Direction La Bulle Café pour la première fois de 2026, pour notre part. Et pas pour n’importe quelle soirée! En effet, Cerbère Coryphée nous proposait la release party de Nornes, dont l’album est paru le 28 novembre dernier. Pour les accompagner, on retrouvait deux autres formations régionales : Blême et Galibot. Une soirée sombre, locale et pleine de promesses !
Report par Mégane Canis
Photos par Marye DAVENNE
English version below
On démarre ce jeudi soir avec Blême, formation que l’on voit pour la première fois. La quintet propose un doom profond sur lequel la voix claire de Dorine vient se poser. Dans un aspect presque lyrique parfois, elle donne un aspect aérien aux compositions, là où les instruments proposent quelque chose de lourd et d’ancré. Certains passages se font plus énergiques, conférant un aspect métal, mais toujours très ambiant. Blême combine parfaitement lourdeur et mélodie, grâce notamment aux guitares de Corentin et Adrien. A l’arrière, Basile soutient totalement les titres par ses rythmes de batterie, avec une rigueur remarquable, sans jamais forcer le trait. Simon vient poser sa basse profonde, indispensable dans ce style. Les compositions sont assez longues et permettent à chaque fois d’instaurer une ambiance. Les lumières participent également à l’atmosphère générale. Les longs passages instrumentaux sont particulièrement prenants, tandis que la voix vient nous envoûter. Lors de certains passages, la guitare prend le lead, réussissant à nous laisser dans cette ambiance doom, tout en étant dans des sonorités plus légères et une structure rythmique différente. On retrouve dans l’univers du groupe, des inspirations à la Messa, qu’on aime beaucoup. Une très belle découverte locale donc, à laquelle le public a totalement adhéré, tout comme nous !
On continue cette soirée avec un autre groupe régional, et pas des moindres ! C’est en effet Galibot qui poursuit la soirée. La formation a signé il y a peu sur le label réputé Les Acteurs de l’Ombre. La scénographie s’installe. On sait que le groupe a récemment pris un temps en résidence. Et on va vite se rendre compte qu’il a porté ses fruits ! En effet, Galibot s’inspire de l’histoire minière de notre région et la transforme en un black metal prenant. Au-delà des éléments de décoration qui sont présents sur scène, les musiciens sont tous habillés et grimés en mineurs revenant du fond. On pense très vite à Houle dans l’esprit, eux aussi signés sur LADLO. Agathe vient nous asséner un chant possédé. Elle vit les titres et participe à leur puissance. Thomas (guitare) assure par moment les chœurs et semble lui aussi être totalement dans son personnage. En début de show, le son crash un peu, probablement par la complexité de l’ensemble. Très vite, on se rend compte qu’on a rarement eu un aussi bon son à La Bulle, qui n’a généralement pas à rougir de la prestation en la matière. La salle ne semble pas assez grande pour contenir toute leur énergie. Le travail scénographique est tout simplement épatant. On se prend une vraie claque du début à la fin. Les compositions sont hyper prenantes : les guitares viennent nous chopper aux tripes tandis qu’Agathe hurle dans un cri qui semble provenir du puits le plus profond qui soit. Les transitions samplées font que le groupe ne nous lâche à aucun moment de son set. Les riffs et les rythmes sont démentiels, on est pris dans ce déferlement avec plaisir. Les mouvements sont à la fois chorégraphiés et possédés, dans une sorte d’art brut contrôlé. La formation fait participer le public à bon escient : ni trop, ni trop peu. Le set passe avec une rapidité extrême, ce qui est un excellent signe d’une prestation plus que réussie. Thomas lâche sa guitare en fin de show pour un micro fil, créant ainsi un duo vocal d’une puissance indescriptible. Galibot nous quitte ainsi en apothéose, après ce qui restera clairement comme un de nos grands moments de 2026.
On termine donc la soirée avec Nornes, qui fête ici la sortie de son album Thou Hast Done Nothing. La transition un peu longue entre les deux groupes attise notre attente. Le doom de la formation s’installe progressivement dans la salle. Les titres longs requièrent une attention que la salle n’a pas partout. En effet, dans le fond, on semble encore avoir la tête dans le show dantesque de Galibot et les voix passent parfois un peu au-dessus de la musique. Il faut dire que Nornes n’a pas une tâche facile : proposer des titres lents, très introspectifs, après un déferlement plutôt exutoire qui a eu lieu juste avant. La scénographie est sobre et colle à l’ambiance qu’instaure le groupe. Les compositions invitent à ralentir son propre rythme. Le double chant, présentant une certaine reverb, emmène le tout dans un esprit de songes. La basse est bien présente par sa lourdeur. Les riffs de guitares se muent parfois en gimmicks répétitifs qui restent en tête après le concert. Cela est la conséquence de morceaux bien travaillés. Les longues parties instrumentales sont au centre des compositions. Le côté ambiant est particulièrement présent, et on sent également quelques influences de black metal qui sont totalement complémentaires avec le doom de base. On découvre avec plaisir ces morceaux très lents et longs qui nous incitent vraiment à mettre pause et à vivre le moment. On doit tout de même avouer qu’après Galibot, il n’est pas aisé de se mettre dans l’ambiance. Pour autant, nous n’avons rien à redire sur la qualité de ce que présente formation, que nous continuerons bien évidemment de suivre ! On vous invite à aller jeter une oreille à leur sortie récente.
La soirée release party de Nornes a été un véritable succès, autant dans la fréquentation de l’évènement que dans les shows proposés. On a assisté à trois sets de groupes locaux, chacun dans leur univers. Galibot a clairement marqué les esprits ce soir, avec une prestance incroyable et des titres à couper le souffle. On attend avec hâte de voir la suite de leur parcours qui s’annonce grandiose !
Un grand merci à Zelda pour les accréditation, à Cerbère Coryphée pour l’organisation de cette belle soirée et à La Bulle Café pour l’accueil au top!
We headed to La Bulle Café for the first time in 2026, and not just for any old evening! Cerbère Coryphée was hosting the release party for Nornes, whose album came out on November 28th. They were joined by two other local bands: Blême and Galibot. It was a dark, local evening full of promise!
Review by Mégane Canis
Pictures by Marye DAVENNE
We kick off this Thursday evening with Blême, a band we’re seeing for the first time. The quintet offers up deep doom metal, overlaid with Dorine‘s clear vocals. At times almost lyrical, her voice lends an ethereal quality to the compositions, contrasting with the heavy, grounded sound of the instruments. Some passages are more energetic, giving a metal feel, but always very ambient. Blême perfectly combines heaviness and melody, thanks in particular to Corentin and Adrien‘s guitars. At the back, Basile fully supports the tracks with his drum rhythms, with remarkable precision, without ever overdoing it. Simon adds his deep bass, essential in this style. The compositions are quite long and allow each one to create its own atmosphere. The lighting also contributes to the overall atmosphere. The long instrumental passages are particularly captivating, while the vocals enchant us. In certain passages, the guitar takes the lead, managing to leave us in this doom atmosphere, while using lighter sounds and a different rhythmic structure. The band’s universe is inspired by Messa, which we really like. A wonderful local discovery, then, which the audience loved, just like us!
We continue this evening with another regional band, and not just any band! Galibot is next on stage. The band recently signed with the renowned label Les Acteurs de l’Ombre. The stage is set. We know that the band recently took some time off to rehearse. And we quickly realize that it paid off! Indeed, Galibot draws inspiration from our region’s mining history and transforms it into captivating black metal. Beyond the decorative elements on stage, the musicians are all dressed and made up as miners returning from underground. Houle, also signed to LADLO, quickly comes to mind. Agathe delivers a possessed vocal performance. She lives the songs and contributes to their power. Thomas (guitar) provides backing vocals at times and also seems to be completely in character. At the beginning of the show, the sound crashes a little, probably due to the complexity of the ensemble. Very quickly, we realize that we have rarely had such good sound at La Bulle, which generally has nothing to be ashamed of in this regard. The venue doesn’t seem big enough to contain all their energy. The stage design is simply stunning. It’s a real punch in the gut from start to finish. The compositions are incredibly captivating: the guitars grab you by the guts while Agathe screams in a cry that seems to come from the deepest well imaginable. The sampled transitions mean that the band never lets up for a moment during their set. The riffs and rhythms are insane, and we are happily swept away by the tide. The movements are both choreographed and possessed, in a kind of controlled art brut. The band engages the audience just enough: neither too much nor too little. The set flies by, which is an excellent sign of a more than successful performance. Thomas drops his guitar at the end of the show for a microphone, creating a vocal duo of indescribable power. Galibot leaves us on a high note, after what will clearly remain one of our great moments of 2026.
We end the evening with Nornes, who are celebrating the release of their album Thou Hast Done Nothing. The somewhat lengthy transition between the two bands fuels our anticipation. The band’s doom metal gradually fills the room. The long tracks require a level of attention that the audience doesn’t always have. In fact, in the back, we still seem to have our heads in Galibot’s Dantean show, and the voices sometimes rise a little above the music. It must be said that Nornes does not have an easy task: offering slow, very introspective songs after the rather cathartic outburst that took place just before. The stage design is sober and fits the atmosphere created by the band. The compositions invite you to slow down your own rhythm. The double vocals, with a certain amount of reverb, take the whole thing into a dreamlike state. The bass is very present with its heaviness. The guitar riffs sometimes turn into repetitive gimmicks that stick in your head after the concert. This is the result of well-crafted songs. Long instrumental parts are at the center of the compositions. The ambient side is particularly present, and there are also some black metal influences that complement the basic doom sound perfectly. It’s a pleasure to discover these very slow and long tracks that really encourage us to pause and live in the moment. We must admit, however, that after Galibot, it’s not easy to get into the mood. Nevertheless, we have no complaints about the quality of what this band has to offer, and we will of course continue to follow them! We invite you to check out their recent release.
The Nornes release party was a huge success, both in terms of attendance and the shows on offer. We saw three sets from local bands, each with their own unique style. Galibot clearly made a lasting impression tonight, with their incredible stage presence and breathtaking songs. We can’t wait to see what’s next for them—it’s shaping up to be something spectacular!






























