#Live : The Cemetary Girlz + Guerre Froide + Hyldr + Canteleu @ La Scène du Louvre Lens, Lens – 17/01/2026

A quelques jours de la clôture de l’exposition Gothiques du Louvre Lens, le musée organisait un week-end entier consacré à cet art et à tout ce qui a pu en découler. Nous étions présents au concert intitulé Gothmania du samedi 17 janvier, qui regroupait The Cemetary Girlz, Guerre Froide, Hyldr, Canteleu et Brutal Beatnik. Une soirée sous le thème de la culture musicale gothique donc, qui avait lieu à La Scène du Louvre Lens. 

Report par Mégane Canis

Photos par Marye DAVENNE

English version below


Après avoir profité de l’exposition sur l’art gothique, son histoire, ses différentes formes et son influence actuelle, nous nous dirigeons vers La Scène. Alors que le match bat son plein juste à côté, nous sommes déjà nombreux à attendre l’ouverture des portes ou à profiter de la friterie. Toute la scène locale semble s’être donnée rendez-vous ici, et l’on croise autant de têtes connues que de nouveaux visages. 

C’est Canteleu qui ouvre le bal. Avec une introduction sur “Chloé” de Mylène Farmer, la formation nous plonge rapidement dans l’ambiance gothique. Le son froid du trio vient rapidement nous percuter. Les projections de vitraux à l’arrière font le lien avec l’exposition, encore toute fraîche dans notre esprit. L’écharpe du RCL trône sur la batterie de Mathieu alors que le match vient juste de se terminer sur une victoire, à quelques pas de là. Zelda, comme au Black Lab nous cueille avec sa voix pleine d’émotions et d’authenticité. Elle profite du micro pour remercier tous les groupes locaux venus soutenir leur prestation, qui les font passer “du CCL au Louvre Lens”. La formation en profite pour lancer “La Vie”, évoquant un morceau qui rappelle que l’extrême droite n’a aucune place et encore moins sur la scène gothique. Les textes poétiques nous happent. Les compositions dégagent quelque chose de brut et d’authentique. La batterie semi électronique amène une sonorité typiquement post-punk / cold-punk. L’ambiance sombre est totalement dans le thème. La reverb sur la voix de Zelda amène une profondeur parfaite. Théo (guitare) assure les chœurs, amenant encore plus de relief. La basse bien présente, également assurée par Zelda, vient apporter la lourdeur nécessaire et juste. A, membre de Korsakov et Sunstare vient en guest pour assurer le dernier titre à la basse. Zelda, plus libre de ses mouvements, peut alors laisser exprimer davantage d’émotions et vivre ses textes avec son corps entier. Elle termine par un “Vive Lens” très à propos, écharpe au poing. 

On continue la soirée avec Hyldr. La formation franco-belge attire d’emblée par son imagerie japonaise, autant dans le décor de scène que dans le costume. Une introduction mystérieuse avec uniquement une guitare et la voix nous met dans l’ambiance. Puis la batterie, la basse et une deuxième guitare viennent compléter la formation. Le chant est tantôt très aigu, tantôt très grave, donnant presque l’impression de deux voix se répondant. Les transitions se font avec une voix caverneuse et mystérieuse. Les mouvements de la chanteuse sont entre une chorégraphie et de l’art brut. Elle vient jouer du clavier, accroupie au sol. Malheureusement celui-ci ne s’entend pas au début. Ce problème sera par la suite corrigé, évitant ainsi l’aspect de trou au milieu du titre. La batterie, totalement acoustique, présente un son très sec. C’est le seul groupe qui est davantage à consonance metal de la soirée. Certaines parties de guitares se font particulièrement mélodiques et délicates, tandis que par moment les compositions se font plus agressives. On passe parfois de sonorités ambiantes à des passages plus épiques. Leur gothic metal combien plusieurs styles pour tenter de faire quelque chose d’original et unique. Certains y adhèrent, d’autres moins, mais la proposition est là. Pour ceux qui y sont sensibles, le prochain album de Hyldr est d’ailleurs à paraître rapidement.

On continue avec Guerre Froide. Le trio est en activité depuis le début des années 80. On remarque dès la table de merch leur univers artistique visuel marqué. Sur scène, les images particulièrement travaillées sont projetées en fond, tandis que le reste de la scénographie est particulièrement sobre. La formation est un trio qui se place totalement dans la mouvance post-punk / cold wave. Fabrice Fruchart assure à la fois la guitare et toutes les sonorités gérées par les deux ordinateurs, ainsi que leurs réglages. Pour démarrer cette prestation, Yves Royer (chant), nous assène ses paroles sur “La Tristesse”. Il vit ses textes, tout en étant assez minimaliste dans son expression corporelle. L’ambiance est sombre, lourde, lente et froide. Certains passages se font plus dansants. Puis à d’autres moments, on augmente le tempo, évoquant parfois des battements cardiaques, avec des accélérations et des ralentissements. Les titres sont relativement courts, ce qui permet au groupe d’en enchaîner pas moins de douze sur le set. On a même droit à un nouveau titre avec “Parfait”. Les compositions sont assez répétitives, propres au style, et on peut parfois avoir un sentiment de lassitude si l’on n’est pas totalement dans l’ambiance. La proposition rentre toutefois totalement dans l’esprit Gothmania et certains fans à l’avant sont plus que ravis. 

La transition avec l’avant-dernier groupe et tête d’affiche de la soirée est particulièrement courte et c’est le son venant d’en bas qui nous rappelle dans la salle. Lorsque l’on arrive devant The Cemetary Girlz, on constate un son catastrophique. La voix est inaudible, on entend à peine la guitare… Bref on assiste à un concert basse / batterie sans intérêt. Fort heureusement, l’équilibre s’améliore progressivement. On note toutefois qu’il a été de meilleure qualité plus tôt dans la soirée. On remarque également qu’avec l’avancée de la soirée, la salle s’est un peu vidée. La voix est pleine de reverb, semblant effectivement passée à travers la brume d’un cimetière lugubre. On est à 100% dans l’univers goth, avec un goth rock scénarisé. La basse reste lourde et particulièrement présente. Les premiers titres proposés sont particulièrement lents et ambiants, semblant même parfois un peu plats. Puis le tempo augmente et les sonorités se dynamisent et on entend même quelques influences post-punk. Sarkasm (batterie) prend le micro pour une double voix qui profite vraiment aux compositions et à l’ambiance. Le public, dopé à la Karmeliet, se chauffe par endroits. Cela prend peu à peu et on entre un peu plus dans l’univers du groupe. Danyra  (basse) vient également apposer quelques chœurs pour un peu plus de reliefs, notamment sur “Reflection”. Globalement le set est construit pour monter en intensité et devient de plus en plus prenant, malgré les bugs techniques du début. 

La soirée avance, la salle se vide peu à peu et malheureusement nous prenons également la décision de quitter les lieux et de reprendre la route. Nous espérons revoir Brutal Beatnik dans des conditions qui nous permettront de profiter entièrement de leur set.

La soirée concert de Gothmania a été une grande réussite, déjà de part sa fréquentation, l’évènement affichant complet quelques jours avant. Musicalement, les groupes proposés étaient dans le thème attendu de l’univers gothique au sens large, permettant de varier les styles musicaux. On doit bien avouer que sur la globalité ce n’est pas la soirée qui nous a le plus époustouflée tout de même. Le lieu et l’environnement sont toutefois des atouts indéniables. L’organisation de cet événement était très bonne. On vous conseille donc de surveiller les prochaines soirées proposées au Louvre Lens ! 


A few days before the closing of the Gothiques exhibition at the Louvre Lens, the museum organised an entire weekend dedicated to this art form and everything that has stemmed from it. We attended the Gothmania concert on Saturday January 17th, which featured The Cemetary Girlz, Guerre Froide, Hyldr, Canteleu and Brutal Beatnik. It was an evening themed around gothic music culture, held at La Scène du Louvre Lens.

Review by Mégane Canis

Pictures by Marye DAVENNE

After enjoying the exhibition on Gothic art, its history, its different forms and its current influence, we head to La Scène. While the match is in full swing next door, many of us are already waiting for the doors to open or enjoying the chip shop. The whole local scene seems to have gathered here, and we see as many familiar faces as new ones.

Canteleu kicks things off. With an introduction to Mylène Farmer’s ‘Chloé’, the band quickly plunges us into a gothic atmosphere. The trio’s cold sound hits us hard. The stained glass projections at the back tie in with the exhibition, still fresh in our minds. The RCL (the local football team, editor’s note) scarf sits proudly on Mathieu‘s drum kit, while the match has just ended in victory, a few steps away. Zelda, as at The Black Lab, captivates us with her voice full of emotion and authenticity. She takes advantage of the microphone to thank all the local bands who came to support their performance, which takes them ‘from the CCL to the Louvre Lens’. The band takes the opportunity to launch into ‘La Vie’, a song that reminds us that the far right has no place, least of all on the gothic scene. The poetic lyrics captivate us. The compositions exude something raw and authentic. The semi-electronic drums bring a typically post-punk/cold-punk sound. The dark atmosphere is totally in keeping with the theme. The reverb on Zelda‘s voice adds perfect depth. Théo (guitar) provides backing vocals, adding even more depth. The bass, also played by Zelda, is very present and provides just the right amount of heaviness. A, a member of Korsakov and Sunstare, guests on the last track on bass. Zelda, freer in her movements, can then express more emotion and live out her lyrics with her whole body. She ends with a very appropriate ‘Vive Lens’, scarf in fist.

We continue the evening with Hyldr. The Franco-Belgian band immediately draws us in with its Japanese imagery, both in the stage design and the costumes. A mysterious introduction with only a guitar and vocals sets the mood. Then the drums, bass and a second guitar complete the line-up. The vocals are sometimes very high-pitched, sometimes very low, almost giving the impression of two voices responding to each other. The transitions are made with a deep, mysterious voice. The singer’s movements are somewhere between choreography and art brut. She comes to play the keyboard, crouching on the floor. Unfortunately, it cannot be heard at first. This problem is later corrected, thus avoiding a gap in the middle of the song. The drums, which are completely acoustic, have a very dry sound. This is the only band of the evening that sounds more like metal. Some of the guitar parts are particularly melodic and delicate, while at other times the compositions are more aggressive. The band sometimes shifts from ambient sounds to more epic passages. Their gothic metal combines several styles in an attempt to create something original and unique. Some people like it, others less so, but the idea is there. For those who are interested, Hyldr’s next album is due out soon.

We continue with Guerre Froide. The trio has been active since the early 1980s. Their distinctive visual artistic universe is immediately apparent from their merch table. On stage, carefully crafted images are projected in the background, while the rest of the set design is particularly understated. The band is a trio that is firmly rooted in the post-punk/cold wave movement. Fabrice Fruchart plays guitar and manages all the sounds produced by the two computers, as well as their settings. To kick off the performance, Yves Royer (vocals) delivers his lyrics on ‘La Tristesse’. He lives his lyrics, while remaining fairly minimalist in his physical expression. The atmosphere is dark, heavy, slow and cold. Some passages are more danceable. Then at other times, the tempo increases, sometimes evoking heartbeats, with accelerations and decelerations. The tracks are relatively short, allowing the band to play no less than twelve in the set. We are even treated to a new track, ‘Parfait’. The compositions are quite repetitive, typical of the style, and can sometimes feel a little tiresome if you’re not totally into the vibe. However, the performance is totally in keeping with the spirit of Gothmania and some fans at the front are more than delighted.

The transition to the penultimate band and headliner of the evening is particularly short, and it is the sound coming from below that draws us back into the venue. When we arrive in front of The Cemetary Girlz, we notice that the sound is terrible. The vocals are inaudible, the guitar is barely audible… In short, we are witnessing a dull bass/drum concert. Fortunately, the balance gradually improves. However, we note that it was better earlier in the evening. We also notice that as the evening progresses, the room has emptied a little. The vocals are full of reverb, seeming to come through the mist of a gloomy cemetery. We are 100% in the goth universe, with scripted goth rock. The bass remains heavy and particularly present. The first tracks are particularly slow and ambient, sometimes even seeming a little flat. Then the tempo increases and the sounds become more dynamic, and we even hear some post-punk influences. Sarkasm (drums) takes the microphone for a double vocal that really benefits the compositions and the atmosphere. The audience, fuelled by Karmeliet, warms up in places. Little by little, we get more and more into the band’s world. Danyra (bass) also adds some backing vocals for a little more depth, particularly on ‘Reflection’. Overall, the set is built to increase in intensity and becomes more and more captivating, despite the technical glitches at the beginning.

The evening progresses, the room gradually empties, and unfortunately we also decide to leave and hit the road again. We hope to see Brutal Beatnik again in conditions that will allow us to fully enjoy their set.

The Gothmania concert evening was a great success, not least because of the turnout, with the event selling out a few days in advance. Musically, the bands performed in line with the expected theme of the gothic universe in the broadest sense, allowing for a variety of musical styles. We must admit that, overall, it wasn’t the most breathtaking evening we’ve ever experienced. However, the venue and setting are undeniable assets. The event was very well organised. We therefore recommend keeping an eye out for future events at the Louvre Lens!

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