En cette fin d’année les excellents La Faiblesse se sont mués en Père Noël en nous offrant leur nouvel opus, Un jour après l’autre. Sorti via Twenty Something notamment, ces dix nouveaux titres nous embarquent un peu plus dans l’univers unique de la formation parisienne. Un album à écouter roulé dans un plaid, à l’abri des assauts de l’hiver !
par Mégane Canis
English version below
D’entrée de jeu, le post rock de “La chute” vient nous bousculer avec ses riffs puissants et lourds. Puis les voix de Christelle et Paul viennent se mêler, avec force et fracas. L’émotion nous envahit instantanément. Telle une tornade, ce titre nous embarque, rapide, efficace. Nous sommes comme plongés dans l’univers de la formation qui peut alors dérouler son torrent d’émotions profondes avec “Avant la fin”. Âmes sensibles, préparez-vous, ce titre est tout simplement bouleversant. Venant du plus profond des douleurs de l’être humain, il ne laisse clairement pas indifférent, et vient faire résonner une corde particulièrement sensible, bien enfouie. Christelle y dévoile une voix douce et mélancolique tandis que Paul y hurle toute la souffrance possible. “Se lover dans l’ombre” est un joli prolongement de ce sentiment de profonde mélancolie. A l’arrière, les riffs lourds et puissants viennent nous bousculer, tandis que la batterie d’Eléonore vient appuyer ce côté lancinant, grave.
On reste dans le thème des ombres et de l’obscurité avec “Dans la nuit”, qui joue ici sur les contrastes de nuances. En effet, le titre se veut parfois doux, enveloppant, puis devient d’un coup percutant, fort. Les émotions sont toujours décuplées par ce procédé qui colle totalement à l’ADN de La Faiblesse.
“Partir” est une composition un peu différente, tout en restant dans l’univers du groupe. En effet, le travail sur les riffs est un peu différent, avec une présence plus forte, notamment sur le début et la fin du titre, et une mélodie parfois plus saccadée. On retrouve néanmoins vite la voix, telle une complainte, de Paul qui vient nous hurler tous les tourments de l’âme. A sa suite, on retrouve un autre titre original, qui vient nous surprendre : “Seul”. Ici le groupe invite The Slow Death pour poser une voix très grave, profonde et chantée, qui pourrait faire penser à celle de Forest Pooky dans l’esprit. Double particularité donc puisque ce chant se fait en anglais.
On revient dans une forte mélancolie avec “Croire en demain”, qui, malgré son titre évoquant une sorte d’espoir, est lui aussi d’une nature pessimiste et particulièrement autour de la souffrance. Toutefois la mélodie se fait ici un peu plus claire, contrastée par une deuxième guitare plus sombre. “Au delà du mal” intègre un passage du monologue de Vanessa Paradis dans La Fille du Pont, remis à la sauce La Faiblesse en remplaçant Limoges par Amiens. Ce passage, parlé, sur un fond de musique qui n’est là que pour servir le texte au mieux, est une nouvelle façon pour la formation de venir nous saisir sur le versant des émotions. L’interaction des sonorités des guitares de Nathan et de Paul apporte un contraste équilibré, véritable jeu de funambule. Il s’agit d’ailleurs du nom du dernier titre, évoquant l’équilibre instable que peut être la vie, qui ne tient parfois pas à grand-chose.
On se souvient du passage de La Faiblesse à Arc-en-Musique en 2024 qui avait été tout simplement bouleversant, le groupe ayant créé une sorte de bulle intemporelle autour de leur concert. Avec la sortie de Un jour après l’autre, la formation a clairement de la matière pour recréer ce genre de moments suspendus. Le travail autour des textes, des mélodies, des riffs, des rythmiques est incroyable. La sincérité et l’authenticité qui se dégagent des compositions est une d’une beauté rarement égalée.
Le groupe sera de passage à Lille le 30 janvier prochain, au Monkey Bar, ainsi qu’à Amiens à la Taverne Elektrik le 31 janvier.

Tracklist :
01 : La chute
02 : Avant la fin
03 : Se lover dans l’ombre
04 : Dans la nuit
05 : Partir
06 : Seul
07 : Croire à demain
08 : Un jour après l’autre
09 : Au delà du mal
10 : funambule
As the year draws to a close, the excellent La Faiblesse have transformed themselves into Father Christmas by offering us their new opus, Un jour après l’autre. Released via Twenty Something, these ten new tracks take us a little further into the unique universe of the Parisian band. An album to listen to wrapped up in a blanket, sheltered from the winter weather!
by Mégane Canis
Right from the start, the post-rock of ‘La chute’ jolts us with its powerful, heavy riffs. Then Christelle and Paul’s voices come together with force and fury. We are instantly overcome with emotion. Like a tornado, this track sweeps us away, fast and effective. We are plunged into the band’s universe, which then unleashes a torrent of deep emotions with ‘Avant la fin’. Sensitive souls, be prepared, this track is simply overwhelming. Coming from the depths of human pain, it clearly leaves no one indifferent, striking a particularly sensitive, well-buried chord. Christelle reveals a soft and melancholic voice, while Paul screams out all the suffering he can muster. ‘Se lover dans l’ombre’ is a beautiful extension of this feeling of deep melancholy. In the background, heavy and powerful riffs shake us up, while Eléonore‘s drums reinforce this haunting, serious side.
We stay with the theme of shadows and darkness with ‘Dans la nuit’, which plays on contrasting nuances. The track is sometimes soft and enveloping, then suddenly becomes powerful and forceful. Emotions are always heightened by this technique, which is totally in keeping with La Faiblesse’s DNA.
‘Partir’ is a slightly different composition, while still remaining within the band’s universe. The riffs are a little different, with a stronger presence, particularly at the beginning and end of the track, and a melody that is sometimes more jerky. Nevertheless, we quickly return to Paul’s voice, like a lament, screaming out all the torments of the soul. This is followed by another original track that takes us by surprise: ‘Seul’. Here, the band invites The Slow Death to provide a very deep, low singing voice, reminiscent of Forest Pooky. This is doubly unusual as the vocals are in English.
We return to a strong sense of melancholy with ‘Croire en demain’, which, despite its title evoking a kind of hope, is also pessimistic in nature and particularly focused on suffering. However, the melody here is a little clearer, contrasted by a darker second guitar. ‘Au delà du mal’ incorporates a passage from Vanessa Paradis‘ monologue in La Fille du Pont, reworked in La Faiblesse style by replacing Limoges with Amiens. This spoken passage, set to music that serves only to enhance the text, is a new way for the band to grab us on an emotional level. The interaction between Nathan and Paul’s guitars provides a balanced contrast, a real balancing act. This is also the name of the last track, evoking the unstable balance that life can be, which sometimes hangs by a thread.
We remember La Faiblesse‘s performance at Arc-en-Musique in 2024, which was simply overwhelming, with the band creating a kind of timeless bubble around their concert. With the release of Un jour après l’autre, the band clearly has what it takes to recreate these kinds of suspended moments. The work on the lyrics, melodies, riffs and rhythms is incredible. The sincerity and authenticity that emanate from the compositions are of a beauty rarely equalled.
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