#Album : Converge – Love Is Not Enough (13/02/2026)

Les américains de Converge font leur grand retour ce 13 février, quasiment 9 ans après leur précédent opus, The Dusk In Us, (si on ne compte pas leur projet avec Chelsea Wolfe en 2021). Leur nouvel album, Love Is Not Enough, dont la sortie est prévu chez Epitaph s’annonce grandiose, pour les rois du Post Hardcore, reflétant le monde moderne entre colère, douleur et frustration.

par Marye Davenne

English version below


Vous dire qu’on l’attendait avec impatience cet album n’est même pas assez fort : lorsque l’on parle de Converge, groupe pilier du post‑hardcore, référence absolue depuis trente-six ans et auteur d’un Jane Doe devenu une pierre angulaire du genre, cette absence tenait presque du supplice. Mais l’attente prend enfin fin, découvrons ça :

Le disque s’ouvre sur « Love Is Not Enough », qui porte bien son rôle d’introduction à pleine puissance, une véritable tartine dans la gueule. Converge va très vite, mais trouve le moyen de glisser un riff de guitare monumental avant d’exploser dans des cris profonds. Jacob Bannon confie que ce titre explore ce que signifie rester empathique et compatissant dans le monde moderne, miroir de notre époque et de nos contradictions où les charognards sont toujours plus nombreux. Avec « Bad Faith », le groupe oscille entre les genres musicaux qui font leur force : un bloc punk/hardcore incisif qui démontre que Converge n’ont rien perdu de leur ADN. Puis surgit « Distract and Divide », morceau aussi rapide qu’un titre de grindcore. Ben Koller à la batterie y signe une performance épuisante rien qu’à l’écoute, tandis que la voix de Jacob Bannon se veut plus tranchante pour un peu plus d’une minute trente de pure violence qui se clôt sur d’énormes riffs hardcore.

« To Feel Something » marque une montée en puissance plus progressive, où la tension mathcore grimpe à chaque seconde jusqu’à éclater. Puis arrive « Beyond Repair », titre 100% instrumental pour un morceau répétitif mais presque mécanique, comme un rythme entêtant qui écrase l’auditeur sous le poids du quotidien. Une respiration de quelques secondes, mais presque paradoxale qui ne relâche rien. Avec « Amon Amok », Converge rappellent pourquoi ils sont si emblématiques : il suffit d’une seconde, et on les reconnaît. Même quand le tempo se calme. Attention, je parle de tempo qui se calme, mais loin de là à qualifier ce morceau de comptine. La preuve qu’ils maîtrisent aussi bien les assauts rapides que les morceaux plus accessibles, sans jamais perdre leur signature abrasive. « Force Meets Presence » remet les pendules à l’heure : hardcore as fuck, pensé pour retourner un pit en quelques secondes. À l’opposé, « Gilded Cage » ralentit le pas mais intensifie les émotions : un morceau lourd qu’on pourrait qualifier même de claustrophobe. La métaphore de la cage dorée s’impose, tout avoir mais se sentir enfermé et contrôlé. La voix y est rauque et douloureuse. Puis « Make Me Forget You » surgit comme un exutoire total, avec un refrain final taillé pour être hurlé par un public entier, corps et âme, un moment de communion viscérale comme Converge savent en créer.

Le disque se clôt sur « We Were Never The Same », dont Jacob Bannon raconte avoir écrit les paroles sur le parking d’un salon funéraire, réfléchissant à la perte, au deuil, et à nos façons de nous réunir pour pleurer plutôt que pour célébrer. La question qu’il pose est directe : Pourquoi pleurer ensemble mais si rarement chérir ensemble ? Un morceau haletant, dans la continuité parfaite du précédent, qui s’achève sur un riff signé Kurt Ballou, étonnamment post‑prog, évoquant même par instants quelques sonorités dignes de Psychonaut. Nate Newton y trouve un espace superbe pour faire briller sa basse : un véritable banger final, de ceux qui rappellent instantanément pourquoi Converge est un groupe tant aimé.

Love Is Not Enough est un album exutoire, une catharsis pure, une manière de hurler avec élégance et de transformer la douleur en énergie brute et majestueuse. Un retour en force salutaire mais surtout : une immense réussite. Converge seront de passage en juin au Superbowl of Hardcore à Rennes pour une date française unique, mais également à l’Outbreak ou le Jera On Air, dont on vous parlera sans aucun doute. 

Tracklist :

01. Love Is Not Enough
02. Bad Faith
03. Distract and Divide
04. To Feel Something
05. Beyond Repair
06. Amon Amok
07. Force Meets Presence
08. Gilded Cage
09. Make Me Forget You
10. We Were Never The Same

 


American band Converge are making their big comeback on 13 February, almost nine years after their previous album, The Dusk In Us (not counting their project with Chelsea Wolfe in 2021). Their new album, Love Is Not Enough, due for release on Epitaph, promises to be spectacular for the kings of post-hardcore, reflecting the modern world between anger, pain and frustration.

To say that we were eagerly awaiting this album is an understatement: when it comes to Converge, a pillar of post-hardcore, an absolute reference for thirty-six years and author of Jane Doe, which has become a cornerstone of the genre, this absence was almost torture. But the wait is finally over, let’s check it out:

The album opens with ‘Love Is Not Enough’, which serves its purpose as an introduction to full power, a real punch in the face. Converge moves very fast, but finds a way to slip in a monumental guitar riff before exploding into deep screams. Jacob Bannon says that this track explores what it means to remain empathetic and compassionate in the modern world, a mirror of our times and our contradictions, where scavengers are increasingly numerous. With ‘Bad Faith’, the band oscillates between the musical genres that are their strength: an incisive punk/hardcore block that shows that Converge has lost none of its DNA. Then comes ‘Distract and Divide’, a track as fast as a grindcore song. Ben Koller‘s drumming is exhausting just to listen to, while Jacob Bannon‘s voice is sharper than ever for a little over a minute and a half of pure violence that ends with huge hardcore riffs.

‘To Feel Something’ marks a more gradual build-up, where the mathcore tension climbs with every second until it explodes. Then comes ‘Beyond Repair’, a 100% instrumental track that is repetitive but almost mechanical, like a heady rhythm that crushes the listener under the weight of everyday life. A few seconds’ respite, but almost paradoxical in that it doesn’t let up at all. With ‘Amon Amok’, Converge remind us why they are so iconic: it only takes a second to recognise them. Even when the tempo slows down. Mind you, I’m talking about the tempo slowing down, but that’s a far cry from describing this track as a lullaby. It proves that they are just as adept at rapid assaults as they are at more accessible tracks, without ever losing their abrasive signature. ‘Force Meets Presence’ sets the record straight: hardcore as fuck, designed to turn a pit upside down in seconds. In contrast, ‘Gilded Cage’ slows down the pace but intensifies the emotions: a heavy track that could even be described as claustrophobic. The metaphor of the gilded cage is obvious: having everything but feeling trapped and controlled. The vocals are hoarse and painful. Then ‘Make Me Forget You’ bursts in like a total release, with a final chorus tailor-made to be screamed by an entire audience, body and soul, a moment of visceral communion that only Converge knows how to create.

The album closes with ‘We Were Never The Same’, the lyrics of which Jacob Bannon says he wrote in the car park of a funeral parlour, reflecting on loss, grief, and our tendency to gather together to mourn rather than celebrate. The question he asks is direct: Why do we mourn together but so rarely cherish together? It’s a breathless track, perfectly following on from the previous one, ending with a surprisingly post-prog riff by Kurt Ballou, at times even evoking sounds worthy of Psychonaut. Nate Newton finds a superb space to let his bass shine: a real final banger, the kind that instantly reminds us why Converge is such a beloved band.

Love Is Not Enough is an outlet, pure catharsis, a way to scream with elegance and transform pain into raw, majestic energy. A welcome comeback, but above all: a huge success. Converge will be playing at the Superbowl of Hardcore in Rennes in June for a unique French date, as well as at Outbreak and Jera On Air, which we will no doubt tell you more about.

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