#Live : Crossroads Festival – Jour 3 (07/11/2024)

Depuis 2016, le Crossroads festival est le lieu incontournable pour les professionnels des musiques actuelles pour faire un tour d’horizon de la scène émergente du grand nord. En journée, ce sont de nombreuses rencontres, des tables rondes, et en soirée, des mini concerts, à la limite du showcase ouvert à tous, et d’un éclectisme assez impressionnant. Pour ce troisième et dernier jour de festival, nous avons fait le déplacement pour vous parler de Abran, Do not Do, 0 degré, Queen(Ares), Lynx, Josy Basar et Biêm (Beatrice et Melissa) pour une belle soirée à la Condition Publique de Roubaix. 

Article et photos par Marye DAVENNE

English version below


La Condition Publique est en configuration festival, et deux petites scènes se font face pour alterner rapidement d’un artiste à l’autre. On commence cette soirée musicale avec Biêm, autrement appelé Béatrice et Mélissa, un duo électro qui nous fait planer instantanément. Derrière leurs claviers et autres table de mix, elles mélangent leurs deux voix douces pour trente minutes de musique pop. C’est la rencontre de leur deux univers assez singulier qui donne cette magie musicale. Des chuchotements, des paroles parfois en français, parfois en anglais pour rappeler leur origine. Pendant que l’une a grandi sur le continent américain, la seconde a découvert la musique au cœur de Strasbourg. Leur rencontre en ressort un duo, qui parfois s’engueule (c’est elles qui le disent), mais qui surtout veut nous apporter une certaine nostalgie musicale dans les oreilles. Un son assez hybrique et doux pour bien démarrer la soirée.

Biêm @ Crossroads Festival - 07/11/2024

On part du côté de Metz avec Josy Basar pour une piqure de bizarre. Attention, bizarre oui, mais le genre qui nous captive de bout en bout et qui restera dans notre esprit. Avec une prestance assez impressionnante, Josy nous chante, ou même nous parle, sur une instru électronique hyper rythmé. Ses morceaux intégrent des sons, des bruits comme le son des petits oiseaux, et nous voilà parti en balade dans son univers. On y parle dépression, on se dit qu’on va se mettre à danser pour oublier ça, et en un clignement des yeux, il est en train de nous lire un poème improvisé sur Roubaix, rédigé un peu plus tôt sur un ticket d’Euromillions. On va être clair avec vous, nous avons été scotché par la performance de Josy Basar et on part rattraper son premier album, Alinéa, sorti plus tôt cette année.

Josy Basar @ Crossroads Festival - 07/11/2024

Une partie du public fait alors son apparition dans la salle pour la rappeuse Lynx. Premier nom de la métropole lilloise de la soirée, on voit qu’une partie de son public a fait le déplacement (même si on aurait apprécier cette même curiosité pour les artistes précédents de la soirée). Lynx va nous proposer une voyage dans son bâtiment. On fait un tour sur le toit de son immeuble, puis dans sa chambre, sur son plafond et enfin dans le club au rez de chaussée. Ses titres sont rappé certes, mais il en ressort une vraie influence électronique, parfois même lo-fi. L’artiste ne mache pas ses mots et frappe fort, en confirme des phrases comme « les nostalgiques de la gestapo », « téma le progrès ». Un rap assez engagé, ou du moins plein de convictions qui sait convaincre le public ce soir.

Lynx @ Crossroads Festival - 07/11/2024

Unique nom métal de la soirée, Queen(Ares) prennent possession de la scène. Si vous lisez nos lignes régulièrement, nous n’avons pas vraiment besoin de présenter notre fierté locale. L’ambiance change totalement ce soir, et même si le quatuor vont venir nous en mettre plein la tronche, pas de quoi avoir peur. La sauce semble bien prendre, et on voit apparaitre les premiers pogo de la soirée. Alors que le public est principalement composé de professionnels, on reconnait quelques petites têtes des fidèles spectateurs métal de la métropole qui vont faire agiter les têtes. Côté prestation, Queen(Ares) sont impeccables. Un show parfaitement calibré, d’une puissance frissonnante. Les chants sont criés, mais les sourires et la simplicité des discussions entre les morceaux de la part de Maxime nous confirme le plaisir que le groupe prends à jouer devant un public aussi varié. Il faut dire qu’ils ont l’habitude de jouer devant ce type d’audience, habitué des Inouïs et autre projet musical dans la région. Nous sommes totalement fans de leur musique, comme d’habitude et on vous encourage à venir le 13 décembre prochain à la Brat Cave pour les revoir !

Queen(Ares) @ Crossroads Festival - 07/11/2024

Retour dans la sphère rap avec 0 degré. Un trio de rappeur s’installe sur scène, sous un discours qui nous parle période glacière. Chacun leur tour, les trois artistes vont nous proposer un couplet fort, où l’éclairage vient les mettre en lumière. Dès les premières secondes, on remarque que leur show est parfaitement millimétrés. Ils savent exactement comment nous impressionner et quand on voit le nombre de leur fan qui se pressent devant la scène, on comprends vite pourquoi. Les trois compères sont plein de rage, et vont tour à tour nous parler de leur vie, à cœur ouvert, avec parfois une pointe de vocodeur. Plus leur prestation avance, et plus on semble sombrer dans un rap très 00’s, bien loin du rap électro pop assez moderne. Cela n’empêche pas de faire chanter et bouger le public, notamment sur « Baltimore », seul titre sorti sur leurs réseaux, mais déjà connu par tous. L’instru est toujours intéressante, comprenant une boite à rythme, mais également des parties de piano parfois bien sombre. Le public est aux anges et applaudira la formation Lilloise avant de rejoindre le groupe dans la cour pour discuter.

0 Degré @ Crossroads Festival - 07/11/2024

Une bonne partie du public, les plus jeunes notamment, sont parti sympathiser avec les artistes rap de la soirée pendant que Do not Do s’installent à leurs tours. Un décor en tournesol, des lumières colorés, on sent que la pop va être mise à l’honneur avec le duo parisien. Et on est loin de se tromper dès les premières notes de guitares très rock et d’un jeu de basse super funky à la Jamiroquai. Le duo, accompagné par leurs musiciens, vont nous amener une dose de bonne humeur dans la salle. Scéniquement, le groupe bouge partout et en fait peut-être un peu trop à notre goût, mais semble à l’aise. Ils nous proposeront même une petite reprise de Blondie, que certains ont peut-être entendu dans Emily In Paris, devant un public un peu moins nombreux mais qui se laisse prêter au jeu. Les problèmes techniques tacheront légèrement leur set mais l’esprit funk gravera un sourire sur leurs visages tout du long.

Do And Do @ Crossroads Festival - 07/11/2024

Il commence à se faire tard, le moment parfait pour transformer la condition publique en un club. Abran et ses platines va nous proposer une musique électronique qu’on a du mal à qualifier de techno, mais plutôt d’atmosphère électronique. Ses morceaux sont planants, assez doux, créant une vraie atmosphère à part entière. Le genre de son qui nous fait nous déhancher les yeux fermés, réconfortant et exaltant. Un beau moment qu’on ne verra pas en entier, mais qui nous semble être un super exutoire à la recherche de transe.

Abran @ Crossroads Festival - 07/11/2024

Cette dernière journée du Crossroads Festival a été très intéressante en découverte, voyageant dans les différents styles musicaux. Notre scène est comme toujours remplie de petites pépites, et on aurait espérer voir la Condition Publique un peu plus remplie par le public avide de découvertes. En bref, n’attendez pas que les salles et gros festivals programment nos artistes, mais allez les découvrir dans ce type d’évènement. On y a passé un superbe moment. 

Un grand merci au Crossroads pour l’invitation, et à la Condition Publique pour l’accueil. A l’année prochaine.


Since 2016, the Crossroads festival has been the place to be for professionals in the contemporary music scene to get an overview of the emerging scene in the far north. During the day, there are numerous meetings and round tables, and in the evening, mini concerts, bordering on showcases open to all, with a rather impressive eclecticism. For this third and final day of the festival, we came along to talk to you about Abran, Do not Do, 0 degré, Queen(Ares), Lynx, Josy Basar and Biêm (Beatrice and Melissa) for a great evening at the Condition Publique in Roubaix.

Article and photos by Marye DAVENNE

La Condition Publique is set up as a festival venue, with two small stages facing each other so you can quickly switch from one artist to the next. The evening kicks off with Biêm, otherwise known as Béatrice et Mélissa, an electro duo that will have you soaring in no time. Behind their keyboards and mixing desks, they blend their two gentle voices for thirty minutes of pop music. It’s the meeting of their two rather singular worlds that creates this musical magic. Whispers, lyrics sometimes in French, sometimes in English to remind us of their origins. While one grew up on the American continent, the second discovered music in the heart of Strasbourg. The result is a duo who sometimes argue (they say so themselves), but who above all want to bring a certain musical nostalgia to our ears. A soft, hybrid sound to get the evening off to a good start.

We’re off to Metz with Josy Basar for an injection of the bizarre. Weird, yes, but the kind that captivates you from start to finish and will stay in your mind. With an impressive presence, Josy sings, or even talks, over a hyper-rhythmic electronic instrument. Her tracks incorporate sounds, noises like little birds, and we’re taken on a journey into her world. We’re talking depression, we’re thinking we’re going to start dancing to forget about it, and in the blink of an eye, he’s reading us an improvised poem about Roubaix, written a little earlier on a Euromillions ticket. Let’s be clear, we were blown away by Josy Basar’s performance and we’re off to catch up with his first album, Alinéa, released earlier this year.

Some of the audience then made their way into the room for rapper Lynx. As the first name from the Lille area to perform this evening, it’s clear that some of her fans have made the trip (although we would have appreciated the same curiosity for the evening’s previous artists). Lynx will be taking us on a tour of their building. We take a tour of the roof of his building, then his bedroom, his ceiling and finally the club on the ground floor. His tracks may be rapped, but they have a real electronic influence, sometimes even lo-fi. The artist doesn’t mince his words and hits hard, confirming phrases like ‘les nostalgiques de la gestapo’ and ‘téma le progrès’. It’s a rap that’s pretty committed, or at least full of convictions, and it’s sure to win over the audience tonight.

The only metal name of the evening, Queen(Ares) take to the stage. If you’re a regular reader of these pages, we don’t really need to introduce our local pride. The atmosphere is totally different this evening, and even though the quartet are going to kick some serious ass, there’s nothing to be afraid of. The sauce seems to be catching, and we see the first pogo of the evening. While the audience was mainly made up of professionals, a few small heads of loyal metal fans from the metropolis were on hand to shake things up. In terms of performance, Queen(Ares) are impeccable. A perfectly-calibrated show of shivering power. The vocals are shouted, but the smiles and the simplicity of Maxime’s discussions between songs confirm the pleasure the band takes in playing to such a varied audience. It has to be said that they are used to playing in front of this type of audience, regulars at the Inouïs and other musical projects in the region. We’re total fans of their music, as usual, and we encourage you to come along to the Brat Cave on December 13th to see them again!

Back in the rap sphere with 0 degrees. A trio of rappers take to the stage with a speech about the ice age. Each in turn, the three artists deliver a powerful verse, highlighted by the lighting. From the very first seconds, it’s clear that their show is perfectly timed. They know exactly how to impress us, and when you see the number of fans crowding the stage, you quickly understand why. The three friends are full of rage, and take it in turns to tell us about their lives, openly, with the occasional hint of vocoder. The more they perform, the more we seem to sink into 00s rap, a far cry from modern electro-pop rap. But this doesn’t stop the audience singing along and moving, especially on ‘Baltimore’, the only track released on their network, but already familiar to everyone. The instrumentation is always interesting, including a drum machine, but also some dark piano parts. The crowd were ecstatic, applauding the band from Lille before joining them in the courtyard for a chat.

A good proportion of the audience, especially the younger ones, are off to mingle with the evening’s rap artists while Do not Do take their turn. With their sunflower décor and coloured lights, it’s clear that the Parisian duo are going to put pop in the spotlight. And it’s clear from the first notes of rocking guitars and super-funky Jamiroquai-style bass. The duo, accompanied by their musicians, bring a dose of good humour to the room. On stage, the band move all over the place, perhaps a little too much for our taste, but they seem at ease. They even performed a cover of Blondie, which some of you may have heard on Emily In Paris, to a slightly smaller crowd, but one that was willing to play along. The technical problems slightly marred their set, but the funk spirit put a smile on their faces throughout.

It’s getting late, the perfect time to turn the public area into a club. Abran and his turntables will offer us electronic music that is hard to describe as techno, but rather as electronic atmosphere. His tracks are soaring and gentle, creating a real atmosphere in their own right. The kind of sound that makes you sway with your eyes closed, comforting and exhilarating. It’s a beautiful moment that we won’t get to see in its entirety, but we think it’s a great outlet for our trance-seeking.

This last day of the Crossroad Festival was a very interesting day of discovery, travelling through different musical styles. As always, our stage was packed with little nuggets, and we’d have hoped to see the public area a little fuller with people eager to make discoveries. In short, don’t wait for the big venues and festivals to programme our artists, but go and discover them at this type of event. We had a great time.

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