Le duo Softcult, basé en Ontario et formé par Mercedes et Phoenix Arn-Horn (ex-Courage My Love), sortira son premier album When a Flower Doesn’t Grow le 30 janvier chez Easy Life Records. Enraciné dans le traumatisme, la désillusion, l’émancipation et la libération finale, ce premier album explore les cycles de l’oppression, de la maltraitance et du conformisme, tout en défendant discrètement le courage nécessaire pour se libérer. S’inspirant du grunge des années 90, du shoegaze, de la dream pop atmosphérique et du punk riot grrrl, Softcult façonne un son saturé à la fois réconfortant et provocateur.
par Zo’
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Inspiré par une citation du néerlandais Alexander den Heijer, « Quand une fleur ne fleurit pas, on modifie l’environnement dans lequel elle pousse, pas la fleur », le groupe a légèrement modifié la phrase et laissé le reste en suspens. Comme l’explique la chanteuse Mercedes : « Nous ne pouvons pas nous épanouir dans des environnements oppressants. Nous avons besoin que le monde qui nous entoure soit un environnement qui nous encourage à grandir. » Cette idée devient le fil conducteur émotionnel de tout l’album, qui s’ouvre sur une « Intro » qui donne immédiatement le ton. Des notes de synthé nostalgiques créent une atmosphère étrange, presque onirique, tandis qu’un bruit de fond gagne lentement en intensité. Il s’insinue comme un parasite, prenant progressivement le dessus sur la mélodie du clavier et semant les premiers germes du malaise. Dès le début, Softcult nous invite dans un espace où coexistent beauté et malaise. Ce sentiment se prolonge naturellement dans « Pill to Swallow », une ballade dream pop douce et inquiétante qui lance l’album exactement là où on s’y attendait. Des guitares saturées de réverbération et un rythme langoureux se déploient patiemment, devenant de plus en plus lourds au fur et à mesure que la chanson progresse. Elle traduit la prise de conscience que nous vivons une époque oppressante, où le burn-out prend le dessus et où la volonté de se battre s’estompe. Plutôt que d’aller de l’avant, le morceau s’attarde sur cette fatigue et la reconnaît. Ensuite, « Naive » suit la même voie sonore, prolongeant ce sentiment de désillusion tranquille. Construite autour de la phrase « Guess I was naive », la chanson reflète le moment où la confiance que nous avions dans les personnes ou les institutions dans lesquelles nous avions été élevés s’effondre soudainement. L’ambiance reste sobre et introspective, mais le poids émotionnel s’intensifie à mesure que l’innocence cède la place à la prise de conscience.
L’énergie change avec « 16/25 ». La batterie mène le morceau et la ligne de basse creuse profondément, ancrant le refrain avec une présence plus lourde. Abordant le grooming et les comportements prédateurs, la chanson ressemble à une confrontation. En tant qu’auditeurs, nous entendons tout ce que le groupe a voulu dire aux hommes plus âgés prédateurs, mais nous avons également un aperçu troublant des attentes et de l’état d’esprit de ces personnages. C’est inconfortable, direct et nécessaire. Cette tension s’accentue encore dans « She Said, He Said », porté par une ligne de basse proéminente et une attitude punk. Les couplets parlés donnent au morceau un ton direct, presque détaché, qui rappelle le ton narratif de « Popular » de Nada Surf. La chanson raconte un premier rendez-vous qui se termine par une agression sexuelle, et l’absence de dramatisation ne fait que la rendre plus percutante.
« Hurt Me » plonge dans les traumatismes de l’enfance et le cycle douloureux qui consiste à retomber dans le même type de relations néfastes. La rage imprègne le début du morceau, avant de s’adoucir dans la partie centrale. Il est brut et sans filtre, laissant les émotions s’exprimer librement plutôt que de les contenir. Avec « I Held You Like Glass », l’album se retire dans quelque chose de plus calme et de plus fragile. Le son s’adoucit, mais la vulnérabilité occupe le devant de la scène. Tout ici semble délicat, comme si cela pouvait se briser à tout moment, reflétant l’état émotionnel dans lequel se trouve la chanson. Cette atmosphère se poursuit dans « Queen of Nothing », enveloppée de guitares lourdes de réverbération et de textures dream pop. Au niveau des paroles, le morceau aborde les doubles standards, les jugements sévères et les attentes irréalistes imposés aux femmes par une société patriarcale. Il flotte doucement, mais le message sous-jacent reste tranchant et incisif. « Tired » brise cette atmosphère rêveuse avec un coup de poing. Courte, rapide et animée par l’énergie du punk et du garage rock, la chanson va droit au but. Commençant directement par « Tired of self deprecation, Tired of the humiliation, Tired of the expectation, Tired of the explanation. I’M TIRED », il n’y a pas de place pour la subtilité ici, juste de l’épuisement transformé en résistance.
L’ambiance s’apaise à nouveau avec « Not Sorry », qui offre un moment plus sobre après l’intensité des morceaux précédents. On dirait une pause, un moment pour respirer avant la conclusion finale. L’album se termine avec le morceau titre « When a Flower Doesn’t Grow ». Commençant lentement avec seulement une guitare acoustique et un chant doux, la chanson s’intensifie progressivement à mesure que des couches de réverbération et de distorsion s’ajoutent. Le rythme s’accélère, l’intensité monte et la nostalgie envahit le morceau, mais au lieu de s’estomper doucement, il se termine brusquement. Il n’y a pas de résolution claire, seulement le sentiment persistant que l’histoire se poursuit au-delà du disque.
Malgré la lourdeur de ses thèmes, When a Flower Doesn’t Grow donne l’impression d’être une couverture réconfortante qui enveloppe des vérités difficiles. L’album commence dans un endroit qui semble presque pur et naïf, passe par la prise de conscience et la colère, et aboutit finalement à l’émancipation. Entre catharsis alimentée par la rage et introspection rêveuse, Softcult offre un aperçu d’espoir, fragile, mais indispensable dans le monde d’aujourd’hui.

Tracklist :
01 : Intro
02 : Pill To Swallow
03 : Naive
04 : 16/25
05 : She Said He Said
06 : Hurt Me
07 : I Held You Like Glass
08 : Queen Of Nothing
09 : Tired
10 : Not Sorry
11 : When A Flower Doesn’t Grow
Ontario-based sibling duo Softcult, formed by Mercedes and Phoenix Arn-Horn (ex Courage My Love), will release their debut album When a Flower Doesn’t Grow on January 30th via Easy Life Records. A record rooted in trauma, disillusionment, empowerment and eventual liberation, this first full-length explores cycles of oppression, abuse and conformity, while quietly championing the courage it takes to break free. Drawing from 90s grunge, shoegaze, atmospheric dream-pop and riot grrrl punk, Softcult shape a fuzz-laden sound that feels both comforting and confrontational.
by Zo’
Inspired by a quote from Dutch speaker Alexander den Heijer, “When a flower doesn’t bloom, you fix the environment in which it grows, not the flower”, the band slightly altered the phrase and left the rest unsaid. As singer Mercedes explains: “We can’t flourish in environments that are oppressive. We need the world around us to be an environment that encourages us to grow.” This idea becomes the emotional thread running through the entire record, opening with an “Intro” that immediately sets the tone. Nostalgic synth notes create an eerie, almost dreamlike atmosphere, while a background noise slowly gains intensity. It creeps in like a parasite, gradually overtaking the keyboard melody and planting a first seed of discomfort. From this very start, Softcult invites us into a space where beauty and unease coexist. That feeling carries naturally into “Pill to Swallow”, a soft and eerie dream-pop ballad that launches the album exactly where you would expect it to begin. Reverb-soaked guitars and a languorous rhythm unfold patiently, growing heavier as the song progresses. It captures the realisation that we are living in oppressive times, moments when burnout takes over and the will to fight fades. Rather than pushing through, the track sits with that exhaustion and acknowledges it. After that “Naive” follows in the same sonic lane, extending that sense of quiet disillusionment. Built around the line “Guess I was naive”, the song reflects the glass-shattering moment when trust, in people or institutions we were raised to believe in, suddenly collapses. The mood remains restrained and introspective, but the emotional weight deepens as innocence gives way to awareness.
The energy shifts with “16/25”. Drums lead the track forward and the bass line digs deep, anchoring the chorus with a heavier presence. Addressing grooming and predatory behaviour, the song feels like a confrontation. As listeners, we hear everything the band has wanted to say to predatory older men, but we’re also offered a disturbing glimpse into the expectations and mindset of those figures. It’s uncomfortable, direct, and necessary. That tension sharpens further on “She Said, He Said”, driven by a prominent bass line and a punk-infused attitude. Spoken-word verses give the track a blunt, almost detached delivery, recalling the storytelling tone of Popular by Nada Surf. The song narrates a first date that ends in sexual assault, and the lack of dramatization only makes it hit harder.
“Hurt Me” dives into childhood trauma and the painful cycle of falling back toward the same kinds of harmful relationships. Rage runs through the beginning of the track, before getting softer in the middle section. It’s raw and unfiltered, letting emotion spill rather than containing it. With “I Held You Like Glass”, the album retreats into something quieter and more fragile. The sound softens, but vulnerability takes center stage. Everything here feels delicate, as if it could shatter at any moment, mirroring the emotional state the song inhabits. That atmosphere continues on “Queen of Nothing”, wrapped in reverb-heavy guitars and dream-pop textures. Lyrically, the track tackles the double standards, harsh judgments and unrealistic expectations placed on women by a patriarchal society. It floats gently, but the message underneath remains sharp and cutting. “Tired” breaks that dreaminess with a punch. Short, fast and driven by punk and garage-rock energy, the track is straight to the point. Starting directly with “Tired of self deprecation, Tired of the humiliation, Tired of the expectation, Tired of the explanation. I’M TIRED”, there’s no room for subtlety here, just exhaustion turned into resistance.
The mood calms again with “Not Sorry”, offering a more restrained moment after the intensity of what came before. It feels like a pause, a moment to breathe before the final statement. The album closes with the title track “When a Flower Doesn’t Grow”. Starting slowly with just an acoustic guitar and a soft vocal delivery, the song gradually builds as layers of reverb and distortion creep in. The rhythm picks up, intensity rises, and nostalgia washes over the track but instead of fading out gently, it ends abruptly. There’s no neat resolution, only the lingering feeling that the story continues beyond the record.
Despite the heaviness of its themes, When a Flower Doesn’t Grow feels like a comforting blanket wrapped around difficult truths. The album begins in a place that feels almost pure and naïve, moves through realisation and anger, and ultimately points toward empowerment. Somewhere between rage-fueled catharsis and dreamy introspection, Softcult offers a glimpse of hope, fragile, but very much needed in today’s world.