Pour célébrer la sortie de Choices, Queen(Ares) avaient donné rendez-vous ce vendredi 27 mars à la Malterie pour une release party soigneusement entourée. À leurs côtés, les Marseillais de Yarostan, fers de lance d’un screamo émotionnel et habité, et les Nordistes de Sycomore, porteurs d’un sludge aussi lourd qu’énergique. Une affiche taillée sur mesure, estampillée Cerbère Coryphée, qui promettait une soirée intense : promesse largement tenue.
Report et photos par Marye DAVENNE
English version below
C’est Sycomore qui ouvrent le bal, devant une salle déjà bien garnie. Une excellente occasion de (re)découvrir le trio sur scène, plus de deux ans après la sortie d’Antisweet, que nous vous avions chaudement recommandé à l’époque. Dès les premières notes, le ton est donné : un son massif, brutal, qui fait vibrer chaque recoin de la Malterie. Le sludge de Sycomore est profond, rugueux, porté par un chant rauque et puissant. La rythmique, rapide et nerveuse, pousse les musiciens à se démener sans relâche, frôlant parfois la catastrophe matérielle tant les pieds de micro semblent menacés pendant que les premiers headbangs apparaissent dans le public. Mais la vraie force de Sycomore réside dans ses influences assumées : des riffs flirtant avec le psychédélisme s’invitent au cœur de cette masse sonore sans jamais casser la dynamique. Le groupe s’amuse, communique, remercie un public déjà conquis. Une bonne humeur contagieuse traverse même les passages les plus lourds du set, qui s’achève sur des textures plus post-metal, créant naturellement le lien avec la suite de la soirée. Une entrée en matière solide et parfaitement maîtrisée.
Place ensuite à Yarostan, tout droit venu de Marseille. Si vous nous lisez régulièrement, vous connaissez notre amour pour le screamo, encore plus lorsqu’il est chanté en français. Autant dire que nous attendions ce concert avec une certaine impatience, leurs sorties tournant déjà en boucle chez nous. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le quintet n’a pas déçu. Le set s’ouvre avec « Cathédrale de Poussière », morceau inaugural de leur dernier album III. L’atmosphère change instantanément : ici, plus question de riffs bien gras, mais d’un screamo mélodique et viscéral, traversé par un chant crié depuis les tripes, parfois même loin du micro, ce qui ne fait qu’amplifier les frissons. Au premier rang, plusieurs spectateurs reprennent les paroles à l’unisson (on plaide coupable), et la connexion se crée immédiatement. Sur scène, c’est une véritable déferlante : les cinq musiciens bougent sans cesse, portés par l’énergie d’un mur de trois guitares qui s’entremêlent, parfois au point de se confondre, sans jamais nuire à la force émotionnelle de l’ensemble. Le temps se suspend avec « Godot », ses huit minutes foisonnantes de changements de rythmes et d’ambiances. Un moment de grâce absolu. Yarostan livre ici une performance bouleversante, et nous quitte avec la certitude d’avoir assisté à quelque chose de fort.
Il est enfin temps de célébrer Queen(Ares) et Choices, fraîchement sorti le jour même via Source Atone Records. Le quatuor est entouré de nombreux ami.es et fans, et c’est sous un tonnerre d’applaudissements que le groupe investit la scène. L’introduction, tout en douceur, issue de l’album, installe un faux calme avant de s’effondrer sous une vague post-metal dévastatrice. Le public répond immédiatement, headbanguant en parfaite synchronisation avec la section rythmique tenue par Alex et Nico. Après ce premier uppercut, Maxime prend la parole, non sans humour, rappelant qu’ils sont heureux d’avoir enfin pu jouer un morceau en entier à la Malterie, clin d’œil à leur précédent passage écourté après la blessure de Charly, emporté par les pompiers au bout d’une minute de concert. Ce soir a clairement un goût de revanche.
Les nouveaux morceaux, déjà convaincants sur disque, prennent ici une ampleur impressionnante. Le plaisir de jouer est palpable, même lorsque les textes s’aventurent loin de toute légèreté. Charly et Maxime alternent et croisent leurs voix avec une complémentarité qui reste l’une des grandes forces du groupe. Entre deux morceaux, ils confient que Choices est né de beaucoup d’amour, de frustration et de quelques engueulades mais force est de constater que le résultat parle de lui-même. Quelques titres plus anciens, comme « Heir » issu de l’album de 2021, viennent rappeler la cohérence de leur discographie. Le set défile à une vitesse folle, porté par un public incandescent et une succession de déferlantes parfaitement exécutées.
De Sycomore à Queen(Ares) en passant par Yarostan, cette soirée à la Malterie aura été un condensé d’intensité, d’émotions et de connexions sincères. Trois propositions fortes, complémentaires, portées par des groupes investis et un public réceptif. Une chose est sûre : Lille peut être fière de sa scène, et Choices s’impose déjà comme un album à écouter et surtout à vivre en live.
Un grand merci à Romain pour l’accréditation, à Cerbère Coryphée pour l’organisation de cette soirée et à toute l’équipe de la Malterie pour l’accueil.
To celebrate the release of Choices, QueenAres had organised a release party at La Malterie on Friday March 27th, with a carefully curated line-up. Joining them were Marseille-based Yarostan, pioneers of an emotional and intense brand of screamo, and Sycomore from the north, delivering a style of sludge that is as heavy as it is energetic. A tailor-made line-up, organised by Cerbère Coryphée, which promised an intense evening: a promise that was more than fulfilled.
Review and pictures by Marye DAVENNE
Sycomore kick things off in front of a packed venue. It’s a great chance to (re)discover the trio live, more than two years after the release of Antisweet, which we highly recommended at the time. From the very first notes, the tone is set: a massive, brutal sound that makes every corner of La Malterie shake. Sycomore’s sludge is deep and raw, driven by a hoarse, powerful vocal. The fast, edgy rhythm section drives the musicians to give it their all without let-up, at times verging on a technical disaster as the microphone stands seem under threat whilst the first headbangers appear in the audience. But Sycomore’s true strength lies in their unapologetic influences: riffs flirting with psychedelia weave their way into the heart of this wall of sound without ever breaking the momentum. The band are having fun, connecting with the crowd, and thanking an audience already won over. A contagious good humour permeates even the heaviest passages of the set, which concludes with more post-metal textures, naturally bridging the gap to the rest of the evening. A solid and perfectly executed opening act.
Next up was Yarostan, straight from Marseille. If you’re a regular reader, you’ll know how much we love screamo, especially when it’s sung in French. Suffice to say, we were eagerly awaiting this gig, as their albums were already on constant repeat in our homes. And to put it mildly, the quintet did not disappoint. The set opens with “Cathédrale de Poussière”, the opening track from their latest album III. The atmosphere changes instantly: here, it’s no longer about heavy riffs, but melodic and visceral screamo, punctuated by vocals screamed from the gut, sometimes even far from the microphone, which only amplifies the thrills. In the front row, several audience members sing along in unison (we plead guilty), and a connection is formed immediately. On stage, it’s a veritable tidal wave: the five musicians are constantly on the move, driven by the energy of a wall of three intertwining guitars, sometimes to the point of merging, yet never detracting from the emotional power of the whole. Time stands still with “Godot”, its eight minutes brimming with shifts in rhythm and atmosphere. A moment of absolute grace. Yarostan delivers a deeply moving performance here, leaving us with the certainty that we have witnessed something powerful.
It’s finally time to celebrate Queen(Ares) and Choices, released that very day via Source Atone Records. The quartet is surrounded by numerous friends and fans, and it is to thunderous applause that the band takes to the stage. The gentle intro from the album creates a false sense of calm before giving way to a devastating wave of post-metal. The audience responds immediately, headbanging in perfect sync with the rhythm section led by Alex and Nico. After this initial punch, Maxime takes the mic, not without humour, reminding everyone that they’re happy to have finally been able to play a full track at La Malterie – a nod to their previous gig, which was cut short after Charly was injured and carried off by the fire brigade just a minute into the show. Tonight clearly has a taste of revenge.
The new tracks, already compelling on record, take on an impressive scale here. The joy of playing is palpable, even when the lyrics venture far from any light-heartedness. Charly and Maxime alternate and blend their voices with a synergy that remains one of the band’s great strengths. Between songs, they reveal that Choices was born out of a lot of love, frustration and a few arguments, but it has to be said that the result speaks for itself. A few older tracks, such as “Heir” from their 2021 album, serve as a reminder of the consistency of their discography. The set flies by at breakneck speed, fuelled by a frenzied crowd and a succession of perfectly executed power-packed tracks.
From Sycomore to Queen(Ares) via Yarostan, this evening at La Malterie was a distillation of intensity, emotion and genuine connections. Three powerful, complementary acts, driven by committed bands and a receptive audience. One thing is certain: Lille can be proud of its music scene, and Choices is already establishing itself as an album to listen to and, above all, to experience live.
A lire aussi / Also to be read :





























