Parmi les rendez-vous de ce vendredi 27 février se trouvait celui du Black Lab : une soirée bien sombre, orientée plutôt black metal, avec en tête d’affiche les Allemands de Der Weg Einer Freiheit. La dernière fois qu’on les a vus dans la région remonte à quatre ans, en faisant un rendez-vous immanquable. Ils étaient accompagnés des Lillois de Korsakov ainsi que des Alsaciens de Toward The Throne.
Article et photos par Zoé
English version below
À l’ouverture des portes, on entre s’abriter de la pluie, avant que la salle s’assombrit pour laisser Toward The Throne lancer la soirée. Les guitaristes lancent la mélodie, tandis que le batteur les rejoint sur scène, ensuite suivi du chanteur/bassiste. Le groupe nous propose un death metal plutôt atmosphérique avec quelques touches de black metal. Ce sont des rythmiques lourdes qui marquent leur son, avec de petites envolées plus mélodiques, notamment liées au backtrack qui ajoute parfois du piano. Par moments, les tournures mélodiques prennent presque un côté épique. Toward The Throne existe depuis 2012 et c’est ce 27 février qu’ils ont sorti leur dernier album, Midnight, dont on a la possibilité d’entendre quelques titres ce soir. Leur son est précis et martelant, nous entraînant, pour ce début de week-end, vers les profondeurs de l’âme humaine. Pour clôturer leur set, les Alsaciens entament une dernière chanson qui introduit du chant clair, qui semble un peu dénoter avec le set qui la précédait.
Vient ensuite le moment de Korsakov, loin d’être inconnu dans nos lignes on vous en parle toujours avec plaisir ! Le duo, devenant un quatuor dans sa version live, ne nous fait pas attendre avant de nous plonger dans son univers sombre et prenant. Leur black metal atmosphérique a déjà bien conquis le public et cela se ressent : dans la salle, la foule s’est resserrée vers la scène et semble désormais médusée. On se retrouve ainsi transporté entre les deux albums du groupe, dont le dernier est sorti il y a bientôt un an. Les riffs de A. résonnent tandis que les screams de E. nous submergent. Pour accompagner le duo, Paul (Traquenard) et Guillaume (Parlor) donnent le rythme avec, respectivement, la basse et la batterie. Un ensemble qui fonctionne parfaitement, difficile de croire qu’ils ont mis les pieds sur scène pour la première fois il n’y a qu’un an! Les trente minutes passent très vite, conclues par une accolade collective avant de quitter la scène sous les applaudissements du public.
C’est finalement au tour de Der Weg Einer Freiheit. Le set débute par une bande-son qui donne l’impression qu’une cérémonie va débuter. Les musiciens prennent place sous l’intensité montante lancée par le titre “Marter”, un morceau d’ouverture qui nous plonge parfaitement dans l’ambiance. On se retrouve absorbé, presque hypnotisé, par cette atmosphère si propre au post-black : entre les mélodies qui nous emportent et les screams fracassants, on vogue sur une mer tantôt houleuse, tantôt douce. L’enchaînement avec “Xibalba” se fait parfaitement et nous maintient dans cette même ambiance.
Bien que les Allemands aient sorti leur dernier album, Innern, en septembre dernier, ils n’oublient pas les fans de la première heure avec notamment “Ruhe”, qui nous fait remonter seize ans en arrière, jusqu’à leur premier album. Ce titre nous entraîne dans une déferlante de riffs et de coups de batterie martelants. Durant le set, il y a peu d’échanges avec le public, mais le chanteur évoque tout de même leur dernière venue dans cette même salle, accompagnés de Regarde Les Hommes Tomber (dont le batteur porte d’ailleurs le T-shirt).
Avec six albums au compteur et des morceaux plutôt longs, difficile d’en faire le tour complet. Pourtant, le groupe prend plaisir à piocher un peu partout dans sa discographie afin de satisfaire tout le monde. Le public le leur rend bien : des poings levés accompagnent les rythmiques des titres, et entre chaque morceau, une vague d’acclamation, vient remercier le groupe. Alors que celui-ci quitte la scène après “Aufbruch”, le public ne compte certainement pas en rester là et en demande encore. Le quatuor revient pour un dernier morceau, et pas des moindres, avec “Forlorn”. Ce titre, qui conclut Innern, semble être la conclusion à la fois parfaite et logique de cette soirée, avec un côté hypnotique et émotionnel : la voix claire évolue vers des screams dans une intensité croissante, nous prenant comme un étau qui nous enveloppe une dernière fois.
Cette date au Black Lab aura tenu toutes ses promesses : une plongée intense et immersive dans les différentes facettes d’un metal sombre et atmosphérique. Entre la puissance brute de Toward The Throne, la noirceur habitée de Korsakov et la maîtrise émotionnelle de Der Weg Einer Freiheit, la soirée s’est construite comme une montée en tension continue, laissant le public à la fois éprouvé et comblé en quittant la salle.
Un grand merci à Mic pour l’accréditation, à The Black Lab pour l’organisation de cette belle soirée et à toute l’équipe de la salle pour l’accueil.
Among the events scheduled for Friday February 27th was the one at Black Lab: a dark evening with a black metal theme, headlined by German band Der Weg Einer Freiheit. The last time we saw them in the region was four years ago, making this an unmissable event. They were accompanied by Korsakov from Lille and Toward The Throne from Alsace.
Review and pictures by Zoé
When the doors open, we go inside to shelter from the rain, before the room darkens and Toward The Throne kicks off the evening. The guitarists strike up the melody, while the drummer joins them on stage, followed by the singer/bassist. The band offers us a rather atmospheric death metal sound with a few touches of black metal. Their sound is characterised by heavy rhythms, with small, more melodic flourishes, particularly linked to the backtrack, which sometimes adds piano. At times, the melodic twists and turns take on an almost epic quality. Toward The Throne has been around since 2012, and on 27th February they released their latest album, Midnight, from which we have the opportunity to hear a few tracks tonight. Their sound is precise and pounding, taking us, at the start of the weekend, into the depths of the human soul. To close their set, the Alsatians launch into a final song featuring clear vocals, which seems a little out of place with the set that preceded it.
Next up is Korsakov, who are far from unknown to us and whom we always enjoy talking about! The duo, which becomes a quartet in its live version, wastes no time in plunging us into its dark and captivating universe. Their atmospheric black metal has already won over the audience, and it shows: the crowd has gathered closer to the stage and now seems spellbound. We find ourselves transported between the band’s two albums, the latest of which was released almost a year ago. A.’s riffs resonate while E.’s screams overwhelm us. Accompanying the duo, Paul (Traquenard) and Guillaume (Parlor) set the rhythm with bass and drums respectively. The ensemble works perfectly, and it’s hard to believe that they only set foot on stage for the first time a year ago! The thirty minutes pass very quickly, concluding with a group hug before they leave the stage to the applause of the audience.
Finally, it’s Der Weg Einer Freiheit‘s turn. The set begins with a soundtrack that gives the impression that a ceremony is about to begin. The musicians take their places under the mounting intensity launched by the title ‘Marter’, an opening track that perfectly immerses us in the atmosphere. We find ourselves absorbed, almost hypnotised, by this atmosphere so characteristic of post-black metal: between the melodies that carry us away and the shattering screams, we sail on a sea that is sometimes stormy, sometimes calm. The transition to ‘Xibalba’ is seamless and keeps us in the same mood.
Although the Germans released their latest album, Innern, last September, they haven’t forgotten their early fans, notably with ‘Ruhe’, which takes us back sixteen years to their first album. This track sweeps us away in a wave of riffs and pounding drum beats. During the set, there is little interaction with the audience, but the singer does mention their last visit to this same venue, accompanied by Regarde Les Hommes Tomber (whose drummer is wearing their T-shirt).
With six albums under their belt and rather long tracks, it’s difficult to cover everything. However, the band enjoys picking and choosing from across their discography to satisfy everyone. The audience responds in kind: fists are raised to the rhythms of the songs, and between each track, a wave of cheers thanks the band. As they leave the stage after ‘Aufbruch’, the audience is clearly not ready to call it a night and demands more. The quartet returns for one last song, and not the least, with ‘Forlorn’. This track, which concludes Innern, seems to be the perfect and logical conclusion to the evening, with its hypnotic and emotional side: the clear voice evolves into screams of increasing intensity, enveloping us like a vice one last time.
This date at the Black Lab lived up to all expectations: an intense and immersive dive into the different facets of dark and atmospheric metal. Between the raw power of Toward The Throne, the haunting darkness of Korsakov and the emotional mastery of Der Weg Einer Freiheit, the evening built up like a continuous rise in tension, leaving the audience both exhausted and satisfied as they left the venue.
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