Chez Sounding Shivers, on aime les curiosités musicales. Alors quand un album sort chez Dur et Doux, on est obligé d’aller jeter un oeil. Cette semaine, c’est direction le Rhône Alpes que nous partons pour le nouvel album de Ni, quatuor que vous connaissez surement dans L’Effondras, Poil et PinioL. Ces noms vous parlent sûrement si vous lisez nos lignes régulièrement. On nous parle de bouffonnerie, de spectacle masqué, mais surtout de métal et de jazz. Partons à l’écoute de Fol Naïs !
par Marye DAVENNE
English version below
L’aventure de Ni commence avec notre premier bouffon de la soirée, « Zerkon ». Bouffon bégue de Attila, chef des Huns, vous aurez autant de mal à suivre la rythmique chaotique du titre que le débit de parole de notre amuseur. On le voit sautiller sur la basse de Benoit Lecomte, jusqu’à se prendre les pieds dans le joyeux bazard. Ce titre d’ouverture affiche un grand message : Le spectacle de ce jour amusera peut-être la galerie, mais ne sera réellement compréhensible que pour les oreilles aguérries.
Le fou du roi Arthur « Dagonet » n’aura pas non plus lui droit à un morceau tout lisse. Persévérance sera maitre mot pour la guitare, prouvant la qualité de notre fou, qui pourrait trouver des solutions si l’intelligence lui était donné. Malheureusement pas d’échappatoire, il va falloir s’accrocher. « Brusquet » aura quand à lieu plus de chance. L’ex-médecin devenu bouffon de François Ier semble avoir acquis toutes les connaissance pour la révolte. Comme un chant de révolte, les arguments fusent à chaque notes, qui s’enchainent à une vitesse folle jusqu’à se transformer en son informatique, niveau supérieur de connaissance ?
Du côté de Guillaume Le Conquérant, c’est « Berdic » le joculateur qui fait l’animation dans un spectacle qui semble tout de suite plus sérieux et plus sombre. Chaque note de batterie de Nicolas Bernollin se veut plus fracassante que la précédente. Chaque bouffon de notre écoute à ses particularités et « Chicot » ne manquera pas à la règle. Seul fou du roi connu pour avoir eu une activité militaire, c’est sans mal que les notes vont fuser dans tous les sens comme un champ de guerre parsemé de tirs.
Représenté dans des centaines d’Opéra à travers le monde, « Rigoletto » est surement notre bouffon de cour le plus connu, mais sa représentation se fera sur un air de Verdi beaucoup plus moderne et dissonant. Ce morceau purement jazzy est plein de trahison, de vengeance mais surtout d’amour. On y entends même les cris de ces aventures. Théâtral n’est-ce pas ?
Il nous faudra bien un triptyque pour découvrir de quel « Triboulet » nous avons affaire. Tant de fou au même nom, c’est à se mélanger les pinceaux. Si le Triboulet du roi René d’Anjou était très farceur, celui de Louis XII ne fâcha aucun homme. C’est sur un titre assez lisse qu’il sera illustré dans la partie III. Le Triboulet de François Ier était quand à lui insolent, jusqu’à l’envoyer devant la sentence de mort. L’accumulation de ses effronteries s’entends dans notre deuxième partie qui monte crescendo jusqu’au point de non retour. C’est sur notre unique bouffonne qu’on termine notre voyage dans les sottises médiévales. « Cathelot ». Même si les premières notes semblerait apporter une lumière féminine, le morceau se tournera vers une lourdeur sans nom, à la limite du sludge. Comme quoi, les folles peuvent être encore plus impitoyable que leur homonyme masculin.
Ni proposent une leçon d’histoire comme on ne l’a jamais vécu. La révision de nos classiques se fait par l’exploration des possibilités musicales offertes par le mélange de seulement 4 instruments, même si pédales d’effets pourrait compter en suplément. Ne cherchez pas à qualifier cet album ou à le rentrer dans une case, vous n’y parviendrez pas. Il en va de même pour les bouffons et fous qui peuplent notre histoire, nos oeuvres littéraires, théâtrales et désormais musicales.

Tracklist :
1. Zerkon
2. Dagonet
3. Brusquet
4. Berdic
5. Chicot
6. Rigoletto
7. Triboulet (Part. I)
8. Triboulet (Part. II)
9. Triboulet (Part. III)
10. Cathelot
At Sounding Shivers, we love musical curiosities. So when an album is released by Dur et Doux, we’re bound to check it out. This week, we’re off to the Rhône Alpes to check out the new album from Ni, a quartet you probably know from L’Effondras, Poil and PinioL. These names will probably ring a bell if you read our pages regularly. They talk of buffoonery and masked shows, but above all of metal and jazz. Let’s hear it for Fol Naïs!
Ni’s adventure begins with our first jester of the evening, ‘Zerkon’. The stuttering jester of Attila, leader of the Huns, you’ll have as much trouble following the chaotic rhythm of the track as speech rate of our entertainer. We see him bouncing around on Benoit Lecomte‘s bass, until he gets his feet caught up in the merry mess. This opening title sends out a clear message: today’s show may entertain the crowd, but it will only be truly comprehensible to hardened ears.
King Arthur’s fool ‘Dagonet’ won’t have a smooth song either. Perseverance will be the key word for the guitar, proving the quality of our madman, who could find solutions if given the intelligence. Unfortunately, there’s no way out, you’ll just have to hang in there. « Brusquet », on the other hand, is luckier. The ex-doctor turned jester of François I seems to have acquired all the knowledge needed to revolt. Like a song of revolt, the arguments fly out with each note, which follow one another at breakneck speed until they become computer noise, a higher level of knowledge ?
On the side of Guillaume Le Conquérant, it is ‘Berdic’ the joculator who provides the entertainment in a show that immediately seems more serious and darker. Each note of Nicolas Bernollin‘s drums is more forceful than the last. Every jester we listen to has his own particularities, and ‘Chicot’ is no exception. The only court jester known to have had a military career, it’s not hard to see the notes fly off in all directions like a war zone strewn with gunfire.
Performed in hundreds of opera houses around the world, ‘Rigoletto’ is probably our best-known court jester, but his performance will be set to a much more modern and dissonant aria by Verdi. This purely jazzy piece is full of betrayal, revenge and, above all, love. You can even hear the screams of these adventures. Theatrical, isn’t it?
We’ll need a triptych to find out which ‘Triboulet’ we’re dealing with. So many madmen with the same name, it’s hard to keep track. If King René d’Anjou’s Triboulet was a great joker, Louis XII’s Triboulet made no man angry. It is on a fairly smooth title that he will be illustrated in Part III. François I’s Triboulet, on the other hand, was insolent to the point of being sentenced to death. The accumulation of his effrontery can be heard in our second part, which builds to a crescendo to the point of no return. We end our journey into medieval silliness with our only buffoon. « Cathelot. Even if the first notes seem to bring a feminine light, the track turns towards a heaviness without a name, bordering on sludge. Just goes to show that mad women can be even more ruthless than their male counterparts.
Ni offer a history lesson like no other. The revision of our classics is done by exploring the musical possibilities offered by the mix of only 4 instruments, even if effects pedals could count as an extra. Don’t dare to categorise this album or put it in a box, you won’t succeed. The same goes for the buffoons and fools who populate our history, our literature, our theatre and now our music.
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