#Live : Lofofora + Burning Heads @ Le Palace, Lillers – 06/03/2026

De retour sur le festival itinérant Les Enchanteurs, nous nous sommes rendus au Palace de Lillers le 6 mars dernier. La salle s’est d’ailleurs offert une nouvelle devanture qui la met davantage en valeur. Au programme ce soir, du bon vieux punk avec Lofofora et Burning Heads. 

Report par Mégane Canis

Photos par Marye DAVENNE

English version below


Punk oblige, le public arrive tranquillement, mais sûrement, au Palace. Le concert commence donc avec la petite quinzaine de minutes de retard réglementaire. D’entrée de jeu, Burning Heads vient nous proposer son habituel skate punk mélodique et entraînant. “Time’s up” apporte d’entrée de jeu un tempo rapide et dynamique. La basse de JB résonne efficacement dans le mix, venant nous percuter avec ses lignes graves. Fra, de son côté, nous livre une nouvelle prestation de haute volée. Tandis que sa voix typique du skate punk remplit la salle, il saute dans tous les sens, assénant coups de pieds et secouant la tête dans tous les sens. Avec Mikis Luzeux et Dudu, ils sont tous les quatre de front, donnant un aspect collectif et au plus près du public. A l’arrière, Thomas Viallefond tape sur ses fûts avec vigueur et rigueur. La formation enchaîne les titres, dans une sorte de frénésie qui nous aspire. Leur discographie étant particulièrement fournie, ils peuvent se permettre de piocher dans différentes époques. Evidemment, Embers of Protest, paru en 2024, est un peu plus représenté que les autres, avec notamment le très efficace “Too Far, So close”.  Malgré cela, et comme ils le disent, même leurs anciens titres sont encore (malheureusement) d’actualité comme “Gigi Pirate”. Ce soir, ça joue fort mais avec un son équilibré qui nous permet de profiter totalement de la performance. Côté public, on s’ambiance tranquillement. Pas de grand pit ou de pogo généralisé, mais des sauts et des danses un peu partout dans la salle. On passe en mode reggae pour “Dark Romance”, pour aborder un sujet triste mais sur un rythme chaloupé. On se remémore ainsi le fameux double set du groupe à The Black Lab : punk puis reggae. On reprend ensuite l’ambiance punk, s’ambiançant de plus en plus, par exemple avec “Catch My Fall”. On termine par “Super Modern World” évoquant le monde qui part en vrille, un sujet particulièrement d’actualité, datant pourtant de…1996. Au total le groupe aura joué environ 1h, soit pas moins de 23 titres! Burning Heads nous ont encore montré le secret de leur longévité : de l’authenticité, du DIY, de la proximité avec le public et surtout un punk entraînant et efficace, sans fioritures superflues. 

Alors que Le Palace est bien rempli et qu’il commence à y faire chaud, Lofofora investit la scène. Avant cela, nous assistons à l’habituel, mais nécessaire, rappel des règles du concert : bienveillance, respect et figures types wall of death jamais demandées par le groupe… Dès les premières secondes, on retrouve le son puissant et massif de la formation. Comme à son habitude, Reuno nous fait vivre les titres avec ses mimiques et gestuelles uniques. Cela fait intégralement partie de l’expérience d’un concert de Lofofora. Le public s’ambiance dans le respect général, avec des rangs bien resserrés. Les pogos, slams et même stage dive au bout d’un moment, sont légions. Lofofora scande des textes engagés, sur cette société malade, tout en appelant à ne pas rester passif, à réagir. “Enfant du Chaos” fait jumper la salle en tous sens. Le pogo grossit de titre en titre. Nous avions vu la formation à de nombreuses reprises en 2025, et nous sommes très agréablement surpris de retrouver une setlist totalement différente. On retrouve tout de même les classiques comme “Dur comme Fer” ou “Le Fond et la Forme”. Mais certains titres comme “Charisman” ont rejoint ce nouveau show. Ce dernier a été écrit au siècle dernier et se trouve pourtant être plus d’actualité que jamais, évoquant le culte de la personnalité. Plus calme, il nous fait profiter de la voix slamée et grave de Reuno. Dans ce monde sans sens, “Bonne Guerre” déchaîne totalement le pit, chacun hurlant les paroles, permettant de faire sortir la colère qui gronde en nous. Entre speech sur Darmanain et l’écoterrorisme (on vous laisse imaginer de quel acabit peut être ce discours) et prise de parole sur le féminisme et la masculinité toxique, on se sent rassemblés ici sous une même bannière humaniste, engagée et de respect de chacun. Et on a tellement besoin de ça que l’ambiance monte à en casser les serflex des crashs barrières. Reuno rappelle que si l’on trouve que le groupe a trop viré à gauche, c’est que vous avez trop glissé à droite. Il le prouve en lançant “Envie de Tuer” qui date de 1996. Pour “Maladie Mortelle”, le groupe demande à tous les hommes d’aller sur le côté pour réfléchir un peu, laissant le pogo libre et sécure à toutes les femmes qui veulent y participer. On arrive tout doucement sur la fin du concert avec “L’oeuf”, cette fois joué en entier contrairement à la tournée précédente. Lofofora quitte la scène avec un dernier énorme boxon, et surtout en ayant remercié à de nombreuses reprises le festival Les Enchanteurs et leur accueil incroyable. 

Cette soirée punk des Enchanteurs a été une véritable réussite. Le public a répondu présent, dans une ambiance respectueuse, festive et enragée à la fois. Réunir deux pointures du punk français, sous deux formes différentes, avec Burning Heads et Lofofora était une idée géniale et l’on a totalement apprécié notre soirée. A un an d’élections dont les débats s’avèrent particulièrement nauséabonds, cela faisait un bien fou d’être ensemble ! 

Un grand merci à Thibault pour les accréditations, au Festival les Enchanteurs et Droit de Cité pour l’organisation et à toute les bénévoles et au Palace pour l’accueil.


Back at the travelling festival Les Enchanteurs, we headed to the Palace in Lillers on March 6th. The venue has been given a new façade, which shows it off to better advantage. On the bill tonight was some good old punk rock with Lofofora and Burning Heads.

Review by Mégane Canis

Pictures by Marye DAVENNE

Punk obliges, the audience arrives quietly but surely at the Palace. The concert begins with the usual fifteen-minute delay. Right from the start, Burning Heads offers us their usual melodic and catchy skate punk. ‘Time’s Up’ kicks things off with a fast and dynamic tempo. JB‘s bass resonates effectively in the mix, hitting us with its deep lines. Fra, for his part, delivers another high-flying performance. As his typical skate punk voice fills the room, he jumps around, kicking and shaking his head in all directions. With Mikis Luzeux and Dudu, the four of them stand together, giving a collective feel and bringing them closer to the audience. At the back, Thomas Viallefond pounds his drums with vigour and precision. The band plays one song after another in a frenzy that draws us in. With a particularly extensive discography, they can afford to draw from different eras. Obviously, Embers of Protest, released in 2024, is a little more represented than the others, notably with the very effective ‘Too Far, So Close’. Despite this, and as they say, even their older songs are still (unfortunately) relevant, such as ‘Gigi Pirate’. Tonight, the sound is loud but balanced, allowing us to fully enjoy the performance. The audience is quietly getting into the mood. There’s no huge pit or widespread pogo dancing, but people are jumping and dancing all over the venue. We switch to reggae mode for ‘Dark Romance’, tackling a sad subject but with a swaying rhythm. This brings to mind the band’s famous double set at The Black Lab: punk then reggae. We then return to the punk vibe, getting more and more into the groove, for example with ‘Catch My Fall’. We finish with ‘Super Modern World’, evoking a world that is spinning out of control, a particularly topical subject, even though it dates back to… 1996. In total, the band played for about an hour, performing no less than 23 songs! Burning Heads once again showed us the secret to their longevity: authenticity, DIY, closeness to the audience and, above all, catchy and effective punk without any unnecessary frills.

Burning Heads Setlist Le Palace, Lillers, France 2026

With Le Palace packed and starting to heat up, Lofofora takes to the stage. Before that, we hear the usual but necessary reminder of the concert rules: kindness, respect and no wall of death, which the band never asks for… From the very first seconds, we hear the band’s powerful, massive sound. As usual, Reuno brings the songs to life with his unique facial expressions and gestures. This is an integral part of the Lofofora concert experience. The audience gets into the spirit of things in a generally respectful manner, with tightly packed rows. After a while, there are countless pogos, slams and even stage dives. Lofofora chants politically engaged lyrics about this sick society, while calling on people not to remain passive, but to react. ‘Enfant du Chaos’ has the room jumping in all directions. The pogo grows from song to song. We had seen the band many times in 2025, and we are very pleasantly surprised to find a completely different setlist. However, we still find classics such as ‘Dur comme Fer’ and ‘Le Fond et la Forme’. But some songs, such as ‘Charisman’, have been added to this new show. The latter was written in the last century and yet is more relevant than ever, evoking the cult of personality. More subdued, it treats us to Reuno’s deep, slam-style voice. In this meaningless world, ‘Bonne Guerre’ completely unleashes the pit, with everyone shouting the lyrics, allowing the anger that rumbles within us to come out. Between speeches on Darmanain and eco-terrorism (we’ll let you imagine what kind of discourse this might be) and talks on feminism and toxic masculinity, we feel united here under the same humanist banner, committed to respect for everyone. And we need this so much that the atmosphere rises to the point of breaking the serflex of the crash barriers. Reuno reminds us that if we think the band has veered too far to the left, it’s because we’ve slipped too far to the right. He proves it by launching into ‘Envie de Tuer’ from 1996. For ‘Maladie Mortelle’, the band asks all the men to step aside for a moment to reflect, leaving the mosh pit free and safe for all the women who want to join in. The concert slowly comes to an end with ‘L’oeuf’, this time played in its entirety, unlike on the previous tour. Lofofora leaves the stage with one last huge mosh pit, and above all, having thanked the Les Enchanteurs festival and their incredible welcome many times over.

This punk night organised by Les Enchanteurs was a real success. The audience turned out in force, creating an atmosphere that was respectful, festive and frenzied all at once. Bringing together two giants of French punk, in two different forms, with Burning Heads and Lofofora, was a brilliant idea and we thoroughly enjoyed our evening. With elections just a year away and the debates proving particularly nauseating, it felt so good to be together!

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