#Live : Leprous + Gate + Royal Sorrow @ Trix, Anvers – 20/11/2025

Il est de ces tournées qui nous donne envie de se bouger. Et c’était le cas le 20 novembre avec les passage de Leprous à Anvers. Le groupe norvégien de métal progressif était accompagné de ses compatriotes de Gåte et des finlandais de Royal Sorrow, pour une riche soirée que l’on n’est pas prêts d’oublier ! 

Report par Mégane Canis

English version below


A notre grand désarroi, la circulation Gantoise puis Anversoise nous fait rater une partie de Royal Sorrow, malgré une anticipation de notre part… Nous ne sommes pas les seuls, puisque le public arrive progressivement dans la salle au cours du set. A l’avant, le public est déjà grandement participatif. Markus Hentunen (chant, guitare) a un charisme qui attire le regard. Il bouge avec aisance et personnalité sur scène, et théâtralise ses solos de guitare. Le groupe propose un métal progressif avec, sur scène, un côté démonstratif qui peut nous faire penser au power métal. Les rythmiques travaillées nous rappellent toutefois pourquoi le groupe est là ce soir : ouvrir pour Leprous. Il nous assène donc un avant gout de ce métal progressif complexe avec “Metrograve”. Le groupe nous présente Innerdeeps, album sorti en septembre. Et comme l’avait pressenti Victor sur sa chronique, il y a bien quatre musiciens sur scène, afin de retranscrire au mieux toutes les sonorités présentes sur l’opus. On termine la prestation avec “Innerdeeps” qui nous permet de mesurer à quel point la formation peut avoir un son massif. Le titre démarre doucement et ne fait que monter pour finir sur quelque chose de très puissant. Une très belle prestation donc pour Royal Sorrow, avec la déception de n’en avoir eu qu’un aperçu.. Mais ce n’est que partie remise ! 

On continue avec Gåte . Le groupe a énormément évolué depuis sa formation, avec des arrêts et des reprises. Il a notamment participé à l’Eurovision en 2024. Pour notre part, on découvre ce soir le groupe. En introduction, une voix ancestrale qui nous évoque Heilung ou Wardruna prend place. Un petit côté électro arrive en fond. La scène est quasiment plongée dans le noir, avec uniquement Gunnhild Sundli (chant) éclairée. Puis la lumière va progressivement rayonner, au fur et à mesure que la grosse caisse de Jon Even Schärer prend en résonance, venant s’ajouter aux basses électro. Puis l’ensemble du groupe prend place et vient nous saisir par une musique aussi puissante qu’originale. Entre le folk norvégien, l’électro, la pop, le metal… Un joli melting pot s’offre à nous. Gåte nous propose des instruments peu courants comme la moraharpa, à laquelle nos yeux et nos oreilles sont peu confrontés. Cela apporte des sonorités uniques aux compositions. Visuellement, la scénographie est également travaillée et instaure cette ambiance folklorique qui colle parfaitement. La voix est d’une puissance rarement atteinte, avec une justesse qui nous épate. Gåte est venu nous apporter un peu de magie nordique et on y adhère totalement. Les sonorités se font parfois un peu plus massives, avec une belle présence des basses. La salle ne fait que se remplir. Gunnhild Sundli se met au violon pour toujours plus de frissons. Magnus Børmark nous offre un solo de guitare qui braque les projecteurs sur lui, avant un passage presque psychédélique. La formation se lance ensuite dans un titre dédié aux gens qui ne sont plus là mais qu’on aime. Il se fait alors doux, plein d’émotions. Gunnhild entame alors une danse envoûtante, dans laquelle le corps est un outil de langage, parfois plus puissant que les mots. Elle atteint parfois des hauteurs de notes incroyables. Le groupe reprend le côté électro et très rythmé en fin de set, faisant également participer le public, pour un final très dynamique et festif. Gåte  a su nous montrer une belle palette de leurs possibilités. La différence, parfois très forte, d’ambiance entre leurs titres nous perd parfois un peu, notamment sur un set assez court. Toutefois on a hâte de découvrir les prochaines sorties du groupe, et on espère les voir un jour en tête d’affiche pour profiter davantage de leurs compositions. 

Arrive enfin le moment tant attendu de Leprous. Pour ma part, le dernier concert du groupe auquel j’ai assisté était celui de Lille en 2023, avec un Einar Solberg malade et une voix altérée. On commence tranquillement avec “Silently Walking Alone” qui va très rapidement venir nous percuter. La voix de Einar Solberg est d’une beauté inégalable. Toute la soirée il va enchaîner les notes improbables avec une facilité déconcertante, maintenant une parfaite justesse même lorsqu’il arpente sportivement la scène. Les musiciens suivent les mouvements des rythmes d’une complexité pourtant folle. On salue le travail remarquable de Baard Kolstad à la batterie, qui nous épate. Les mesures changent sans cesse, les notes sont placées sur des contretemps oufissimes, avec une précision qui est au-delà de métronomique. Et alors qu’au bout du premier titre nous avons déjà embarqué, Leprous nous assène un “Illuminate” qui vient nous prendre aux tripes avec force. Les claviers prennent une place de choix dans la prestation. Einar y passe par moments pour ajouter encore plus d’émotions. Les guitares sont elles aussi vectrices de sonorités complexes et époustouflantes. Le groupe met cette maîtrise technique au service de l’émotion et de l’authenticité, bien loin de la seule performance. On est totalement absorbé par la prestation. Fait assez rare, le groupe modifie sa setlist à chaque concert. On assiste évidemment aux classiques comme “Alleviate” ou “Bellow”. Avec l’enchaînement de ces deux tubes, on ne peut que se dire que, lorsque Sounding Shivers cherche les frissons, Leprous nous offre le Graal. On ne sait pas comment c’est possible, mais Einar nous semble même parfois plus juste qu’en studio…sur des notes d’une hauteur et d’une tenue dont lui seul a le secret. Il nous gratifie d’un cri grave, profond, notamment dans “Like a Sunken Ship”. Sa tessiture est d’une largesse qui semble sans limite. Et que dire de la reprise parfaite de “Take on Me” de A-ha… Le groupe nous surprend avec “At The Bottom”, titre joué moins d’une dizaine de fois dans leur carrière. Ce genre de surprise est rare, les setlist suivant généralement une tournée entière. Ici, la formation maitrise toutes ses compositions et semble s’amuser avec sur scène. Einar nous rappelle que leur premier show ici était en 2010 et enchaîne avec “Forced Entry” pour l’occasion. Ce titre plus vieux propose une rythmique un peu moins complexe que les autres, ce qui permet de constater la riche évolution du groupe. Alors que le concert touche tout doucement à sa fin, Leprous nous offre un moment suspendu avec “Casteway Angels”. Ce titre est un crescendo géant qui termine en apothéose et enchaîne sur “From the Flame”, beaucoup plus dynamique. On termine avec “Atonement” et sa rythmique déchainée, avant de conclure sur l’outro à l’ambiance parfois un peu mystérieuse de “The Sky is Red”. Au total, la formation a asséné ses tubes durant pas moins de 1h45. La soirée était clairement inratable ! 

Le plateau que proposait le Trix nous a emmené dans des contrées différentes et qui pourtant gardait une belle cohérence. La prestation de Leprous était tout simplement époustouflante, avec une précision aussi bien rythmique que vocale qui dépasse la perfection. Ce moment a été rendu unique par une setlist modifiée chaque jour. Leprous au Trix, c’était immanquable ! 


There are some tours that make us want to get moving. And that was the case on 20 November with Leprous’s visit to Antwerp. The Norwegian progressive metal band was accompanied by their compatriots Gåte and the Finnish band Royal Sorrow for a rich evening that we won’t forget anytime soon!

Review by Mégane Canis

To our great dismay, traffic in Ghent and then Antwerp meant we missed part of Royal Sorrow‘s set, despite our best efforts to arrive early… We weren’t the only ones, as the audience gradually filled the venue during the set. At the front, the audience is already very engaged. Markus Hentunen (vocals, guitar) has an eye-catching charisma. He moves with ease and personality on stage, and dramatises his guitar solos. The band offers progressive metal with a demonstrative side on stage that reminds us of power metal. However, the intricate rhythms remind us why the band is here tonight: to open for Leprous. They give us a taste of their complex progressive metal with ‘Metrograve’. The band presents Innerdeeps, an album released in September. And as Victor predicted in his review, there are four musicians on stage, in order to best reproduce all the sounds present on the album. The performance ends with ‘Innerdeeps’, which allows us to appreciate just how massive the band’s sound can be. The track starts slowly and builds to a very powerful finish. A very fine performance from Royal Sorrow, although it is a shame that we only got a glimpse of what they can do. But there’s always next time!

Royal Sorrow Setlist Trix Zaal, Borgerhout, Belgium 2025

We continue with Gåte. The band has evolved considerably since its formation, with breaks and comebacks. Notably, they participated in Eurovision in 2024. For our part, we are discovering the band tonight. As an introduction, an ancestral voice reminiscent of Heilung or Wardruna takes centre stage. A slight electro vibe comes through in the background. The stage is almost completely dark, with only Gunnhild Sundli (vocals) illuminated. Then the light gradually spreads as Jon Even Schärer‘s bass drum resonates, adding to the electro bass. Then the whole band takes their places and captivates us with music that is as powerful as it is original. Between Norwegian folk, electro, pop, metal… We are treated to a beautiful melting pot. Gåte uses unusual instruments such as the moraharpa, which our eyes and ears are rarely exposed to. This brings unique sounds to the compositions. Visually, the stage design is also well crafted and creates a folkloric atmosphere that fits perfectly. The vocals are of a power rarely achieved, with a precision that amazes us. Gåte has come to bring us a little Nordic magic, and we are totally hooked. The sounds are sometimes a little more massive, with a beautiful bass presence. The venue is filling up. Gunnhild Sundli takes up the violin for even more thrills. Magnus Børmark treats us to a guitar solo that puts him in the spotlight, before an almost psychedelic passage. The band then launches into a song dedicated to people who are no longer with us but whom we love. It is gentle, full of emotion. Gunnhild then begins a spellbinding dance, in which the body is a tool of language, sometimes more powerful than words. She sometimes reaches incredible heights. The band returns to its electro and very rhythmic side at the end of the set, getting the audience involved for a very dynamic and festive finale. Gåte has shown us a beautiful range of their possibilities. The sometimes stark difference in atmosphere between their songs can be a little confusing at times, especially on a fairly short set. However, we can’t wait to discover the band’s next releases, and we hope to see them headline one day so we can enjoy their compositions even more.

Finally, the long-awaited moment for Leprous arrives. For me, the last concert I attended by this band was in Lille in 2023, with Einar Solberg ill and his voice altered. They start quietly with ‘Silently Walking Alone’, which very quickly hits us with full force. Einar Solberg‘s voice is unrivalled in its beauty. Throughout the evening, he strings together improbable notes with disconcerting ease, maintaining perfect pitch even as he energetically paces the stage. The musicians follow the movements of the wildly complex rhythms. We salute the remarkable work of Baard Kolstad on the drums, who amazes us. The measures change constantly, the notes are placed on incredible offbeats, with a precision that is beyond metronomic. And while we are already hooked at the end of the first track, Leprous hits us with ‘Illuminate’, which grabs us by the gut with force. The keyboards take pride of place in the performance. Einar joins in at times to add even more emotion. The guitars also convey complex and breathtaking sounds. The band puts this technical mastery at the service of emotion and authenticity, far beyond mere performance. We are completely absorbed by the performance. Unusually, the band changes its setlist for each concert. Of course, we hear classics such as « Alleviate » and « Bellow ». With these two hits in quick succession, we can only conclude that when Sounding Shivers seeks thrills, Leprous offers us the Holy Grail. We don’t know how it’s possible, but Einar sometimes seems even more accurate than in the studio… with notes of a pitch and sustain that only he knows the secret to. He treats us to a deep, low cry, particularly in ‘Like a Sunken Ship’. His vocal range is seemingly limitless. And what can we say about the perfect cover of A-ha‘s ‘Take on Me’… The band surprises us with ‘At The Bottom’, a track they have played less than ten times in their career. This kind of surprise is rare, as setlists usually follow an entire tour. Here, the band masters all their compositions and seems to be having fun with them on stage. Einar reminds us that their first show here was in 2010 and follows up with ‘Forced Entry’ for the occasion. This older track has a slightly less complex rhythm than the others, allowing us to appreciate the band’s rich evolution. As the concert slowly draws to a close, Leprous offers us a moment of suspension with ‘Casteway Angels’. This track is a giant crescendo that ends in a grand finale and segues into the much more dynamic ‘From the Flame’. We finish with ‘Atonement’ and its wild rhythm, before concluding with the sometimes slightly mysterious outro of ‘The Sky is Red’. In total, the band played their hits for no less than 1 hour and 45 minutes. The evening was clearly unmissable!

The line-up at the Trix took us to different places, yet remained beautifully coherent. Leprous‘ performance was simply breathtaking, with rhythmic and vocal precision that surpassed perfection. This moment was made unique by a setlist that changed every day. Leprous at the Trix was unmissable!

Leprous Setlist Trix Zaal, Borgerhout, Belgium, Melodies of Atonement European Tour 2025
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