Samedi 28 mars, le Grand Mix de Tourcoing affichait complet depuis plusieurs semaines. Un sold out sans surprise tant l’aura de Sam Sauvage ne cesse de grandir, portée notamment par sa mise en lumière récente aux Victoires de la musique. Pour lancer cette soirée très attendue, c’est le duo Raimundaaaaaa qui avait la lourde mais excitante tâche d’ouvrir le bal.
Article et photos par Marye DAVENNE
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Lorsque Raimundaaaaaa investit la scène, la salle est déjà bien remplie. Le duo, composé d’Alexis et Daniel, annonce humblement qu’il s’agit seulement de leur deuxième concert en première partie. Venant de Bonnelles, dans la vallée de Chevreuse, les deux acolytes proposent un mélange aussi inattendu qu’efficace : une électro teintée de bossa nova, portée par une grande liberté de ton. Très vite, la magie opère. Les morceaux, tantôt absurdes, tantôt tendres, parlent d’amour, de vie rurale ou encore… d’hommes qui soulèvent de la fonte. Le tout est servi avec un humour désarmant qui déclenche sourires et rires dans le public. Contre toute attente, la foule se montre immédiatement très démonstrative : applaudissements nourris, cris enthousiastes entre chaque morceau, une ferveur qui semble presque déstabiliser les musiciens eux-mêmes. Rarement un groupe d’ouverture aura bénéficié d’un tel accueil. Le set alterne compositions originales et reprises, dont une version totalement débridée de « Tata Yoyo », et se conclut sous une ovation générale. Le public réclame un rappel, relance les applaudissements même lorsque les musiciens reviennent simplement ranger leur matériel sur scène. Alexis, visiblement ému, peine à cacher sa surprise. Une entrée en matière plus que réussie, confirmant une fois de plus la réputation chaleureuse du public nordiste.
Après une courte pause, l’excitation monte d’un cran : Sam Sauvage est attendu comme la figure centrale de la soirée. Il fait son entrée sur scène en serrant la main des spectateurs du premier rang avant de lancer « Les gens qui dansent (j’adore) ». Instantanément, les corps commencent à bouger. Ses mimiques, sa gestuelle et son énergie façonnent un personnage à part, qu’on peut même qualifier de magnétique. À seulement 25 ans, Sam impressionne par son aisance scénique et surtout par sa voix singulière, capable de passer de la douceur à la rage en un instant. Le concert se poursuit avec des titres plus posés, portés par une plume affûtée. Avant « Dans le photomaton », il annonce, sourire en coin, qu’il s’agit de la chanson d’amour de la soirée et qu’ensuite, le public est embarqué pour un « aller sans retour vers une dépression certaine ». La boutade fait rire, mais la suite confirme une intensité émotionnelle grandissante.
Installé au piano, il rend hommage à son grand-père, puis enchaîne avec un morceau fort, dédié aux femmes victimes de ce monde. Pour relancer l’énergie, il lâche : « Maintenant que vous avez le moral dans les chaussettes, levez les mains », avant de taquiner la salle sur son origine : Tourcoing, Lille… et même la Belgique, représentée ce soir-là. Sam nous chantera une anecdote de taxi parisien, puis clamera haut et fort qu’il n’est pas ivre, avant de s’engouffrer dans un morceau aux accents plus criés, presque cathartiques. L’hommage à Boulogne-sur-Mer, sa ville natale, est évidemment immanquable, tout comme « Je ne t’aime plus », qu’il reprend une seconde fois après un léger malaise dans le public. Preuve de son attention constante : Sam observe et veille à ce que chacun vive le concert dans les meilleures conditions.
Le set principal se termine sur « Avis de tempête », véritable moment théâtral qui embrase la salle. Mais impossible d’en rester là : porté par des rappels insistants, Sam revient pour « Un cri dans le métro », puis une version acoustique de « Ne t’en fais pas pour elle », l’occasion de présenter ses musiciens, dont Doriane à la batterie, qui fête ce soir-là son anniversaire. La salle chante à pleine voix, au point que Sam s’amuse de ne pas avoir engagé de chauffeur de salle. Sur ce titre, il va même jusqu’à imiter une trompette avec sa voix. Le concert s’achève sur « La fin du monde », pendant que les musiciens descendent dans la fosse, guitare en main, pour un bain de foule en forme de slam final.
Cette soirée au Grand Mix avait tout du concert mémorable : une première partie surprenante et chaleureusement accueillie, et un artiste principal en parfaite maîtrise de son art, capable de faire danser, rire et bouleverser son public en l’espace d’un set. Sam Sauvage confirme qu’il mérite amplement les distinctions reçues ces derniers mois. Plus qu’un succès du moment, il incarne le début d’une carrière qui s’annonce aussi intense que prometteuse.
Un grand merci à Vincent pour l’accréditation, à toute l’équipe du grand mix pour l’organisation et l’accueil.
On March 28th, the Grand Mix in Tourcoing had been fully booked for several weeks. It came as no surprise that the venue was sold out, given that Sam Sauvage’s star continues to rise, boosted in particular by his recent recognition at Les Victoires de la Musique awards. To kick off this eagerly awaited evening, the duo Raimundaaaaaa had the daunting yet exciting task of opening the show.
Review and pictures by Marye DAVENNE
When Raimundaaaaaa took to the stage, the venue was already packed. The duo, composed of Alexis and Daniel, humbly announced that this was only their second opening act gig. Hailing from Bonnelles in the Chevreuse Valley, the two friends offered an unexpected yet effective blend: electro tinged with bossa nova, delivered with a free-spirited approach. The magic worked quickly. The songs, sometimes absurd, sometimes tender, spoke of love, rural life, and even… men lifting weights. All of this was delivered with a disarming humor that elicited smiles and laughter from the audience. Against all expectations, the crowd was immediately very demonstrative: enthusiastic applause, shouts of excitement between each song, a fervor that almost seemed to overwhelm the musicians themselves. Rarely has an opening act received such a warm welcome. The set alternated between original compositions and covers, including a completely unrestrained version of « Tata Yoyo, » and ended with a standing ovation. The audience demanded an encore, continuing the applause even when the musicians simply returned to pack up their equipment on stage. Alexis, visibly moved, struggled to hide his surprise. A more than successful opening, confirming once again the warm reputation of the northern audience.
After a short break, the excitement rose a notch: Sam Sauvage was expected as the star of the evening. He made his entrance, shaking hands with the front-row spectators before launching into « Les gens qui dansent (j’adore) » (People who dance (I love it)). Instantly, bodies began to move. His facial expressions, gestures, and energy created a unique persona, one that could even be described as magnetic. At only 25 years old, Sam impressed with his stage presence and, above all, with his singular voice, capable of shifting from gentleness to rage in an instant. The concert continued with more subdued songs, delivered with sharp lyrics. Before « Dans le photomaton » (In the Photo Booth), he announced, with a wry smile, that it was the love song of the evening and that afterward, the audience was in for a « one-way trip to certain depression. » The joke drew laughter, but what followed confirmed a growing emotional intensity.
Seated at the piano, he paid tribute to his grandfather, then launched into a powerful piece dedicated to women who are victims of this world. To reinvigorate the crowd, he declared, « Now that you’re feeling down, raise your hands, » before teasing the audience about his origins: Tourcoing, Lille… and even Belgium, which was represented that evening. Sam then sang us a Parisian taxi anecdote, before loudly proclaiming that he wasn’t drunk, before plunging into a song with a more shouted, almost cathartic, feel. The tribute to Boulogne-sur-Mer, his hometown, is obviously a must, as is « Je ne t’aime plus » (I Don’t Love You Anymore), which he performs a second time after a slight fainting spell in the audience. Proof of his constant attention: Sam observes and ensures that everyone enjoys the concert to the fullest.
The main set ends with « Avis de tempête » (Storm Warning), a truly theatrical moment that ignites the venue. But it’s impossible to stop there: spurred on by insistent encores, Sam returns for « Un cri dans le métro » (A Cry in the Metro), then an acoustic version of « Ne t’en fais pas pour elle » (Don’t Worry About Her), an opportunity to introduce his musicians, including Doriane on drums, who is celebrating her birthday that evening. The audience sings along at the top of their lungs, to the point that Sam jokes about not having hired a warm-up act. During this song, he even goes so far as to imitate a trumpet with his voice. The concert ended with « La fin du monde » (The End of the World), as the musicians descended into the pit, guitars in hand, for a final crowd surf.
This evening at Le Grand Mix had all the makings of a memorable concert: a surprising and warmly received opening act, and a headliner in complete command of his craft, capable of making his audience dance, laugh, and be moved in the space of a single set. Sam Sauvage confirms that he richly deserves the accolades he has received in recent months. More than just a passing fad, he embodies the beginning of a career that promises to be as intense as it is brilliant.














