#Live : Youth Code + King Yosef + Street Sects @ La Bulle Café, Lille – 06/02/2026

Les fans de musique indus et électroniques avaient rendez-vous à la Bulle Café en ce 6 février pour un plateau d’exception proposé par Cerbère Coryphée. En effet les américains de Youth Code et leur EBM industriel sont venus accompagnés de leurs compatriotes de King Yosef et Street Sects pour une soirée où le gros son s’annoncait au centre du jeu. Malgré une offre pléthorique dans la métropole lilloise le public s’est déplacé en nombre pour une date qui s’annonçait comme une belle offrande pour les tympans prêts à une déferlante sonore. 

Report par Victor BRUNERIE

Photos par Marye DAVENNE

English version below


La soirée commence en force avec Street Sects. Le duo composé de Leo Ashline au chant et de Shaun Ringsmuth aux claviers et samples nous offre d’entrée une musique très expérimentale entre indus, punk et noise. Caché derrière sa caisse et ses claviers, Shaun donne tout et nous balance une avalanche sonore magnifiée par la performance hypnotique de Leo qui le rejoint après une longue intro instrumentale. Le public est aux anges, et de notre côté on se délecte de cette totale découverte musicale. Le chanteur, qui ne sait pas être immobile, bouge dans tous les sens et n’hésite pas à aller au plus près du public voire même dans la fosse pour hurler ses paroles habitées au plus près des visages. Le duo nous balance une musique clairement sans concession et qui respire le dégout d’un monde allant de mal en pis, et autant vous dire qu’on n’en manquera pas une miette. Tout dans la prestation est fait pour qu’on ne décolle pas le regard de ce qu’il se passe sur scène. Musicalement les samples et autres parties de claviers bien indus sont d’une force folle et la voix de Leo vient en remettre une couche avec cette envie bien visible de laisser chaque émotion transparaître au plus fort. La demi heure de set file à une vitesse folle et nous offre un bel aperçu de la discographie du duo texan. Autant vous dire qu’on ne pouvait rêver plus beau début de soirée et quand le dernier titre arrive, on se dit qu’on en aurait bien repris un peu plus. On commence donc par une très belle surprise qui nous laisse avec l’envie de partir découvrir plus en profondeur les sorties des américains. Vive Street Sects et à très vite dans le coin!

On enchaîne assez rapidement avec King Yosef, nom du projet de Tayves Yosef Pelletier, qui est arrivé accompagné de ses musiciens Cameron (guitare & claviers) et Ryan (batterie) pour un concert promettant d’être dansteque! Et ca commence fort avec « Molten Fear », le single de Spire Of Fear, son dernier album en date. La musique de King Yosef est amplifiée par le travail des deux musiciens et on sent une vraie envie de nous mettre les cervicales en miettes dès ce premier titre. On retrouve en live tout ce qui nous avait conquis sur album et bien plus. Il faut dire que ce que nous propose King Yosef est un mélange habile entre indus captivant et influences hardcore on ne peut plus présentes. C’est simple sur certains morceaux Tayves nous lâche un chant avec des aires de Bryan Garris de Knocked Loose, et ça n’est clairement pas pour nous déplaire. Les anciens morceaux sont aussi de la partie avec les superbes « Cut The Chord » ou « Mist Of Pain » qui laissent encore une fois le public habité par cette musique délivrée sans concessions par le trio. Tayves communique aisément avec le public et remercie tout le monde pour l’accueil en incitant à plus de mouvement, vœu qui sera petit à petit exaucé. « Lichen » et « Doomtown » nous montrent une fois de plus à quel point le dernier album du projet regorge de tubes en puissance. Les deux musiciens sont en grande forme et nous livrent une prestation d’anthologie laissant au maître de cérémonie l’occasion de faire monter l’intensité toujours plus fort. L’évolution sonore est constante et laisse nos oreilles dans un maelström de dévastation pour notre plus grand plaisir. Le show a filé à une vitesse folle et voilà déjà le temps des derniers titres. « Vi Coactus » et « Spire Of Fear » viennent mettre fin au concert de King Yosef de la plus belle des manières. Le côté hardcore est toujours plus présent et la présence scénique de Tayves ne faiblit pas et termine de nous laisser avec la certitude d’avoir vécu un concert inoubliable. Autant vous le dire, on attendait ce show avec impatience et on en ressort ravis et prêts à remettre ça très vite! Ce premier passage de King Yosef dans la capitale des Flandres a conquis le public et on imagine aisément voir un retour rapide des américains dans le coin pour combler ceux ayant manqué cette soirée.

Pour terminer la soirée direction l’EBM électrique du duo Youth Code. Sara Taylor qu’on a vu danser tout au long de l’installation de la scène semble prête à s’époumoner au son des machines de Ryan George présentes en nombre. Le duo lance son set et comble nos tympans avec un son des plus puissants d’entrée de jeu. Le jeu de Ryan sur ces différents claviers et machines est énergique à souhait, tout autant que la présence scénique de Sara, véritable électron libre. Cette dernière n’hésitera pas d’ailleurs à aller faire un tour dans le public puis à aller danser sur le bar de la salle. Autant vous dire que l’ambiance est au beau fixe et que l’EBM teinté de punk hardcore des californiens fait mouche auprès du public lillois. Un peu moins familiers de ce style, on a du mal à vous décrire précisément ce qui fait la sève des morceaux, mais on peut vous dire que l’énergie qui se dégage du set est sans commune mesure. Ryan n’hésitera pas à prendre aussi le micro à plusieurs reprises tout en jouant de ses machines entre deux vocalises. On ressort de la salle absolument retournés par ce set sans temps morts qui aura tout de même laissé à Sara l’occasion entre deux titres de nous parler de sa gêne d’être américaine face à toutes les horreurs se déroulant dans le pays actuellement, et à rappeler le combat du groupe pour toujours plus d’inclusivité et de respect des personnes et de leurs différences. Un beau message qui colle parfaitement avec l’ambiance de la soirée et qui montre à quel point la scène EBM partage les combats des scènes punk et hardcore et à quel point on s’y sent bien. Youth Code ont livré un set débridé qui a laissé au public une dernière occasion de vider ses réserves d’énergie au son d’une musique qui ne laisse aucune chance à nos oreilles.

Cette soirée à La Bulle Café a livrée toutes ses promesses avec un plateau américain vairé et plein de talent. On espère revoir ces artistes dans le coin au plus vite et on remercie une fois de plus Cerbère Coryphée de proposer ce genre de plateau et à La Bulle Café de les accueillir avec toujours autant de plaisir. On rentre ravis et prêts à remettre ça dès que possible. 


Fans of industrial and electronic music gathered at La Bulle Café on 6 February for an exceptional line-up curated by Cerbère Coryphée. American band Youth Code and their industrial EBM were joined by fellow Americans King Yosef and Street Sects for an evening where heavy sounds took centre stage. Despite a plethora of other events in the Lille metropolitan area, the audience turned out in large numbers for a date that promised to be a treat for eardrums ready for a sonic onslaught.

Review by Victor BRUNERIE

Pictures by Marye DAVENNE

The evening kicks off with a bang with Street Sects. The duo, consisting of Leo Ashline on vocals and Shaun Ringsmuth on keyboards and samples, immediately treats us to highly experimental music that blends industrial, punk and noise. Hidden behind his drum kit and keyboards, Shaun gives it his all, unleashing an avalanche of sound that is magnified by Leo’s hypnotic performance when he joins him after a long instrumental intro. The audience is ecstatic, and we, for our part, revel in this total musical discovery. The singer, who can’t stand still, moves around in all directions and doesn’t hesitate to get as close as possible to the audience, even going into the pit to scream his lyrics right in their faces. The duo delivers music that is clearly uncompromising and exudes disgust for a world that is going from bad to worse, and suffice to say that we don’t miss a single note. Everything about the performance is designed to keep our eyes glued to what’s happening on stage. Musically, the samples and other industrial keyboard parts are incredibly powerful, and Leo‘s voice adds another layer with his obvious desire to let every emotion shine through at its strongest. The half-hour set flies by at breakneck speed and gives us a great overview of the Texan duo’s discography. Needless to say, we couldn’t have asked for a better start to the evening, and when the last song came on, we found ourselves wishing there was more. So we started with a wonderful surprise that left us wanting to explore more of the Americans’ releases. Long live Street Sects, and see you soon!

We move on fairly quickly to King Yosef, the name of Tayves Yosef Pelletier‘s project, who arrived accompanied by his musicians Cameron (guitar & keyboards) and Ryan (drums) for a concert that promised to be danceable! And it starts off strong with ‘Molten Fear’, the single from Spire Of Fear, their latest album. King Yosef‘s music is amplified by the work of the two musicians, and you can feel a real desire to smash our necks to pieces from this first track. Live, we find everything that won us over on the album and much more. It must be said that what King Yosef offers us is a skilful blend of captivating industrial and hardcore influences that couldn’t be more present. It’s simple: on some tracks, Tayves lets loose with vocals reminiscent of Bryan Garris from Knocked Loose, and we’re clearly not complaining. The old tracks are also there, with the superb ‘Cut The Chord’ and ‘Mist Of Pain’, which once again leave the audience spellbound by the trio’s uncompromising music. Tayves communicates easily with the audience and thanks everyone for the welcome, encouraging them to move more, a wish that is gradually granted. ‘Lichen’ and ‘Doomtown’ show us once again how full of potential hits the project’s latest album is. The two musicians are in great form and deliver an unforgettable performance, allowing the master of ceremonies to ramp up the intensity even further. The sound evolves constantly, leaving our ears in a maelstrom of devastation for our greatest pleasure. The show flies by at breakneck speed and it’s already time for the final tracks. ‘Vi Coactus’ and ‘Spire Of Fear’ bring King Yosef‘s concert to a close in the most beautiful way possible. The hardcore side is ever-present and Tayves‘ stage presence never wavers, leaving us with the certainty that we have experienced an unforgettable concert. We have to admit, we were eagerly awaiting this show and we came away delighted and ready to do it all again very soon! King Yosef‘s first visit to the capital of Flanders won over the audience and we can easily imagine the Americans returning to the area soon to satisfy those who missed this evening.

To end the evening, we head to the electric EBM of the duo Youth Code. Sara Taylor, whom we saw dancing throughout the stage setup, seems ready to sing her heart out to the sound of Ryan George‘s numerous machines. The duo launched into their set and filled our ears with powerful sounds right from the start. Ryan‘s playing on his various keyboards and machines was as energetic as could be, as was Sara’s stage presence, a true free spirit. She didn’t hesitate to take a stroll through the audience and then dance on the bar. Needless to say, the atmosphere is electric and the Californians’ hardcore punk-tinged EBM is a hit with the Lille audience. Being a little less familiar with this style, it’s hard to describe exactly what makes the songs so compelling, but we can tell you that the energy emanating from the set is unparalleled. Ryan doesn’t hesitate to take the microphone several times while playing his machines between vocalisations. We left the venue absolutely blown away by this non-stop set, which still gave Sara the opportunity between songs to talk to us about her discomfort as an American in the face of all the horrors currently unfolding in the country and to remind us of the band’s fight for greater inclusivity and respect for people and their differences. A beautiful message that perfectly matched the atmosphere of the evening and showed how much the EBM scene shares the struggles of the punk and hardcore scenes and how good it feels to be there. Youth Code delivered an unbridled set that gave the audience one last chance to burn off their energy reserves to the sound of music that leaves our ears no chance.

This evening at La Bulle Café delivered on all its promises with a varied and talented American line-up. We hope to see these artists back in the area as soon as possible and we would like to thank Cerbère Coryphée once again for putting together this kind of line-up and La Bulle Café for always welcoming them with such enthusiasm. We went home delighted and ready to do it all again as soon as possible.

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