#Live : Rilès + Waseem @ Le Zénith, Lille – 23/01/2026

Pour clôturer la semaine et fêter le week-end, c’était rendez-vous au Zénith de Lille ce vendredi 23 janvier. Quatre dates de la tournée de Rilès ont déjà eu lieu, et impossible de ne pas en avoir entendu parler, ou avoir vu quelques extraits, on ne pouvait donc que se réjouir de découvrir ce show en vrai. Accompagné par Waseem pour ouvrir la soirée, Tu M’étonnes Productions nous avait prévu une belle soirée cardio.

Article par Zo’

Crédit photo de couverture : Lou Bet

English version below


Alors que le Zénith finit doucement de se remplir, les lumières s’éteignent pour laisser place à Waseem. Derrière ses platines, le DJ/producteur commence en douceur pour échauffer le public. Dès le départ, il précise qu’il a 30 minutes pour nous réveiller, que ce n’est pas assez, mais qu’il va donner son maximum. Le début installe progressivement l’ambiance, et très vite on glisse vers du rap français que tout le monde reprend en chœur, avec Théodora ou encore Gradur. Pourtant, Waseem ne se laisse pas enfermer dans un seul genre, proposant aussi des sonorités plus pop, house, reggaeton ou encore rap américain. Dans tous les cas, le public chante, danse, et l’on a parfois l’impression de se retrouver en boîte de nuit. Waseem n’est pas non plus indifférent derrière ses platines : sa gestuelle est très présente et on sent que ses pieds ne demandent qu’à suivre le mouvement. Côté foule, les réactions semblent plus partagées : ça danse et ça chante, mais un brouhaha incessant persiste en fond. La demi-heure s’écoule malgré tout très rapidement avant qu’il ne quitte la scène.

 

Un peu avant 21h, les lumières s’éteignent à nouveau. Le public devient immédiatement plus qu’attentif : la réputation des shows de Rilès n’est plus à faire. Sur un fond lumineux bleu, Rilès apparaît, un corps en lévitation avant de chuter. La scénographie reste relativement simple, avec un immense ensemble rocheux en arrière scène. On se retrouve presque dans un désert aride où une seule option semble possible : survivre. Et puisqu’il est question de survie, on ne perd pas de temps. “Pressure” ouvre le set, accompagné de pyrotechnie. D’abord positionné en haut du rocher, Rilès descend rapidement pour se rapprocher de son public, rejoint par huit danseurs. Il l’annonce très vite : ce soir, on est là pour faire du cardio.

Pour cela, on enchaîne avec “Survival”, tiré de Survival Mode, sorti en 2025. Toute cette partie « sportive » fait écho à la sortie de l’album et aux vingt-quatre heures que Rilès a passées à courir sur un tapis, mais aussi au rôle central qu’a joué le sport dans sa reconstruction personnelle. L’artiste a été particulièrement productif en 2025, livrant ce second album accompagné d’une performance marquante, une tournée des festivals, puis la suite avec The 25th Hour en octobre, également liée à une nouvelle performance. Pourtant, Rilès n’oublie pas d’où il vient et nous ramène rapidement à “In The Jungle”, extrait de son premier album sorti en 2019, avant d’enchaîner avec “Marijuana”. Il en profite pour rappeler qu’il ne fume plus aujourd’hui et regrette le temps perdu, sans pour autant renier cette chanson, qui est l’une de ses préférées, écrite sous influence. Rilès n’a pas besoin de chœurs ou de back-up vocal : le public s’en charge sans difficulté.

Difficile de classer la musique de Rilès dans une catégorie précise. Généralement associé au hip-hop ou au rap, son univers est pourtant très mélodique et varié. Si l’on aurait parfois aimé entendre davantage d’instruments en live, l’espace scénique, largement occupé par la scénographie et les danseurs, ne s’y prête pas vraiment. On a tout de même droit à “Big Trouble”, qui temporise ce début de concert : Rilès se retrouve seul avec sa guitare sur l’avancée de la scène. Le chemin vers une meilleure santé, et notamment vers la sobriété, reste un thème central. Il en parle régulièrement, que ce soit à travers ses prises de parole ou des titres comme “Stay Clean”, avant de montrer comment le sport a remplacé ses anciennes addictions. Un tapis de course apparaît alors au sommet du rocher. Si la réputation de Rilès n’est plus à faire, le voir courir tout en chantant ou en parlant dans le micro, sans signe audible d’essoufflement incontrôlé, reste toujours aussi impressionnant.

Avec les morceaux de The 25th Hour, la direction artistique évolue. Les lumières orangées se reflétant sur le sol en vinyle laissent place à un noir et blanc marqué par une seule couleur : le rouge. “Leaving The City” ouvre ce passage, suivi de “Don’t Cry My Love”, dont les paroles apparaissent en rouge à l’écran, permettant au public de joindre ses voix à celles de Rilès. La fin se fait a cappella, d’abord avec l’artiste, puis uniquement avec la foule, qui n’avait clairement pas besoin d’aide pour chanter. Une parenthèse s’ouvre alors sur la situation mondiale, les dirigeants qui envahissent des pays sans savoir régler leurs propres vices lançant “Justice and Peace”, et à mi-parcours Rilès récupère un drapeau palestinien en déclarant « Say Free Palestine », le brandissant bien haut pour que tout le monde puisse le voir. L’enchaînement se poursuit avec “Business Is Business”, critique acerbe de la société, musicale notamment, dont la mélodie plus commerciale, aux sonorités très dansantes, semble renforcer le propos.

Après ces moments forts, Rilès nous rappelle que l’on est ici pour faire du cardio et évacuer le stress de la semaine. Sur “Pesetas”, une pause avant le dernier refrain permet à deux cercles de se former dans la fosse, chacun prêt à sauter sur place ou à entrer dans les pogos. Lorsqu’un membre du public monte sur scène pour faire quelques pompes, l’esprit sportif reprend le dessus, tandis qu’une véritable salle d’entraînement se met en place à l’arrière. Rilès évoque alors le fait que tout le monde connaît la sensation d’un cœur brisé. Les danseurs s’installent sur différents bancs et agrès, se mettant à l’effort pendant que le chanteur circule entre eux, suivi par un caméraman. “I Thought” se termine avec Rilès au centre, entouré de ses danseurs, le poussant une nouvelle fois à se dépasser. Les éléments disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus.

Pas le temps de se reposer : il est question de combattre ses démons. Rilès plonge la salle dans un univers japonisant avec “Save My Mind”, aux sonorités électro dansantes, chanté en partie en japonais. Sa capacité à passer de l’anglais à d’autres langues, japonais, français ou portugais, sans jamais dénaturer son univers reste bluffante. À l’approche de la fin du set, Rilès se retrouve en hauteur pour deux titres. Seul sur cette plateforme, entouré de pyrotechnie, il devient impossible de l’ignorer, mais il devient surtout le seul personnage de cette aventure. Le show prend encore en ampleur, et le choix de “The Devil’s in the City” et “Ready To Die” semble parfaitement accompagner l’énergie de la scénographie. Les claquements de pieds et les cris du public gagnent en intensité.

C’est alors le moment pour Rilès d’évoquer le titre qui l’a révélé, avouant qu’il en avait d’abord honte et n’osait pas le sortir, avant qu’un ami ne le pousse à le faire. Le public lui donne raison, le chant s’élevant unanimement depuis la fosse. Sur “End Of Survival”, Rilès reprend une guitare et conclut en puissance, mais avec retenue. Lorsqu’il chante « La vie vaut la peine d’être vécue », au regard des phases sombres qu’il a traversées et du message qu’il transmet aujourd’hui, encourager son public à se dépasser et à avancer, on comprend qu’il s’agit d’un véritable cri du cœur.

Plus qu’un concert, Rilès livre au Zénith de Lille une expérience totale, à la frontière entre performance physique, introspection et communion collective. Porté par une scénographie maîtrisée, une énergie constante et un message profondément humain, il transforme la salle en un espace de dépassement de soi et de libération. Une soirée intense, sincère et fédératrice, qui confirme une chose : Rilès ne se contente pas de jouer sur scène, il partage un combat, une vision et une foi inébranlable dans la force de la musique et du mouvement..

Un grand merci à Valentine pour l’accréditation, à Tu M’Etonnes Productions pour l’organisation de cette soirée et au Zénith De Lille pour l’accueil.


To round off the week and celebrate the weekend, we headed to the Zénith in Lille on Friday January 23rd. Four dates of Rilès’ tour have already taken place, and it was impossible not to have heard about it or seen a few clips, so we were really looking forward to seeing the show live. Accompanied by Waseem to open the evening, Tu M’étonnes Productions had planned a great cardio workout for us.

Review by Zo’

Pictures : Lou Bet

As the Zénith slowly filled up, the lights went down to make way for Waseem. Behind his turntables, the DJ/producer started gently to warm up the audience. From the outset, he made it clear that he had 30 minutes to wake us up, that it wasn’t enough, but that he would give it his all. The beginning gradually set the mood, and very quickly we slipped into French rap that everyone sang along to, with Théodora and Gradur. However, Waseem did not limit himself to a single genre, also offering more pop, house, reggaeton and American rap sounds. In any case, the audience sang and danced, and at times it felt like we were in a nightclub. Waseem is not indifferent behind his turntables either: his gestures are very present and you can feel that his feet are just waiting to follow the movement. As for the crowd, reactions seem more mixed: they dance and sing, but there is a constant hubbub in the background. Nevertheless, the half hour passes very quickly before he leaves.

Shortly before 9 p.m., the lights go out again. The audience immediately becomes more than attentive: Rilès‘ shows have a well-established reputation. Against a bright blue backdrop, Rilès appears, his body levitating before falling. The stage design remains relatively simple, with a huge rock formation at the back of the stage. We find ourselves in what feels like an arid desert where only one option seems possible: survival. And since survival is the name of the game, there’s no time to waste. ‘Pressure’ opens the set, accompanied by pyrotechnics. Initially positioned at the top of the rock, Rilès quickly descends to get closer to his audience, joined by eight dancers. He announces it very quickly: tonight, we’re here to do some cardio.

To this end, we move on to ‘Survival’, taken from Survival Mode, released in 2025. This whole ‘sporting’ aspect echoes the release of the album and the twenty-four hours Rilès spent running on a treadmill, but also the central role that sport played in his personal recovery. The artist was particularly productive in 2025, delivering this second album accompanied by a memorable performance, a festival tour, and then The 25th Hour in October, also linked to a new performance. Yet Rilès hasn’t forgotten where he came from and quickly takes us back to ‘In The Jungle’, taken from his first album released in 2019, before moving on to ‘Marijuana’. He takes the opportunity to remind us that he no longer smokes and regrets the time he wasted, without denying this song, which is one of his favourites, written under the influence. Rilès doesn’t need backing vocals or a choir: the audience takes care of that with ease.

It is difficult to classify Rilès‘ music into a specific category. Generally associated with hip-hop or rap, his universe is nevertheless very melodic and varied. While we would have liked to hear more live instruments at times, the stage space, largely occupied by the set design and dancers, does not really lend itself to this. Nevertheless, we are treated to ‘Big Trouble’, which slows down the start of the concert: Rilès finds himself alone with his guitar on the front of the stage. The path to better health, and in particular to sobriety, remains a central theme. He talks about it regularly, both in his speeches and in songs such as ‘Stay Clean’, before showing how sport has replaced his former addictions. A treadmill then appears at the top of the rock. While Rilès‘ reputation is well established, seeing him run while singing or talking into the microphone, with no audible sign of uncontrolled breathlessness, is still as impressive as ever.

With the tracks from The 25th Hour, the artistic direction evolves. The orange lights reflecting on the vinyl floor give way to black and white marked by a single colour: red. ‘Leaving The City’ opens this passage, followed by ‘Don’t Cry My Love’, whose lyrics appear in red on the screen, allowing the audience to join their voices with those of Rilès. The end is performed a cappella, first with the artist, then only with the crowd, who clearly needed no help singing. A parenthesis then opens on the global situation, with leaders invading countries without knowing how to fix their own vices, launching into ‘Justice and Peace’, and halfway through, Rilès picks up a Palestinian flag, declaring ‘Say Free Palestine’ and waving it high for everyone to see. The sequence continues with ‘Business Is Business’, a scathing critique of society, particularly the music industry, whose more commercial, danceable melody seems to reinforce the message.

After these intense moments, Rilès reminds us that we are here to do cardio and relieve the stress of the week. On ‘Pesetas’, a pause before the final chorus allows two circles to form in the pit, each ready to jump on the spot or join in the pogo dancing. When a member of the audience climbs on stage to do a few push-ups, the sporting spirit takes over, while a real gym is set up at the back. Rilès then mentions that everyone knows the feeling of a broken heart. The dancers settle onto various benches and apparatus, putting in the effort while the singer circulates among them, followed by a cameraman. ‘I Thought’ ends with Rilès in the centre, surrounded by his dancers, pushing him once again to surpass himself. The elements disappear as quickly as they appeared.

No time to rest: it’s time to fight your demons. Rilès plunges the room into a Japanese-inspired universe with ‘Save My Mind’, with its danceable electro sounds, sung partly in Japanese. His ability to switch from English to other languages, Japanese, French or Portuguese, without ever distorting his universe, remains impressive. As the set draws to a close, Rilès finds himself high up for two songs. Alone on this platform, surrounded by pyrotechnics, it becomes impossible to ignore him, but above all, he becomes the sole character in this adventure. The show grows even bigger, and the choice of ‘The Devil’s in the City’ and ‘Ready To Die’ seems to perfectly match the energy of the stage design. The stomping and shouting of the audience grows in intensity.

It is then time for Rilès to mention the song that brought him to prominence, admitting that he was initially ashamed of it and didn’t dare release it, before a friend pushed him to do so. The audience agrees with him, singing along in unison from the pit. On ‘End Of Survival’, Rilès picks up a guitar and concludes powerfully, but with restraint. When he sings ‘Life is worth living’, given the dark times he has been through and the message he conveys today, encouraging his audience to surpass themselves and move forward, we understand that this is a true cry from the heart.

More than just a concert, Rilès delivers a total experience at the Zénith in Lille, combining physical performance, introspection and collective communion. Driven by masterful staging, constant energy and a deeply human message, he transforms the venue into a space for self-transcendence and liberation. An intense, sincere and unifying evening that confirms one thing: Rilès doesn’t just play on stage, he shares a struggle, a vision and an unshakeable faith in the power of music and movement.

Laisser un commentaire