Ce vendredi 3 avril, on se rend à l’Aéronef pour une date complète depuis quelques mois déjà. Le format Club de l’Aéronef accueille un artiste local ce soir : MDNS (prononcé Madness), explosion garantie avec un punk rock enragé. En première partie, ce sont Les Clopes que l’on découvre. Une soirée qui s’annonce déjà intense, entre second degré assumé et énergie brute prête à déborder de la fosse.
Article par Zo’
Photos par Marye DAVENNE
English version below
Les Clopes est un collectif à géométrie variable, ce soir ils sont quatre : Guillaume Patrick (chant), Patrick Guillaume (basse), Charlie Chambre Forte (clavier) et Gerda Glockenspiel (guitare). Les Clopes, ce n’est pas vraiment quelque chose qui se raconte mais plutôt qui se vit : le collectif nous entraîne dans une cold wave parodique, qu’ils qualifient eux-mêmes de “troll wave”. Après s’être présenté, Guillaume Patrick demande au public : “Est-ce que vous êtes déprimé ? Est-ce que vous êtes mort ?” et va jusqu’à sentir le public pour voir si ça sent le cadavre. On se retrouve donc un peu dans une faille spatio-temporelle plutôt dépressive mais où l’humour est tout de même présent (puisqu’ils aiment ça comme l’annonce Guillaume Patrick sur un ton terne). Sur scène, les sourires sont évités et Guillaume Patrick nous emmène dans des cimetières, des vadrouilles à la recherche de clopes (au final, il se trouve que le tabac est fermé et que l’on n’a même pas de carte bancaire !), mais aussi dans un blockhaus noir avec la chanson qui a fait débuter le projet : “Je fume des clopes dans un blockhaus noir parce que je suis déprimé”. Il y a quelques références à des trends, notamment avec un “C’est ok” qui fait rire le public. À un moment, les instruments sont troqués contre du beatbox avant que le collectif ne demande un pogo de l’enfer (et le public répond bien présent). Ils quittent la scène alors qu’on en demande encore et reviennent en disant qu’on vient de leur apprendre qu’il restait quelques minutes pour leur set. Petit changement dans le setup : Patrick Guillaume s’attaque au chant alors que le public l’encourage de toutes ses forces, Gerda Glockenspiel prend la basse et Guillaume Patrick se tourne vers la guitare en nous livrant un solo qui clôture leur set.
Après cette introduction noir et “déprimante”, il est temps de retrouver de l’énergie. Et pour cela, MDNS n’en manque pas. Dès l’arrivée sur scène, les riffs lourds de Tomi lancent “J’ai plus l’temps” et tout se met en marche : le public est prêt à rendre l’énergie que MDNS donne et chante en chœur avec lui. L’entrée en bombe se calme un peu avec “Paradis” qui suit, où la basse de Julien prend le dessus, tandis que derrière Jack martèle sa batterie. Bien qu’il ait sorti un EP au mois de février, MDNS reste plutôt sur les anciens titres pour débuter ce concert, qui sont tout aussi bien connus du public, avec “Dis-moi que tout va bien” ou encore “Sauve-Moi”, tirés de son album Posthume sorti en 2024.
Ensuite tout s’accélère, MDNS demande si le public a écouté son dernier EP, DRACHE!, avant de solliciter la participation du public pour le refrain de “Sexe, Drogue & Drame” sur la phrase “Ça pue la merde”, de la très grande écriture comme en rigole MDNS. Même sans incitation, la foule ne se prive pas de reprendre les refrains en chœur. Ensuite, “Téléphone” et “La Faute à Qui” conservent cette énergie folle. MDNS court et saute dans tous les sens tandis que les musiciens s’attèlent parfaitement à leur tâche avec une ardeur similaire, et dans la foule, cette énergie est tout aussi palpable. Les pogos éclatent régulièrement et s’agrandissent au fur et à mesure que le concert avance, quelques personnes slamment, mais tout le monde saute et crie à en perdre la voix.
Après “On traîne”, qui calme un peu le jeu, MDNS prend un moment pour rappeler que la rue nous appartient, et l’enchaînement se fait sans effort vers “Enfant de ma ville”, une ode à Lille, ville de briques rouges où le ciel est gris, qui résonne particulièrement au cœur de cette salle. C’est aussi le moment pour MDNS de se remémorer ses premiers concerts faits, en spectateur à l’époque, à l’Aéronef. C’était une pause pour respirer un peu, mais il est temps de faire remonter le cardio avec “Je Cours”, et lorsque les instruments terminent le morceau dans un air frénétique, MDNS fait signe au public de se rapprocher de la scène, et le voilà parti faire un tour sur la foule. “Triste et Féroce” maintient cette énergie avec un refrain qu’on reprend aisément en chœur. Le morceau “Je suis pas mort si j’essaie” calme à nouveau le tout, mais avec une puissance et une douleur cathartique. Un morceau qui semble trop court mais qui, à la fois, termine le set en grandeur.
Mais on en veut “Encore”, alors MDNS revient sur scène, drapeau noir à la main, pour quelques titres dont celui-ci, pour la plus grande joie de la salle. “Allo Docteur” puis “Ma Pièce” clôturent cette soirée en apothéose au grand bonheur de tout le monde.
Une soirée contrastée mais parfaitement complémentaire, entre l’absurde sombre et assumé de Les Clopes et l’explosion d’énergie brute de MDNS. Là où les premiers jouent avec le malaise et l’ironie, le second transforme chaque émotion en défouloir collectif. Une date complète qui n’a clairement pas volé sa réputation, et qui rappelle à quel point la scène locale peut être vivante, imprévisible et fédératrice.
Un grand merci à Morgane pour les accréditations, à L’Aéronef pour l’organisation ce cette soirée et à toute l’équipe pour l’accueil.
This Friday, April 3rd, we’re heading to L’Aéronef for a gig that’s been fully sold out for several months now. L’Aéronef’s Club night is hosting a local artist tonight: MDNS (pronounced ‘Madness’), guaranteed to set the place alight with their furious punk rock. Opening the night are Les Clopes. It’s shaping up to be an intense evening, with a blend of tongue-in-cheek humour and raw energy ready to spill out of the pit.
Review by Zo’
Pictures by Marye DAVENNE
Les Clopes is a flexible collective; tonight there are four of them: Guillaume Patrick (vocals), Patrick Guillaume (bass), Charlie Chambre Forte (keyboards) and Gerda Glockenspiel (guitar). Les Clopes isn’t really something you can describe, but rather something you have to experience: the collective draws us into a parodic cold wave, which they themselves describe as “troll wave”. After introducing themselves, Guillaume Patrick asks the audience: “Are you depressed? Are you dead?” and even goes so far as to sniff the audience to see if they smell of a corpse. So we find ourselves in a rather depressing space-time rift, though humour is still present (since they like that sort of thing, as Guillaume Patrick announces in a flat tone). On stage, smiles are avoided and Guillaume Patrick takes us to cemeteries, on scavenger hunts for cigarettes (in the end, it turns out the tobacconist’s is closed and we don’t even have a debit card!), but also into a black bunker with the song that launched the project: “Je fume des clopes dans un blockhaus noir parce que je suis déprimé”. There are a few nods to current trends, notably with a “C’est ok” that has the audience in stitches. At one point, the instruments are swapped for beatboxing before the group calls for a wild mosh pit (and the audience obliges). They leave the stage whilst we’re still clamouring for more, only to return saying they’ve just been told there were a few minutes left of their set. A slight change in the line-up: Patrick Guillaume takes the lead vocals whilst the audience cheers him on with all their might, Gerda Glockenspiel takes the bass and Guillaume Patrick switches to guitar, treating us to a solo that brings their set to a close.
After that dark and “depressing” introduction, it’s time to get our energy back. And MDNS certainly has plenty of that. As soon as he hits the stage, Tomi’s heavy riffs kick off “J’ai plus l’temps” and everything gets going: the crowd is ready to give back the energy MDNS is putting out and sings along with him. The explosive start calms down a bit with the following track, “Paradis”, where Julien’s bass takes the lead, whilst Jack pounds away on the drums in the background. Although he released an EP in February, MDNS sticks mainly to older tracks to kick off this concert, which are just as familiar to the crowd, including “Dis-moi que tout va bien” and “Sauve-Moi”, taken from his 2024 album Posthume.
Then things really pick up pace; MDNS asks if the crowd has listened to his latest EP, DRACHE!, before getting the audience to join in on the chorus of “Sexe, Drogue & Drame” with the line “It stinks of shit” – brilliant lyrics, as MDNS jokes. Even without prompting, the crowd doesn’t hesitate to sing along to the choruses in unison. Next, “Téléphone” and “La Faute à Qui” maintain this wild energy. MDNS runs and jumps all over the place whilst the musicians get on with their task perfectly, with similar fervour, and in the crowd, this energy is just as palpable. Pogo pits break out regularly and grow as the concert progresses; a few people are slam dancing, but everyone is jumping and shouting until they’re hoarse.
After “On traîne”, which slows things down a little, MDNS takes a moment to remind us that the streets belong to us, and the transition flows effortlessly into “Enfant de ma ville”, an ode to Lille, a city of red brick where the sky is grey, which resonates particularly strongly within this venue. It’s also a moment for MDNS to reminisce about his first gigs, which he attended as a spectator back in the day, at the Aéronef. It was a breather, but it’s time to get the heart rate up again with “Je Cours”, and as the instruments finish the track in a frenetic burst, MDNS signals to the audience to move closer to the stage, and off he goes for a spin through the crowd. “Triste et Féroce” maintains this energy with a chorus that’s easy to sing along to. The track “Je suis pas mort si j’essaie” calms things down again, but with a power and cathartic pain. A track that feels too short but which, at the same time, brings the set to a grand close.
But we want “Encore”, so MDNS returns to the stage, black flag in hand, for a few tracks including this one, much to the delight of the crowd. “Allo Docteur” and then “Ma Pièce” bring the evening to a spectacular close, much to everyone’s delight.
An evening of contrasts yet perfectly complementary, ranging from the dark, unapologetic absurdity of Les Clopes to the explosion of raw energy from MDNS. Whilst the former play with unease and irony, the latter transform every emotion into a collective release. A packed event that clearly lived up to its reputation, and a reminder of just how vibrant, unpredictable and unifying the local scene can be.
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