#Album : Thistle Sifter – Forever The Optimist (06/02/2026)

Projet instrumental post-rock cinématographique du musicien anglais Pete Barnes, Thistle Sifter dévoile Forever The Optimist ce 6 février 2026 via FREIA Music. Après deux albums marqués par l’intime (A Spectral Moon, Circles), ce nouveau disque élargit le regard vers des enjeux profondément politiques et existentiels, liés à l’exploitation du vivant, la complicité des médias et le néo-libéralisme. 

par Marye Davenne

English version below


Dès l’ouverture avec « Anthropocene », dont le titre pourrait sans peine figurer dans la discographie de The Ocean, Thistle Sifter pose un cadre lourd de sens et d’inquiétude. Le morceau « Ghost Acres », long de huit minutes, enfonce le clou en s’ouvrant et se refermant sur un discours de George Monbiot évoquant les ravages de l’agriculture moderne sur notre environnement. Très vite, le morceau s’emballe et devient plus prenant, porté par un rythme qui s’accélère et par un clavier qui élargit notre perception, comme si le spectre du visible s’étendait soudainement. On y ressent la présence fantomatique de tout ce qui a disparu, flottant autour de nous. La richesse sonore est impressionnante, mêlant batterie, guitare, basse, mais aussi violon et claviers, dans une orchestration dense et immersive. « Atop A Horrid Hill » débute ensuite sur une guitare acoustique solo, presque comme une comptine fragile. Le morceau gagne progressivement en ampleur, sans jamais perdre sa douceur, soutenu par des violons délicats. Une tristesse sourde s’en dégage, tapie dans les textures et les harmonies. Le contraste est saisissant lorsque surgit « One Fleeting Glance », porté par un riff électronique presque dansant. Ce changement d’ambiance apporte un souffle nouveau, tout en conservant cette tension sous-jacente qui traverse l’album.

Nicolas Poussin installe un puissant memento mori. On croit y entendre des chants de baleines, semblables à des cris de deuil, rappelant que la mort rôde même au cœur des paysages idéalisés. Le morceau, long de six minutes, prend le temps d’aller chercher les émotions les plus enfouies avec une beauté aussi fragile qu’infinie. Enfin, le titre éponyme « Forever The Optimist » clôt l’album sur une note faussement lumineuse. Le piano y guide d’abord l’écoute, incarnant cette tendance humaine à l’optimisme, parfois aveugle. Peu à peu, violon et violoncelle prennent le relais, ajoutant une dernière couche d’émotion. Une conclusion tout en retenue, qui laisse l’auditeur face à ses propres contradictions.

Avec Forever The Optimist, Thistle Sifter signe une très belle découverte émouvante. Rien d’étonnant de découvrir que le projet a déjà partagé la scène avec des formations comme Törzs ou Oh Hiroshima. On ne peut qu’espérer désormais pouvoir en faire l’expérience en live, un jour, sur nos terres françaises.

Image description

Tracklist :

1. Anthropocene
2. Ghost Acres
3. Atop A Horrid Hill
4. One Fleeting Glance
5. Endling
6. Weightless
7. Et In Arcadia Ego
8. Forever The Optimist


<Thistle Sifter, the cinematic post-rock instrumental project of English musician Pete Barnes, will release Forever The Optimist on February 6th, 2026 via FREIA Music. After two intimate albums (A Spectral Moon, Circles), this new record broadens its scope to deeply political and existential issues related to the exploitation of living beings, media complicity and neoliberalism.

by Marye Davenne

From the opening track, « Anthropocene », whose title could easily feature in The Ocean‘s discography, Thistle Sifter sets a tone heavy with meaning and unease. The eight-minute track ‘Ghost Acres’ drives the point home, opening and closing with a speech by George Monbiot evoking the ravages of modern agriculture on our environment. Very quickly, the track picks up speed and becomes more captivating, carried by an accelerating rhythm and a keyboard that broadens our perception, as if the spectrum of the visible were suddenly expanding. We feel the ghostly presence of everything that has disappeared, floating around us. The richness of the sound is impressive, combining drums, guitar and bass, as well as violin and keyboards, in a dense and immersive orchestration. ‘Atop A Horrid Hill’ then begins with a solo acoustic guitar, almost like a fragile nursery rhyme. The track gradually gains momentum, without ever losing its gentleness, supported by delicate violins. A muted sadness emanates from it, lurking in the textures and harmonies. The contrast is striking when ‘One Fleeting Glance’ emerges, carried by an almost danceable electronic riff. This change of mood brings a breath of fresh air, while maintaining the underlying tension that runs through the album.

Nicolas Poussin’s painting establishes a powerful memento mori. One thinks one can hear the songs of whales, like cries of mourning, reminding us that death lurks even in the heart of idealised landscapes. The six-minute track takes the time to draw out the most deeply buried emotions with a beauty as fragile as it is infinite. Finally, the eponymous track ‘Forever The Optimist’ closes the album on a deceptively bright note. The piano initially guides the listener, embodying the human tendency towards optimism, which can sometimes be blind. Gradually, the violin and cello take over, adding a final layer of emotion. It is a restrained conclusion that leaves the listener facing their own contradictions.

With Forever The Optimist, Thistle Sifter has created a beautiful and moving new discovery. It comes as no surprise that the project has already shared the stage with bands such as Törzs and Oh Hiroshima. We can only hope to experience them live one day on French soil.

Laisser un commentaire