#Live : L’Arsenal Rock Festival – Jour 1 @ Zone De Loisirs, Beautor – 17/05/2024

Après un week-end au Zikenstock, quoi de mieux pour prolonger le plaisir qu’un autre festival punk? L’Arsenal Rock propose depuis 2019 des affiches principalement punk rock et 100% francophones. Le 17 mai nous prenons donc la direction de Beautor, dans l’Aisne, prêts à découvrir cet évènement dont les éditions précédentes nous avaient déjà alléchées. Au programme de cette première soirée : Pit Samprass, TF Eliz, Radio 911, Les Wampas et Thom Souyeur et les Petits Grégory. 

Article par Mégane

English version below


Nous arrivons donc dans ce petit festival à taille humaine et dont l’organisation reste en partie familiale. Pour des raisons professionnelles nous ratons malheureusement la prestation de Pit Samprass, ex frontman des Burning Heads, comme une grande partie du public. Accompagné de sa guitare, il assurera également les inter concerts sur la petite scène installée au milieu des stands, lieu appelé le Village. 

TF Eliz

Quelques minutes après notre arrivée, c’est donc TF Eliz qui monte sur scène. Nous bravons la pluie pour nous approcher. Entre la météo et l’horaire, peu de monde est présent. Nous découvrons alors le travail de cette artiste qui consiste à reprendre au piano des classiques du punk, ouvrant le bal par “Flares are Burning” de Moscow Death Brigade puis “We’re all we have” de The Casualties. Un medley de Cock Sparrer, passé la semaine précédente au Zikenstock ravivera les souvenirs de nombreux spectateurs qui y étaient. TF Eliz est d’ailleurs largement soutenue par ses camarades de l’organisation du Zikenstock dont elle fait également partie. Et preuve s’il en fallait qu’il faut arriver tôt en festival : Didier Wampas la rejoint pour “J’ai avalé une mouche”. Et alors qu’il devrait quitter la scène, le lancement de “Cayenne” de Parabellum le fait revenir et il motive la foule, éparse mais participative. Elle termine par “Mort aux cons” de Tagada Jones avec qui elle a également déjà joué. On applaudit une proposition différente et très intéressante qui nous met très tranquillement dans l’ambiance punk. 

Radio 911

Une petite transition nous permet de commencer à faire le tour des quelques stands présents : il s’agit principalement de vêtements et de bijoux et la plupart des exposants étaient déjà présents au Zikenstock la semaine précédente. C’est ensuite au tour de Radio 911 de monter sur scène. Les Liégeois prennent un plaisir non dissimulé à être là et celui-ci est communicatif. Le trio nous assène un punk rock dont la Belgique, et en particulier la Wallonie, a le secret. Avec des thèmes qui parlent à toutes les personnes présentes tels que l’anti système ou la critique de la police, le groupe attire rapidement l’adhésion du public. On manque de monde pour un pogo mais certains restent très motivés, au point de tenter un circle pit qui finira dans la boue. Le côté ska de certains passages donnent envie de danser et d’entamer cette belle fête qu’est le festival. Les belges s’adaptent à leur public, faisant lever un doigt pour Macron et l’autre pour Marine Le Pen. Le son est bon, et nous permet de profiter des textes du groupe. Après “J.O.U.E” et “La chute” auxquels le public participera, on immortalise leur passage par une photo sur fond de “Macron explosion”. 

Les Wampas

La pluie et la boue nous accompagnent toujours en cette soirée. Les organisateurs ont paillé les zones trop inondées ce qui nous permet tout de même de circuler sur le terrain. On salue au passage la qualité de cette organisation qui nous permet de profiter pleinement du festival, sans attente pour manger, boire ou passer aux toilettes. Il est un peu plus de 21h lorsque la tête d’affiche du jour monte sur scène : les légendaires Wampas. Dès les premières notes de “Sauvre le Monde”, le public exulte et rend hommage à l’énergie déployée sur scène. Quelques problèmes de son qui continueront sur “Aquarium Tactile” rendent les premiers morceaux un peu moins agréables. Heureusement, cela ne durera pas. Didier est avec nous, dans la boue pour interpréter “C’est l’Amour” et montrer le sien envers son public. Encore une fois, il nous confirme toute l’étendue de son talent de showman, slamant debout en jouant de la guitare ou sur une chaise pendant “Rimini”. Evidemment tous les spectateurs l’acclament par des “Didier Wampas est le roi” répété à tue-tête. Effello et ses cheveux roses font aussi le show à leur manière. Lui et Tony Truant n’hésitent pas à monter sur des caissons à l’instar de Didier. Le titre phare des Wampas, “Manu Chao” fait chanter et danser sur tout le site du festival. Après avoir lancé un wall of death suivi avec entrain, le groupe entame “Ce soir c’est Noël” en faisant, comme à leur habitude, monter un enfant sur scène. On quitte Les Wampas en hurlant de nouveau quelques “Didier Wampas est le roi”, en ayant bien en tête que chacun des musiciens de la formation a également complètement assuré ce soir. Encore une fois, on ne voit pas passer le temps face au concert des Wampas, et on a hâte de les revoir très bientôt. 

Thom Souyeur Et Les Petits Grégory

C’est toute la soirée qui est passée à une vitesse folle et il est déjà l’heure du dernier concert de la soirée. On s’apprête à retrouver Thom Souyeur et les Petits Grégory, que nous avions découverts lors d’un passage au BNR il y a quelques mois. Autant vous le dire tout de suite, il est très difficile de décrire ce groupe pour le moins original. Chacun a un rôle et on retrouve donc un punk à chien vagabond à la guitare, et un baraki en survêtement, parlant avec un fort accent, dénommé Kharis Criminel, à la basse et aux samples. Le personnage central est bien évidemment le chanteur, provocateur, et dont les interventions se veulent systématiquement malaisantes. En attendant que l’ordinateur fonctionne, il nous interprétera quelques titres en guitare voix tels que “RSA”. Puis lorsque tout est en place, nous assistons à “Plus Petit que Trois”, parlant d’une “romance” entre Marie-Sophie 13 ans et Jean-Patrick 48 ans suite à leur rencontre sur internet. Des petits passages hard bass font danser les rangs éparses en cette heure tardive. On se retrouve à danser gaiement sur “Suicide Collectif”. Leur show a un côté Didier Super avec une musique plus moderne. Ils ont d’ailleurs fait un titre avec lui :  “Flico Dingo” qu’on pourra entendre ce soir. Et si l’ensemble se veut très humoristique, il n’en reste pas moins très qualitatif et travaillé. On a même droit à un peu de contrebasse sur “Mon Grand-Père” qui dans la chanson est en réalité négationniste. Avant d’entonner “Révolution Bolchevique”, le groupe nous fait bien comprendre sa haine du Rassemblement National, acclamé par un public acquis à cette cause. Les toulousains nous ont proposé un moment entre spectacle et concert, entre chanson française et provocation. On se sent presque coupable face à certaines blagues de rire et d’adorer la prestation du groupe, mais on passe encore un excellent moment en compagnie de Thom Souyeur et les Petits Grégory. 

C’est déjà la fin de cette première journée de festival, et nous regagnons le “camping à l’arrache”, au plus proche du festival, motivés pour le samedi qui arrive. La journée a tenu toutes ses promesses, entre découvertes et confirmations, ambiance festive incluant les familles. En dehors du temps, tout est donc réuni pour passer un très bon moment avec les deux jours restant!

Un grand merci à l’équipe du festival pour l’accréditation, l’organisation de cette première journée et pour l’accueil au top! Un grand merci également à toute l’équipe des bénévoles !


After a weekend at Zikenstock, what better way to prolong the pleasure than at another punk festival? Since 2019, Arsenal Rock has been offering a mainly punk rock line-up that’s 100% French-speaking. So on May 17th we headed for Beautor, in the Aisne department, ready to discover this event whose previous editions had already enticed us. On the programme for this first evening: Pit Samprass, TF Eliz, Radio 911, Les Wampas and Thom Souyeur and Les Petits Grégory.

Review by Mégane

So we arrived at this small festival, which was organised on a human scale and remained in part a family affair. For professional reasons, we unfortunately missed the performance of Pit Samprass, ex-frontman of Burning Heads, as did a large part of the audience. Accompanied by his guitar, he will also be performing on the small stage set up in the middle of the stands, known as the Village.

TF Eliz

A few minutes after our arrival, TF Eliz took to the stage. We braved the rain to get closer. Between the weather and the schedule, not many people turned up. We were introduced to this artist’s work, which consists of covering punk classics on the piano, opening with ‘Flares are Burning’ by Moscow Death Brigade, followed by ‘We’re all we have’ by The Casualties. A medley of songs by Cock Sparrer, who had played at Zikenstock the previous week, revived the memories of many of those who had been there. TF Eliz is widely supported by her fellow members of the Zikenstock organisation, of which she is also a member. And if proof were needed that you have to get to the festival early, Didier Wampas joins her for ‘J’ai avalé une mouche’ (I swallowed a fly). And just as he was about to leave the stage, the launch of Parabellum‘s ‘Cayenne’ brought him back and he motivated the crowd, which was sparse but participative. She finishes with ‘Mort aux cons’ by Tagada Jones, with whom she has also played. We applaud a different and very interesting proposition that puts us very quietly in the punk mood.

Radio 911

A short transition allowed us to begin our tour of the few stands present: these were mainly clothes and jewellery, and most of the exhibitors had already been at Zikenstock the previous week. Then it was Radio 911‘s turn to take to the stage. The trio from Liège are clearly enjoying themselves, and the pleasure is infectious. The trio deliver the kind of punk rock that Belgium, and Wallonia in particular, is famous for. With themes that speak to everyone present, such as the anti-system and criticism of the police, the band quickly win over the audience. There weren’t enough people for a pogo, but some remained highly motivated, to the point of attempting a circle pit which ended up in the mud. The ska flavour of some of the songs makes you want to dance and get the festival party started. The Belgians adapt to their audience, raising one finger for Macron and the other for Marine Le Pen. The sound is good, allowing us to enjoy the band’s lyrics. After ‘J.O.U.E’ and ‘La chute’, in which the audience took part, we immortalised their performance with a photo against a backdrop of ‘Macron explosion’.

Les Wampas

The rain and mud are still with us this evening. The organisers had mulched the areas that were too flooded, so we were still able to move around the site. We salute the quality of the organisation, which allows us to enjoy the festival to the full, without waiting to eat, drink or go to the toilet. It was just after 9pm when the day’s headliners took to the stage: the legendary Wampas. As soon as the first notes of ‘Sauvre le Monde’ hit the air, the crowd went wild, paying tribute to the energy on stage. A few sound problems, which continued on ‘Aquarium Tactile’, made the first few songs a little less enjoyable. Fortunately, this did not last. Didier is with us, in the mud, performing ‘C’est l’Amour’ and showing his love for his audience. Once again, he confirmed the full extent of his talent as a showman, slamming standing up while playing the guitar or on a chair during ‘Rimini’. Naturally, the audience cheered him on with ‘Didier Wampas est le roi’ repeated at the top of their voices. Effello and his pink hair also put on a show of their own. He and Tony Truant don’t hesitate to climb on caissons like Didier. Les Wampas‘ hit song, “Manu Chao”, had the whole festival site singing and dancing along. After launching into a spirited wall of death, the group kicked off ‘Ce soir c’est Noël’ with a child on stage, as usual. We left Les Wampas screaming a few more ‘Didier Wampas est le roi’ (Didier Wampas is the king), bearing in mind that each of the band’s musicians had also done a great job this evening. Once again, we couldn’t wait to see Les Wampas live, and we couldn’t wait to see them again very soon.

Thom Souyeur Et Les Petits Grégory

The whole evening has gone by at breakneck speed, and it’s already time for the last concert of the evening. We’re about to catch up with Thom Souyeur and Les Petits Grégory, who we discovered when they played at BNR a few months ago. It’s hard to describe this highly original group, to say the least. Everyone has a role to play, so we find a wandering dog punk on guitar, and a baraki in tracksuits, speaking with a thick accent, called Kharis Criminel, on bass and samples. The central character is, of course, the provocative singer, whose interventions are systematically uncomfortable. While we’re waiting for the computer to work, he plays a few guitar-vocals like ‘RSA’. Then, when everything is in place, we are treated to ‘Plus Petit que Trois’, about a ‘romance’ between 13-year-old Marie-Sophie and 48-year-old Jean-Patrick following their meeting on the internet. Small hard bass passages get the scattered ranks dancing at this late hour. We found ourselves dancing merrily to ‘Suicide Collectif’. Their show has a Didier Super feel to it, with more modern music. In fact, they did a song with him: ‘Flico Dingo’, which you can hear tonight. And while the whole thing is intended to be very humorous, it is nonetheless very high-quality and well-crafted. There’s even a bit of double bass on ‘Mon Grand-Père’, which is actually a denialist song. Before singing ‘Révolution Bolchevique’, the band made clear their hatred of the Rassemblement National, cheered on by an audience sympathetic to the cause. The Toulousans offered us a moment between show and concert, between French chanson and provocation. We almost felt guilty laughing at some of the jokes and adoring the band’s performance, but we still had a great time in the company of Thom Souyeur and Les Petits Grégory.

It’s already the end of the first day of the festival, and we’re heading back to the roots camp site, as close to the festival as possible, motivated for the Saturday ahead. The day has lived up to all its promises, with discoveries and confirmations, and a festive atmosphere including families. So, apart from the weather, we’ve got everything we need to have a great time for the remaining two days!

Un commentaire

  1. […] Troisième concert en un mois dans la région pour Les Wampas, et un public toujours présent un nombre malgré le temps maussade. C’est sur « Sauver le Monde » que Didier et sa bande débarquent et c’est parti pour une avalanche de tubes repris en chœur par un public chaud comme la braise. Evidemment chaque titre est une occasion de plus pour le public de se lancer dans des pogos toujours plus enthousiastes. « C’est L’Amour » et « C’est Politique » s’enchaînent parfaitement et passent un message fort dans un coin où la politique tend vers la division. Ici c’est l’acceptation des uns et des autres qui prime et ça nous rend heureux, tellement heureux. Didier Wampas fait tomber la veste et monte en équilibre sur le public pour un « Punk Ouvrier » d’anthologie avant le toujours si doux « Frontignan Blues ». Réveil instantané des pogos et des chœurs sur le classique intemporel « Manu Chao » qui ne cesseront plus de tout le set. Chaque morceau joué nous rappelle pourquoi Les Wampas ont cette aura dans le punk hexagonal, car ils restent toujours eux mêmes avec leurs titres souvent politiques et toujours calibrés pour la fête. Retour dans la fosse pour Didier qui naviguera cette fois-ci assis sur sa chaise, encore en pleine communion avec un public totalement acquis à sa cause. Les femmes et jeunes filles présentes ce soir seront invitées à monter sur scène pour un moment de danse au plus près du groupe sur « Petite Fille » , avant de porter Didier en triomphe en fin de morceau. Puis ca sera au tour d’un gamin du coin de monter sur scène pour « Ce soir c’est Noël » pour un moment toujours aussi énergique et drôle. La fin du concert est toujours un enchaînement de tubes en puissance avec « Rimini » ou « Oï » puis c’est sur « C’est Juste une Petite Voix » que le groupe nous quitte dans une avalanche d’amour qui se finira par des câlins se multipliant dans la fosse, comme un signe du besoin commun de se retrouver en musique et en amour dans un monde toujours plus sombre qui laisse peu de place au partage. C’est heureux et trempés que nous laissons la bande des Wampas quitter la scène après un set parfait de bout en bout. On se sent bien et c’est tout ce qui compte! […]

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