Aetere, originaire de Bordeaux, sort Theogonie , son premier album qui paraîtra le 5 juin chez Octopus Rising et Argonauta Records. Composé de morceaux lents et rituels, cet album voit Alice Ronzini (La Secte du Future, JC Satan) et Johan Sebenne (Year of No Light) créer un univers où le doom, la rudesse du post-punk, la brume du shoegaze et les textures ambiantes coexistent naturellement. Plutôt que de miser sur des impacts soudains, Theogonie se déploie patiemment, entraînant l’auditeur dans son atmosphère sombre, couche après couche.
Article par Zo‘
English version below
Le voyage commence avec « Tenebrisme », une introduction instrumentale de six minutes qui plante immédiatement le décor. Des guitares lourdes et distordues avancent à un rythme lent, accompagnées de coups de cymbales qui résonnent dans le mix. L’atmosphère est mystique, presque rituelle. Au fur et à mesure que le morceau progresse, de nouvelles couches, apportées par la basse et le synthé, apparaissent progressivement, apportant des touches de lumière dans l’obscurité sans jamais rompre le charme. « Galea » s’enchaîne sans transition. Les riffs monolithiques restent au centre de la composition, mais cette fois, la voix d’Alice Ronzini fait son apparition. Sa voix flotte tout au long du morceau tandis que les synthés révèlent des textures plus douces cachées sous le poids des guitares. L’équilibre entre la lourdeur et une atmosphère plus douce devient l’un des éléments caractéristiques de l’album. Avec « Cilice », l’ambiance change. S’étendant sur plus de huit minutes, le morceau donne l’impression que quelque chose s’éveille lentement dans l’abîme. La batterie et les synthés s’associent pour créer un sentiment de tension rampante. Rien ne se passe rapidement, mais le sentiment que quelque chose approche ne nous quitte jamais. Le résultat est à la fois dérangeant et captivant. « Thanatos » poursuit cette approche en douceur. Ici, le travail à la guitare contraste avec les lignes de basse, créant une atmosphère anxieuse qui semble constamment à fleur de peau. La tension est subtile mais persistante, portée par l’interaction entre les différents instruments plutôt que par une explosion dramatique. Ensuite, « Innocence » s’ouvre sur une mélodie de synthé qui captive immédiatement l’oreille. Au fil de ses neuf minutes, les textures ambiantes créent progressivement un sentiment d’urgence grandissant, tandis que les riffs de guitare restent constants et inébranlables. Le morceau donne l’impression d’une longue ascension, chaque nouvelle couche ajoutant du poids et de l’émotion sans perturber le rythme méditatif de l’album. Enfin, le morceau de clôture, « Eudaimona », apporte une touche légèrement différente. Des sons électroniques et des percussions apparaissent dès le début, créant une atmosphère scintillante avant que les synthés ne s’estompent lentement à l’arrière-plan. La basse prend le relais, menant la composition au rythme de riffs lents et réguliers. Après avoir passé près d’une heure plongé dans l’univers rituel de l’album, la fin arrive presque de manière inattendue, s’achevant sur un bourdonnement d’amplificateur qui ressemble moins à une conclusion qu’à un dernier souffle qui s’attarde.
Ce qui ressort le plus dans Theogonie, c’est sa cohérence. Chaque morceau s’enchaîne naturellement avec le suivant, donnant l’impression d’un voyage unique et continu plutôt que de six compositions distinctes. Aetere prend son temps, laissant chaque riff, chaque texture de synthé et chaque ligne vocale se déployer pleinement. Le résultat est un premier album immersif, mystérieux et profondément atmosphérique, où le doom ne se contente pas d’être un genre musical, mais sert de vecteur à quelque chose de presque cérémoniel.

Tracklist :
01 : Ténébrisme
02 : Galea
03 : Cilice
04 : Thanatos
05 : Innocence
06 : Euclaimona
Aetere emerges from Bordeaux with Theogonie, their debut album that will be released on June 5th via Octopus Rising and Argonauta Records. Created with slow-burning and ritualistic compositions, the record sees Alice Ronzini (La Secte du Future, JC Satan) and Johan Sebenne (Year of No Light) crafting a world where doom, post-punk grit, shoegaze haze and ambient textures coexist naturally. Rather than relying on sudden impacts, Theogonie unfolds patiently, drawing the listener into its shadowy atmosphere one layer at a time.
Review by Zo‘
The journey begins with “Tenebrisme”, a six-minute instrumental introduction that immediately sets the mood. Heavy distorted guitars move at a slow pace, accompanied by cymbal crashes that echo through the mix. The atmosphere is mystical and almost ritualistic. As the track progresses, additional layers, through bass and synth, gradually appear, bringing touches of light into the darkness without ever breaking the spell. “Galea” follows seamlessly. The monolithic riffs remain at the center of the composition, but this time Alice Ronzini‘s vocals enter the picture. Her voice drifts through the track while the synths reveal softer textures hidden beneath the weight of the guitars. The balance between heaviness and a softer atmosphere becomes one of the album’s defining elements. With “Cilice”, the mood shifts. Stretching over eight minutes, the track feels as if something is slowly awakening in the abyss. The drums and synths work together to build a creeping sense of tension. Nothing happens quickly, yet the feeling that something is approaching never leaves. The result is unsettling and captivating at the same time. “Thanatos” continues this slow-burning approach. Here, the guitar work contrasts with the bass lines, creating an anxious atmosphere that constantly feels on edge. The tension is subtle but persistent, carried by the interaction between the different instruments rather than by any dramatic explosion. After that, “Innocence” opens with a synth melody that immediately catches the ear. Over its nine-minute runtime, ambient textures gradually build a growing sense of urgency while the guitar riffs remain steady and unwavering. The track feels like a long ascent, each new layer adding weight and emotion without disrupting the album’s meditative pace. And finally, the closing track, “Eudaimona”, introduces something slightly different. Electronic sounds and drums appear early on, creating a glittering atmosphere before the synths slowly fade into the background. The bass takes over, leading the composition alongside slow and steady riffs. After spending nearly an hour immersed in the album’s ritualistic world, the ending arrives almost unexpectedly, closing on an amplifier hum that feels less like a conclusion than a final lingering breath.
What stands out most throughout Theogonie is its coherence. Each track naturally flows into the next, creating the impression of a single continuous journey rather than six separate compositions. Aetere takes its time, allowing every riff, synth texture and vocal line to fully develop. The result is a debut album that feels immersive, mysterious and deeply atmospheric, where doom serves not only as a genre but as a vessel for something almost ceremonial.