#Artist : Interview Split Chain

Entre gratitude, authenticité et ambition, Split Chain vit une année charnière. Portés par la sortie de leur premier album MotionBlur en juillet, les Britanniques enchaînent les tournées aux côtés de poids lourds comme Landmvrks, Underoath ou Counterparts, et s’apprêtent à conquérir les États-Unis avec The Devil Wears Prada. Nous avons rencontré Tom Davies, bassiste du groupe à l’Aéronef en décembre dernier. Pour nous, il revient sur l’expérience de jouer dans des salles immenses, l’impact de cette dynamique sur leur évolution personnelle et artistique, et la manière dont ils défendent une musique brute, honnête et résolument tournée vers l’émotion
Interview par  Zo et Marye

Crédit photo de couverture : Zo

English version below


Marye : Vous êtes actuellement en tournée avec Landmvrks, comment ça se passe jusqu’à présent ?

Tom : C’est vraiment incroyable. Quand on a reçu l’offre, on ne savait pas trop si on allait bien s’intégrer dans l’affiche, parce qu’il y a Landmvrks, qui est énorme, Underoath, qui est un groupe légendaire, Pain Of Truth qui sont géniaux, et puis il n’y a que nous. On s’est dit, je ne sais pas, ça fait un peu bizarre, un peu aléatoire, mais ça va très bien se passer, c’est vraiment génial. Tous les concerts ont été super cool. C’est cool de repartir en tournée en Europe avec un groupe aussi génial, et oui, les concerts ont été super.

Marye : Et dans des salles aussi grandes.

Tom : Oh mon Dieu, oui. Je n’ai même pas parlé de la taille des scènes et des salles. On a joué dans une salle, je crois que c’était à Munich avant-hier. J’avais tellement peur. J’étais mort de trouille. Mais oui, ça a été un nouveau pas en avant pour nous, mais ça a été vraiment incroyable. On est évidemment super reconnaissants de faire partie d’un groupe aussi génial.

Zoé : Et tu penses que cette tournée aide Motionblur à toucher un nouveau public ?

Tom : Oui, à 100 %. Je pense qu’il y a beaucoup de gens ici qui ne nous connaissent pas ou qui n’ont certainement jamais entendu parler de nous auparavant. Nous avons des fans en Europe continentale, mais généralement, c’est plutôt au Royaume-Uni et aux États-Unis. Donc, le fait de pouvoir venir ici avec la musique de l’album, vous voyez, après les concerts, des gens viennent nous voir au stand de merchandising et nous disent : « On n’avait jamais entendu parler de vous, mais est-ce qu’on peut acheter un CD ou un vinyle ? » Donc ça marche vraiment et c’est très excitant.

Marye : L’album est sorti en juillet. Quand tu repenses à ces derniers mois, maintenant que vous êtes vraiment en tournée pour présenter cet album, comment vois-tu les choses ?

Tom : J’adore ça. Je trouve ça génial de pouvoir le faire, parce qu’avant la sortie de l’album, nous avions quoi, 7 ou 8 chansons maximum, donc nous ne pouvions jouer que ces chansons en tournée. Maintenant, c’est cool parce qu’on a toutes ces autres chansons de l’album parmi lesquelles choisir. On peut essayer de construire des setlists en fonction de ce qu’on pense qui va marcher pour la tournée sur laquelle on est à ce moment-là. Et on peut simplement construire ça autour des chansons qu’on aime jouer et avec lesquelles on s’amuse aussi. Donc oui, c’est vraiment très agréable de pouvoir compter sur un album comme celui-là dans notre répertoire. Ça rend les choses plus légitimes, tu vois, légitimes à mes yeux. Donc oui, c’est vraiment cool.

Zoé : Et as-tu une chanson préférée que tu joues en live ?

Tom : La mienne, c’est « Who Am I ». C’est ma chanson préférée.

Zoé : Oh, je comprends, j’adore cette chanson.

Tom : C’est ma chanson préférée de l’album et celle que je préfère jouer en live. Quand on la joue en live, on a l’impression que parmi toutes ces chansons plus lentes et plus lourdes, celle-là est juste fun, up-tempo. C’est sympa de pouvoir danser dessus.

Zoé : L’album est brut et émotionnellement direct. Quelle importance ont eu cette honnêteté et peut-être même ce malaise dans l’écriture de cet album ?

Tom : C’était vraiment inconfortable parce qu’il y avait beaucoup de pression. Mais en termes de franchise, je pense que c’est quelque chose que nous avons toujours très bien su faire. En tant que groupe, nous sommes francs dans ce que nous essayons de dire. Nous aimons penser que nous sommes assez authentiques en tant que personnes et dans la musique que nous produisons. C’est une musique qui nous permet de dire ce que nous voulons dire. Et c’est aussi une très belle catharsis. Donc, vous savez, quand vous écrivez votre musique comme ça, non seulement vous exprimez les sentiments que vous avez à ce moment-là, mais en même temps, vous découvrez de nouveaux sentiments et vous êtes capable de les transformer en quelque chose de positif. Quelque chose de négatif s’est produit récemment et nous écrivons de la musique. Il est très facile de faire le lien et de partir de là. Donc, oui, ça a toujours été super important pour nous d’être aussi authentiques que possible. Pour ça, on fait de notre mieux pour montrer exactement ce qu’on ressent et être directs. Et je ne sais pas, utiliser trop de métaphores et tout ça, c’est un peu la clé pour nous tous.

Marye : Donc quand les gens écoutent votre album, vous voulez vraiment qu’ils ressentent l’authenticité ?

Tom : Oui.

Marye : Mais y a-t-il une émotion ou quelque chose que vous voulez vraiment que les gens ressentent et qui les fasse réagir ?

Tom : Ce n’est pas vraiment une émotion. Je pense que c’est plutôt, ça va sembler un peu ringard et cliché, mais c’est parce que l’album décrit de manière très vivante des trucs que nous avons tous vécus, parce que c’est l’histoire de notre adolescence, et même jusqu’à aujourd’hui. Ce que nous essayons de montrer, c’est que même si c’est difficile, il y a toujours une issue, vous savez, vous finirez toujours par vous en sortir, même si cela peut sembler être la pire chose qui soit arrivée dans l’histoire du monde, mais il viendra un moment où vous serez capable de surmonter cela et où vous en ressortirez grandi. Il s’agit donc, je suppose, de vous prouver à vous-même à quel point vous êtes résilient et fort, sans pour autant, oui, être capable de vous en sortir. Ce n’est donc pas tant une émotion particulière ou un ensemble d’émotions que nous voulons que les gens ressentent, ressentez ce que vous avez besoin de ressentir, mais oui, si vous vous identifiez d’une manière ou d’une autre à cela, sachez simplement que nous avons tous traversé la même épreuve, que nous nous en sommes bien sortis et que vous pouvez le constater.

Marye : Tu as dit tout à l’heure que vous aviez rencontré des gens, des fans, à la fin des concerts. Est-ce qu’ils vous en parlent ?

Tom : Beaucoup de gens viennent nous voir pour nous dire à quel point cela leur rappelle une époque où ils étaient peut-être plus jeunes, un peu plus insouciants, en particulier les fans plus âgés. On dirait qu’il y a deux types de fans : soit des fans très jeunes, qui découvrent Deftones et nous pour la première fois, soit des fans un peu plus âgés, qui ont grandi avec Deftones, le new metal et tout ça. Ou alors, à l’inverse, des fans un peu plus âgés qui ont grandi avec Deftones, le nu metal et tout ça. Donc d’un côté, oui, il y a les gens qui découvrent notre musique pour la première fois, et de l’autre, il y a les personnes plus âgées qui ont en quelque sorte grandi avec ça, et qui, espérons-le, lorsqu’elles écoutent l’album, sont transportées vers cette époque. Quand on est plus jeune, on a moins de soucis, on est plus libre. C’est agréable d’entendre les gens dire : « Vous me rappelez quand j’avais 18 ans et que je vivais les meilleures années de ma vie », donc oui, tout va bien.

Marye : Est-ce à cause de l’ambiance shoegaze de votre chanson ?

Tom : Je pense que c’est une combinaison de plusieurs facteurs, mais je dirais que oui, parce que c’est aussi du métal assez récent. C’est évidemment un genre qui a connu son heure de gloire il y a 20 ans, voire un peu plus. Oui, les gens sont en quelque sorte transportés à cette époque. Je pense que ça touche les gens parce que c’est aussi notre authenticité, tu vois ?

Zoé : On a l’impression que 2025 a été une année charnière pour Split Chain, car vous avez fait des tournées en Europe et en Amérique du Nord avec des groupes comme Counterparts, Thrown, Landmvrks et Underoath. Vous avez également participé à plusieurs festivals. Et vous avez annoncé une tournée aux États-Unis avec The Devil’s Wears Prada l’année prochaine. C’est énorme. Si vous prenez du recul et que vous repensez à cette année, comment vous sentez-vous ?

Tom : Fatigués, mais très, très, très reconnaissants. Je pense que c’est la meilleure façon de le dire, on dit toujours « oh, on est fatigués », mais dans le bon sens du terme, c’est un rêve qui se réalise pour nous tous. Nous ne prenons pas ces opportunités pour acquises. Nous ne pensons pas les mériter plus que quiconque. C’est juste vraiment sympa parce que, je ne sais pas, comme je le dis, nous avons tous grandi dans et autour de la musique, des scènes locales et des choses comme ça. C’est donc quelque chose que nous aspirons tous à faire, mais nous n’avons jamais vraiment pensé pouvoir y arriver d’une manière ou d’une autre. Donc, pouvoir partir en tournée avec des légendes comme Counterparts, Underoath ou Silverstein en janvier pour la première fois aux États-Unis, pouvoir voir le monde en jouant de la musique, ce qui est essentiellement notre travail à plein temps en ce moment, c’est absolument incroyable et il ne se passe pas un jour sans que l’un d’entre nous pense qu’il préférerait faire autre chose. Donc oui, c’est un rêve absolument incroyable qui s’est réalisé pour chacun d’entre nous et j’espère que nous allons continuer sur notre lancée. J’espère que ça ira de mieux en mieux, oui.

Marye : Cela a donc clairement un impact sur votre quotidien, mais cela a-t-il également un impact sur vous en tant qu’individu ?

Tom : Oui, je pense. Je pense que cela a des effets positifs. Mais il y a aussi des aspects difficiles, ne vous méprenez pas. C’est comme manquer les anniversaires de nos proches, ne pas voir nos copines, etc. Ce sont des aspects difficiles, mais cela s’équilibre en quelque sorte, car nous faisons tellement de choses incroyables et nous avons le soutien de toutes les personnes qui nous aiment et qui nous encouragent à aller de l’avant, car nous réalisons que c’est une opportunité que tout le monde n’a pas. Donc, si je devais résumer, je dirais que cela nous a poussés très rapidement à passer d’une ou deux chansons à une tournée mondiale à ce stade. Nous avons dû nous adapter très, très rapidement, vous savez. Nous avons dû apprendre beaucoup au fur et à mesure. Nous pouvons donc nous féliciter et nous dire que nous avons fait un très, très bon travail et que nous avons tous progressé en tant que personnes en seulement deux ans, tant sur le plan de la maturité que sur d’autres plans. Nous avons tous mûri au cours des deux dernières années, mais aussi en ce qui concerne la gestion du groupe, la logistique, l’apprentissage de nos instruments, l’utilisation de notre matériel, etc. C’est comme si on nous avait jetés dans le grand bain, mais c’est comme ça que nous préférons faire les choses. Donc oui, c’est vraiment, vraiment, vraiment bénéfique pour chacun d’entre nous de faire comme ça.

Zoé : Comment vois-tu Split Chain évoluer à partir de tout cela ?

Tom : C’est une très bonne question. Honnêtement, je pense qu’il faut simplement laisser les choses se faire naturellement, comme je l’ai dit tout à l’heure, tout est question d’authenticité et de choses comme ça. Donc, évidemment, nous voulons continuer à écrire la musique que nous avons envie d’écrire avant tout et que les gens aiment, qui est moins méchante. Nous voulons continuer à découvrir le monde autant que possible à travers la musique et les tournées dans ces nouveaux endroits où nous avons tous très envie d’aller, comme le Japon. C’est vraiment quelque chose que nous voulons faire. Mais oui, en termes de croissance, j’espère simplement que nous continuerons sur notre lancée, tu vois. Et j’espère que nous pourrons peut-être faire une tournée avec Deftones un jour. Je pense que ce serait ça. Une fois que nous aurons fait ça, nous pourrons faire autre chose, sans pression. Mais oui, nous continuons simplement à écrire la musique que nous voulons écrire, à faire les choses que nous voulons faire et j’espère que ça marchera dans notre quotidien, tu vois.

Marye : Et donc aujourd’hui, vous voulez tirer le maximum de motionblur ou vous pensez déjà à ce que sera l’avenir, à la nouvelle musique que vous voulez enregistrer.

Tom : Oui, on y réfléchit déjà. On a beaucoup écrit, surtout entre cet album et le précédent avec Counterparts. L’année dernière, tout s’est fait dans la précipitation, tu sais, on a signé le contrat avec Epitaph et on s’est dit : « Oh merde, il faut qu’on fasse un album. » Tout s’est passé très vite, on a eu environ six mois entre l’écriture et la finalisation de l’album, entre l’enregistrement, le mixage, etc. Cette fois-ci, nous avons tiré les leçons de cette expérience. Nous adorons le flou de mouvement, nous adorons cette pression, mais c’était aussi très difficile. Nous pouvons peut-être alléger un peu ce fardeau et faire les choses petit à petit, tu vois. Nous sommes un groupe qui doit, ça peut paraître stupide, mais nous devons suivre notre intuition. On ne peut pas s’asseoir et se forcer à écrire. Ça doit venir de manière très naturelle. C’est quand on joue simplement de nouvelles guitares ou de nouvelles batteries, ou quoi que ce soit d’autre, que nos meilleures compositions voient le jour. On est donc en train d’écrire de nouvelles chansons en permanence. Dieu seul sait quand sortira le prochain album. J’espère que ce sera plutôt tôt que tard, mais on verra bien. Mais oui, il y aura de nouvelles chansons à un moment donné.

Marye : Mais la pression ne sera peut-être pas la même que pour l’écriture d’un premier album.

Tom : Oui, exactement. Maintenant, nous avons la pression d’écrire un album encore meilleur. Nous savons qu’il y a beaucoup à faire, car nous avons sorti notre premier album. Nous en sommes également fiers, mais nous avons tellement appris de cet album, nous en avons tellement tiré. Nous voulons vraiment faire encore plus, vous savez, incorporer différents éléments dans le son et des choses comme ça. Ça pourrait être des synthétiseurs. Je suis très favorable aux synthés et à ce genre de choses. Nous espérons donc que la composition des chansons sera peut-être un peu plus complexe dans certains domaines. Vous savez, une grande partie vient simplement de ce que nous ressentons sur le moment. Il se peut donc qu’il y ait une chanson qui soit juste une sorte de petite chanson emo un peu grinçante. Et il se peut qu’il y ait quelque chose où nous essayons de jouer un peu avec la structure et d’autres choses. Donc oui, nous sommes très conscients de ce que nous essayons d’écrire. Nous voulons que ce soit encore mieux que le premier album, je pense.

Marye : Étant donné que vous êtes en tournée avec tous ces groupes, est-ce que vous discutez du processus d’écriture avec les autres musiciens ou chanteurs ?

Tom : Pour être honnête, nous sommes assez ouverts aux collaborations et autres projets de ce genre. Par exemple, j’aime dire que nous aimons penser que nous et les gars de Pain Of Truth, surtout après cette tournée, sommes désormais très proches, très soudés. Mais je dirais plutôt que nous sommes de bons amis. Donc, s’ils venaient nous voir et nous disaient : « On vient d’écrire ce riff, on pense que ça pourrait vous plaire », on répondrait : « D’accord, on va l’écouter. Si ça nous plaît, ça nous plaît. Si ça ne nous plaît pas, désolé. Merci, désolé. » Donc, on écrit avec nos amis, on écrit avec nos producteurs, on écrit entre nous. Nous avons notre manager, nos agents et tout ça, mais nous sommes assez ouverts quand il s’agit d’opinions et de choses comme ça, en particulier sur notre musique. En fin de compte, c’est ce que nous aimons qui prime, mais s’il y a des perspectives différentes qui pourraient nous aider à améliorer encore les choses ou à les voir sous un autre angle, alors nous sommes toujours partants. Alors qui sait, peut-être qu’un jour nous pourrons faire quelque chose de vraiment cool, comme un split avec quelqu’un.

Marye : J’aimerais avoir ton point de vue sur une chose, parce que pendant des années, nous ne parlions que de hardcore, de metalcore, et depuis quelques années, je dirais que tout est rebaptisé « metal moderne ». Nous ne savons pas vraiment ce qui se cache derrière, mais penses-tu que l’avenir de votre scène réside dans le fait d’intégrer des éléments de nombreux genres, et que c’est là l’avenir de la musique metal ?

Tom : Je suis d’accord avec ça. Oui, je dirais que c’est tout à fait le cas, surtout à l’avenir. Je veux dire, Sleep Token en est un excellent exemple. Ils divisent beaucoup, mais est-ce parce qu’ils sont complètement différents de ce à quoi les gens s’attendaient ? Ils ont ces voix R&B, ces voix pop typiques, du R&B, des rythmes de batterie, et puis il y a ces guitares au son puissant et tout ça. Et je pense qu’Internet et tout ça ont aussi contribué à cela. J’en parle beaucoup avec les gars. On n’a plus l’impression que la vie est une sous-culture, comme c’était le cas avant. On ne voit plus vraiment de gothiques, de punks, de métalleux, de fans d’EDM, tout ça.

Marye : C’était comme ça avant.

Tom : Oui, mais maintenant, chacun s’inspire des autres. Je pense donc que la société dans son ensemble, en termes de sous-cultures, est devenue extrêmement homogène grâce à des choses comme Internet, où les gens voient, consomment et disent : « J’aime ça, j’aime ça ». Et je pense que cela se reflète également dans la musique. Je peux donc tout à fait imaginer un avenir où le metal sera complètement méconnaissable par rapport à ce qu’il était il y a 20 ans, car les gens sont plus ouverts aux nouveautés de nos jours, car ils consomment énormément à partir de sources très diverses.

Marye : Et peut-être que cela vous donne l’occasion de partir en tournée avec des groupes très différents ?

Tom : Oui, exactement. Je pense que c’est déjà le cas dans une certaine mesure aujourd’hui, dans la mesure où je n’aurais jamais imaginé faire une tournée avec Landmvrks, ou que nous puissions nous intégrer à l’affiche d’un concert de Landmvrks ou de Silverstein, parce que nous nous sentons toujours tellement en dehors des sentiers battus quand il s’agit de ce genre de choses. Mais oui, j’adore l’idée que les groupes soient désormais beaucoup plus disposés à prendre des risques avec un groupe qui sort complètement du lot, comme Landmvrks qui prend le risque de faire tourner un groupe comme le nôtre, parce qu’ils aiment notre musique, tu vois ? Je trouve ça génial. Ça donne à tout le monde les mêmes chances. Personnellement, je suis un fervent défenseur du concept de Mixed Bill, parce que je trouve ça vraiment cool.

Zoé : Y a-t-il un artiste ou un groupe en particulier qui émerge actuellement et que t’aimerais recommander ?

Tom : Je vous le promets. Si vous êtes comme moi et les autres gars, et que vous avez grandi en écoutant MySpace, du metalcore et ce genre de choses, il y a un renouveau que ces gars-là sont en train de porter, et ils sont incroyables. En fait, ils essaient juste de battre des records. C’est le premier groupe que je recommande toujours aux gens. Ils sont sur le point de sortir un nouvel EP. Ce sont de très bons amis. Nous avons eu l’occasion de discuter avec eux et Midriff cet été, et nous repartons en tournée avec eux au printemps pour le Devil Wears Pride Tour. Ils feront la première partie. Ça va être vraiment, vraiment cool.

Zoé : Et qu’est-ce qui est en boucle dans ta playlist ces deux derniers mois ?

Tom : Health. C’est un groupe que j’ai découvert très récemment. Je joue beaucoup à Cyberpunk, comme 2077 sur ma Steam Deck. Du coup, j’ai vraiment envie d’écouter des trucs industriels, dystopiques. Et oui, le nouvel album de Health est incroyable. Donc, dès que je ne joue pas à des jeux, je l’écoute.

Marye : Je les ai vus en juin dernier.

Tom : Je parie que c’était dingue.

Marye : Et c’était vraiment drôle parce que c’était dans le cadre d’un festival de metal et j’ai rencontré des gens qui étaient venus uniquement pour eux, mais qui sont en fait des fans de musique électronique. C’était génial de rencontrer ces gens.

Tom : Oui. Et c’est exactement comme on l’a dit tout à l’heure, tout se met en place. Donc oui, c’est vraiment très sympa. Cool. Je pense que Burt écoute beaucoup Pain of Truth simplement parce que nous sommes en tournée avec eux et qu’ils sont vraiment géniaux. Et Jake écoute beaucoup de gangsta rap. Et puis Aaron se détend en écoutant de la musique country. Olly écoute Thursday Fries et tout ce genre de trucs. C’est généralement ce que nous écoutons.

Zoé : Merci beaucoup.

Un grand merci à Elodie pour l’opportunité, à Tom pour sa gentillesse et disponibilité, et à l’Aéronef pour l’accueil. 


Between gratitude, authenticity, and ambition, Split Chain is experiencing a pivotal year. Buoyed by the release of their debut album MotionBlur in July, the British band is touring alongside heavyweights such as Landmvrks, Underoath, and Counterparts, and is preparing to conquer the United States with The Devil Wears Prada. We met with Tom Davies, the band’s bassist, at L’Aéronef last December. He talked to us about the experience of playing in huge venues, the impact of this dynamic on their personal and artistic development, and how they champion raw, honest music that is resolutely focused on emotion.

Interview by  Zo and Marye

Marye : You are now on tour with Landmvrks right now, how is it going so far?

Tom : It’s been really really incredible, like when we got the offer through, we weren’t too sure how well we would fit on the bill because obviously you’ve got Landmvrks who are huge. You’ve got Underoath which are like legacy huge, and you’ve got Hardcore Band of Pain and Truth which are sick and then it’s just us. So we were like, I don’t know, like it feels a bit like, a bit random I suppose, like a better way of saying it, but it will come together really well, like it’s been really sick. All of the shows have been really cool. It’s cool to be touring Europe again with such a sick package, and yeah, the shows have just been nice.

Marye : And in such big areas.

Tom : Oh my god, yeah. I haven’t even talked about the sizes of the stages and the venues. We played a venue in, I think it was Munich the day before yesterday. I was so scared. I was shitting myself. But yeah, so that’s been another step up for us, but it has been really really incredible. We’re obviously super grateful to be on a package as good as this.

Zoé : And do you feel like this tour is helping motion blur to reach new people?

Tom : Yeah, 100%. I think there are lots of people here that wouldn’t or have definitely never heard of us before. We have like fans out in sort of mainland Europe, but typically it’s more sort of the UK and the US. So to be able to come out here with some, you know, with music from the album, you know, we’ve got people coming up to us after the shows at Merch, telling us that, you know, we’ve never heard of you before, but can we buy a CD or can we buy the vinyl? So it’s definitely working and it’s very exciting.

Marye : And so the album is out since July, When you look back at this few months, how it was, now that you are really touring with this album, you are presenting it, how do you see it?

Tom : I love it. I think it’s so nice to actually be able to, because when we, before the album came out, we’ve had what, 7-8 songs, maximum out,so we were only touring with those songs. Now it’s cool because we’ve got all these other songs from the album to pick from. You know, we can try and build set lists over what we think is going to be, you know, is going to hit for the tour that we’re on at that time. And we can just, we can build it around the songs that we like to play and have fun with as well. So yeah, it’s been really, really nice to be able to have an album like that back in our stuff as well. It makes it feel more legit, you know, legit at mine. So yeah, it’s been really cool.

Zoé : And do you have a favorite track that you play live?

Tom : Mine’s “Who Am I”. That’s my favorite track.

Zoé : Oh, I understand, I love that song.

Tom : It’s my favorite track on the album and it’s my favorite one to play live.It just feels like when we play it live, that a few slower, heavier songs, that one’s just fun, up-tempo. It’s just nice to get kind of dancing with it.

Zoé : The album is raw and emotionally direct. How important was this honesty and maybe even discomfort in the writing of this album?

Tom : It was definitely uncomfortable because there was a lot of pressure. But in terms of like it being direct, I think that’s one thing we’ve always been really good at. As a band is being direct with what we’re trying to say. We like to think that we’re quite authentic as people and with the music that we put out. It’s music that we like saying what we want to say. And it’s a really nice catharsis as well at the same time. So, you know, write your music like this, you’re not only getting out feelings that you have at the minute,but at the same time you’re discovering these new feelings and you’re able to put them into something positive. Something negative happened recently and we’re writing music. It’s very easy to put two and two together and go from there. So, yeah, it’s always been super important to us that we are as authentic as possible.So to that end, that means that we try our hardest to show exactly what it is we feel and to be direct with that. And I don’t know, using too many metaphors and stuff, which is kind of honesty is kind of key for all of us.

Marye : so when people are listening to your album, you really want them to feel the authenticity?

Tom : Yeah.

Marye : But is there any emotion or anything you want people to really feel and react?

Tom : Not so much an emotion. I think it’s more, it’s going to sound kind of corny and like cliche, but it’s like because the album’s pretty vivid descriptions of like shit, we’ve all been through throwing up because it’s that story of our own adolescence is even up until the present day. What we try to sort of detail is that as difficult as it does get, there’s always sort of, you know, you’re always going to come out of the other side, you know, so it might feel like the worst thing that ever happened in the history of the world, but there will come a time where you will be able to get through it and you will be a better person for that. So it’s all to do with like, I guess, proving to yourself how resilient and strong you actually are, without sort of, yeah, and then being able to get through to the other side. So it’s not so much like a singular emotion or a collection of emotions that we want people to feel, feel how you need to feel about it, but yeah, if you relate to it in any way with it, just know that we’ve all gone through that same shit, we got through it all good and you can see it.

Marye : You said earlier that you met some people, some fans at the end of the show, do they speak about this with you?

Tom : A lot of people really come up to us and just say how much it reminds them of a time when they were maybe younger, a bit more carefree kind of thing, so particularly older fans. We seem to have like this, where it’s either the fans are either really young, getting into like Deftones and us for the first time and stuff like that. Or vice versa, the slightly older fans who grew up with Deftones and new metal and things like that as well. So on one hand, yeah, you’ve got the people connecting with it for the first time, and then on the other side of things, you’ve got the older people who’ve already sort of grown up with this, kind of being, you know, hopefully when they listen to the record, being taken back into that period of time. If they were younger, there’s less to worry about, there’s more freedom there. It’s just nice to hear when people are like, you remind me of when I was 18 and then I was having some of the best years of my life, so yes, we’re good.

Marye : Is it because of Shoegaze vibe of your song?

Tom : I think it’s a combination, I’d say like, yeah, because it’s also quite new metal as well. Like, obviously that’s the genre that kind of had its time 20 years ago or whatever it was, maybe a bit more. Yeah, people are just sort of taken back to that time.I think it just hits people because it’s authentically us as well, you know?

Zoé : We feel like 2025 has been a huge turning point for Split Chain because you have been touring Europe and North America with bands like Counterparts, with Thrown, now Landmvrks and Underoath. You’ve done some festivals as well. And you announced a tour in the US with the Devil’s Wears Prada next year. So it’s huge. If you take a step back and think about this year, how do you feel?

Tom : Tired, but very, very, very grateful. I think it’s the best way to say, we always say, oh, we’re tired, but in the best way, this is a dream come true for all of us. We don’t take these opportunities for granted. We don’t think we deserve them more than anything else or anyone else. It’s just really nice because, I don’t know, like I say, we all grow up in and around. In and around music, local scenes and things like that. So it’s all something we aspire to do, but we never really thought we could achieve it in some way. So to be able to tour with legends like Counterparts, Underoath, or Silverstein back in January for the first time in the US to go and be able to see the world by playing music for what is essentially our full-time job at the minute is absolutely incredible and it’s not a day goes by where any of us think I’d rather be doing something else than that. So yeah, it’s been absolutely incredible dream come true for every single one of us and hopefully we’ll just get inside. Hopefully it gets better and better, yeah.

Marye : So obviously it has an impact on your daily agenda, does it have also an impact on you as an individual?

Tom : Yeah, I think so. I think it has positive impacts.But there are hard parts that don’t get me wrong. It’s like missing out on family birthdays and seeing our girlfriends and stuff like that. Those are the hard parts, but then it’s kind of evenly balanced out because we’re doing so many incredible things and we have the support of all the people that love us trying to push us to go and do this because it’s an opportunity not everybody gets when we realize that. So if anything, I think as a result of it, it’s been thrusting us all so quickly to go from having one to two songs out to touring pretty much worldwide at this point. We’ve had to adapt really, really quickly as well, you know. We’ve had to learn a lot as we go. So we can pat ourselves in the back and be like, you know, we’ve done a really, really good job and we’ve all improved as people in that short time of two years, both, I don’t know, maturity-wise. We’ve all matured in the last two years, but then, yeah, when it comes to like actually running the band, the logistics side of things, learning our instruments properly, learning how to use our gear properly and stuff like that, you know. It’s been like we’ve been chucked in the deep end, but that’s the way we would rather do it. So yeah, it’s really, really, really beneficial for every single one of us to do it this way.

Zoé : How do you see a Split Chain grow from all of this?

Tom : That’s a very good question. Honestly, I think it’s just to let it do it organically, like I said earlier, it’s all about authenticity and things like that. So obviously we want to continue writing music that we want to write first and foremost and that people like that are less wicked. We want to carry on trying to see as much as the world as we can through music and touring these new places that we all desperately really want to go to Japan. So that’s definitely something we want to do. But yeah, I mean, in terms of like the growth, I just hope we carry on on the trajectory that we’re on, you know. And hopefully maybe we’ll get to tour with Deftones one day. I think that would be it. Once we’ve done that, we can do, you know, no pressure on anything else. But yeah, we just carry on writing the music we want to write, doing the things that we want to do and hopefully it works out in our daily, you know.

Marye : And so today we will say that you want to dig everything you can out of motionblur or you are already thinking on what will be the future, the new music you want to record.

Tom : Yeah, we’re already thinking about it. We’ve been doing a lot of writing, particularly between this one and the last one with Counterparts. Where it was also rushed last year, you know, we signed the deal with Epitaph and it was like, oh shit, we need to actually get an album together. It was all very, we had about six months from writing to finishing the album completely from recording, tracking, whatever. So this time, we’ve learned from that experience, we’re like, look, we love motion blur, we love that pressurized environment, but it was also very difficult. So maybe we can take some of that burden off and just sort of do it here and there, you know. We’re a band that kind of just has to like, sounds really stupid, but we have to go by the vibe. So we can’t like sit and force ourselves to write. It has to be something that comes super naturally. So if we’re just new linen guitars or drums or whatever it is, that’s when all of our best stuff comes out. So we are in the process of writing new music all the time. God knows when the next record will be. I’m hoping sooner rather than later, but we’ll see. But yes, there will be new music at some point.

Marye : But it could not be the same pressure as writing a debut album.

Tom : Yeah, exactly. Now we’ve got the pressure of writing an even better album. This one, we know there’s a lot, because we’ve delivered that debut album. We’re also proud of that, but there’s so much from that debut album that we’ve learned, we’ve taken from. We really want to do even more, you know, incorporate different elements into the sound and stuff like that. Could be synthesizers. I’m pushing for synths and stuff like that. So we just hope that we want the song writing to be maybe a little bit more complex in the areas as well. You know, a lot of it comes from just what we’re feeling in the moment. So there might be one song that’s just a kind of gritty little sort of emo song. And there might be something where we try to mess with the structure a little bit and stuff. So yeah, we’re very conscious of the things that we’re trying to write. We want it to be even better than the debut, I think.

Marye : The fact that you are touring with all these band, is the writing process is something you discuss with other musicians or vocalists ?

Tom : We’re pretty open to collaborations and stuff like that, to be honest. For example, I like to say that we like to think that us and Pain Of Truth boys, after this tour especially, we’re quite tight-knit now, tight-knit. But we’re good friends, I would say. So if it came to the point where they came in and they were like, we just wrote this riff, we think this could be something that you guys are down for, we’d be like, all right, give it a listen. If we dig it, we dig it. If we don’t, say sorry. Thank you, sorry. So we write with our friends, we write with our producers, we write just amongst ourselves. We have our manager having for our agents and stuff having, but it’s just, we’re pretty open when it comes to opinions and stuff like that on our music particularly. Ultimately, it’s going to be what we like comes first, but if there are different perspectives that might help us sort of make it even better, or help us see it in a different light, then we’re always down to that. So who knows, maybe one day we could do something really cool, like a split with someone.

Marye : I would like your point of view on one thing, because for years we were only talking about hardcore, metalcore, and for a few years I would say that everything is relabelled as “modern metal.” We don’t really know what is behind, but do you think this is the future of your scene to have elements for a lot of genre,and this is the future of metal music?

Tom : I would argue for that. Yeah, I would say that that is very well the case, especially now going forward. I mean, prime examples is Sleep Token, you know. They’re very divisive, but is that because they’re completely what people didn’t expect? They’ve got these R&B vocals, these typical pop vocals, R&B, drum beats, and then you’ve got the huge sounding guitars and stuff like that. And also with that, I think the internet and stuff has helped. I talk about it quite a lot with the guys. It doesn’t feel like life is like subculture, as it used to be. You don’t really see like goths, punks, metalheads, EDM people, all of that stuff.

Marye : It used to be like that

Tom : Yeah, but and each one now takes from the other as well. So I think society as a whole, in terms of like subcultures, all becomes hugely like homogenized thanks to things like the internet where people just see and consume and be like, I like that from there, I like that from there. And I think it’s just being reflected in the music as well. So I can definitely see a future where metal is completely unrecognizable to what it was 20 years ago, because people are more, I think people are more open to new things as well these days now, because they are consuming so much from so many different sources. 

Marye : And maybe it can you give the opportunity to tour with such different bands?

Tom : Yeah, exactly. I think we do it anyway to a certain degree now, where it’s like I couldn’t ever have imagined a tour with Landmvrks, like us fitting a Landmvrks bill or a Silverstein bill, because we always feel so outside of the box when it comes to that stuff. But yeah, I love the idea that bands are so much more willing now to take the risk on a band that’s completely outside of it, like Landmvrks are taking the risk on taking a band like us out, because they like our music, you know? So I think it’s great. It gives everyone equal opportunity that way. Me personally, huge advocate for the Mixed Bill thing, because I think it’s really cool.

Zoé : Is there any particular artist or band that is on the emerging scene right now that you would like to recommend to people?

Tom : I promise the world. So if you’re like me and the rest of the guys, and you grew up listening to MySpace, Metalcore and stuff like that, there’s this resurgence that these guys are just carrying forward, and they are incredible. They’re just trying to rise records, actually. They are the first band I always suggest to people. They’re just about to put out a new EP as well. They’re really good friends. We had the opportunity to talk with them with Midriff in the summer, and we’re going on tour with them again on that Devil Wears Pride Tour in the spring. They’re opening that. It’s going to be really, really cool.

Zoé : And what has been on your, on repeat on your playlist for these two?

Tom : Health.It’s a band I only got into it, like, I think really, really recently. I’ve been playing a lot of Cyberpunk, like 2077 on my Steam Deck. So I’ve been really feeling like the dystopian kind of industrial sort of stuff going on. And yeah, that new Health record, unreal. So that has just been, anytime I’m not playing games, I’m just listening to that.

Marye : I saw them last June.

Tom : I bet it was so nuts.

Marye : And that was really funny because this was part on a metal festival and I met some people that came only for them, but they are really people from the electronic scene. And that was so amazing to have the meeting of these people.

Tom :  Yeah. And it’s exactly like we said earlier, it’s been coming together. So yeah, it’s really, really fun. Cool. I think Burt’s been listening to a lot of Pain of Truth just because we’re on tour with them and they’re really fucking sick. And Jake’s been listening to loads of gangster rap. And then Aaron’s just chilling listening to country music. Olly’s listening to Thursday Fries and all that kind of stuff. So that’s usually what we’re listening to.

Zoé : Thank you so much.

A lire aussi / Also to be read :

Laisser un commentaire