddenly, the lights go out. It’s 9:15 p.m.: the quintet takes to the stage and launches straight into ‘Mass Veritas’, the flagship track from Tenace, Pt.1 (2023), with its heavy riffs and politically charged lyrics. From the very first words, the audience sings along in unison with unbridled energy. In the blink of an eye, the pit goes completely wild! Breton frontman Mouss Kelai and his bandmates, in great form, immediately up the ante with the hits ‘Positif à bloc’ (L’Armée des ombres, 2012), ‘Vae soli!’ (Matière noire, 2015) and the rebellious ‘Chiens de la casse’. The metalheads are in ecstasy, and it will be the same throughout the concert! Huge pogos and circle pits follow one another at a frenzied pace during the two-hour show, while others indulge in crowdsurfing. The Lille audience is certainly one of the craziest in France, and they prove it once again on Saturday November 15th 2025! On this subject, the singer repeats several times during the evening how happy the band is to be in Lille. Mouss also emphasises that Lille has always been there since the band’s inception 30 years ago. Seeing the reception they receive today, it’s no wonder the quintet is so enthusiastic about returning to the area!
Even though the atmosphere is festive, there is a poignant moment during ‘L’Enfer des dieux’. This song, a tribute to the victims of the Bataclan, including Nath, who was close to them, takes on a whole new dimension when we think back to the atrocities that occurred almost ten years ago to the day.
However, the party is not over yet and the band still has many songs and a few surprises in store for us… Since we are here above all to celebrate life, we sing to wish drummer Raphaël Mercier a happy birthday, who is treated to a beautiful cake brought on stage. In addition, the vocalist invites the children in the audience to come up on stage and dance to the iconic ‘Furia’ with Arnaud Dhenain, the singer of Black Bomb A. To close this moment of madness, what better way than to provoke two huge walls of death on ‘Plus que du metal’… The furious fans from the North were clearly unleashed!
For almost two hours, Mass Hysteria returned the favour to their loyal Lille audience by delivering a concert that more than lived up to expectations for their thirty-year career. In constant interaction with the audience and technically flawless, the quintet reaffirmed their place in the pantheon of French metal. Enhanced by a high-quality opening act orchestrated by Psykup, the evening was flawless! As Mouss so aptly put it: if there was one place to be in Lille that night, it was at L’Aéronef!






































