Le 27 février, le quatuor polonais Izzy and the Black Trees sort son troisième album, Kisses to Chaos. Inspirée par sa ville natale, Łódź, Izabela nous dépeint une vision brute et sans détours de la société.
par JB
English version below
Dès l’ouverture, “Escape from the Liberty Cinema” nous plonge dans une ambiance répétitive de trois minutes, puis le morceau se casse et nous sommes saisis par le magnétisme d’Izabela « Izzy » Rekowska. Elle incarne cette dualité qui fait le sel de l’album. Sa voix, capable de passer d’un murmure désabusé à une explosion de rage contenue, évoque les heures glorieuses de PJ Harvey ou de Siouxsie Sioux, sans jamais tomber dans le plagiat.
Nous sentons directement la pâte revival années 80, post-punk, surtout sur la guitare saccadée du deuxième titre, “This Land is Ours”.. Une pâte qui ne s’enlève pas de l’album, qui se veut dans ce revival, changeant et statuant sur la direction que le groupe veut prendre, avec des débuts plus alt-folk en 2020. Nous mettrons l’accent sur le titre “Post-Apocalypse”, véritable tube de l’album, qui redynamise totalement l’écoute. On ne peut s’empêcher de retrouver des airs de Jehnny Beth dès la première écoute. Le sujet de la guerre revient sans cesse, notamment sur ce titre. La Pologne a en effet été marquée par la guerre durant ce dernier siècle, d’abord avec la Seconde Guerre mondiale, puis avec la guerre froide. Le sujet de la division interne en Pologne, où l’extrême droite réprime les droits des personnes LGBT+, des femmes, etc., est également abordé. Les sujets dépassent le cadre de l’album, car Izzy est membre du programme Keychange, qui vise à sensibiliser à un meilleur équilibre des genres et à l’inclusivité dans le milieu de la musique. À noter, le titre « Restless Nights », beaucoup plus punk que le reste de l’album, est une ode à oublier les soucis et à les laisser dans la nuit. Cette énergie est directement stoppée par “Endless Seas”, un véritable flot de douceur, et “Stalker”, deux titres beaucoup plus ambiants, qui possèdent chacun des répétitions de riffs enivrants, pour parfaire ce chaos final.
S’il y a bien une chose que les Polonais d‘Izzy and the Black Trees ont comprise, c’est que le chaos n’est jamais aussi beau que lorsqu’on lui donne une direction. Avec leur nouvel opus Kisses to Chaos, le quatuor de Poznań ne se contente pas d’augmenter le volume : il nous livre un manifeste post-punk d’une élégance rare et d’une violence poétique.

Tracklist :
- Escape from the liberty cinema
- This Land Is Ours
- Functional Freeze
- Post- Apocalypse
- Two Sides
- Marseille
- Butch Vig
- Spring Time Rush
- Restless Nights
- Endless Seas
- Stalker
On February 27th, Polish quartet Izzy and the Black Trees release their third album, Kisses to Chaos. Inspired by her hometown of Łódź, Izabela paints a raw and uncompromising picture of society.
Review by JB
From the opening track, “Escape from the Liberty Cinema”, we are plunged into a repetitive three-minute atmosphere, then the song breaks and we are captivated by the magnetism of Izabela “Izzy” Rekowska. She embodies the duality that is the essence of the album. Her voice, capable of shifting from a disillusioned whisper to an explosion of contained rage, evokes the glory days of PJ Harvey or Siouxsie Sioux, without ever falling into plagiarism. We immediately sense the 80s post-punk revival vibe, especially on the staccato guitar of the second track, ‘This Land is Ours’. It’s a vibe that stays with the album, which is part of this revival, changing and deciding on the direction the band wants to take, with a more alt-folk debut in 2020.
We will focus on the track ‘Post-Apocalypse’, the album’s real hit, which completely revitalises the listening experience. You can’t help but notice echoes of Jehnny Beth from the very first listen. The theme of war recurs throughout, particularly on this track. Poland has been marked by war over the last century, first with the Second World War, then with the Cold War. The theme of internal division in Poland, where the far right represses the rights of LGBT+ people, women, etc., is also addressed. The subjects go beyond the scope of the album, as Izzy is a member of the Keychange programme, which aims to raise awareness of gender balance and inclusivity in the music industry. Of note, the track ‘Restless Nights’, much more punk than the rest of the album, is an ode to forgetting your worries and leaving them behind in the night. This energy is directly countered by ‘Endless Seas’, a veritable flood of sweetness, and ‘Stalker’, two much more ambient tracks, each featuring intoxicating riff repetitions, to perfect this final chaos.
If there’s one thing that the Polish band Izzy and the Black Trees have understood, it’s that chaos is never as beautiful as when it’s given direction. With their new opus Kisses to Chaos, the Poznań quartet doesn’t just turn up the volume: they deliver a post-punk manifesto of rare elegance and poetic violence.