#Album : JeGong – Gomi Kuzu Can (27/02/2026)

Un peu moins de trois ans après The Complex Inbetween, que nous vous avions chaudement recommandé, JeGong est de retour avec Gomi Kuzu Can, attendu ce 27 février 2026 chez Pelagic Records. Le duo formé par Dahm Majuri Cipolla (MONO) et Reto Mäder (SUM OF R.) délaisse la piscine colorée de son prédécesseur pour une échappée face à la mer, guidée par le phare qui orne la pochette. Le ton est donné : on navigue à vue, dans un clair-obscur sonore où chaque vague semble charrier son lot de textures et de souvenirs.

Article par Marye DAVENNE

English version below


Dès l’ouverture, « Golden Hairs Goes Back To Japan » installe une basse entraînante et un clavier lancinant aux accents cold wave, promesse d’un voyage introspectif. « Outright Wolf Medicines » resserre l’étau avec une section rythmique étouffée, quasi hypnotique, sur laquelle se superpose un clavier cristallin. Puis vient « Contortion », brut de décoffrage : un atelier sonore où les effets semblent testés à vif, sans vernis ni lissage superflu, conférant à l’ensemble une authenticité artisanale. « Downed » poursuit cette exploration étrange, peuplée de bruits indéfinissables, nous plongeant dans la bande originale d’un polar nocturne. Avec « Chalk », les premières paroles surgissent, enregistrées en allemand, portées par une basse jazzy-funky inattendue. « What Ever Happened To Gene » ralentit la cadence et cultive un minimalisme mélancolique, tandis que « Sister » réintroduit des percussions presque enfantines, bricolées, survolées d’oscillations électroniques comme si l’oscillateur lui-même prenait la parole.

La seconde moitié de l’album confirme cette science du collage. « Parallel Tracks » assemble cliquetis métalliques et riffs percussifs incisifs, érigeant les déchets sonores en matière dansante, aux grooves sombres et sinueux, non sans un voile de mystère. « Patterns » injecte une énergie plus rock, et des accents arcade : course-poursuite rythmique dans un décor urbain pixélisé, le morceau fascine par sa réflexion sous-jacente sur la répétition et les cycles, mouvement à la fois physique et psychologique. « Müll Schrott Dose »  que vous pouvez traduire par  “boîte de ferraille”  étire des notes lentes et brouillées, comme des souvenirs déformés par le temps, enfermés dans leur écrin métallique comme les souvenirs de M. Bretaudeau dans le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Enfin, « Obaachan Bingo » clôt notre voyage dans le kitsch, empruntant aux génériques des années 70 avant de se muer en longue pièce nostalgique, comme un dimanche après-midi à jouer au bingo avec sa grand-mère.

Avec Gomi Kuzu Can, que l’on pourrait traduire par “sentiment d’ordures” , JeGong livrent un véritable bric-à-brac sonore, repoussant encore plus loin les étiquettes de genre. Dominé par une section rythmique inventive, l’album assemble des sons qui sont loin d’aller ensemble, déconstruit la musique comme on la connait classiquement, et finit par briller comme un phare dans la nuit : un disque lumineux qui explore le son pour le simple plaisir de l’explorer.

Gomi Kuzu Can | JeGong

Tracklist :

  1. Golden Hairs Goes Back To Japan
  2. Outright Wolf Medicines
  3. Contortion
  4. Downed
  5. Chalk
  6. What Ever Happened To Gene
  7. Sister
  8. Parallel Tracks
  9. Patterns
  10.  Müll Schrott Dose
  11. Obaachan Bingo

Just under three years after The Complex Inbetween, which we highly recommended, JeGong is back with Gomi Kuzu Can, due out on February 27th, 2026 on Pelagic Records. The duo formed by Dahm Majuri Cipolla (MONO) and Reto Mäder (SUM OF R.) leaves behind the colourful pool of its predecessor for an escape to the sea, guided by the lighthouse that adorns the cover. The tone is set: we navigate by sight, in a sonic chiaroscuro where each wave seems to carry its share of textures and memories.

Review by Marye DAVENNE

Right from the start, ‘Golden Hairs Goes Back To Japan’ establishes a catchy bass line and haunting keyboard with cold wave accents, promising an introspective journey. ‘Outright Wolf Medicines’ tightens the grip with a muffled, almost hypnotic rhythm section, overlaid with crystalline keyboards. Then comes ‘Contortion’, raw and unpolished: a sound workshop where the effects seem to be tested live, without any unnecessary polish or smoothing, giving the whole thing an authentic, handcrafted feel. ‘Downed’ continues this strange exploration, populated by indefinable noises, plunging us into the soundtrack of a nocturnal thriller. With ‘Chalk’, the first lyrics appear, recorded in German, carried by an unexpected jazzy-funky bass. ‘What Ever Happened To Gene’ slows down the pace and cultivates a melancholic minimalism, while ‘Sister’ reintroduces almost childlike, DIY percussion, overlaid with electronic oscillations as if the oscillator itself were speaking.

The second half of the album confirms this mastery of collage. ‘Parallel Tracks’ combines metallic clanking and incisive percussive riffs, transforming sound debris into danceable material with dark, sinuous grooves, not without a veil of mystery. ‘Patterns’ injects more rock energy and arcade accents: a rhythmic chase in a pixelated urban setting, the track fascinates with its underlying reflection on repetition and cycles, a movement that is both physical and psychological. ‘Müll Schrott Dose’, which can be translated as ‘scrap metal box’, stretches out slow, blurred notes, like memories distorted by time, locked in their metal case like Mr. Bretaudeau’s memories in Amélie. Finally, ‘Obaachan Bingo’ concludes our journey into kitsch, borrowing from 1970s theme tunes before transforming into a long, nostalgic piece, like a Sunday afternoon playing bingo with your grandmother.

With Gomi Kuzu Can, which could be translated as ‘feeling like rubbish’, JeGong deliver a veritable sonic bric-a-brac, pushing genre labels even further. Dominated by an inventive rhythm section, the album assembles sounds that are far from going together, deconstructs music as we know it classically, and ends up shining like a beacon in the night: a luminous record that explores sound for the simple pleasure of exploring it.

 

 

 

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