Pour lancer sa saison 2026, la Brat Cave de Lille a misé sur trois groupes de métal de la région. En tête d’affiche, les Amiénois de March Of Scylla mènent la danse avec un nouvel et tonitruant album en poche, accompagnés des Picards d’Ogarya et des Lillois de Perspective.
Article par Victorien Fièvre
Photos par Zo’
English version below
Alors que la température extérieure est légèrement négative, les premiers métalleux se rassemblent face à la scène de la chaleureuse Brat Cave afin d’assister au set de Perspective, une jeune formation lilloise qui entend bien faire forte impression ! Le style du quatuor, défini comme du Metal Progressif, est peut-être bien plus poussé qu’on ne pourrait l’imaginer… Dès le premier morceau, la guitare maniée par le chanteur nous assène un riff ravageur avant que le tempo ne baisse en intensité pour laisser la place à une séquence de saxophone, assurée par lui-même ! Un instrument inattendu qu’on retrouvera également un peu plus tard, lors de “Lager for Later”. Une fois ce moment de surprise passé, la gratte reprend du service et nous voici de retour avec un rythme plus élevé. Au cours d’un set d’une quarantaine de minutes, Perspective va ainsi jongler entre moments de haute intensité et passages de calme et de lenteur. C’est le cas notamment avec “Harder Will Be The Fall”, où l’on alterne entre moments très mélodiques et des riffs bien heavy et groovy, accompagnés de chant crié… Une formule qui fait mouche auprès du public ! On approche de la fin et le saxophone revient dans l’arène pour le dernier morceau, “Downshifting”. Ce titre monte progressivement dans les tours avant de terminer en apothéose sur une séquence très lourde couplée au chant saturé du vocaliste, ce dernier appelant même à pogoter. Impossible de ne pas secouer la tête en tout cas ! C’est sur cette belle note que Perspective referme son set. Pari réussi !
Si le précédent groupe ne vous paraissait pas assez heavy à votre goût, place à la violence chirurgicale et technique de la formation picarde Ogarya, adepte du Technical Death Metal. Un changement de décor pour le moins… radical ! Si vous êtes également adepte de science-fiction, alors Ogarya est fait pour vous. Le groupe développe un univers complexe : dans un coin oublié du cosmos, des entités nommées les « Créateurs » ont façonné sept planètes. Ces êtres, dotés de capacités extraordinaires, ont bâti des civilisations et instauré la paix, jusqu’au jour où l’un de ces peuples les défia… Chacun des EP du quatuor fait d’ailleurs écho à l’histoire d’une des sept planètes de ce système nommé Ogarya. C’est donc dans cet univers fictif que le set débute sans plus tarder avec l’intrépide “Memnon’s Blaze” (Inclination, 2019). En l’espace d’un instant, nous prenons une avalanche de riffs, de chant guttural et de blasts de la part des musiciens. Une gifle qui nous met directement en condition ! Après la fin brutale de ce morceau, et en réalité entre chaque titre, le groupe diffuse une bande-son qui remet en contexte les chansons dans leur narration. Une idée originale pour nous inclure plus profondément dans le concept. Il en est de même avec certaines paroles apparaissant succinctement sur l’écran, à l’instar d’autres grandes formations musicales. Toutefois, la diffusion de visuels et de vidéos créés par IA peut être sujette à débat, tant sur leur pertinence artistique que sur leur capacité à capter l’attention des spectateurs. Ceci étant dit, Ogarya délivre un show de haute volée avec une indéniable précision technique côté rythmique. Que ce soit la basse, la guitare ou bien la batterie, rien ne leur échappe ! Outre le côté brutal et inarrêtable de ses compositions, le quatuor inclut un aspect symphonique et mélodique, comme sur le nouveau “The Fate We Shaped” (2025) avec ses sonorités orientales. Ce n’est pas tout, puisque Ogarya nous dévoile en exclusivité son morceau “Demonborn”, prévu pour le 12 février prochain et premier extrait de l’EP RIFT. L’intensité ne redescendra pas avant que “The Missing Link Theory” (Nexus, 2024) ne referme le set de la formation picarde. Attention, la température monte !
C’est maintenant au tour de March Of Scylla de prendre place sur la scène de la Brat Cave afin de défendre leur premier album sorti l’an passé, ANDROMEDA. Sans plus tarder, le quatuor mené par Florian, toujours caché sous sa capuche, entame le morceau “BlaAst”, un titre teinté de moments planants et de chant clair mais aussi de gros riffs et de voix saturées. Directement immergés dans leur univers et dans leur Dark Post-Metal, nous nous prenons ensuite en pleine face le riff groovy de “Ulysses’ Lies”, véritable fer de lance de ce nouveau disque. Lourd, puissant et bien orchestré par une section rythmique talentueuse, ce morceau entraîne rapidement les têtes des spectateurs à se balancer frénétiquement. En effet, la musique de March of Scylla, que beaucoup ont pu découvrir grâce à ANDROMEDA, fait visiblement sensation auprès du public qui ne boude pas son plaisir d’entendre ces nouveaux morceaux joués en live. La quasi-totalité du set s’articule donc naturellement autour de ce disque. À l’opposé d’Ogarya, le groupe a opté pour une projection plutôt neutre avec un fond d’ambiance superposé par leur logo. C’est sur cette mise en scène sobre que les morceaux s’enchaînent, tel un voyage mythologique alternant entre passages très atmosphériques et riffs lourds, accompagnés du chant clair de Flo ainsi que de ses growls caverneux. Côté instrumental, si chacun des membres remplit amplement sa tâche, notre œil se porte plus particulièrement sur le petit nouveau de la soirée, Arthur, introduit comme remplaçant officiel du bassiste originel Robert “Rob” Desbiendras. Si, au cours du set, nous avons pu nous rendre compte qu’il était au niveau, le petit solo improvisé avant “The Royal Way” nous a montré qu’il en avait sous le capot ! À vrai dire, quoi de mieux pour introduire cet excellent morceau ? Le concert approche de sa fin et March of Scylla nous propose encore deux titres : “Storm Dancer” et “No Rules Alone”. Si le premier est très récent et bien groovy, le deuxième s’avère être un petit challenge à jouer d’après eux. Challenge largement remporté avec le superbe solo du guitariste Christofer Fraisier qui vient clore ce concert en beauté.
En somme, cette première date de l’année à la Brat Cave s’est parfaitement déroulée, témoignant de l’éclectisme de la scène Metal des Hauts-de-France. De l’audace du saxophone de Perspective à la violence d’Ogarya, pour finir par l’envoûtement de March of Scylla, le public lillois a traversé des univers aussi distincts que maîtrisés. 2026 débute donc sur les chapeaux de roues pour les amateurs de musiques saturées dans la région !
Merci à Ogarya pour les invitations et à toute l’équipe de La Brat Cave pour l’accueil.
To kick off its 2026 season, Lille’s Brat Cave has lined up three metal bands from the region. Headlining the bill, Amiens-based March Of Scylla will lead the way with a thunderous new album under their belt, accompanied by Ogarya from Picardy and Perspective from Lille.
Review by Victorien Fièvre
Pictures by Zo’
While the temperature outside is slightly below freezing, the first metalheads gather in front of the stage at the cosy Brat Cave to watch the set by Perspective, a young band from Lille that is determined to make a strong impression! The quartet’s style, defined as progressive metal, is perhaps much more sophisticated than one might imagine… From the very first song, the singer’s guitar delivers a devastating riff before the tempo slows down to make way for a saxophone sequence, played by the singer himself! This unexpected instrument reappears a little later in ‘Lager for Later’. Once the surprise has passed, the guitar takes over again and we’re back to a faster rhythm. During a set lasting around forty minutes, Perspective juggles moments of high intensity with calm, slower passages. This is particularly the case with ‘Harder Will Be The Fall’, which alternates between very melodic moments and heavy, groovy riffs, accompanied by shouted vocals… A formula that hits the mark with the audience! As we approach the end, the saxophone returns to the stage for the final track, ‘Downshifting’. This song gradually builds up speed before ending in a grand finale with a heavy sequence coupled with the vocalist’s saturated singing, who even calls for a mosh pit. It’s impossible not to bang your head along! It’s on this high note that Perspective closes its set. Mission accomplished!
If the previous band wasn’t heavy enough for your taste, make way for the surgical and technical violence of Ogarya, a Technical Death Metal band from Picardy. A radical change of scenery, to say the least! If you’re also a fan of science fiction, then Ogarya is for you. The band has developed a complex universe: in a forgotten corner of the cosmos, entities known as the ‘Creators’ have shaped seven planets. These beings, endowed with extraordinary abilities, built civilisations and established peace, until the day one of these peoples defied them… Each of the quartet’s EPs echoes the story of one of the seven planets in this system called Ogarya. It is in this fictional universe that the set begins without further ado with the intrepid ‘Memnon’s Blaze’ (Inclination, 2019). In the space of an instant, we are hit with an avalanche of riffs, guttural vocals and blasts from the musicians. A slap in the face that immediately puts us in the right frame of mind! After the abrupt end of this track, and in fact between each track, the band plays a soundtrack that puts the songs back into context within their narrative. It’s an original idea that draws us deeper into the concept. The same goes for certain lyrics that appear briefly on screen, as is the case with other major bands. However, the use of AI-generated visuals and videos may be subject to debate, both in terms of their artistic relevance and their ability to capture the audience’s attention. That said, Ogarya delivers a high-calibre show with undeniable technical precision on the rhythmic side. Whether it’s the bass, guitar or drums, nothing escapes them! In addition to the brutal and unstoppable side of their compositions, the quartet includes a symphonic and melodic aspect, as on the new ‘The Fate We Shaped’ (2025) with its oriental sounds. That’s not all, as Ogarya unveils an exclusive preview of their track ‘Demonborn’, scheduled for release on 12 February and the first extract from the EP RIFT. The intensity won’t let up until ‘The Missing Link Theory’ (Nexus, 2024) closes the Picardy band’s set. Watch out, the temperature is rising!
Now it’s March Of Scylla‘s turn to take to the stage at the Brat Cave to promote their first album, ANDROMEDA, released last year. Without further ado, the quartet led by Florian, still hidden under his hood, launches into ‘BlaAst’, a track tinged with dreamy moments and clear vocals, but also heavy riffs and saturated voices. Immediately immersed in their universe and their dark post-metal, we are then hit with the groovy riff of ‘Ulysses’ Lies’, the true spearhead of this new album. Heavy, powerful and well orchestrated by a talented rhythm section, this track quickly gets the audience’s heads banging frantically. Indeed, the music of March of Scylla, which many discovered thanks to ANDROMEDA, clearly makes a splash with the audience, who are clearly enjoying hearing these new tracks played live. Almost the entire set naturally revolves around this album. In contrast to Ogarya, the band opted for a rather neutral projection with their logo superimposed on an atmospheric background. It is against this sober backdrop that the songs follow one another, like a mythological journey alternating between highly atmospheric passages and heavy riffs, accompanied by Flo‘s clear vocals and cavernous growls. On the instrumental side, while each member more than fulfils their role, our attention is drawn in particular to the newcomer of the evening, Arthur, introduced as the official replacement for original bassist Robert “Rob” Desbiendras. While we could see during the set that he was up to the task, the little improvised solo before “The Royal Way” showed us that he had what it takes! Truth be told, what better way to introduce this excellent track? The concert is coming to an end and March of Scylla treats us to two more songs: ‘Storm Dancer’ and ‘No Rules Alone’. While the first is very recent and very groovy, the second proves to be a bit of a challenge to play, according to the band. A challenge that was easily overcome with a superb solo by guitarist Christofer Fraisier, bringing the concert to a magnificent close.
All in all, this first date of the year at the Brat Cave went perfectly, showcasing the eclecticism of the metal scene in Hauts-de-France. From the audacity of Perspective‘s saxophone to the violence of Ogarya, ending with the spellbinding March of Scylla, the Lille audience was taken on a journey through worlds as distinct as they were masterful. 2026 is off to a flying start for fans of heavy music in the region!









































