#Album : Dream Nails – You Wish (06/02/2026)

Le trio punk DIY londonien Dream Nails revient avec You Wish, son troisième album et premier en tant que trio, sorti le 6 février chez Marshall Records. Œuvre la plus expérimentale du groupe à ce jour, You Wish est à la fois intime et primitif, un troisième album audacieux qui s’éloigne du côté ouvertement politique des précédents opus sans pour autant renier ses racines punk. Dream Nails se tourne plutôt vers l’introspection, créant un album sur la résilience, la vulnérabilité et la force intérieure, enveloppé dans un son brut, spirituel et résolument étrange.

par Zo’

English version below


« C’est un album punk qui parle de résilience », explique la guitariste Anya Pearson. « Chaque chanson raconte une histoire de force. » Intitulé à juste titre You Wish, l’album trouve un équilibre entre l’arrogance punk et une sorte d’optimisme cosmique, donnant à l’ensemble une atmosphère presque rituelle, comme si chaque morceau faisait partie d’un voyage spirituel. L’album s’ouvre sur « The Only Way Out Is Through », une introduction courte mais provocante qui annonce immédiatement cette nouvelle direction expérimentale. Construit autour d’un son répétitif qui use lentement l’auditeur, le morceau retient son souffle jusqu’à ce que la guitare se libère enfin dans un solo expérimental. Les paroles principales, « The only way out is through » (La seule issue est de passer par là), sont répétées comme un mantra, testant la patience et l’engagement avant de donner accès au reste de l’album.

Cette tension s’adoucit dans « This Is Water », où la voix nous transporte doucement avec les paroles « I’m swimming, I’m swimming ». Ce qui commence tranquillement devient de plus en plus fort à mesure que la basse s’immisce et que la guitare ajoute des couches mélodiques supplémentaires. Lorsque le groupe a sorti le morceau, il a déclaré vouloir assumer son « côté bizarre », et cela se ressent. Inspirée d’un discours de David Foster Wallace, la chanson réfléchit à la façon dont nous sommes profondément immergés dans nos propres identités et expériences, souvent au point d’en oublier comment vraiment communiquer et interagir avec les autres. Elle se déroule naturellement, sans forcer, laissant l’idée s’imprégner lentement. « Organoid » change brusquement de ton. Dès la première phrase, « I guess I won’t say anything », on sent une expression réprimée prête à exploser. La guitare et la basse échangent des mélodies tandis que l’énergie ne cesse de monter, pour aboutir à une explosion punk paranoïaque. Alimenté par l’angoisse technologique et les craintes à la Black Mirror, le morceau capture la lutte pour rester humain dans un monde numérique conçu pour réduire au silence et déformer les relations. Lorsque l’explosion survient, elle semble inévitable. Avec « The Spirit Does Not Burn », le rythme se stabilise, ramenant l’album à la réalité. Le travail à la guitare est addictif dans sa simplicité, avec des riffs faciles, tandis que la batterie et la basse créent un élan rebondissant, presque hypnotique. Le morceau se termine brusquement, coupant court au mouvement juste au moment où il semble le plus vivant. « Pack My Wax » suit, mené par une ligne de basse imposante qui donne le rythme. Les voix semblent presque projetées depuis l’arrière-plan plutôt que placées au centre, tandis que la guitare flirte un instant avec des textures post-rock avant que la réverbération ne revienne en force. L’énergie punk refait surface de manière plus directe sur « House of Bones ». Le spoken word se pose sur une instrumentation qui s’intensifie lentement, avec la batterie de Lucy Katz qui guide le morceau vers l’avant. Les paroles sont centrées sur la recherche de la force intérieure et la connaissance de soi suffisamment profonde pour se sentir ancré en soi-même : « Je suis toujours chez moi. » C’est puissant. « The Information » ne perd pas de temps. La batterie enfonce la porte, imposant un rythme rapide avant que la guitare ne se joigne brièvement à elle puis ne s’efface, laissant la basse mener le jeu aux côtés des vers récités par Mimi Jasson. « Je veux ressentir toutes mes sensations, je vais télécharger toutes les informations » se répète comme une obsession. La construction est suffisamment subtile pour que l’accélération finale vous prenne au dépourvu, surgissant avant de s’arrêter complètement. Avec « Can’t Lose », une mélodie de guitare perçante introduit le morceau, accompagnée des paroles « Don’t fight, just move » (Ne te bats pas, bouge simplement). Il s’agit de la résilience à travers le mouvement, du refus de laisser le monde te briser. Le mantra répété « Clear eyes, full heart, can’t lose » (Les yeux clairs, le cœur plein, impossible de perdre) ancrent la chanson, la transformant en une affirmation provocante. « Move Like an Animal » s’appuie sur quelque chose de plus charnel. Le rythme invite à nouveau au mouvement, tandis qu’un message sous-jacent brouille la frontière entre les humains et les animaux, les plaçant sur un pied d’égalité. Cela semble instinctif, physique et exempt de toute réflexion excessive. L’ambiance s’allège avec « A Sign », où des voix plus douces et une mélodie plus joyeuse prennent le dessus. « This message is a dream, this dream is the beginning » (Ce message est un rêve, ce rêve est le commencement) est fait pour être chanté en chœur, véhiculant une chaleur spirituelle qui contraste avec la tension précédente. L’album se termine par « Zeroes », le morceau le plus long du disque. Des notes électroniques entraînantes ouvrent la chanson avant que les voix ne demandent « Qu’y a-t-il après 99 ? ». La batterie et les guitares se joignent progressivement, mais sans précipitation. Après la douceur de « A Sign », le morceau reste calme et expansif, rempli de couches et d’espace plutôt que de colère ou de cris. On a l’impression d’une libération : sans pression, réfléchie et discrètement optimiste.

Tout au long de You Wish, Dream Nails explore une large palette sonore tout en conservant une cohésion remarquable. À la fois expérimental et terre-à-terre, vulnérable et résilient, cet album dégage une dimension spirituelle sans être moralisateur. Il marque une évolution audacieuse pour le groupe, qui prouve que grandir ne signifie pas perdre son identité.

Dream Nails - You Wish - ACCS-10652

Tracklist :
01. The Only Way Out is Through
02. This Is Water
03. Organoid
04. The Spirit Does Not Burn
05. Pack My Wax
06. This Message Is A Dream
07. House of Bones
08. The Information
09. Can’t Lose
10. Move Like An Animal
11. Zeros
12. A Sign


London DIY punk trio Dream Nails, return with You Wish, their third album and first as a three-piece, released on February 6th via Marshall Records. Marking their most experimental work to date, You Wish feels both intimate and primal, a bold third volume that steps away from the band’s earlier, overtly political edge without losing its punk backbone. Instead, Dream Nails turn inward, crafting a record about resilience, vulnerability and inner strength, wrapped in a sound that feels raw, spiritual and unapologetically strange.

par Zo’

This is a punk album about resilience,” shares guitarist Anya Pearson. “Each song a story of strength.” Aptly titled You Wish, the record balances punk swagger with a kind of cosmic optimism, giving the whole album an almost ritualistic feel, as if each track is part of a spiritual journey. The record opens with “The Only Way Out Is Through”, a short but challenging introduction that immediately signals this new experimental direction. Built around a repetitive sound that slowly wears on the listener, the track withholds release until the guitar finally breaks free into an experimental solo. The main lyric, “The only way out is through”, is repeated like a mantra, testing patience and commitment before granting access to the rest of the record.

That tension softens into “This Is Water”, where the voice gently carries us in with the line “I’m swimming, I’m swimming.” What begins quietly grows steadily stronger as the bass creeps in and the guitar pulls in additional melodic layers. When the band released the track, they spoke about embracing their “weird side,” and it shows. Inspired by a speech from David Foster Wallace, the song reflects on how deeply immersed we are in our own identities and experiences, often to the point where we forget how to truly connect and relate to other. It unfolds naturally, without force, letting the idea sink in slowly. Organoid” shifts gears sharply. From the very first line, “I guess I won’t say anything”, there’s a sense of suppressed expression ready to explode. Guitar and bass trade melodies while the energy keeps climbing, building into a paranoid punk outburst. Fueled by tech anxiety and Black Mirror–esque fears, the track captures the fight to stay human in a digital world designed to silence and distort connection. When the explosion comes, it feels inevitable. With “The Spirit Does Not Burn”, the rhythm steadies, grounding the record again. The guitar work is addictive in its simplicity, riding easy riffs while drums and bass create a bouncy, almost hypnotic momentum. The track ends abruptly, cutting the movement short just as it feels most alive. “Pack My Wax” follows, led by a commanding bass line that sets the pace. Vocals feel almost thrown from the background rather than placed at the center, while the guitar flirts with post-rock textures for a moment before reverb crashes back in. The punk energy resurfaces more directly on “House of Bones”. Spoken-word delivery sits atop slowly intensifying instrumentation, with Lucy Katz’s drums guiding the track forward. Lyrically, it centers on finding strength within and knowing oneself deeply enough to feel grounded in our self: “I am always home.” It’s powerful. “The Information” wastes no time. Drums kick the door open, setting a fast pace before the guitar briefly joins in and steps aside, leaving the bass to lead alongside Mimi Jasson’s spoken-word verses. “I want to feel all of my sensation, I’m gonna download all the information” repeats like a compulsion. The build is subtle enough that the final acceleration catches you off guard, surging forward before cutting out completely. With “Can’t Lose”, a piercing guitar melody introduces the track alongside the words “Don’t fight, just move.” It’s about resilience through motion, refusing to let the world break you apart. The repeated mantra “Clear eyes, full heart, can’t lose” anchors the song, turning it into a defiant affirmation. “Move Like an Animal” leans into something more carnal. The rhythm is asking again for movement, while an underlying message blurs the line between humans and animals, placing them on equal ground. It feels instinctive, bodily, and free from overthinking. The mood lifts with “A Sign”, where softer vocals and a more joyous melody take over. “This message is a dream, this dream is the beginning” is made to be sung along to, carrying a spiritual warmth that contrasts with earlier tension. The album closes with “Zeroes”, the longest track on the record. Bouncy electronic notes open the song before vocals ask, “What comes after 99?” Drums and guitars join gradually, but there’s no rush here. Following the softness of “A Sign”, the track remains calm and expansive, filled with layers and space rather than anger or screams. It feels like a release: unpressured, reflective, and quietly optimistic.

Across You Wish, Dream Nails move through a wide range of sounds while maintaining a striking cohesion. Experimental yet grounded, vulnerable yet resilient, the record feels spiritual without being preachy. It’s a bold evolution for the band, one that proves growth doesn’t mean losing identity.

 

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