#Live : Ho99o9 + N8NOFACE @ L’Aéronef, Lille – 01/03/2026

Afin de clôturer leur tournée “Tomorrow we escape” en l’honneur de leur dernier opus, les Américains de Ho99o9 (prononcé Horror) ont investi l’Aéronef de Lille ce 1er mars, plus de trois ans après leur dernière visite. Lors d’une soirée qui s’annoncait mouvementée, le trio a fait appel à l’artiste N8NOFACE (prononcé Nate No Face) pour chauffer le public en première partie.

Article par  Victorien Fièvre

Photos par Marye Davenne

English version below


Pour accueillir les musiciens ce soir, l’Aéronef s’est mis en configuration club afin de dévoiler la petite scène prévue à cet effet. Venu tout droit de Los Angeles et originaire de Tucson en Arizona, N8NOFACE débarque sur les planches accoutré d’un t-shirt blanc sur lequel est marqué “J’te ker, j’te ker, j’te ker, ma loute” (je t’aime en ch’ti). Une habitude que prend l’artiste à chacun de ses concerts, inscrivant dans la langue locale un message qu’il souhaite faire passer. Cette affection portée sur son t-shirt se retranscrit à travers sa musique et ses nombreuses prises de parole, insistant sur l’immense reconnaissance qu’il voue à son public. Un contraste saisissant avec les thèmes politiques et sombres qu’il aborde, tels que le trafic de drogue, les braquages, les violences policières ou encore les relations toxiques. Côté son, Nathan Hose (son vrai nom) propose un synthpunk puisant dans la nostalgie des années 80/90, comme sur “Put me back together” (Crime Partner, 2024) et “Tell Your Friends U Love Them” (L’s Up, 2025). Dès le début du set, ces beats issus de la synthwave résonnent puissamment à travers les amplis tout en suivant un tempo régulier, quasi hypnotique. Jouant du clavier, N8NOFACE malmène sa voix en permanence : tantôt claire, tantôt criée, parfois punk, parfois posée mais toujours légèrement éraillée. Cette instabilité se retrouve dans ses déplacements erratiques sur scène… et ses nombreuses grimaces ! Par mimétisme, les spectateurs s’adonnent également à des mouvements aléatoires, hochant la tête au rythme de la musique. Un véritable OVNI musical, à la fois clivant et déconcertant, qui nous aura tout de même mis en jambes pour la suite !

Les lumières s’éteignent et il est temps de faire place au très attendu Ho99o9. C’est sur l’introspectif “I Miss Home”, premier titre de leur dernier album en date, que s’ouvre le set, loin de l’agressivité de leur punk-rap habituel. Mais les choses sérieuses commencent rapidement lorsque le chanteur Yeti Bones (alias Eaddy) rejoint ses deux comparses, theOGM et Thomas Pridgen (batteur du groupe Fever 333), sur l’incendiaire “Escape”. La fosse s’embrase instantanément, générant de jolis pogos qui deviennent incontrôlables avant même la fin titanesque du morceau. Comme à leur habitude, les deux vocalistes déploient une énergie communicative indéniable, soutenus par un batteur en feu. Pendant que theOGM, caché derrière des lunettes d’extraterrestre, gère les claviers et dévoile sa voix rugueuse, Yeti Bones alterne entre un micro classique et un combiné téléphonique rouge offrant un rendu sonore étouffé et rétro. 

Le set se poursuit et la tension reste à son comble… à l’exception de surprenants interludes sur des classiques comme Gypsy Woman de Crystal Waters ou My Way de Frank Sinatra. Ces respirations sont de courte durée puisque Ho99o9 redémarre en trombe avec des chansons issues de leur excellent United States Of Horror (2017) tels que “Sub-Zer0”, “Street Power” ou encore “City Rejects”. La foule, complètement hystérique, saute en rythme, s’adonne au crowd-surfing et réalise quelques violents walls of death. Quelle ambiance !

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises puisqu’après le rappel, le trio invite N8NOFACE à les rejoindre pour interpréter « Punk Police » (unknown virus 5.) (Cyber Cop [Unauthorized MP3.], 2018), un titre taillé sur mesure pour l’artiste moustachu. Après cela, pris d’un élan de folie, Yeti Bones s’incruste parmi les spectateurs lors du très court “Get a grip” (Dead Bodies in the Lake, 2015), déclenchant le chaos absolu dans le pit. Pour sceller cette communion, Ho99o9 ordonne à la salle de s’accroupir au rythme du “Take it, take it, take it down, take it down” sur “Bone collector” (2014), l’un de leurs plus anciens morceaux, avant que tout le monde ne se relève brusquement pour tout exploser… Une fin en apothéose qui marque un set absolument dantesque !

Pour la dernière date de cette tournée de début 2026, Ho99o9 a mis les petits plats dans les grands. Accompagné par l’unique N8NOFACE, le trio a livré un concert dont on se souviendra longtemps, refermant avec fracas ce “Tomorrow we escape tour” ! Comme l’a souligné theOGM au cours du show, le public lillois répond présent à chaque passage dans les parages, en témoignent les sourires aux lèvres et la ferveur des spectateurs. Rien à redire, c’était fantastique !

Un grand merci à Romain et Agence Singularités pour les accréditations, à L’Aéronef pour l’organisation de cette belle soirée et à toute l’équipe pour l’accueil.


To conclude their ‘Tomorrow We Escape’ tour in honour of their latest album, American band Ho99o9 (pronounced Horror) will be taking over Lille’s Aéronef venue on 1 March, more than three years after their last visit. For what promises to be an exciting evening, the trio has called on artist N8NOFACE (pronounced Nate No Face) to warm up the audience as the opening act.

Review by  Victorien Fièvre

Pictures by Marye Davenne

To welcome the musicians tonight, L’Aéronef has been transformed into a club setting to reveal the small stage designed for this purpose. Straight from Los Angeles and originally from Tucson, Arizona, N8NOFACE took to the stage wearing a white T-shirt emblazoned with the words ‘J’te ker, j’te ker, j’te ker, ma loute’ (I love you in Ch’ti). This is something the artist does at each of his concerts, writing a message he wants to convey in the local language. This affection displayed on his T-shirt is reflected in his music and his many speeches, emphasising the immense gratitude he feels towards his audience. This contrasts sharply with the dark political themes he addresses, such as drug trafficking, robberies, police violence and toxic relationships. Musically, Nathan Hose (his real name) offers synthpunk drawing on the nostalgia of the 80s and 90s, as on ‘Put me back together’ (Crime Partner, 2024) and “Tell Your Friends U Love Them” (L’s Up, 2025). From the start of the set, these synthwave beats resonate powerfully through the amps, following a steady, almost hypnotic tempo. Playing the keyboard, N8NOFACE constantly manipulates his voice: sometimes clear, sometimes shouted, sometimes punk, sometimes calm, but always slightly raspy. This instability is reflected in his erratic movements on stage… and his numerous grimaces! By mimicry, the audience also engages in random movements, nodding their heads to the rhythm of the music. A true musical UFO, both divisive and disconcerting, which nevertheless got us ready for what was to come!

 

The lights go down and it’s time to make way for the highly anticipated Ho99o9. The set opens with the introspective ‘I Miss Home’, the first track from their latest album, a far cry from the aggression of their usual punk-rap. But things quickly get serious when singer Yeti Bones (aka Eaddy) joins his two bandmates, theOGM and Thomas Pridgen (drummer of the band Fever 333), on the incendiary ‘Escape’. The pit instantly erupts, generating some impressive pogo dancing that becomes uncontrollable even before the titanic end of the song. As usual, the two vocalists display an undeniable infectious energy, backed by a drummer on fire. While theOGM, hidden behind alien glasses, handles the keyboards and reveals his rough voice, Yeti Bones alternates between a classic microphone and a red telephone receiver, offering a muffled, retro sound.

The set continues and the tension remains at its peak… except for surprising interludes featuring classics such as Crystal Waters‘ « Gypsy Woman » and Frank Sinatra‘s « My Way ». These moments of respite are short-lived, however, as Ho99o9 kicks back into high gear with songs from their excellent United States Of Horror (2017) album, such as ‘Sub-Zer0’, ‘Street Power’ and ‘City Rejects’. The crowd, completely hysterical, jumps in rhythm, crowd-surfs and performs a few violent walls of death. What an atmosphere!

The surprises aren’t over yet, because after the encore, the trio invites N8NOFACE to join them to perform ‘Punk Police’ (unknown virus 5.) (Cyber Cop [Unauthorised MP3.], 2018), a track tailor-made for the moustachioed artist. After that, in a moment of madness, Yeti Bones joined the audience during the very short ‘Get a Grip’ (Dead Bodies in the Lake, 2015), causing absolute chaos in the pit. To seal this communion, Ho99o9 ordered the audience to crouch down to the rhythm of ‘Take it, take it, take it down, take it down’ on ‘Bone Collector’ (2014), one of their oldest songs, before everyone suddenly stood up to blow everything up… A grand finale that marked an absolutely epic set!

Ho99o9 Setlist L'Aéronef (Le Club), Lille, France 2026, Tomorrow We Escape Tour

For the last date of this early 2026 tour, Ho99o9 pulled out all the stops. Accompanied by the one and only N8NOFACE, the trio delivered a concert that will be remembered for a long time, bringing the ‘Tomorrow we escape tour’ to a spectacular close! As theOGM pointed out during the show, the Lille audience turns out in force every time the band comes to town, as evidenced by the smiles on their faces and their enthusiasm. No complaints here, it was fantastic!

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