#Live : Yuston XIII @ Le Splendid, Lille – 12/02/2026

Après la sortie de son premier album, Les Enfants du Chaos, en janvier et un Zénith à Paris complet début février, ce jeudi 12 février, Yuston XIII arrivait à Lille, au Splendid, pour lancer sa tournée. Au vu des échos du show qu’il a servi au Zénith, on ne pouvait s’attendre qu’à du lourd. Le rappeur/chanteur/compositeur ne nous a pas déçus, restant fidèle à son album qui mêle une atmosphère cinématographique à la musique. La même chose a été rendue sur scène.

Article et photos par Zoé

English version below

 


On arrive au Splendid sous une pluie battante : c’est comme si la météo accompagnait le décor, puisque c’est une atmosphère sombre et orageuse qui entoure l’album Les Enfants du Chaos. Une fois dans la salle, dont les premiers rangs sont déjà bien serrés, notre œil est directement attiré par la scénographie. Elle est imposante, et on a presque du mal à croire que cela puisse être installé sur cette scène sans en repousser les murs. Un portail, fermé, est placé au centre, tandis que, de part et d’autre, de hauts rochers accueillent des sets de percussions. Un décor qui semble brut, mais qui correspond pleinement au voyage que nous allons entreprendre.

Un peu après 20h, la salle s’impatiente. Un vrombissement ainsi que des variations de lumières font basculer l’atmosphère vers quelque chose de plus inquiétant. Mais ce n’est qu’un quart d’heure plus tard que les lumières s’éteignent complètement. Les percussionnistes ont pris place. Elles sont accompagnées d’un piano, mais aussi d’un violoncelle, d’un alto et d’un violon. La lumière se projette alors à l’arrière du portail : Yuston XIII entame son morceau “L’enfant des cendres” derrière des barreaux. Lors d’une courte pause dans le second morceau, “L’armée des ombres”, Yuston XIII ouvre le portail pour pénétrer au centre de la scène, une ombre qui semble surgir du rouge des enfers.

Les cordes quittent ensuite la scène pour laisser place au pianiste, qui attrape une guitare sur “Finis de rêver”. Commençant dans l’ombre, il finira le morceau au centre de la scène, Yuston XIII lui cédant sa place pour un solo énergique.

Pendant chaque chanson, impossible de ne pas entendre la chorale du public accompagner le chanteur sur ses morceaux. Yuston XIII soutient sa performance par des gestes lents et maîtrisés, qui semblent parfaitement épouser l’atmosphère qu’il a créée. Certains titres nous prennent plus aux tripes que d’autres, comme “La forêt du Loup”, dont la mélodie met en avant le piano, ou “Zombie”, porté par la présence des cordes et des percussions qui lui donnent une puissance particulière. Mais on n’est pas au bout de nos peines, car si “Petit Ange” ne vous avait pas déjà mis les larmes aux yeux à l’écoute de l’album, la version live est là pour ça. Le final, où uniquement les cordes subsistent, nous achève littéralement, rappelant aussi que ce qui rend ce concert excellent, c’est le fait que chaque morceau ait été retravaillé pour proposer une véritable version live.

L’artiste a commencé à sortir des projets il y a cinq ans, et même ses morceaux les plus anciens trouvent une place dans la setlist de ce soir avec “Lumières Noires”, “R66”, “Que des cendres”, “Tempête”, mais surtout “Fantôme”, le premier single. Pour ce dernier, tout le monde quitte la scène : ne reste plus que Yuston XIII, qui s’installe derrière le piano. Il en profite pour dire que c’est ainsi que tout a commencé : lui et un piano dans sa chambre. Pourtant, dans le Splendid, complet depuis des mois, l’ambiance tamisée des chandeliers descendus du plafond pourrait presque faire penser à une chambre ; ce sont les voix du public qui rappellent à Yuston XIII qu’il n’est plus seul dans une pièce. Un sourire sur le visage, il se laisse gagner par l’émotion, s’interrompant dans le morceau avant de relancer le refrain. De petites interludes, avec une voix diffusée, font écho à l’atmosphère de l’album et sont là pour nous mettre en garde : plus on monte haut, plus la chute est longue…

Le morceau “R66” apporte un changement d’ambiance dans le set : on passe à quelque chose de plus énergique, qui exhorte une sorte de colère intérieure, laissant une fois de plus place à un solo de guitare. Cette atmosphère se construit jusqu’au morceau “BRUTAL”, coup de cœur à l’écoute de l’album qui se confirme avec une version live plus que prenante. On revient ensuite à une ambiance plus calme avec “Que des cendres”. Plus tard dans le set, les morceaux de Les Enfants du Chaos prennent le dessus. La puissance de certains, comme “La fin de ce monde”, nous hypnotise, tandis que “Edenfall” nous laisse admirer toute la puissance de la voix de Yuston XIII.

Pour “L’Âme du Phoenix”, le chanteur se retrouve au milieu du public avant de clôturer son set avec “Immortel”, le dernier single sorti avant l’album. Un climax de mélancolie qui nous rappelle que nous ne sommes pas immortels, et que ceux qui nous entourent ne le sont pas non plus, alors il faut en profiter. Avant de quitter la scène, le chanteur nous rappelle de croire en nos rêves, de les poursuivre, parce que sans cela, il n’en serait pas là.

Yuston XIII nous a partagé son univers sombre et mélancolique avec une qualité impressionnante. Que ce soit au niveau de la scénographie, des instruments ou de la lumière, tout ce qui entoure le chanteur est clairement au niveau de sa présence scénique et de la puissance de ses textes. La soirée s’est déroulée dans une forme de lenteur maîtrisée qui nous a permis d’en apprécier chaque moment sans en perdre une miette. Avec l’annonce d’un Bercy en mars 2027, on ne peut qu’attendre de pied ferme cette date pour découvrir quelles autres surprises Yuston XIII nous réserve encore.

Un grand merci à Victor pour l’accréditation, à A Gauche De La Lune pour l’organisation de cette belle soirée et à toute l’équipe du Splendid pour l’accueil.


After the release of his first album, Les Enfants du Chaos, in January and a sold-out show at Le Zénith in Paris in early February, Yuston XIII arrived in Lille on Thursday February 12th to kick off his tour at Le Splendid. Given the buzz surrounding his show at Le Zénith, we were expecting nothing less than spectacular. The rapper/singer/songwriter did not disappoint, staying true to his album, which blends a cinematic atmosphere with music. The same was true on stage.

Review and pictures by Zoé

We arrive at the Splendid in pouring rain: it’s as if the weather matches the setting, given the dark and stormy atmosphere surrounding the album Les Enfants du Chaos. Once inside the venue, where the front rows are already packed, our eyes are immediately drawn to the stage design. It is imposing, and it is almost hard to believe that it could be installed on this stage without pushing back the walls. A closed gate is placed in the centre, while on either side, tall rocks hold percussion sets. The set design seems raw, but it perfectly matches the journey we are about to embark on.

Shortly after 8 p.m., the audience grows impatient. A humming sound and changing lights shift the atmosphere to something more unsettling. But it is not until fifteen minutes later that the lights go out completely. The percussionists took their places. They were accompanied by a piano, as well as a cello, a viola and a violin. The light then shone on the back of the gate: Yuston XIII began his song ‘L’enfant des cendres’ from behind bars. During a short break in the second song, ‘L’armée des ombres’, Yuston XIII opens the gate to enter the centre of the stage, a shadow that seems to emerge from the red of hell.

The strings then leave the stage to make way for the pianist, who picks up a guitar for ‘Finis de rêver’. Starting in the shadows, he finishes the song at the centre of the stage, with Yuston XIII giving way to him for an energetic solo.

During each song, it is impossible not to hear the audience singing along with the singer. Yuston XIII supports his performance with slow, controlled gestures that seem to perfectly match the atmosphere he has created. Some songs are more moving than others, such as ‘La forêt du Loup’, whose melody features the piano, or ‘Zombie’, carried by the presence of strings and percussion that give it a special power. But we’re not done yet, because if ‘Petit Ange’ didn’t already bring tears to your eyes when you listened to the album, the live version is sure to do so. The finale, where only the strings remain, literally finishes us off, reminding us that what makes this concert so excellent is the fact that each song has been reworked to offer a true live version.

The artist began releasing projects five years ago, and even his oldest tracks find a place in tonight’s setlist with ‘Lumières Noires’, ‘R66’, ‘Que des cendres’, “Tempête”, but above all ‘Fantôme’, the first single. For the latter, everyone leaves the stage: only Yuston XIII remains, sitting down at the piano. He takes the opportunity to say that this is how it all began: him and a piano in his bedroom. However, in the Splendid, which has been sold out for months, the subdued atmosphere created by the chandeliers hanging from the ceiling could almost make you think you were in a bedroom; it is the voices of the audience that remind Yuston XIII that he is no longer alone in a room. With a smile on his face, he lets himself be overcome by emotion, interrupting the song before launching into the chorus again. Short interludes, with a diffused voice, echo the atmosphere of the album and serve as a warning: the higher you climb, the longer the fall…

The track ‘R66’ brings a change of atmosphere to the set: we move on to something more energetic, which evokes a kind of inner anger, once again giving way to a guitar solo. This atmosphere builds up to the track ‘BRUTAL’, a favourite when listening to the album, which is confirmed with a more than captivating live version. We then return to a calmer atmosphere with ‘Que des cendres’. Later in the set, the tracks from Les Enfants du Chaos take over. The power of some, such as ‘La fin de ce monde’, hypnotises us, while ‘Edenfall’ allows us to admire the full power of Yuston XIII‘s voice.

For ‘L’Âme du Phoenix’, the singer finds himself in the middle of the audience before closing his set with ‘Immortel’, the last single released before the album. A melancholic climax that reminds us that we are not immortal, and that those around us are not either, so we must enjoy it while we can. Before leaving the stage, the singer reminds us to believe in our dreams and pursue them, because without that, he wouldn’t be where he is today.

Yuston XIII shared his dark and melancholic universe with us with impressive quality. Whether in terms of stage design, instruments or lighting, everything surrounding the singer clearly matched his stage presence and the power of his lyrics. The evening unfolded at a controlled pace, allowing us to appreciate every moment without missing a beat. With the announcement of a concert at Bercy in March 2027, we can only wait eagerly for this date to discover what other surprises Yuston XIII has in store for us.

Laisser un commentaire