S’il y a bien un style qui régnait en maître dans la métropole lilloise ce 29 mai, c’est le hardcore ! Certains avaient fait le choix de la Bulle Café, mais de notre côté, direction le Couvent de Roubaix pour soutenir une belle affiche portée par nos amis de Sur Les Cendres. Au programme : les Néerlandais de Lies!, les Français de Grayout D.C et les tout nouveaux venus, Third Impact. Une soirée qui s’annonçait aussi intense que chaleureuse.
Article par Marye DAVENNE
Photos par JB
English version below
Une atmosphère un peu particulière flottait dans l’air à notre arrivée au Couvent ce 29 mai. Il faut dire qu’on ne fréquente pas tous les jours un lieu religieux, même désacralisé, mais ce qui marquait surtout, c’était la configuration inattendue de la soirée : d’un côté, un concert hardcore bien massif, de l’autre… un DJ set de bossa nova. Deux salles, deux ambiances, mais au final un même point commun : des gens réunis par leur amour de la musique. Peu avant 21h, il était temps de découvrir Third Impact pour ce qui s’apparentait à leur (quasi) tout premier concert. Si le nom évoque immédiatement pour certains un excellent festival screamo italien ou un label grec de hardcore, c’est bien ici une nouvelle formation que nous découvrons. Et pourtant, sur scène, ce ne sont pas de parfaits inconnus : plusieurs visages bien familiers de la scène locale composent le groupe. Le public, déjà bien chaud, lance les premiers moshs, encore timides mais pleins de bonne volonté. Rapidement, l’énergie monte d’un cran, notamment grâce à l’implication du chanteur et du bassiste, qui passeront quasiment tout le set au cœur du pit, au plus près du public. Une immersion totale qui porte ses fruits. Le set est également ponctué de deux reprises, et attention, interdit de dégainer Shazam ! Ceux qui les reconnaissent ne se font pas prier pour venir hurler quelques lignes au micro : du Fatal Realm et du On Broken Wings, rien que ça. Pour une première scène, Third Impact montrent déjà de très belles choses : une vraie envie, une sincérité évidente et surtout une capacité à fédérer. On notera bien quelques soucis techniques, notamment du côté de la basse avec un système HF capricieux, mais rien qui ne viendra réellement entacher l’expérience. L’essentiel est là : l’énergie et le plaisir sont partagés. Et bonne nouvelle : on pourra les retrouver très prochainement au Zemofest d’Hazebrouck, où l’on vous attend nombreux.
Quelques rafraîchissements plus tard, après un détour par le bar accompagné d’un DJ set funk (oui, cette soirée n’en finit plus de surprendre), il est temps de retrouver les Lillois de Grayout D.C dans une salle déjà bien survoltée. Habitués des scènes de la métropole (et bien au-delà) , les Grayout s’imposent peu à peu comme une valeur sûre du circuit, et le public le leur rend bien. Leur mélange de hardcore et de death frappe fort : un set massif qui ne fait pas dans la demi-mesure. Les premiers moshs éclatent presque instantanément, preuve d’une envie commune de transformer ce concert en moment marquant. Sur scène, le groupe affiche un plaisir communicatif, entre sourires complices et échanges détendus. Mais ce qui marque tout autant, c’est l’implication du public, presque au même niveau que les musiciens dans l’expérience. Les micros circulent, les voix se mêlent, et l’énergie devient collective. Les fans répondent présents, et quelques featurings improvisés viennent enrichir le set : le chanteur de Lies! s’invite au micro, tout comme Rémi, un des photographes de la soirée, qui met son matos de côté le temps de quelques lignes (allez jeter un œil à son taf, ça vaut le détour). Pour notre part, il s’agissait déjà de notre cinquième fois devant Grayout D.C et le constat est sans appel : le groupe ne cesse de franchir un cap, même malgré un récent changement de line-up. L’énergie est brute, les morceaux percutent, les breakdowns font trembler les murs… et laissent apparaître leurs premières marques sur les corps. En bref : un set redoutablement efficace.
Enfin, la soirée se conclut, sans vraiment redescendre en pression, avec les Néerlandais de Lies!, bien décidés à maintenir l’intensité de cette superbe affiche. Ce concert marque leur toute première date en France, et ça se ressent immédiatement : le groupe affiche un enthousiasme communicatif, visiblement ravi de fouler une scène hexagonale. Il faut dire que la scène hardcore française impressionne, et commence sérieusement à rayonner à l’échelle européenne. Lies! ne manque pas de le souligner, allant jusqu’à dédier un morceau à Worst Doubt et Headbussa. Une belle reconnaissance qui en dit long sur l’impact de la scène française. Musicalement, le groupe ne se contente pas d’un hardcore strict et balisé : leur son se nourrit de nombreuses influences, flirtant par moments avec des sonorités plus métalliques, pour un résultat à la fois riche et percutant. Dès le début du set, Alex de Grayout D.C vient prêter main forte pour un featuring qui lance les hostilités de la meilleure des façons. Le groupe enchaîne ensuite avec une reprise de Merauder, leur “90s classic”, comme ils aiment l’appeler, qui agit comme un véritable déclencheur : une partie du public se rue sur le micro, reprenant les paroles dans une énergie collective impressionnante. Malgré une affluence légèrement réduite à cause de l’heure, la motivation reste intacte dans la fosse. Et fidèle à l’esprit improbable de la soirée, une bataille de coussins éclate même en plein pit (oui, vraiment, on vous avait prévenus, rien n’a de sens ce soir). Le set file à toute vitesse, porté par une intensité constante, et nous laisse avec une seule envie : que ça continue encore un peu.
Un grand merci à Pierre pour le partenariat sur cette belle date, à l’équipe de Sur Les Cendres pour l’organisation et au Couvent pour l’accueil.
If there was one genre that reigned supreme in the Lille area on 29 May, it was hardcore! Some had opted for the Bulle Café, but we headed to the Couvent de Roubaix to support a brilliant line-up headlined by our friends from Sur Les Cendres. On the bill: the Dutch band Lies!, the French band Grayout D.C. and the brand-newcomers, Third Impact. It promised to be an evening as intense as it was welcoming.
Review by Marye DAVENNE
Pictures by JB
There was a rather unusual atmosphere in the air when we arrived at Le Couvent on May 29th. It must be said that it’s not every day you find yourself in a religious building, even one that has been deconsecrated, but what stood out most was the evening’s unexpected line-up: on one side, a massive hardcore gig; on the other… a bossa nova DJ set. Two rooms, two atmospheres, but ultimately one thing in common: people brought together by their love of music. Shortly before 9 pm, it was time to discover Third Impact for what amounted to their (almost) very first gig. Whilst the name might immediately bring to mind an excellent Italian screamo festival or a Greek hardcore label for some, this is indeed a new band we’re discovering. And yet, on stage, they’re not complete strangers: the band is made up of several familiar faces from the local scene. The crowd, already well warmed up, starts the first mosh pits, still a bit timid but full of enthusiasm. Quickly, the energy levels rise a notch, thanks in particular to the involvement of the singer and the bassist, who spend almost the entire set in the heart of the pit, right up close to the crowd. A total immersion that pays off. The set is also punctuated by two covers, and mind you, no Shazam allowed! Those who recognise them don’t need to be asked twice to come and belt out a few lines into the mic: Fatal Realm and On Broken Wings, no less. For a debut performance, Third Impact are already showing great promise: genuine enthusiasm, obvious sincerity and, above all, a knack for bringing people together. There were a few technical glitches, particularly with the bass due to a temperamental HF system, but nothing that really marred the experience. The essentials are there: energy and enjoyment are shared. And the good news is: we’ll be able to catch them very soon at the Zemofest in Hazebrouck, where we hope to see plenty of you there.
A few drinks later, after a detour to the bar accompanied by a funk DJ set (yes, this evening just keeps on surprising us), it’s time to catch up with Lille’s own Grayout D.C. in a venue that’s already buzzing with excitement. Regulars on the city’s stages (and far beyond), Grayout are gradually establishing themselves as a sure bet on the circuit, and the crowd is giving them a warm reception. Their blend of hardcore and death metal packs a punch: a massive set that pulls no punches. The first mosh pits erupt almost instantly, proof of a shared desire to turn this gig into a memorable moment. On stage, the band radiate infectious joy, with knowing smiles and relaxed banter. But what’s just as striking is the audience’s involvement, almost on a par with the musicians in the experience. Microphones are passed around, voices blend, and the energy becomes collective. The fans rise to the occasion, and a few impromptu guest appearances enrich the set: the singer from Lies! joins in on the mic, as does Rémi, one of the photographers for the evening, who puts his gear aside for a few lines (do check out his work, it’s well worth a look). As for us, this was already our fifth time seeing Grayout D.C., and the verdict is clear: the band just keeps raising the bar, even following a recent line-up change. The energy is raw, the tracks pack a punch, the breakdowns make the walls shake… and start to leave their first marks on the crowd. In short: a devastatingly effective set.
Finally, the evening draws to a close – without the energy ever really waning – with the Dutch band Lies!, determined to maintain the intensity of this superb line-up. This concert marks their very first gig in France, and it’s immediately apparent: the band exudes infectious enthusiasm, clearly delighted to be performing on a French stage. It must be said that the French hardcore scene is impressive and is seriously beginning to make its mark on the European stage. Lies! are keen to highlight this, even going so far as to dedicate a track to Worst Doubt and Headbussa. A fine gesture of recognition that speaks volumes about the impact of the French scene. Musically, the band doesn’t settle for strictly defined hardcore: their sound draws on numerous influences, at times flirting with more metallic tones, resulting in a sound that is both rich and punchy. Right from the start of the set, Alex from Grayout D.C. joins in for a guest appearance that kicks things off in the best possible way. The band then follows up with a cover of Merauder, their “90s classic”, as they like to call it, which acts as a real catalyst: part of the crowd rushes to the mic, singing along with impressive collective energy. Despite a slightly smaller crowd due to the late hour, the energy in the pit remains undiminished. And true to the evening’s absurd spirit, a pillow fight even breaks out right in the middle of the pit (yes, really – we did warn you, nothing makes sense tonight). The set races by at breakneck speed, driven by a constant intensity, leaving us with just one wish: that it goes on a little longer.






































