#Live : Soulfly + VIOLENCE @ The Black Lab, Wasquehal – 01/09/2026

Afin de célébrer la rentrée comme il se doit, À Gauche de La Lune nous a réservé une surprise de choix : la venue de Soulfly au Black Lab, trois ans après son dernier passage au Splendid. Accompagnés de VIOLENCE, cette date en petit comité et extrêmement attendue afficha complet en quelques minutes à peine. Preuve qu’entre la résurrection inattendue de Nailbomb et ses tournées hommage à Sepultura en compagnie de son frère Igorr, Max Cavalera et son héritage ont encore de beaux jours devant eux.

Article par Tanguy Renault

Photos par Oreÿ

English version below


C’est à vingt heures pétantes qu’arrive sur scène la formation parisienne VIOLENCE, qui a la lourde tâche d’ouvrir cette soirée avec sa configuration atypique : un chanteur, un guitariste, un batteur et moins commun, un DJ/producteur au centre de la scène qui constitue la majeure partie du son du groupe. Loin du combo culte de thrash metal du même nom, VIOLENCE évolue dans un intense mélange de métal industriel et de metalcore, le tout embelli d’influences électro, voire même dubstep sur les bords. Un ensemble qui intrigue autant qu’il peut rebuter mais qui parvient très vite à nous porter, particulièrement par la puissance de John Kazadi (chant), dont la hargne n’est pas sans rappeler celle du Fear Factory des grandes heures. Celui-ci ne manquera d’ailleurs pas, au bout de quelques morceaux, d’inciter les premiers arrivés à se rapprocher afin de pouvoir faire rentrer tout le monde dans un Black Lab qui commence vite à atteindre la limite de ses capacités.

Plus les morceaux s’enchaînent et plus le quatuor montre l’étendue de son univers, comme lors de morceaux à l’influence purement industrielle à l’instar de « Wolves », qui permettent à FrédéricNiveau Zero” Garcia (DJ/producteur) d’instaurer une ambiance oppressante, renforcée par les mélodies de Fabio Meschini (guitare). Mais première partie de Soulfly oblige, c’est sur les morceaux les plus incisifs que les plus téméraires commencent leurs échauffement de pogos, à notamment par un « The Poison and The Cure » efficace ou encore un « Burn It » massif, renforcé par les coups de Morgan Sansous (batterie).

Légèrement pressé par les contraintes horaires, VIOLENCE clôture son set avec le brutal « Face The Void », avant de quitter la scène devant un public surpris mais séduit par la proposition du groupe.

Au bout de près de trente années d’existence, tout a déjà été dit au sujet de Soulfly, en bien mais aussi en mal, surtout en live. Néanmoins, à en entendre la passion des personnes présentes, on sait d’ores-et-déjà que le concert de ce soir sera intense. Et pour cause, à peine arrivé sur scène sous les acclamations générales, il n’aura suffi à Max Cavalera (chant/guitare) que de crier son cultissime “Uno, dos, três, quatro !” inaugurant le tout aussi culte « Back To The Primitive » pour que le Black Lab tout entier se transforme en pogo à grande échelle.

Un morceau d’ouverture dont l’efficacité n’est plus à prouver, mais qui sert aussi de note d’intention pour ce qui nous attend ce soir : une setlist presque entièrement focalisée sur les premiers albums du groupe, sortis en pleine vague néo métal des années 1990/2000. C’est donc sans surprise que le groupe enchaîne ses morceaux les plus cultes, de « Seek ‘n’ Strike » à « Prophecy » en passant par « No Hope = No Fear », le tout à un rythme effréné devant une audience heureuse de revivre ses souvenirs d’adolescence. Les seules exceptions à la règle seront les quelques (très bons) extraits de Chama, nouvel album du groupe et par ailleurs composé en grande partie à partir de riffs abandonnés datant des débuts du Soulfly.

Si les prises de paroles se font rares, surtout en début de show, ce n’est que pour mettre d’autant plus en avant le rouleau compresseur de tubes que le groupe est en train d’abattre sur nous. Tout comme on pourrait critiquer les limites vocales ou techniques de Max Cavalera, malgré une nette amélioration depuis quelques années, cela serait nier le charisme et la sympathie dont il a toujours fait preuve sur scène, parvenant à faire sauter ses fans comme jamais d’un simple mouvement de main. Et c’est clairement cette complicité qui participe à la puissance de la prestation, tout particulièrement lorsque l’ensemble du public reprend d’une seule voix l’introduction en portuguais de « Tribe », créant sans nul doute l’un des temps forts de cette soirée. 

C’est un esprit de sincère communion qui transparaît jusqu’à la scène puisque si Chase Bryant (basse) et Zyon Cavalera (batterie) se montrent relativement discrets, Mike DeLeon (guitare) semble avoir enfin trouvé sa place au sein du groupe et se démène à haranguer la foule et montrer toute sa joie de jouer dans une formation aussi mythique. Le fiston Zyon n’est d’ailleurs pas le seul membre de la famille Cavalera à être convoqué sur scène puisque Richie Cavalera, également chanteur dans Incite, vient donner de la voix sur un «Bleed» dévastateur, suivi d’un court extrait de « Headup » de Deftones, écrit par Max Cavalera en hommage à son fils Dana, décédé en 1996 et dont les paroles donneront naissance au nom “Soulfly”.

Une heure quinze plus tard, après le traditionnel enchainement « Jumpdafuckup » (ou plutôt “Saute-dafuckup” en français dans le texte) suivi de « Eye For An Eye », on ressort du Black Lab trempé de sueur et de bière renversée mais néanmoins heureux d’avoir pu voir un groupe aussi durable dans un cadre aussi intimiste. On pourrait reprocher la tendance récente de Max Cavalera à un peu trop regarder dans le rétroviseur plutôt que d’aller de l’avant, mais l’engouement exprimé par le public tout au long de la soirée suffit à nous prouver le contraire, voire même à nous donner envie de le revoir au plus vite. Pourquoi pas en compagnie de son frère Igorr Cavalera pour un concert anniversaire dédié à Chaos A.D. ? Seul l’avenir nous le dira.

Un grand merci à Victor pour les accréditations, à À Gauche de la Lune pour l’organisation de cette soirée intense ainsi qu’au Black Lab pour son accueil.


To mark the start of the new season in style, À Gauche de La Lune had a real treat in store for us: a performance by Soulfly at the Black Lab, three years after their last gig at the Splendid. Supported by VIOLENCE, this intimate and highly anticipated show sold out in a matter of minutes. Proof that, between the unexpected resurrection of Nailbomb and his tribute tours to Sepultura alongside his brother Igorr, Max Cavalera and his legacy still have a bright future ahead of them.

Review by Tanguy Renault

Pictures by Oreÿ

At 8 pm sharp, the Parisian band VIOLENCE took to the stage, facing the daunting task of opening the evening with their unusual line-up: a singer, a guitarist, a drummer and, less commonly, a DJ/producer at the centre of the stage who forms the bulk of the band’s sound. Far removed from the cult thrash metal band of the same name, VIOLENCE delivers an intense blend of industrial metal and metalcore, all enhanced by electro influences, and even a touch of dubstep here and there. It’s a sound that intrigues as much as it might put some off, but which very quickly manages to draw us in, particularly thanks to the power of John Kazadi (vocals), whose ferocity is reminiscent of Fear Factory in their heyday. After just a few tracks, he’s sure to urge the early arrivals to move closer so that everyone can fit into the Black Lab, which is rapidly reaching capacity.

The more tracks follow one after another, the more the quartet reveals the breadth of their musical universe, as in purely industrial-influenced tracks such as ‘Wolves’, which allow Frédéric “Niveau Zero” Garcia (DJ/producer) to create an oppressive atmosphere, reinforced by Fabio Meschini’s (guitar) melodies. But as befits a support act for Soulfly, it’s during the most incisive tracks that the most daring in the crowd begin their pogo warm-up, notably with the effective “The Poison and The Cure” or the massive “Burn It”, driven by Morgan Sansous’s drumming.

Slightly pressed for time, VIOLENCE rounded off their set with the brutal ‘Face The Void’, before leaving the stage to an audience that was surprised but won over by the band’s performance.

 

After nearly thirty years in the business, everything has already been said about Soulfly, both good and bad, especially when it comes to their live performances. Nevertheless, judging by the passion of the crowd, it’s already clear that tonight’s concert is going to be intense. And with good reason: no sooner had he taken to the stage to rapturous applause than Max Cavalera (vocals/guitar) simply had to shout his iconic “Uno, dos, três, quatro!” to kick off the equally iconic “Back To The Primitive”, and the entire Black Lab was instantly transformed into a massive mosh pit.

An opening track whose effectiveness is well established, but which also sets the tone for what lies ahead tonight: a setlist almost entirely focused on the band’s early albums, released at the height of the neo-metal wave of the 1990s and 2000s. It comes as no surprise, then, that the band strings together their most iconic tracks, from “Seek ‘n’ Strike” to “Prophecy” via “No Hope = No Fear”, all at a breakneck pace in front of an audience delighted to relive their teenage memories. The only exceptions to the rule were a few (very good) tracks from Chama, the band’s new album, which is largely composed of discarded riffs dating back to Soulfly’s early days.

Whilst the band says very little, especially at the start of the show, this is only to highlight all the more the steamroller of hits the band is unleashing upon us. Just as one might criticise Max Cavalera’s vocal or technical limitation, despite a marked improvement in recent years, to do so would be to deny the charisma and warmth he has always displayed on stage, managing to get his fans jumping like never before with a simple wave of his hand. And it is clearly this rapport that contributes to the power of the performance, particularly when the entire audience joins in unison with the Portuguese introduction to ‘Tribe’, undoubtedly creating one of the highlights of the evening.

A spirit of genuine camaraderie shines through right onto the stage: whilst Chase Bryant (bass) and Zyon Cavalera (drums) remain relatively low-key, Mike DeLeon (guitar) seems to have finally found his place within the band and goes all out to rouse the crowd and show just how delighted he is to be playing in such a legendary line-up. Zyon isn’t the only member of the Cavalera family to be invited on stage, as Richie Cavalera, also a singer with Incite, joins in on vocals for a devastating rendition of ‘Bleed’, followed by a short excerpt from ‘Headup’ by Deftones, written by Max Cavalera as a tribute to his son Dana, who died in 1996, and whose lyrics would give rise to the name ‘Soulfly’.

An hour and fifteen minutes later, after the traditional medley of ‘Jumpdafuckup’ (or rather ‘Saute-dafuckup’ in French, as per the text) followed by ‘Eye For An Eye’, we left the Black Lab drenched in sweat and spilled beer, but nonetheless delighted to have seen such a long-standing band in such an intimate setting. One might criticise Max Cavalera’s recent tendency to look back a little too much rather than moving forward, but the enthusiasm shown by the audience throughout the evening is enough to prove us wrong, and even to make us want to see him again as soon as possible. Why not alongside his brother Igorr Cavalera for an anniversary concert dedicated to Chaos A.D.? Only time will tell.

Soulfly Setlist The Black Lab, Wasquehal, France 2026, Tribal Technology

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