#Live : Cachemire + Casablanca Drivers + Skinny Bambies @ The Black Lab, Wasquehal – 26/11/2025

Le festival Le Père Noël est-il un rockeur? reprenait du service en cette fin novembre. Nous nous sommes rendus à leur soirée Rock, le 26 novembre dernier. L’évènement avait lieu au Black Lab et rassemblait groupe local avec Skinny Bambies en ouverture, découverte plus lointaine avec les corses de Casablanca Drivers et grosse tête d’affiche avec les excellents Cachemire. Le festival est un événement caritatif qui permet d’offrir un jouet à un enfant pour chaque place achetée. 

Report par Mégane Canis

Photos par Marye DAVENNE

English version below


Malgré la présence de trois groupes, le concert démarre assez tard. Les Valenciennois de Skinny Bambies ouvrent le bal. Le groupe a une scénographie originale et marquante, avec une télé à tube cathodique et un masque de biche psychédélique. Le bassiste, Benjamin, chauffe le public de manière efficace et particulièrement décomplexée. La formation propose un rock parfois chill, parfois très anglo-saxon, trouvant parfois une ambiance psychédélique. La basse peut se faire bien présente, et un côté old school voire hard rock peut parfois émaner des compositions. Le groupe occupe la scène de manière efficace. Les lumières suivent les titres comme “Sexual Feeling”, s’éclairant alors en rose. Benjamin finit dans la fosse qu’il arpente longuement, pendant que le groupe fait durer l’intro. De manière générale, Skinny Bambies a proposé une belle ouverture. Si la scénographie a déjà une belle identité, les compositions sont encore assez éclectiques. On sent qu’on reverra le groupe dans les diverses petites salles de la région ! 

On continue avec Casablanca Drivers. De notre côté, on découvre le groupe. Le son est propre et les corses mettent directement l’ambiance. On sent une vraie habitude de la scène de la part du groupe qui déjà tourné un peu partout. Les basses sont puissantes. Les claviers sont la partie centrale des compositions. La voix a un petit côté desert rock qui attise notre curiosité. Puis les sonorités se font de plus en plus électroniques. Ce côté électro est de plus en plus assumé. Le public, en partie très jeune, s’ambiance sur les compositions. On entre progressivement dans quelque chose de plus en plus mixé, malgré la présence d’une guitare de manière régulière. La basse est également mise en avant lors d’un passage marquant avant que l’électro ne reprenne totalement ses droits. La proposition est très bonne, Casablanca Drivers offre un set d’une grande qualité. Toutefois, on se perd un peu dans cette soirée rock, d’autant plus que le festival propose également une soirée tech. La salle se transforme d’ailleurs en dance floor sur la fin du set. Alors on espère revoir Casablanca Drivers, mais dans un moment plus propice à profiter de leurs sonorités riches. 

On passe enfin à Cachemire. On attend avec hâte de revoir leur groupe depuis leur passage aux Chariots Furieux et leur album sorti il y a quelques mois. Après une introduction sur fond de musique classique, le groupe arrive sur scène, tout de blanc vêtu. Les hommes sont en jupe tandis que la seule femme du groupe est en pantalon, Cachemire aimant renverser les codes. Le son est massif et nous permet de profiter pleinement des compositions du groupe. On démarre fort avec “Moi, être roi”, véritable hymne contre les puissants. La fosse danse instantanément. On enchaîne avec “Je”, avant de passer à pléthores de titres de SUFFIT JUSTE D’UNE SECONDE, opus sorti en octobre dernier. Celui-ci fait partie de nos favoris de l’année. “Ma gueule” lance rapidement un pogo hyper festif et défouloir, qui colle parfaitement au titre. Alice Animal (guitare) pose des choeurs hauts perchés aux compositions. Cachemire c’est une réelle expérience live. FredBastar (chant, guitare) a un charisme impressionnant. Il captive les foules. Farid (batterie) est caché derrière le triangle lumineux géant. Il assure une rythmique parfaite et puissante. Le rock de la formation est incroyablement dynamique. “SUIS-MOI” donne envie de partir sans plus aucune contrainte. Il est difficile à dire ce que me procure la version live de “PIED AU PLANCHER”. Cette composition est d’une force insaisissable et me prend totalement aux tripes. Et alors que les émotions nous traversent, la reprise de “La nuit je mens” de Alain Bashung continue de nous plonger dans cette ambiance. Cachemire propose très certainement la meilleure reprise de ce titre, pourtant souvent réinterprété par les groupes. “Seul” est également très émouvant. Le chant se fait plus grave et parfois un peu éraillée, aussi juste que fragile. Ce moment est d’une grande authenticité. “Mouscash”, qui raille les dérives des influenceurs, remet une ambiance très festive dans la salle. Le groupe a des titres aussi émouvants que engagés, à l’instar de “Adam”, évoquant la transidentité. C’est sûrement un des titres les plus forts de la discographie de la formation. “Rouge” vient élargir le pogo. On termine de manière magistrale avec “Chanson pour sépultures”. Cette composition se veut une chanson d’enterrement festif et est particulièrement réussie.

 

Encore une fois, on a passé un moment incroyable avec Cachemire. Le groupe sera à La Cigale (Paris) le 31 janvier prochain, et on peut vous assurer qu’on y sera également ! Comme à chaque fois qu’on les voit, on se dit qu’on devra compter avec eux dans le paysage du rock français, et qu’ils ne feront que grossir. La formation nous a permis de passer un moment rock et festif, tout ce qu’on attendait de cette soirée. Niveau organisation, certains petits détails auraient pu être améliorés (food truck non annoncé et qui ouvre tardivement avec des prix assez élevés, horaires non communiquées et très juste pour aller chercher le dernier métro, temps morts en début de soirée…). Toutefois l’ensemble reste une très bonne initiative, et un événement incontournable de la région, qui aurait sûrement mérité une communication plus efficace. 

Un grand merci à l’équipe du festival pour les accréditations et pour l’organisation de cette soirée ainsi qu’à toute l’équipe du Black Lab pour l’accueil.


The festival Le Père Noël est-il un rockeur? returned at the end of November. We attended their Rock evening on 26 November. The event took place at the Black Lab and brought together local bands, with Skinny Bambies opening, a more distant discovery with the Corsicans Casablanca Drivers, and the excellent Cachemire as the main act. The festival is a charity event that donates a toy to a child for every ticket purchased.

Report by Mégane Canis

Photos by Marye DAVENNE

Despite the presence of three bands, the concert starts quite late. Skinny Bambies from Valenciennes kick things off. The band has an original and striking stage design, featuring a cathode ray tube television and a psychedelic deer mask. Bassist Benjamin warms up the audience effectively and with particular confidence. The band plays rock that is sometimes chill, sometimes very Anglo-Saxon, and sometimes psychedelic. The bass can be very present, and an old school or even hard rock vibe can sometimes emanate from the compositions. The band occupies the stage effectively. The lights follow songs like ‘Sexual Feeling’, lighting up in pink. Benjamin ends up in the pit, which he paces around for a long time, while the band prolongs the intro. Overall, Skinny Bambies offered a great opening act. While the stage design already has a strong identity, the compositions are still quite eclectic. We have a feeling we’ll be seeing this band again in various small venues in the region!

We continue with Casablanca Drivers. We are discovering the band for the first time. The sound is clean and the Corsicans immediately set the mood. You can tell that the band is very experienced on stage, having already toured extensively. The bass is powerful. Keyboards are central to the compositions. The vocals have a slight desert rock feel that piques our curiosity. Then the sounds become more and more electronic. This electro side is increasingly assertive. The audience, some of whom are very young, get into the mood with the compositions. We gradually enter into something more and more mixed, despite the regular presence of a guitar. The bass is also brought to the fore during a striking passage before the electro takes over completely. The performance is very good, with Casablanca Drivers delivering a high-quality set. However, we feel a little lost in this rock evening, especially as the festival also offers a tech evening. The venue is transformed into a dance floor at the end of the set. So we hope to see Casablanca Drivers again, but at a more appropriate time to enjoy their rich sounds.

Finally, it’s time for Cachemire. We can’t wait to see them again since their appearance at Chariots Furieux and the release of their album a few months ago. After an introduction accompanied by classical music, the band arrives on stage, dressed entirely in white. The men are wearing skirts, while the only woman in the band is wearing trousers, as Cachemire likes to break with convention. The sound is massive, allowing us to fully enjoy the band’s compositions. They start off strong with ‘Moi, être roi’, a veritable anthem against the powerful. The crowd instantly starts dancing. They follow up with ‘Je’, before moving on to a plethora of tracks from SUFFIT JUSTE D’UNE SECONDE, an album released last October. This is one of our favourites of the year. ‘Ma Gueule’ quickly launches into a hyper-festive, cathartic pogo, which fits the title perfectly. Alice Animal (guitar) provides high-pitched backing vocals to the compositions. Cachemire is a real live experience. FredBastar (vocals, guitar) has impressive charisma. He captivates the crowds. Farid (drums) is hidden behind the giant luminous triangle. He provides perfect and powerful rhythms. The band’s rock is incredibly dynamic. ‘SUIS-MOI’ makes you want to leave without any constraints. It’s hard to put into words what the live version of ‘PIED AU PLANCHER’ does for me. This composition has an elusive power that really gets to me. And as the emotions wash over us, the cover of Alain Bashung’s ‘La nuit je mens’ continues to immerse us in this atmosphere. Cachemire undoubtedly offers the best cover of this song, which has been reinterpreted many times by other bands. ‘Seul’ is also very moving. The vocals are deeper and sometimes a little raspy, as accurate as they are fragile. This moment is very authentic. “Mouscash”, which mocks the excesses of influencers, brings a very festive atmosphere back to the room. The band has songs that are as moving as they are committed, such as ‘Adam’, which evokes trans identity. It is surely one of the strongest tracks in the band’s discography. ‘Rouge’ gets the crowd pogoing even more. The show ends magnificently with ‘Chanson pour sépultures’. This composition is intended to be a festive funeral song and is particularly successful.

Cachemire Setlist The Black Lab, Wasquehal, France 2025

Once again, we had an incredible time with Cachemire. The band will be at La Cigale (Paris) on January 31st, and we can assure you that we’ll be there too! Every time we see them, we tell ourselves that they’re a force to be reckoned with on the French rock scene, and that they’re only going to get bigger. The band gave us a rocking, festive time, which was exactly what we wanted from the evening. In terms of organisation, some small details could have been improved (unannounced food truck that opened late with fairly high prices, schedules not communicated and very tight for catching the last underground, downtime at the beginning of the evening, etc.). However, overall it was a very good initiative and an unmissable event in the region, which would certainly have deserved more effective communication.

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