En ce début de soirée du 5 octobre nous nous rendons au Splendid pour assister à un des premiers concerts de la tournée Quitter La Meute du groupe Ange. Figure majeure du rock prog français, la formation fait là ses premiers pas sur scène depuis les adieux à la scène de Christian Decamps en février dernier, et également depuis la sortie de Cunégonde. C’est donc impatients de découvrir ce que le groupe que nous réserve que nous prenons place dans la salle lilloise pour une soirée qui promet d’être forte en émotion. Pour ouvrir la soirée le groupe a choisi de faire appel à la chanteuse et musicienne Aurelle Key.
Report et photos par Victor BRUNERIE
English version below
La soirée démarre sur les coups de 19h avec l’arrivée sur scène de Aurelle Key et de son guitariste Alexis Bianchi. La chanteuse opère dans un registre soul et blues qui vient captiver le public dès les premières secondes du show. Sa voix chaude et le duo de guitare fait de chaque titre un véritable bonbon pour les oreilles. De plus les paroles, le plus souvent en français permettent de se plonger pleinement dans l’univers musical de la musicienne. La complicité avec Alexis Bianchi est évidente et les deux nous offrent de belles harmonies vocales sur les refrains. La musique de Aurelle Key fait du bien et nous réchauffe le coeur en ces temps pas forcément faciles. Ses titres font mouche et les applaudissements du public d’Ange, qui écoutent religieusement le set, en disent long sur l’impact du set et de la découverte pour beaucoup de cette artiste. On se laisse porter encore un peu par la musique pleine d’âme qui nous est proposé ce soir et lorsque le dernier titre arrive on se dit qu’on en aurait bien repris un ou deux de plus, tant les émotions furent présentes servies par ce set électro acoustique de haute volée. On découvrait ce soir Aurelle Key et on hésitera pas une seconde à se replonger dans ses mélodies envoutantes après ce concert, et on est clairement pas les seuls si on en croit la file d’attente à sa table de merch.
La lumière se tamise et c’est l’heure pour Ange de prendre place sur la scène du Splendid. Le groupe habitué des lieux, nous présente ce soir sa toute nouvelle mouture live, suite aux adieux au public de Christian Decamps en février dernier. Ce soir c’est Tristan Decamps qui tient la barre et autant vous dire que dès « Je Travaille Sans Filet », morceau issu de Vu D’Un Chien (1980), on sent que le chanteur et musicien est prêt à faire vivre le groupe toujours plus fort. Le rock progressif du groupe est servi par un line up live à tomber. Entre la guitare magistrale de Hassan Hajdi ou le jeu de batterie versatile de Benoît Cazzulini, on est bluffé par le talent qui émane de cette formation de légende du rock français. Vient ensuite « Adrénaline » accueillie là encore par les applaudissements chaleureux de fans aux anges! Aux claviers on retrouve Séraphin Palmeri qui nous émerveille sur le premier titre de Cunégonde interprété ce soir, à savoir le magnifique « Un Diamant Dans Le Coeur ». Ce titre qui nous avait déjà envouté lors de l’écoute de l’album prend une toute autre dimension en live. Tristan nous annonce d’ailleurs qu’ils vont nous présenter plusieurs titres de ce nouvel album et nous voilà partis pour le déjà mythique « Quitter La Meute » suivi de « Pace Nobilis ». Là, Thierry Sidhoum nous envoute avec ses lignes de basses magistrales qui viennent nous coller des frissons, et encore plus sur « Prisonnier de L’Aube ». Souvent pendant le set Tristan quitte son micro en devant de scène pour rejoindre son clavier et former un duo de choc avec Séraphin. Pour terminer en beauté ce tout d’horizon du dernier album nous avons le droit à « Le Langage Des Fluides » qui laisse aux musiciens l’occasion de nous en mettre une fois de plus plein la vue. Retour aux titres les plus mythiques de la formation avec « Camelote » (Moyen-Âge – 2012) suivi de « Godevin Le Vilain » (Au-delà du Délire – 1974), où une fois de plus Tristan montre qu’il n’a rien à envier à la présence scénique de son père, tout en gardant une identité forte qu’il a su insuffler dans la formation depuis de nombreuses années. Ces morceaux montrent à quel point Ange est un groupe majeur de la scène française depuis toutes ces années. Sur « A Colin-Maillard » le chanteur arrive avec un bandeau sur le visage pour une interprétation toujours plus théâtrale et émouvante. Les musiciens sont clairement au sommet de leur art et le public applaudit chaudement chaque nouveau titre tout en écoutant religieusement ce set magistral. Le classique « Les Larmes Du Dalaï-Lama » nous colle une fois de plus de grands frissons avant que « Quasimodo » annonce la fin du set dans une avalanche sonore magistrale. Le groupe revient évidemment sur scène pour une version raccourcie de « Dignité » avant de se lancer dans le très beau « Le Soir Du Diable ». Puis Hassan et Tristan nous offrent un duo acoustique sur « Poème, pour un moment suspendu. Puis la fin inéluctable de cette soirée arrive sur la légende qu’est « Hymne A La Vie », morceau qui fait un bien fou en ce moment! Le titre datant de 1976 n’a pas pris une ride et cette version chantée par Tristan a tout d’un véritable instant de grâce. Longuement applaudis les musiciens quittent la scène visiblement ravis par l’accueil lillois et en promettant de revenir dans les environs au plus vite!
Cette date de la tournée Quitter La Meute a tenue toutes ses promesses. Ces premiers concerts depuis le départ de Christian montrent que le groupe continue de faire vivre le répertoire récent et plus ancien avec autant de maestria. Tristan Decamps honore l’héritage musical de son père tout en nous montrant un futur radieux qu’on espère le plus long possible. Le rock progressif était à son apogée ce soir et on espère avoir la chance de revoir Ange dès que possible, tant leur morceaux sont de véritables pépites qui peuplent nos vies depuis toutes ces années.
Un grand merci à Tiphaine pour l’accréditation, à Vérone Productions et Diffusion Prod pour l’organisation de cette belle soirée et à l’équipe du Splendid pour l’accueil.















